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[EVENT] Songe d'une nuit d'été

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MessageSujet: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 8 Aoû 2016 - 2:42

~ Songe d'une nuit d'été ~
Un paradis artificiel...

Telos


De légers soubresauts agitent le voile fin de la mer. Ici, une grande vague, là, une myriade d'ondes. Le drap projette sur les profondeurs une ombre insondable, et les abysses regorgent de secrets.


Telos a plongé dans les sombres recoins interdits où croupissent les plus grandes horreurs. Il y a vu le temps, les guerres et les victoires, les décadences et l'équanimité. Il s'est souvenu de la grandeur passée des dieux primordiaux. Alors, étant pourtant un Oneiroi parmi tant d'autres, il a fait le choix de la rébellion. Un choix risqué, c'est certain ; mais il est malin, et personne ne soupçonne jamais les Oneiroi : c'est à peine si on se souvient de leur existence. Et pourtant, clame-t-il, ne sont-ils pas essentiels ? Comme une ombre, il s'est glissé dans l'Hadès, et dans une grande amphore il a recueilli les eaux du Léthé. Diluée dans l'ambroisie, elle sera certaine de toucher l'Olympe, Zeus lui-même, avant que quiconque ne se rende compte de quoi que ce soit. Puis, il n'y aura plus qu'à recueillir ces petits enfants, et leur créer une nouvelle vie, un paradis artificiel où ils feront couler l'éternité, tandis que dans les entrailles telluriques, la première puissance rassemble ses forces, s'éveille doucement, et assoit de nouveau son empire. Et finalement, chacun des premiers dieux récupérera la place qui lui est due : l'ordre, enfin, sera rétabli.

Ce fut, à tout avouer sans entrave, une véritable surprise. Tout se produisit comme prévu. Les dieux connurent l'amnésie totale, et furent plongés dans un rêve profond qu'on avait, pour l'occasion, fabriqué de toutes pièces avec les bribes de temps arrachées aux profondeurs. Pour faire vrai, on avait ajouté quelques humains, et on avait même, grâce aux artifices oniriques, transformé certaines créatures en humains, pour qu'elles passent inaperçues. En effet, Telos mettait ici en place un rêve complexe et coûteux en énergie, aussi lui fallait-il de vraies personnalités – que le Léthé n'avait pas effacées – afin qu'il n'ait pas à créer le monde entier de toutes pièces. Ainsi passèrent les années, on commença un monde bien étrange, dénué de magie et de dieux, parcouru de quelques soubresauts par moments, mais que Telos s'empressait de corriger promptement.
C'est au terme de cette routine qu'arriva le printemps 1896. On avait, pour la première fois, organisé les premiers Jeux Olympiques modernes, à Athènes. Telos ne voyait pas exactement cela d'un bon œil, alors il décida d'aller jeter sur cet événement un regard sévère, et protecteur. Pas d'accroc, cependant, mais au matin du dimanche 12 avril se tint un banquet de clôture, organisé par Georges Ier de Grèce, où athlètes, officiels, et philhellènes se rencontrèrent. Ce fut précisément ce dernier point qui causa le dérapage : inconsciemment, le banquet avait attiré un nombre considérable de dieux, créatures, humains, et même de morts, tous déguisés en parfaits athéniens. Là, Zeus, qui se trouve être général des armées, tient une discussion très sérieuse avec le roi, dont il sera, fort heureusement, impossible de l'extraire. Et tout autour, on vient en couple : une déesse avec un mortel, un demi-dieu avec une nymphe, une dryade avec un mort, des olympiens en pagaille, deux ou trois muses, un bon nombre de centaures… Telos décida, pour veiller au maintien de son illusion, se se mêler aux convives, en tant que pianiste. Heureusement pour lui, la salle était encore clairsemée, et c'est sous son regard attentif que le reste des convives entra peu à peu. Il fallait à tout prix éviter qu'on se souvînt de quelque chose.



~ Notes techniques ~
Quelques précisions pour que tout se passe bien.

-Le but c'est que tout le monde retrouve la mémoire à la fin. Progressivement, mais pas forcément tous en même temps, on va avoir des souvenirs, ou, des allusions à certains faits vont devenir étranges. Ça aura pour effet de diminuer l'action de l'eau du Léthé.
-On vous encourage à venir en groupe : en couple, mixte ou pas, ou à plein, comme vous voulez. C'est en effet l'occasion de créer des liens qui dureront peut-être après le RP.
-Dans la vraie vie, il ne se sera pas écoulé longtemps (le rêve, ça dure toujours moins que ce dont on a l'impression).
-Il est demandé de choisir un autre nom le nom antique de votre personnage, et qu'il soit cohérent chronologiquement et géographiquement avec la nouvelle version de votre personnage. Précisez au début du post le nom plus moderne que vous avez choisi !
-Un post PNJ comme celui-ci régulièrement, pour faire avancer l'histoire globale. Entre deux post de PNJ, autant de posts que vous voulez si vous êtes motivés.
-On prévoit 3 ou 4 cycles, chaque cycle commençant par un post PNJ. L'événement durera le temps qu'il faudra, mais on le souhaite court.
-Ce serait vraiment génial si tous les participants qui ont posté la première semaine pouvaient ensuite poster à chaque cycle.
-Sauf avis contraire (nous le ferons savoir), nous aimerions limiter les participants à ceux qui auront posté lors du premier cycle, pour éviter des situations étranges. Alors à vos claviers !
-Je rappelle que la longueur demandée, dans la mesure du possible, est contenue entre 300 et 700 mots, pour que ce soit léger (idéal : 500 mots).
-Amusez-vous bien <3

Notre Jeu Concours:
 

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Dernière édition par Zeus le Mer 7 Sep 2016 - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 9 Aoû 2016 - 13:54

Proserpina

Tourbillons d’étoffes et de poudre, de marbre, de colonnes et de fumées âcres, il fait moite mais pas chaud dans cette grande salle de bal dans laquelle elle pénètre triomphante aux côtés de son scandale d’un mois. Il fait partie du gratin, il est invité au bal, c’est rempli de gens bien habillés, de mondains, de richesses, de brillants de partout. Il l’a emmenée et elle rayonne plus encore que les bijoux des autres dames quand sa robe rouge virevolte un peu floue sur sa peau.

« Est-ce que je remplis le cliché de la femme vénale qui choisit ses amants en fonction de leurs revenus ? »

L’interrogation traversa comme un petit amas de photons furtifs le crâne de Proserpina avant de s’évanouir dans l’air. Il y avait d’autres choses à considérer comme par exemple, rapide coup d’œil à sa droite, l’homme au bras de qui elle se trouvait –fugitive fonte de son jeune cœur de petite aristocrate modeste. Elle en avait vu d’autres, certes, mais tout de même, regardez-moi ces yeux et ces épaules ; ses vacances en Grèce n’auraient pas été fades, pour le moins.

C’était presque un caprice ; un étrange concours de circonstances qui l’avait amenée à se retrouver à Athènes pour les premiers Jeux Olympiques depuis l’époque antique, en visite chez une vieille tante plus ou moins éloignée mais certainement plus riche qu’elle. Ses parents, de la vieille noblesse italienne mais désargentés, avaient accepté sans trop d’histoire l’invitation de la parente qu’on ne voyait de toute façon plus trop. Cela faisait donc un mois ou deux que Proserpina avec quitté l’Italie pour la Grèce où elle s’étourdissait un peu du train de vie des gens riches. Réceptions, mondanités, jolies robes empruntées à ses cousines, attractions du stade, pain et jeux lui étaient livrés sur un plateau d’argent.

Elle faisait des rencontres ; elle se sentait si mûre.

Courtisée, la belle Proserpina, ajoutons-le sans fard ; cependant, elle avait cette fois changé de catégorie. Habituellement, un peu de rouge aux lèvres et un ou deux regards appuyés suffisaient à faire bafouiller les plus nigauds et à intéresser les plus sûrs d’eux. Elle aimait se sentir désirable et affriolante, se sentir futile quand elle s’apprêtait au milieu de ses poudres et des couleurs artificielles qui rehaussaient chacun de ses traits déjà fins avec art. Elle ne sentait pas que cela la rendît plus vaine ou plus abêtie ; au contraire, il fallait composer avec cela et réussir pour autant à se faire apprécier en tant qu’individualité, et c’était un défi dans lequel elle se lançait à chaque soirée avec le cœur léger. Ce n’était pas une lutte avec de bien grands enjeux, pensait-elle, et c’était peut-être d’ailleurs là le seul point où elle se trompait.

Un soir, elle s’était retrouvée dans un salon avec cet homme si beau, plein de prestance et de maintien. Elle avait le droit d’y rêver, de faire semblant de le courtiser et de rire perlé à tout ce qu’il disait pour se croire dans un livre débile de pages de soie rose ; les choses avaient tourné différemment, et il y avait à ce jour un mois qu’elle se pavanait avec cet homme d’au moins quinze ans son aîné. Il n’était pas sûr qu’elle fût foncièrement heureuse avec lui mais en tout cas, fière, euphorique, ivre.

C’était son scandale à elle ; son futur chagrin d’amour peut-être ; sa dose d’impertinence dans le monde, auprès de qui elle pouvait prétendre à la légitimité de l’adulte, de la séduction, du pouvoir, de l’argent et des hautes sphères, tout en se sentant si hors des normes.
Un pas de plus dans la salle, on danse déjà ? Vieni qui caro, andiamo a ballare. Oh viens chéri, allons danser.

J'ouvre le bal:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 9 Aoû 2016 - 23:48

Philippos

A chaque festivité sa nouveauté. Pour certains, c'étaient les costumes, les chaussures ou les parures ; les artifices qui brillent, illuminent et émerveillent. Pour Philippos, c'étaient les femmes ; les êtres qui fascinent, agacent et intriguent. Il se présentait rarement deux fois avec la même. Poussées par son inconstance ou sa lassitude, elles se délivraient de son étreinte aussi vite qu'elles s’y étaient emprisonnées. Tous ses proches y étaient habitués, et chacun trouvait de quoi nourrir ses commérages. On pariait sur quelle sorte de gourgandine pendrait à son bras, combien de temps elle y resterait et on leur brodait une vie de débauche.

Philippos était assez futé pour deviner ce qu'on murmurait, et assez inconscient pour s'en moquer. Il éprouvait une sorte de dédain à l'égard d'autrui, et sa fortune et son titre lui laissaient croire qu'il pouvait obtenir tout ce qu'il désirait – pis encore, qu'il le devait. Les femmes, c’était comme le reste, elles finissaient par céder, puis par le désintéresser. Il vivait son célibat avec tranquillité et n’enviait que rarement ses amis mariés. Pourtant, à l’esprit lui venait parfois la fugace crainte de finir sa vie seul. Il la chassait bien vite en se disant qu’il pourrait bien, un jour, trouver une femme qui lui plût suffisamment longtemps – et qui pût le supporter jusqu’à la fin.

Ainsi, le voir arriver au banquet de clôture des Jeux Olympiques avec une toute jeune femme, une inconnue – quoi que certains étaient à peu près sûrs de l’avoir vue deux ou trois fois à ses côtés, lors de réceptions précédentes –, n’étonna personne. Elle avait facilement quinze ans de moins que lui ; mais cela non plus, personne n’osa s’en offusquer. On évitait la rage du noble autant qu’on le pouvait. Et puis on s’était accommodé de son amour pour le scandaleux et l’inapproprié. La fille était jolie – elles étaient toujours jolies – et promenait des yeux avides d’enfouir dans la mémoire ce qu’ils voyaient, après en avoir suffisamment absorbé la superficialité éclatante. Les faux-semblants étaient plus délicieux que la vérité qu’elle côtoyait.

Philippos connaissait sa situation. Cela lui importait peu. Mieux encore, il l’en trouvait presque attendrissante. Finalement, après plus d'un mois à la côtoyer, il semblait qu’il l’appréciait vraiment. Elle possédait une candeur et une naïveté qui manquaient au monde, et égayaient sans mal ses journées. Ou peut-être qu’entretenir une noble désargentée lui donnait l’impression d’être quelqu’un de bien, ou au moins d’accomplir une bonne action. Enfin, ce n’était pas l’important. Pour le moment, elle lui plaisait, ils profitaient des instants qu’ils partageaient, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il se baignait dans l’oisiveté de la noblesse avec délectation.

Le grand bâtiment accueillait déjà nombre d’invités. Ils vaquaient à différentes occupations – bavardage, danse, observation. Comme il s’avançait dans la salle, Philippos eut un regard en coin pour Proserpina. Ses iris, déjà, étaient rivés à la piste de danse, et il sentait son corps glisser inexorablement vers les valseurs. Il céda à sa demande tacite : « Une danse ? » Puisqu'elle acquiesçait, il l'entraîna sans plus tarder au cœur des corps en mouvement – elle aurait pu changer d'avis, et il en aurait été fâché. L'idée de danser lui plaisait bien. Il prit sa main dans la sienne, et posa l'autre sur sa taille recouverte d'un drapé rouge. « J'espère que ton voyage en Grèce se passe comme tu le souhaites ? » Un ; deux ; trois. Et encore.

Au premier temps de la valse ♫:
 

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Dernière édition par Poséidon le Jeu 27 Avr 2017 - 21:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 15 Aoû 2016 - 1:53

Ionéphos

La toupie tournoie. Elle est l'équilibre incarné. La toupie tournoie. Elle va vite, elle hypnotise, elle est comme un danseur dont les pas semblent recréer l'harmonie des cieux. La toupie tournoie, et pourtant c'est inévitable. La toupie tournoie, elle vacille. Cela arrive à toutes les toupies. La toupie tournoie, encore un peu, puis chancelle et s'arrête. Plût aux dieux qu'elle n'eût pas été une toupie.

Ionéphos resta sur le bord de la salle. Il avait toujours fait ainsi, autant qu'il s'en souvînt, dans les réceptions, les bals et les soirées. Il ne venait pas pour voir du monde. Il ne venait pas pour danser. Il ne venait pas non plus pour manger. Ni, encore, pour se faire bien voir, et nouer des relations en haut lieu – chose pourtant qu'il faisait, un peu malgré lui, au hasard, sans le faire exprès, parce qu'il fallait bien, parce que la maison le demandait. Les produits pharmaceutiques Euthanol. Ce nom provoqua en lui une euphorie sublime, maculée d'un dégoût profond, d'un rejet instinctif qui se nuançait d'une impression de mission divine. Il avait l'arrière-goût d'une défaite, enchaîné qu'il était à l'entreprise de son père, ne pouvant pas dédier ses formidables passions à la Chimie, la grande Chimie qui allait sauver des vies, et apprendre à ses pairs à mieux vivre, et porter en soi l'harmonie et la sérénité.
Alors forcément, chaque fois qu'il y avait une de ces réceptions, il était investi de ces affects contraires, comme s'il était une forteresse qu'on avait assiégée et – oh ! si facilement – envahie. Mais il y avait l'ancre – tout l'échafaudage branlant s'écroula autour de cette vérité, lui formant en tombant une voûte protectrice, un dôme comme le fond du ciel, parsemé d'étoiles, de paillettes sur la cape de la nuit. Il y avait Irène. Elle avait toujours été là, aux cours de théâtre, et leur coopération, professionnelle, réglée, mais puissante et stimulante, avait fini par créer entre eux un lien particulier. Il l'avait peut-être imaginée, cette corde qui avait commencé à se tisser entre leurs deux esprits, il l'avait peut-être fantasmée. Mais à présent, elle était là, à son bras, comme une ancre.
Ironiquement, pourtant, c'était probablement elle qui avait besoin d'une ancre. Il le sentait, imperceptiblement contre son bras, le déséquilibre se manifestait : peut-être était-ce une pression, peut-être était-ce une détente – il était le sorcier qui prédisait la tempête. Elle n'était pas plus à l'aise que lui parmi tous ces inconnus, ces trop multiples vies qui se frôlaient dans l'allégresse et qui demeuraient impitoyablement distantes. L'écart entre les êtres resterait incompressible, et l'abîme, béant. Pis, le tumulte qui commençait à monter faisait l'effet d'une bête géante qui s'éveillait de son sommeil, dont la respiration se faisait plus rapide, plus rauque, l'air râpant contre les parois de ses poumons ; l'urgence se faisait sentir aussi clairement que la nécessité de la fuite.
Et il y avait ce déséquilibre persistant, depuis que la voiture avait renversé ce petit renard. Je m'étais retourné, et j'avais bien vu qu'il était mort ; j'avais demandé qu'on continuât, et elle, j'avais tenté de la rassurer. Mais c'était devenu comme un grumeau dans l'onctuosité du temps. Et il continuait de tomber de la farine sur sa pâte, elle entrait par tous ses sens, bientôt, je le savais, ce serait trop, bientôt la pluie de flocons coulerait, et ce serait comme une épave monumentale qui rejoindrait le canot de sauvetage qui déjà avait sombré.
« Ça va aller », dis-je, comme dressant un futile bouclier contre l'incoercible, « ça va vraiment aller. Viens, on va aller prendre un peu de tarte. Et après, tout ira bien. »

La toupie chancelle:
 

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Dernière édition par Thanatos le Lun 5 Sep 2016 - 15:56, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 15 Aoû 2016 - 3:02

Élisa

Les papillons de nuit s'attroupent autour de la lampe. Qui s'éteindra le premier, les éphémères ou le phare ?

Élisa fit irruption dans la salle, le pas leste, la démarche élégante, les bras toujours si intelligemment placés, imposant à tous son infinie prestance. Elle était là, comme un soleil indispensable, elle rayonnait dans sa robe rouges aux arabesques d'or, avec ses boucles d'oreilles en rubis, son chignon haut tenu par deux pics en or torsadés. Et pourtant, elle n'avait pas fait de bruit en entrant, elle était restée discrète – autant qu'elle pouvait l'être –, n'avait pas ouvert les portes trop grand ni avec trop de force ; elle ne s'était pas installée au centre de la pièce, n'avait pas joué de ses charmes. Au contraire, drapée dans son tissu de feu, elle s'était glissée contre les murs, à l'écart des danseurs qui attiraient l'attention, attendant son heure. Le soleil était encore derrière l'horizon, mais déjà, une main s'élevait dans le ciel, pour le cueillir dans sa paume et l'élever jusqu'au zénith.
Elle était là en tant que représentante de l'Espagne, qui ne participait pas à la première édition de ces jeux mais qui, tout de même, tenait à occuper une certaine place médiatique dans l'événement. Et bien entendu, en choisissant d'envoyer la divine Élisa, ils avaient fait le meilleur choix possible. Bientôt, les hommes allaient l'approcher, l'interroger, la flatter ; elle serait fermée, lointaine, désintéressée – implacable. Et sa distance attiserait leurs ardeurs, elle serait bientôt entourée d'hommes, elle répondrait à leurs questions avec une parcimonie presque tyrannique. Puis, elle éclaterait d'un rire flamboyant, et s'échapperait désinvolte de leur cercle, et rejoindrait les dames, elle rirait avec elles de la bêtise des hommes, car il ne fallait pas qu'elles soient jalouses, qu'elles se sentent en reste ou dépossédées de leurs compagnons. Puis, elle se fermerait, et commencerait à parler très sérieusement avec les éminences, juste avant le moment où les femmes se sentiraient à l'aise, pour qu'elles restent avec ce sentiment d'insatisfaction, avec l'idée qu'elles devaient absolument revoir cette grande dame impressionnante à qui elles n'avaient pas assez parlé et qui leur avait semblé si affable.
Pour le moment, elle étudiait la piste de danse. Il n'y avait pas grand monde qui y fût digne d'intérêt, pour le moment, hormis un couple dont la femme qui semblait italienne lui apporta immédiatement un mélange de sympathie et de compétition. Elle jeta un regard tout autour, là où ceux qui rechignaient à danser attendaient que les discussions commencent. Il n'y avait presque que des silhouettes noires, ou des couleurs banales. Ici, toutefois, elle vit un jeune homme aux cheveux blonds, le regard perdu, là, une jeune femme à la robe bleue comme le sang et aux cheveux de feu. Élisa se vit dans cette jeune fille, d'un extérieur qu'elle percevait dur, mais au regard à la fois tendre et tourmenté. Il y avait en celle-ci, en même temps que ces flammes intérieures qu'elle reconnaissait comme les siennes, une fragilité, une vulnérabilité qu'elle avait perdue. Elle se surprenait parfois à vouloir s'effondrer, à se montrer tendre, gentille, aimante, mais il n'y avait au-delà de sa carapace de contrôle que dureté, et peut-être quelques suintements de douceurs qui parvenaient jusqu'au-dehors. Elle aussi aurait voulu s'accrocher au bras de ce grand jeune homme aux cheveux noirs et au regard étrange, flottant entre le ressentiment et la délicatesse.
Elle se ressaisit. Droite comme toujours, elle contracta ses muscles à nouveau pour le paraître plus encore, puis lança une jambe vers la piste. À partir de cet instant, ses membres la porteraient toute entière, il y aurait les grâces permises par ses articulations, les mouvements précis réglés par sa fine musculature, et le charme par la fluidité de ses mouvements que soutenaient ses tendons et ses nerf. Elle commença à valser, elle aussi, mais seule – elle était toujours seule, et imposait la présence de plusieurs. Elle tournoyait, soulevant la dentelle qui tombait avec délices des bords de sa robe, gonflant le tissu de pourpre et faisant ressortir toutes les enluminures comme si elles étaient calligraphiées sur un livre aux pages écarlates. Ses cheveux restaient sagement en place, hors la mèche contrôlée qui s'échappait voluptueusement de son chignon, et qui se soulevait à chaque mouvement dans une explosion d'allégresse. Elle savait le risque qu'elle prenait en dansant seule, mais elle savait également qu'elle était l'hypnotisante, et que bientôt tous les regards seraient tournés vers elle, et elle aurait gagné. Elle laissa enfin ses bras aller selon leur chorégraphie propre, légère et ondoyante ; ici, elle lançait comme une invitation, là, elle arrêtait de la main une avancée trop hardie vers elle. Voilà, pensait-elle, attroupez vos regard tout autour de moi. Et faites une gangue protectrice autour de mon cristal.

Le phare brille dans la nuit:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 15 Aoû 2016 - 13:14

Irène

Crac-clac. Le bruit des roues qui retombent sur le pavé.

Irène souriait. Et pourquoi n’aurait-elle pas souri ? Elle était au bras de celui qu’elle aimait. C’était peut être quelque peu pompeux à dire. Quand elle l’avait vu pour la première fois, elle s’était dit que c’était ce genre d’homme qui n’avait qu’à se pencher pour cueillir une fille. Comme on peut se tromper ; ou du moins se plaisait-elle à le croire. Elle ne voulait pas être une fille que l’on cueillait ; une naïve qui se laisse éblouir.

Et pourtant, elle se sentait légère, au bras d’Ionéphos. Légère…

Crac-clac. Un frisson froid.

Elle n’en laissait rien paraître. C’était un bras léger qu’elle donnait à son cavalier. Le sourire qu’elle lui adressait était franc, non pas béat. Ou était-il vraiment franc ? Elle n’avait aucune difficulté à sourire, en temps normal. C'était pour elle aussi naturel que de tirer les rideaux de bon matin. Et pourtant, il lui semblait que ce sourire-ci voulait vaciller.

Qui se souciait des renards, en premier lieu ? Elle n’aurait pas dû être perturbée par un renard. Elle n’était pas une petite fille. Les choses meurent, première nouvelle.

Déjà, les couples s’étaient mis à danser. Certains tournaient avec une grâce avouée. La valse qui jouait avait un emportement certain, comme une férocité dans l’enchaînement des temps. Les danseurs eux-mêmes avaient quelque chose de mordant, dans leur application à danser plus vite, à danser mieux, à faire voler plus de dentelle et afficher plus de bonheur que le couple voisin.
Irène n’acceptait un combat qu’avec le plus grand sérieux ; voilà pourquoi elle dansait rarement. Elle réservait les danses aux jours de courage, ou de colère.

Aujourd'hui n'était pas un jour de courage. Son regard se perdit un instant dans la robe rouge de cette femme, qui dansait, elle aussi, comme une guerrière. Non, elle ne ferait pas danser son cavalier ce soir - et pour son plus grand plaisir sans doute. Une guerrière, un renard, la foule. Ce nobliau suffisant, qui, lui, cueillait les filles par pelletées, s’en faisait des colliers, arrachait les pétales, un à un… il m’aime, il ne m’aime pas ? C'était une jolie fille. Un Narcisse peut-être ? D'autres gens, beaucoup de gens. L’amazone rouge au centre comme une tâche de sang. La musique comme une mélopée funèbre, de plus en plus forte. Les funérailles d’un méchant. Une descente aux enfers.

Elle lui adressa un petit regard. Un regard un petit peu trop paniqué peut-être ? Tant pis, sa voix rassurante et le mot de tarte lui firent l’effet d’une immersion dans une mare d’eau fraîche. Le silence ; et la pâtisserie, d’accord.

“Mais je vais très bien, enfin. Je te dis que ce n'était rien. Je regardais simplement ce cher Phillipos et sa nouvelle amie. C’est fou, j’ai l’impression de l’avoir déjà vue. Tu crois qu’il aurait sorti la même deux bals de suite ?”

Elle lui sourit. Un sourire très serein, Irène. Est-ce que le renard était resté là-bas, sur le pavé ? Tout seul, pensa-t-elle, avant de se sentir un peu bête. Mais tout seul, se répéta-t-elle.

“Enfin, si tu veux profiter de ma faiblesse pour la tarte, je veux bien aller très très mal. Tu crois qu’il y a un paradis des renards ?”
Elle avait plaisanté d’un air dramatiquement affecté.

Elle reçut ses propres mot avec une douleur aiguë. La situation prenait une tournure ridicule.

Elle engloutit une bouchée de tarte avec toute l’avidité que les bonnes manières permettaient. La pâtisserie est un baume étalé sur les maux de l'âme.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mer 24 Aoû 2016 - 21:21

Katrina

Il paraissait que les parents étaient heureux quand leur fille se tenait convenablement et restait loin de hommes jusqu’à trouver celui qui devait partager leur couche et leur vie. Et bien ceux de Katrina n’avaient guère à s’en faire sur le sujet car la seule chose qui l’intéressait depuis qu’elle avait réussi à obtenir une place et une bourse à la faculté de médecine était ses études. A vrai dire, les géniteurs de la jeune femme commençaient même à se demander si leur fille n’avait pas un problème d’intégration sociale et s’ils auraient des petits enfants un jour. Ils décidèrent donc, d’un commun accord, de faire prendre des vacances forcées à leur progéniture pour l’envoyer passer quelques jours en Grèce, loin de l’université, dans l’espoir qu’elle y rencontre un homme. En effet, les Jeux Olympiques étaient un évènement mondain qui ne manqueraient pas de rassembler des curieux du monde entier, alors avec une ou deux prières, dieu pouvait bien dénicher un homme capable de supporter leur fille hein ? Si possible un avec une bonne situation sociale, noble ou fortuné…
Katrina avait donc, avec une certaine lassitude vis-à-vis des lubies de ses géniteurs, entreprit un voyage jusqu’à Athènes où elle fut alors frappée par un sentiment étrange, comme si les lieux lui étaient familiers. Elle avait repoussé très loin cette sensation tout au fond de sa tête en se disant que l’impression venait probablement des photographies que sa mère lui avait mise dans les mains pour tenter de lui vendre ce voyage.
La blondinette avait finalement passé une partie des JO avec un livre à la main, jetant un coup d’œil aux sportifs de temps à autres pour se donner bonne conscience… et puis elle avait rencontré Andrew. Non content de la tirer de sa lecture, il avait su très vite gagner sa sympathie. La relation qui s’était développée entre eux était étonnante mais lui plaisait. Andrew avait un côté provocateur et enfantin, et, si elle n’envisageait pas de l’épouser et de lui faire des enfants comme l’aurait aimé ses parents, il avait su la tirer de l’ennui en l’amenant à jouer avec lui. Des paris ô combien stupides mais divertissants !

Cap ou pas cap ?

Ainsi il avait fini par la convaincre de l’accompagner à la réception. Peut-être que cette semaine allait se révéler plus intéressante que prévu tout compte fait. Elle avait même fait un effort vestimentaire pour l’occasion, elle n’était pas une rustre après tout ; même si en général elle préférait les tenues confortables au reste, elle avait tout de même les moyens de s’offrir des vêtements jolis et de bonne qualité.
Un bal aussi peu intéressant que les JO… elle n’en attendait pas plus de l’évènement. Mais son expression s’éclaira aussitôt qu’elle aperçut Andrew. Non, la soirée promettait d’être fascinante, il n’était définitivement pas possible de s’ennuyer avec une énergumène comme lui.
Plusieurs personnes dansaient sur la piste, dont une femme qui paraissait s’amuser seule. Un sourire amusé passa sur les lèvres de Katrina. C’était son tour de poser un défi.

-Cap ou pas cap de lui faire un croche-patte ?


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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Jeu 25 Aoû 2016 - 13:53

Andrew

Mon père me tuerait certainement s'il avait vent de mes actions, mais n'était-ce pas lui qui m'avait envoyé en Europe après tout ? Il me connaissait assez pour se douter que je me prêterais plus volontiers à ces jeux enfantins plutôt qu'à ceux se déroulant dans le stade. Il possédait des tas d'autres fils, mais c'est moi qu'il avait choisi pour représenter son nouvel empire immobilier sur le vieux continent, pour mon plus grand malheur. J'ai vingt-trois ans, à quoi s'attend-t-il de ma part ? De toute manière, j'ai toujours préféré l'art aux finances.

Le voyage jusqu'à Athènes fut long mais agréable, non seulement dû à la prestigieuse cabine de première classe que j'occupais sur le paquebot, mais essentiellement à l'attention que les autres passagers portaient sur ma personne. Ma famille faisant parti de ces nouvelles fortunes américaines, chacun se pressait avec ses questions futiles et ses remarques plaisantes dans l'espoir de s'attirer ma sympathie. Cette attention excessive me fut cependant retirée dès mon arrivée dans la capitale grecque, où je n'étais plus qu'un vulgaire spectateur parmi des centaines d'autres, sans personne pour s'intéresser à moi ou même daigner me parler, les plus polis se contentant d'une poignée de main. Ces quelques semaines s'annonçaient d'un ennuie mortel. Heureusement qu'il y avait cette jeune française pour égayer les journées de compétition, Katrina, dont j'étais finalement parvenu à sortir la tête de ses romans, et pour quoi ? Des paris de toute espèce et des défis à tout va, juste ce qu'il fallait pour rendre les jeux olympiques beaucoup plus distrayants qu'ils ne l'étaient en réalité. Mais voilà que ceux-ci se terminaient, ce qui n'était pourtant pas le cas de notre petit jeu.

Alors, cap ou pas cap de faire trébucher la danseuse solitaire ?

Mon orgueil m'interdisait de me défiler, au grand damne de la jeune femme, et me poussa à relever ce défi pour le moins cruel. Qu'importe, je ne flancherai pas ! Je tandis la main à ma complice:

- Capable. M'accorderez-vous cette danse ? Je doute cependant qu'elle dure bien longtemps...

Tous deux nous avançâmes sur la piste de danse où d'autres couples s'étaient déjà réunis pour valser au rythme de la musique. Un deux trois, un deux trois, nous voilà dans le pas. Mes yeux avaient beau être fixés sur ma cavalière, j'observais bel et bien ma cible du coin de l'oeil, m'en approchant imperceptiblement, inexorablement. Puis vint l'instant fatidique ou mon pied se dirigea dans sa direction, comme s'il s'agissait d'un accident, un simple faux pas dans cette chorégraphie des plus basiques. La danseuse perdit l'équilibre alors que je m'empressais de ramener ce pied trainant contre son binôme, me retournant précipitamment pour observer mon œuvre. La chute attira des regards malsains, trop heureux d'observer le premier incident d'une soirée qui ne faisait pourtant que commencer, mais la plupart ne virent que l'acte accompli, impuissants, demandant à l'oreille de leur voisin ce qui avait bien pu se passer. Je pris l'air confus requis en de telles circonstances, mais mon regard pétillait de malice : j'avais réussi mon défi. Ma main se tendit en direction de la femme échouée à mes pieds alors que je me penchais dans sa direction :

- Mille excuses. Tout va bien ?
Les paris sont ouverts:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Sam 27 Aoû 2016 - 23:18

Sergei


Avant toute chose, il le vit. Lui. Il le vit parce qu'il le cherchait ; parce que cette ville, Athènes entière n’était une écorchure brûlante, ses maisons, son bord de mer, cet air iodé des soirs de printemps. Elle lui rappelait des jours heureux, et une trahison. La trahison tout particulièrement ; elle était ancienne, le responsable était mort. Il avait pensé que le temps aurait fait son oeuvre.

Mais non, la ville était là. Ses odeurs, ses couleurs… Anastasya lui avait demandé ce qui n’allait pas. Il avait été… d’une particulièrement mauvaise humeur. Elle savait, sans doute. Il ne lui avait jamais raconté l’histoire, mais elle devait bien savoir. Bah, il ne voulait pas lui gâcher la fête. Il l’avait sentie fébrile. Il lui donnait un bras distrait. Il le cherchait des yeux, et il l'apercevait, là-bas.

Il était impossible de se tromper sur ce front, ce menton, ce regard dur. Il avait paru déterminé, en son temps. En vérité, il n’avait sans doute jamais brillé que par avidité. Il avait l’impression de regarder un spectre ; mais ce n’était que le rejeton du monstre. Une version plus jeune, qu’il n'aurait pas connue.

Sergeï ne le salua pas. Il n’avait rien à lui dire, sinon à le secouer pour lui demander si cela en avait valu la peine. Or, mieux valait s’abstenir.

Il se détourna. Insidieux passé. Sa fieulle était à son bras, et lui regardait les fantômes comme s’ils pouvaient lui apporter réparation. Elle paraissait renfrognée cependant ; absente. Ils devaient paraître tous les deux, renfrognés et absents, comme à leur habitude. Voilà le visage que présenterait la Russie à la Grèce et au monde, à l’occasion de ces jeux olympiques. Des athlètes invisibles, et des ambassadeurs mélancoliques.

Haha, non, cela n’allait pas du tout. Ils faudraient qu’ils sourient. Ils étaient venus montrer à ces européens que la grandeur de l’Empire se passait bien de leurs événements ; non pas que les les russes ne savaient pas s’amuser.

Mais quelle idée avait bien eu le Tsar, d’envoyer un veuf et une orpheline pour faire une telle démonstration ?

Il posa une main sur l’épaule d’Anastasya.

“Allez, un peu de courage. Un sourire est une peinture de guerre comme une autre.”

Celui qu’il lui adressait était doux- amer. Il alluma pourtant un cigare, et le sourire qu’il reporta vers l’assistance était de ceux que l’on présente à l’adversaire.

Il était temps de se mêler au monde.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 29 Aoû 2016 - 19:31

Marianthi

Marianthi sentait le stress monter en elle à mesure que sa sœur la traînait joyeusement vers le banquet. Le bruit et la foule avaient le don de la faire trembler de la tête aux pieds. La pauvre étudiante en art se sentait mal dans sa robe de soie rose, volage, qui se soulevait à chaque bourrasque de vent. C'était Barbie qui avait été invitée, pas elle. Elle n'avait rien à faire ici. En plus, son chignon s'envolait, ses chaussures lui faisait mal et l'excitation de sa tornarde de sœur lui donnait des maux de têtes.

Elles arrivèrent malheureusement trop vite dans la salle et son rythme cardiaque s'accéléra lorsque la jeune brune remarqua que certains regards s'étaient posé sur elle. Barbie avança sans gêne dans la foule, lâchant la main de la pauvre Marianthi désormais perdue. Elle baissa la tête et se colla au mur le plus proche en espérant que personne ne la remarque. Perdu. Un serveur déboula de nul part pour lui proposer des petits fours : catastrophe ! La jeune grecque articula un inaudible « non merci » alors que ses joues s'enflammèrent. Pourvu qu'il soit le seul... Quelques longues minutes plus tard, elle osait enfin relever la tête dans le but de retrouver la jolie brune extravertie. Dans ses recherches, ses yeux croisèrent ceux d'hommes et de femmes, plus élégants les uns que les autres, visiblement à l'aise dans le beau monde, ce qui lui donnait juste envie de s'enterrer jusqu'à la fin de la soirée.

Enfin, elle la retrouvait. A l'autre bout de la salle. Génial...

« Barbie... Barbie ! »

chuchotait-elle, le visage rouge. Mais son aînée de l'entendra jamais, il fallait qu'elle se lance, elle aussi, dans ce tumulte dansant. La jeune fille pris une large inspiration et posa un pied devant elle... Puis l'autre... Elle avait l'impression de peser une tonne à mesure qu'elle avançait... Elle détestait la foule... Son bras frôla celui d'une dame, de haute naissance au vue de son accoutrement, ce qui la fit frémir de peur et de honte. L'a-t-elle senti ? Marianthi accéléra le pas en baissant la tête puis s'arrêtait brusquement, histoire de voir si la longue robe jaune de sa sœur volait toujours devant elle. Oui. Parfait. Elle discutait, enfin monologuait plutôt, avec trois hommes en costume à queue de pie. Elle avait l'air tellement à l'aise, comme si elle avait fait cela toute sa vie... Parfois, Marianthi l'enviait mais très vite, elle se souvenait qu'elle n'avait pas besoin d'une quelconque cour à ses pieds pour vivre. Sa sœur n'était pas un exemple. Loin de là. Elle s'approchait quand même un peu plus lorsque les iris dorés de sa sœur se posèrent sur elle. Elle fut invitée à venir s’asseoir à leur côté mais n'ouvrit pas la bouche, trop apeurée par l'attention que leur portaient ces inconnus. Très vite, elle se désintéressait de la conversation et entreprit de jouer à son jeu préféré « Quelle est ta vie ? », jeu par ailleurs abhorré par le moulin à parole à côté d'elle. Elle repéra un couple, plutôt difforme puisque la femme avait l'air beaucoup plus jeune que l'homme.

« Eux... Le père et la fille. » Pensa-t-elle. « Il veut lui présenter quelque prétendant de la cour, dans le but de se procurer un gendre respectable. Mais elle est amoureuse d'un autre évidemment ! »



Et toi ? Quelle est ta vie ?:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 29 Aoû 2016 - 20:23

Barbie

Encore une fête ! Je courais, traînant derrière moi ma sœur que j'avais réussi à sortir de ses bouquins. Elle était récalcitrante mais il fallait bien que Marianthi ai une vie un jour ! Elle ne pourrait jamais profiter de la vie avec tout ces bouquins poussiéreux. Nous entrons dans le bâtiment et en oubliant que ma sœur était là, je partis à travers la foule. Déjà les hommes se retournaient derrière la traîne de ma robe jaune. Le jaune mettait mes yeux si particulier en valeur, et faisait que tous les hommes me regardaient avec plus d'attention que les autres femmes. Je me mouvais sur la piste sur une musique plutôt rythmée mais celle-ci laissa place à une autre musique, une valse. Je sentis une main sur mon épaule et me retournais. Un homme me fit la révérence et m'invita à danser. Il était brun, les yeux marron, tout ce qu'il y a de plus banal. Pas encore l'amour de ma vie. Oui, moi, Barbie, la fille si joyeuse et extravertie, je crois au véritable amour, au coup de foudre. Je sais que le prince charmant arrivera un jour mais en attendant je m'amuse et je profite de ma vie. Et quelle vie ! La fête tous les jours, des hommes qui me regardent passer, certains aventureux m'invitent à danser mais les plus timides restent loin. Pourtant je préfère très largement les hommes timides, ils sont plus intelligents, plus mystérieux et plus intéressant. Je déteste tout ces hommes si entreprenants, qui ne pensent qu'à satisfaire leurs désirs. J'aimerai tellement être comme Marianthi et même si elle ne le voit pas, elle est plus belle que moi, elle est timide et créative. Alors pour oublier ces problèmes de ne pas trouver d'hommes à la hauteur je fais la fête. Faire semblant pour oublier, danser pour oublier, être toujours en mouvement. Ce n'est sûrement pas la clé à tous mes problèmes mais c'est comme ça que je gère ma vie. J'accepte donc l'invitation de l'homme pour danser et il attrapa ma main pour m'emmener valser. Quand la musique se termina je me dirigeais vers le côté de la piste et d'autres hommes vinrent me rejoindre. Le plus grand m'invita à m’asseoir à une table et les deux autres le suivirent. Avant de m'asseoir je vis ma sœur s'approcher de moi en regardant les gens avec son regard apeuré. Mince ! Je l'avais oublié ! Je lui dis de s'asseoir avec nous et les hommes me parlaient, j'entamais une conversation, jetant des coups d’œil à Marianthi. Elle reluquais les gens autour d'elle et son regard se bloqua sur un couple un peu plus loin. Elle devait sûrement jouer à son jeu ennuyant de deviner la vie des gens. Quoi de plus ennuyeux ! La vie l'attendait à bras ouvert mais elle se contentait de la regarder sans rien faire. Mais moi je voulais profiter, on est si différente !


La fête pour oublier la peine:
 

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Et bam, l'intelligence a frappé à nouveau!
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 6 Sep 2016 - 21:35

Agathe


Les invités arrivaient lentement pas groupe, le plus souvent en couple, désireux de se faire remarquer par les autres représentants de la haute société grecque ou étrangère, alors que chacun découvrait le lieu de la réception : sa décoration à l'antique, ses buffets et sa musique, en premier temps apaisante. Tous prenaient leurs marques dans cette salle de bal aménagée pour l'événement, faisaient simplement connaissance avec les autres convives alors que les plus audacieux se lançaient déjà sur la piste de danse, entraînés par la musique dans une de ces valses à la mode.

Dans un coin de la pièce se tenait en spectatrice une jeune femme d'une vingtaine d'années, droite comme un piquet et à l’affût du moindre incident, attentive au moindre détail : moi. L'événement impliquait que je me présente en tenue de soirée malgré mon statut d'organisatrice, tout de même renseigné par une discrète broche attachée à ma robe écarlate, au niveau du cœur. Bientôt, il me faudrait me mêler aux invités, je n'en étais que trop consciente : serrer des mains, remercier les athlètes et sourire à ceux qui avaient soutenu la compétition en y assistant depuis les gradins.
Le monde affluait inlassablement, il me faudrait y aller... Il suffirait de prendre mon courage à deux mains, laisser ma répugnance de côté au profit d'une sympathie toute feinte que chacun s'attendait à me voir arborer.

La musique changeait, il était grand temps.

J'inspirai une dernière fois avant de plonger dans cet océan de faux semblants et d'hypocrisie. "Comment allez-vous ?", "merci de nous honorer de votre présence", "les jeux vous ont-ils plu ?", "oui, nous comptons réitérer l'expérience", "un grand merci pour votre soutien", "passez une bonne soirée".
Les visages et formulent de politesse s'enchaînaient sans que j'y prête de réelle attention, cette distraction me permettant de tenir le coup encore un peu, encore quelques heures. Vint le moment où les pas et les conversations me menèrent devant un homme qui m'était étrangement familier, mais que mon esprit engourdi reconnu bien trop tard : Kéraunos, dirigeant des armées, se trouvait désormais face à moi, me dominait de son impressionnante carrure. Toute tentative de fuite se serait soldée par un échec, mon seul recourt était de prendre les armes, faire face, m'apprêter à une démonstration de force. Les bataillons de mes pensées prenaient place, s'apprêtaient à rendre coup pour coup alors que j'analysais le champs de bataille avant l'offensive: le roi, le précédent interlocuteur du général, s'était éloigné pour converser avec d'autres de ses connaissances, nous laissant ainsi seuls, moi et Kéraunos, face à face.
Le sourire que j'affichais alors sonnait faux, annonçait clairement mon état d'esprit belliqueux et rancunier. Mais en temps que membre du comité olympique, il me fallait me montrer courtoise envers tous les invités, même les pourritures dans son genre, pour mon plus grand bonheur...

- Vous profitez bien de la soirée ? Un véritable succès, ces premiers jeux olympiques, vous ne trouvez pas ?

Mon regard évitait à tout prix le sien, se portait plutôt sur les invités, désormais nombreux dans la salle de bal: un incident sur la piste de danse interrompit brièvement les différents couples qui y valsaient quelques minutes auparavant, et cet imprévu ne fit qu'accentuer ma contrariété. Effectivement, en d'autres circonstances, je me serais empressée d'aller jeter un œil, connaître la raison de cette agitation et apaiser les esprits en cas de besoin.  Lorsqu'on y réfléchissait, ce contretemps ressemblait étrangement au prétexte parfait pour fuir la compagnie de cet adversaire, mais ç'aurait été trop facile, battre en retraite ne faisait plus parti des options qui se présentaient à moi : j'avais des comptes à régler.

Tadaaam:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 6 Sep 2016 - 22:42

Élisa

L'incendie ravageait la forêt. Ses flammes ravageuses crépitaient dans la nuit comme le souffle rageur de milliers de dragons, et le vent projetait sur lui son haleine corrosive. Les arbres se tortillaient, saisis par la vive douleur des fouets ardents qui s'enroulaient autour de leur tronc, autour de leurs branches, avant de muer en de brûlants serpents qui, enserrant le bois de toute leur force, engloutissaient les frondaisons feuille à feuille.
L'incendie s'était arrêté sur le bord de la plage, surpris par la mer, déstabilisé dans son élan destructeur. Il se sentit faiblir, lâcha prise et oublia le vent. Les dragons gigantesques lovés au cœur de la terre refermèrent leur imposante gueule. À présent la forêt semblait parée d'une myriade de rubis qui scintillaient dans l'obscurité. Les arbres s'effondrèrent, rougeoyants, et roulèrent sur la plage. Du fond de l'horizon, on sentit monter, comme une force nouvelle investit tout le corps, des rayons d'une neuve lumière. L'afflux des vagues commença à scintiller sur le sable ; le flux, le reflux : un monstre gigantesque lapait un liquide d'or granuleux. Sa bouche progresse, recule, recouvre, dénude. Le bois chuinte à son contact, il laisse échapper un soupir, un sourire de soulagement, puis se laisse porter au large par une calme allégresse. La sérénité gonfle au fond des gouffres noirs, le dos de la mer s'élève colossal ; le géant a inspiré. Toute la forêt se met à flotter, noire, ratatinée, friable, portée par la houle apaisante. Bientôt, les créatures se nourriraient de ces débris fertiles, et la vie se déposerait tout doucement sur les fonds marins.


Lorsqu'elle chancela, ce fut comme si le monde entier venait de se briser en une multitude de tessons de lumière. Élisa elle-même fut brisée, ses flammes étaient un cristal carmin fracassé en son centre, et son image, l'image de la grande et implacable Élisa, était à présent ce petit tas de bris scintillants – insignifiant, contre terre.
Ce devaient être l'atmosphère, la proximité de la terre, la foule tout autour… Elle sentit monter depuis ses entrailles profondes une intense chaleur. Sous le collier en forme de dragon écarlate qui ornait sa poitrine, le brasier roulait contre les parois de son corps, il emplit sa cage thoracique, puis ses jambes – prompte et élégante, elle se releva d'un bond – avant de jaillir dans ses bras. De l'un, elle refit sa robe ; en un mouvement, elle l'épousseta et en fit disparaître les plis. De l'autre, elle laissa sa colère trouver seule sa victime : la joue, encore rose et bombée, d'un jeune homme. La main, touchée par le feu intérieur, s'était durcie, elle était à présent semblable à un roc plat qui fusait dans l'air moite.
Le temps s'arrêta en même temps que son mouvement. Soudain, sans raison, tout cela n'avait plus d'importance. Élisa flottait, elle s'élevait bien au dessus de tous ces êtres futiles enfermés dans leurs costumes, dans leurs robes, dans leurs idées. Leurs yeux peuvent brûler ; leurs yeux peuvent fondre. Qu'ils restent là, comme des étoiles blanches silencieuses dans l'obscurité de l'univers, elle y serait aussi indifférente qu'aux astres nocturnes. La main allait pourtant frapper le jeune homme. Elle voyait une surprise apeurée briller dans son regard. Il était si humain.
Elle freina son bras, et tandis que le dragon de son collier semblait aspirer sa fureur, chaque parcelle libérée de son corps s'imbibait d'une paix inébranlable. La main se posa sur le visage, Élisa flottait encore, portée par la houle des vents célestes. Elle se baignait dans un éther supérieur qui lui faisait un manteau. « Voilà une tendre caresse, pour toi, jeune homme, qui viens de voir au fond de ton cœur la terreur que je suis capable de t'infliger ». Un sourire se dessina même sur son visage, sincère et serein, presque victorieux. Elle s'assura que chacun l'entendît.
-Je ne t'en veux pas, jeune homme.
Puis elle lui tourna le dos, faisant tourbillonner sa robe. Elle allait bientôt disparaître en aspirant de ce petit homme tout sentiment de victoire, toute satisfaction. Une main fictive était encore posée sur sa poitrine, dans l'attente que l'émotion se décolle totalement. Avant de disparaître un instant dans la foule, et d'aller se reposer près du buffet pour préparer son prochain coup d'éclat, elle lança brièvement sa tête en arrière, et adopta sa voix claire, doucereuse mais distincte et forte.
-Mais ne t'avise pas de recommencer.
Le bras fantomatique se replia. Dans ses mains jointes, elle tenait une petite topaze qui pulsait. Le triomphe.

Le triomphe:
 


Dernière édition par Didon le Mer 1 Mar 2017 - 11:52, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 6 Sep 2016 - 23:06

Anastasya

Quatre petits doigts qui pianotent comme autant de notes pour une mélodie ; quelques molécules de l’adrénaline de l’indiscipline ; diffuse, diffuse, trois petits tours et puis s’en vont les émotions. Ferme ton visage, oublie d’être sage, tout ira bien petit pantin.

Sur certaines figures on peut voir brossé le sourire figé des poupées du guignol presque sans nuances. Illusions enfantines escomptées, peine perdue, se dit Anastasya. Même les petits d’homme les voient lugubres, ces rictus brossés au pinceau grossier mais ferme et professionnel. Le sourire du commerce et de la finance, des gens importants derrière leurs moustaches et leurs cigares. Les hommes font l’argent, les femmes le dépensent, chantonne une voix qui tourbillonne dans sa tête et descend le long de sa gorge, cherche à atteindre ses poumons mais se noue juste là jusqu’à ce qu’elle l’en déloge par une petite toux discrète, il ne faut pas sa laisser envahir par les émotions, cesse. Cesse, ne te blesse.

Parrain à côté d’elle n’est pas beaucoup plus enjoué. Jolis silences macabres qui se mélangent sans éclat. Anastasya porte le collier bleu Athène offert par Sergeï pour l’occasion. Sombre sombre parrain, regard en coin, délibéré. Chacun son poids, elle ne peut offrir qu’un peu d’empathie maussade à un tel homme.

Stasya soit la tsarine de ces drames et des poitrines de ces dames, dansent et tournent leurs petits pieds de marbre doux, d’où venez-vous beautés sans goût ? Êtes-vous fades, je vois des farfadets danser dans le rouge de vos étoffes. Fiancées et financiers. J’aurais pu vous aimer.

Vite, il faut aller plus vite, comme quand tu cours et quand tu danses et que le rythme ne t’attend pas. Il y a beaucoup de choses dans ce crâne mais étonnamment aucune culpabilité. On dirait que les invités sont des pantins du guignol, avec quelques ficelles pour bouger un peu. On dirait qu’on pourrait couper toutes les ficelles. Sur la piste de danse, un marionnettiste maladroit a lâché une poupée rouge.

Anastasya, par un réflexe étrange, jette un œil involontaire vers les poignets de son parrain. Si elle y voyait des fils, si eux aussi pouvaient se rompre ? Le poignet vient se poser sur son épaule mais c’est un poids qui allège le cœur.

«C’est toujours de la peinture en tout cas… » murmura-t-elle comme pour elle-même, en songeant à la naïveté du petit Guignol, qu’elle trouvait cruel à pleurer quand elle était enfant. Une petite rancune contre ce marionnettiste qui n’avait rien compris à ce qu’était la bonté, peut-être.

A son tour de forcer un peu les fils. Elle a repéré une grande colonne là-bas, de l’autre côté de la piste de danse. Elle fera semblant d’être intéressée par le tableau qui y est accroché. De s’intéresser, à la peinture. Toutes les sortes de peinture. Il est trop loin, elle doit aller voir de plus près, c’est juste là-bas.

Et puis, derrière le tableau, il y a son job de la soirée. Celui que ses amis, ou collègues, ou compagnons de détresse idéologique lui ont donné. Une poignée d’anarchistes d’intelligences diverses. Elle le fera de toute façon, il faut le faire. Hop, un pas léger, un autre qui s’enchaîne un peu plus facilement, au rythme de la musique, les coins de ses lèvres qui s’étirent comme si elle s’amusait, qu’elle était heureuse d’être à une telle réception. Il faut juste traverser la piste le cœur léger.

Je veux dire, cette bombe cachée dans la colonne ne se déclenchera pas toute seule.

Psst, par ici, les pantins:
 

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Cliquez et puis aussi .

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mer 7 Sep 2016 - 23:17

Kéraunos

Lentement, les bulles éclatent à la surface de la mare de boue. La gorge de la terre exhale son air fétide par explosions miniatures. Les petites détonations forment peu à peu une musique angoissante dont le rythme s'accélère. La terre profonde gronde grave. On sent comme un roulement remonter sur les parois d'un gosier tellurique. Le voilà plaqué tout contre l'air, à gonfler le voile de l'eau. Enfin, la demi-sphère se brise, et un geyser jaillit joyeux vers le ciel. La boue retombe et macule tout alentour.

Kéraunos commençait à s'ennuyer, dans cette discussion avec le roi. Il se prit à ne plus écouter qu'une moitié de phrase de temps à autre, et à acquiescer automatiquement, tandis que son esprit voguait un peu plus loin, dans un grand vide qui s'étendait là-bas, un gouffre énorme qui aspirait lentement les idées. Il se sentait perdre le contrôle de la discussion, et c'était proprement inacceptable. Alors, il s'extirpa lentement des abysses de sa torpeur, et projeta de mettre fin lui-même à l'échange, pour abréger cette inconfortable situation. Une phrase est une gouttière, pensa-t-il, et l'esprit des faibles un filet de pluie facile à orienter. Il suffisait de placer celle-ci, puis celle-là, voilà, le roi prend congé de lui-même, satisfait, et s'éloigne.
Kéraunos remarqua alors la petite silhouette insignifiante qui se trouvait près de lui. Manifestement, la petite créature se sentait piégée, sans doute arrivée là par hasard, et maintenant prisonnière d'une toile collante – celle des conventions sociales. Elle se débattait, elle cherchait à s'en sortir – un sourire forcé naquit sur son visage – et les petites gouttes de rosée tintèrent d'être secouées sur leur fil. La voilà qui se mit à parler – et ce fut la pluie, toutes les gouttelettes touchèrent terre et clapotèrent.
Le dégoût gonflait en lui, prenant toujours plus de place, tant et si bien que le chef des armées se sentit bientôt rempli et gonflé comme un pacha oriental qui se serait trop gavé ; il était lourd, lourd d'inanité à force de poser son regard sur des êtres qui ne méritaient pas sa considération. Mais lorsque l'ordre fut rompu sur la piste de danse, et que le regard de la femme fusa en direction de l'incident, s'emplissant en même temps d'une irritation palpable, ce fut comme si mille aiguilles indolores perçaient son enveloppe charnelle ; et, par tous les pores de sa peau, le dégoût s'enfuyait en exultant. Kéraunos éclata d'un rire grave et sonore, conforté qu'il était dans sa situation.
-Eh bien, jeunette, on ne sait même pas imposer l'ordre dans un bal mondain où tous les invités connaissent les règles de politesse les plus raffinées ? Franchement, je suis très déçu, je pensais que tu valais mieux – et pourtant, je ne pensais pas que tu valais grand-chose. Ne viens pas pleurnicher, après cela, si on n'élit plus de femmes aux postes importants. Vous êtes simplement incapables de gérer quoi que ce soit d'important. Laissez donc les hommes, les expérimentés, gérer ce dont vous n'avez pas l'expertise. Les hommes comme moi, du haut de leur cinquante-huit ans, connaissent les choses de la vie que vous frivoles, ignorez – surtout les jeunes. En revanche, vous excellez dans les travaux domestiques, pourquoi n'y restez-vous pas ? Pensez-vous sérieusement que les hommes tentent de prendre vos places, lorsqu'il s'agit de tenir une maison et mettre à l'aise les invités ? Non, c'est là chose ridicule. Restez dans le rôle que nos pères, et les pères de nos pères, dans leur infinie sagesse, vous ont accordé.
Et pourtant, cette jeune fille à la robe écarlate avait comme un écho dans la salle, cette dame qui avait chancelé tout à l'heure. Elle avait attiré son regard, en repartant dans sa dignité, chaque pas plus distingué que le précédent, elle se métamorphosait à vue d'œil en une divinité d'élégance à l'aura dorée. Lorsque les yeux du vieil homme se posèrent à nouveau sur son interlocutrice, il dut battre des paupières pour effacer de son esprit le visage d'Élisa.

On bat des paupières:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mer 7 Sep 2016 - 23:26

~ Songe d'une nuit d'été ~
La réception tourne au vinaigre...

Telos

At sedare sitim fluuii fontesque vocabant Ut nunc montibus e magnis decursus aquai Clarigitat late sitientia saecla ferarum Denique nota vagi silvestria templa tenebant Nympharum, quibus e scibant umoris fluenta Lubrica proluvie larga lavere umida saxa, Umida saxa, super viridi stillantia musco, Et partim plano scatere atque erumpere campo.
Et les rivières et les sources les appelaient à étancher leur soif, Comme maintenant le défilé des eaux, depuis les hautes montagnes, Lance au loin son clair appel à des générations de bêtes sauvages assoiffées. Dans leurs errances aussi, ils gardaient la mémoire des temples sylvestres Habités par les nymphes, d’où ils savaient que des cours d’eau fluide, Par leurs débordements amples, lavaient les pierres humides, Pierres humides d’où tombaient des gouttes sur une mousse verte, Et dont une partie jaillissait et se répandait dans la plaine calme.

L’angoisse de Telos commençait à se faire palpable, sous le masque impassible qu’il s’était fabriqué. Bien trop de dieux s’étaient réunis ici, bien trop d’existences propres, en fait. Parmi les spectres oniriques que lui-même animait pour donner l’illusion de réel, il comptait au moins huit dieux et treize êtres indépendants. C’était beaucoup trop d’imprévu, beaucoup trop d’ingérable, et bientôt la coexistence, la friction des consciences, allait produire quelque étincelle indésirable dans leur mémoire, et il serait impossible à jamais d’éteindre le brasier que se manifestait à sa suite. Il fallait absolument trouver un moyen de tous les distraire de leur existence collective, les plonger dans leur individualité fabriquée, pour qu’ils s’engluent davantage dans l’illusion qui dansait devant leurs yeux comme le feu de camp éblouit dans la nuit.
Il se dirigea d’un pas rapide et ferme vers le piano. Il remit en place le tabouret, effleura les touches, positionna ses doigts et chercha dans son répertoire mental quel morceau il allait jouer. Il fallait quelque chose de fort et de profond, mais surtout, quelque chose de totalement étranger à la Grèce, un morceau qui serait uniquement émotion, une vague qui porterait tous les convives au-delà de tout soupçon d’illusion, au-delà aussi de tout effleurement de souvenir sous le drap de l’oubli, loin et haut, aussi haut que soulevé par une vague, au-dessus de l’océan, quand quatre mille mètres nous séparent du sol. Et il fallait précisément que la musique produisît ceci : une eau, dense, impossible à braver, qui recouvrirait les reliefs et rendrait peu à peu impossible leur visite, sous peine d’être écrasé sous l’insupportable poids de la mélodie.
Ses doigts initièrent leur mouvement, et l’eau se mit à jaillir, comme des fontaines, des sources claires au fond des forêts, du haut des montagnes, aussi, et se jetait en cascades sur les sols plats et apaisants, et bientôt les plaines qui s’abreuvent seraient repues, soûles, et l’eau monterait jusqu’aux genoux, noierait les nombrils et ne laisserait qu’une tête qu’elle tirerait vers les cieux sans pitié. Les notes se suivaient, l’eau coulait et remplissait le monde.

Telos, tout en jouant, leva les yeux vers le tableau qui était accroché au mur, derrière le piano. Il n’arrivait pas à comprendre, pris dans le jeu, quelle scène y était représentée, mais il se sentait comme investi d’une émotion étrange, comme une sérénité, un dépassement de soi, il y avait ce ciel rose qui évoquait l’absolu et l’infini, et beaucoup de tendresse dans les regards. Il sentait aussi l’ombre d’une falaise crochue, et l’innocence musicale de petites tortues qui marchaient tranquillement dans le coin du tableau. Que fallait-il y lire ? Il n’en savait rien, il ne pouvait plus ressentir que ce que lui-même jouait, pris dans son propre piège émotionnel. Il ne savait pas qui était cette jeune fille, et à qui appartenait cette tête aux yeux clos. Pas plus qu’il ne savait ce qui se cachait derrière la peinture, et que sa décision fortuite de se mettre au piano en empêchait temporairement l’accès à Antigone. Il était incapable, toujours, de se rendre compte que c’était la tête d’Orphée qui reposait sur sa lyre, et que cette scène provoquait en lui des émotions contraires à son projet, modifiait sa musique, et le forçait peu à peu à révéler son intériorité aux oreilles des convives. Sa mélodie se parait de sonorités grecques, qui coulaient dans les consciences des invités. Bientôt, ils commenceraient à se souvenir.

Souvenirs...:
 


~ Notes techniques ~
Les directives pour le second cycle.

Pour l'instant, ce qui va nous revenir, ce seront des impressions, des intuitions, rien de vraiment concret, et rien dont nous ne puissions avoir la certitude que ce sont effectivement des souvenirs. Mais le doute s'installe, et pourquoi pas, un certain dialogue peut s'engager. Toutefois, il ne faut pas oublier que vous n'êtes pas sûr que votre interlocuteur est effectivement dans le même cas que vous, il ne faudrait pas passer pour fous, etc. Nous comptons sur vous pour réaliser tout ceci avec délicatesse.

Dans un tout autre registre, nous allons mettre en place un système de gages ! (clarifications à venir)
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Jeu 6 Oct 2016 - 12:52

Élisa

J’ai pris le bateau. Pas celui de Thésée, mais nous en avons changé toutes les planches. Le voyage était éprouvant, et finalement, nous avons touché terre et atteint de nouveau le calme. Et soudain, voilà qu’on repeint le navire, et qu’on le lance, moi à son bord, à travers les étendues glacées de la mer. Est-ce l’oubli qui glisse sous la coque ? Et quelles douleurs, quelles merveilles, se blottissent dans la brume ?

Le temps qu’Élisa atteignît la table du buffet, la musique avait empli la pièce. Face aux tartes, aux pâtisseries et aux boissons, elle fut saisie d’un sentiment d’opulence, et de sécurité, comme si plus rien ne pourrait lui arriver, et que toute cette nourriture était son ancre dans un ouragan particulièrement violent. Elle eut la fugace impression qu’elle avait déjà parcouru la mer en bateau, un long et épuisant voyage qui l’avait à jamais laissée dans l’instabilité, et ici, il y avait l’ancre, le faste à reconstruire, la ville à fonder. La ville… Elle sentit, sans pouvoir réellement avoir de prise sur cette intuition, que toute sa vie était fondée sur cette dualité d’une peur fondamentale qu’elle essayait de surcompenser, et à la fois cette conscience aiguë de ce qu’il y avait d’injuste dans tout cela, et que sa position privilégiée n’était que fortuite. Comme à chaque fois, elle fut envahie d’une impérieuse attirance vers autrui, insaisissable autrui, mais que l’on pouvait aimer, et en qui on pouvait verser la joie comme les Danaïdes dans leur tonneau. Comme à chaque fois… Elle ne se rappelait pas avoir déjà eu cette sensation subtile, et c’est sur cette impression de dissonance qu’elle décida de se tourner vers les humains les plus proches, balayant de sa main mentale toute trace de cette étrange émotion, qui se réfugia, toute penaude, sous le tapis de son âme.
-Bonsoir à vous, dit-elle au couple qui semblait tout absorbé dans une dualité fusionnelle et dans la considération d’une part de tarte, comme si elle contenait une vertu salvatrice de laquelle l’équilibre des deux êtres dépendait comme d’une corde attachée autour de leur taille. Je suis Élisa, représentante de la délégation espagnole. Je me trouve tout à fait honorée de faire votre rencontre en cette sublime soirée, et dans cette réception tout à fait exceptionnelle. Comment, d’ailleurs, trouvez-vous la musique ? Je vous le demande, parce que je trouve que le pianiste est exquis, et aussi parce qu’elle m’évoque d’une certaine manière mon enfance… mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce que ça me rappelle ! Vous savez, ces moments où on a l’impression que quelque chose de crucial se joue, qu’il faut saisir cette étoffe comme le rideau qui la nuit s’envole par la fenêtre après un coup de vent, mais la soie glisse entre les doigts, et on se sent vide et vain, seul face à l’immensité du monde ouvert devant nous.
Elle avait un peu hésité à déranger ces deux jeunes gens, à s’immiscer dans leur intimité, comme si elle pouvait être aussi irrespectueuse et dépourvue de tact. Mais l’angoisse s’était spontanément estompée, et elle avait jeté une gerbe de fleurs en direction des deux humains qui lui faisaient face à présent. Attrapez, attrapez mes fleurs, car ceci est mon être, et je ne pouvais que le donner, que le lancer, le lancer haut dans ce flux ininterrompu de paroles, car j’étais dans une instabilité insupportable, je me débattais au sein de moi-même dans cette glue constituée de mes propres souvenirs inatteignables, de l’ambiance qui pousse contre mon dos, contre mes côtes, comme pour extraire mon suc intime, et de l’abîme qui sépare les êtres. J’ai jeté mon bouquet par-dessus le vide, mais vous, de l’autre côté, saurez-vous l’attraper, le chérir, le serrer dans vos bras comme le témoignage d’une autre vie, complexe, profonde ? Ou bien le manquerez-vous, et les fleurs faneront noyées dans les ténèbres ?

Attrapez mes fleurs !:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Jeu 13 Oct 2016 - 15:54

Oikodomos



Nous arrivions enfin à cette réception. Notre demeure se trouvant un peu loin de la ville, je commençais à croire que ce voyage en calèche allait durer une éternité. J’étais fort bien heureux de pouvoir y participer, échanger certaine mondanité et parler d’architecture et de chose digne des grands de notre monde. Pour cela, j’avais loué le meilleur costume que j’avais trouvé, une pièce unique qui mettait en avant ma silhouette imposante. Veste, chemise, pantalon et chaussures… Tout était de marque et fait à la main. C’était sûr, je ne me serais pas servi dans une boutique populaire. J’avais également mis une bague en plus de mon alliance, fait d’or, ainsi que des boutons de manchette tout aussi couteuse que ma panoplie. J’avais taillé ma moustache et mon bouc de façon parfaite, symétrique, pour ainsi éviter les mauvaises remarques sur d’éventuel laissé aller. Pour moi, cette soirée devait être parfaite.

Le cocher nous ouvrit la porte. J’en profitais pour descendre, faisant attention à ma démarche. Dans le moindre de mes gestes, je devais refléter l’image d’un gentleman. Une fois pied à terre, je remis mon chapeau sur la tête et l’arrangeai avant de venir en aide à mon épouse. Lui tenant bien la main, je l’aidais à descendre à son tour. Elle était belle dans sa robe, et sa coiffure lui donnait quelque chose de divine. Elle était belle comme toujours, en aucune occasion je ne la vis décoiffer, ou porter un vêtement froissé. Elle faisait autant attention à son apparence que moi.

Oikodomos – Nous voici enfin arriver ma chère. Ne tardons pas, nous sommes suffisamment en retard.

Nous tenant le bras, nous marchions ainsi jusqu’à l’entrée du bâtiment, où des serviteurs s’occupèrent de nos affaires avant de nous mener jusqu’à la salle de réception. Que de monde il y avait, du beau monde même. On nous annonça tout d’abord, avant de nous lâcher dans cette foule. Je surveillais le moindre recoin et j’étudiais l’architecture du bâtiment qui était remarquable. La décoration et les pierres utilisaient étaient magnifiques et donnait un très grand attrait. De plus, il y avait beaucoup espace, suffisamment pour abriter toute une armée. On y trouvait surtout des gens comme nous, issus de classes nobles, sans doute des intellectuels, des gens cultivés avec qui j’aurais plaisir de discuter. Lâchant le bras de ma femme, je lui présentais mes excuses :

Oikodomos – Je vous prie de bien vouloir m’excusez ma douce. Mais je dois vous laisser. Le travail m’appel.

Lui faisant un baise main, j’allais trouver des personnes avec qui parlait de science, de politique, de philosophie et surtout… d’architecte. Si je le pouvais, je vivrais pour l’éternité dans un immense bâtiment à l’architecture imposante et original. Même labyrinthique, j’y trouverais mon plaisir. Quel dommage par contre que mon épouse n’éprouvait pas les mêmes passions que moi. Tous ces domaines lui échappaient, elle était loin des distractions intellectuelles.

Résumé:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Dim 16 Oct 2016 - 6:22

Irène
Le pianiste se mit à jouer. La mélodie était légère, dans l’air du temps. C‘était le son d’une époque faste et insouciante.
Irène décida de combiner le pouvoir apaisant de la framboise et de la musique, et mordit allégrement une nouvelle fois dans ce petit bijou de pâtisserie.
Cela lui inspira une grande déclaration.
“Ionéphos. Je ne voudrais pas que tu meures", énonça-t-elle avec un sérieux d’employé de bureau de poste à seize heures cinquante huit.
La musique se poursuivait. L’époque était loin d’être faste et insouciante. Irène balaya cette pensée. Elle posa l’assiette, se tourna vers son cavalier. L’époque était loin d’être insouciante. Pourquoi la mélodie voulait-elle faire croire à une idée pareille ? Pourquoi, alors que quelque chose d’imperceptible se modifiait sous les doigts du pianiste, crut elle discerner quelque chose de tout à fait nouveau sur le visage de son bien-aimé, quelque chose qui lui imprima un imperceptible mouvement de recul ?
L’accalmie cessa, le malaise fit son retour avec la force et le fracas d’une chape de plomb jetée sur un service en porcelaine. Un mal de crâne certain se déclara en même temps qu’une nausée subite.
Elle parvint tout de même à dire bonsoir à la femme qui arrivait, et avec le sourire s’il vous plaît.
“Oui, la musique est très plaisante... “
Le vide, le vide. Irène ressentait, au contraire, une horrible impression de trop-plein. Malgré elle, au lieu de répondre, elle vacilla, s’effondra à genoux sur le coup d'une secousse imaginaire du sol.
“Vous savez," dit-elle, sans même penser à se relever, comme si la réflexion de l'inconnue sur son enfance était extrêmement importante, "quand j’étais jeune, je jouais dans un grand jardin. Un très grand jardin. Je me rappelle de grandes gerbes de jonquilles, qui me faisaient comme un baldaquin. Je pouvais courir des heures, à travers les champs, et je me fondais dans les fleurs comme un seul esprit, comme un parfum capiteux de terre et de pistil charrié par le vent.”
Elle avait bougé les lèvres et articulé des mots sans peut-être les entendre elle-même. Il était trop difficile de se relever. Le sol suivait des remous incompréhensibles. Irène fit un pas de travers. Plutôt que de trébucher complètement de nouveau, elle se saisit des avant-bras de l’inconnue pour retrouver l’équilibre, et en profita pour se rapprocher, sans doute trop, mais elle n’était plus tout à fait elle même, et deux visages ne pouvaient pas se trouver si près lorsque les bonnes manières étaient respectées que lorsqu’elle s’adressa à l’amazone en la fixant avec intensité.
“J’ai l’impression que quelque chose de crucial se joue”, répéta-t-elle, et elle allait délivrer un message important, le plus important de sa vie.
Elle cligna des yeux. Une seconde fois. Elle voyait trouble. En portant la main à ses yeux elle se rendit compte que des larmes avaient coulé le long de ses joues.
“Je…”

“Je m’excuse. Excusez-moi. Je ne me sens vraiment pas très bien, je… je suis navrée. Acceptez mes plus plates excuses.”
Elle eut envie de se tourner vers Ionéphos, de prononcer quelques mots magiques. S’il te plaît, ramène moi chez moi.
Rassemblant ce qui lui restait de force et de dignité, Irène tourna les talons, vers les coulisses de la réception. N’importe quel endroit pourvu d’une chaise et dans lequel on n’entendrait plus la musique lui conviendrait. Elle bouscula une jeune femme sur son passage, marmonna quelques mots d’excuse en se concentrant sur l’objectif plus primordial de marcher droit en dépit du sifflement qui résonnait entre ses deux oreilles, et poursuivit sa fuite aussi vite qu’elle pouvait se le permettre. 


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Jeu 20 Oct 2016 - 21:19

Sergeï


   
   
   



Il se produisit quelque chose.

Il eut soudain une impression de flottement ; le sentiment de sortir de lui même. Il lui semblait tout à coup qu’il jouait un rôle, et que le costume était trop petit.
Étrange idée. Il s’attendit à ce qu’elle s’évapore aussi vite qu'elle était venue, comme toutes ces petites bêtises qui nous viennent parfois à l’esprit sans raison. Et pourtant, lorsqu’il attendit un peu, elle s’affirma au lieu de disparaître, avec l’insistance véhémente de ceux que l’on accuse à tort.
Un costume trop petit. Sergeï considéra l’assistance, et le rôle qu’il jouait lui-même dans une conversation sérieuse entre certains de ces Messieurs sérieux. Il aperçut du coin de l’oeil de nouveau cet homme, et il lui sembla que la raison de son malaise pût s’expliquer. Pourquoi lui semblait-il naturel de s’effacer devant les convenances, alors que tout lui inspirait plutôt l’envie de hurler ?
   Non, remontons plus loin. Pourquoi se pliait-il à ces règles stupides, se prêtait-il à ce jeu diplomatique au sein duquel personne n’était dupe ? Il lui semblait qu’il avait fait cela aussi loin que ses souvenirs remontaient. Une vie à n'être pas moi, se dit Sergeï.
Était il véritablement cet homme dont jusqu'à chaque infime poil de moustache acquiesçait - diplomatiquement -, donnait son avis raisonnable -diplomatiquement-, ou applaudissait du bout des doigts - diplomatiquement-, de la part de la Russie ces évènements sportifs ridicules, pour des raisons qui en cet instant se firent cruellement remarquer par son incapacité à s’en souvenir.

Il tenta de se rappeler d’une époque où il aurait été lui-même. Une impression diffuse lui souffla qu’il avait été alors quelqu’un d’aimant.
Il jeta un regard vers Anastasia, perdue dans la contemplation d'un tableau.
Non. Ce qui l'attachait à elle était un sentiment de responsabilité, réchauffé par l’habitude comme des restes du ragoût d’hier soir.
Non.
Les traits de Katrina s’étaient perdus, comme le reste. Pourtant, il avait le souvenir d’un attachement authentique.
En se tournant vers la piste de danse, il lui sembla en apercevoir la lueur quelque peu éteinte dans certains des regards.
Toutefois, les danses lui inspirèrent bientôt un profond sentiment de dégout et il se détourna.

Fort d’un étrange élan de colère qui ne lui était pas naturel, Sergeï eût alors bien volontiers saisi cette charmante tarte aux framboises pour la jeter au visage de l’autre sinistre individu - il était parvenu jusque là, et il fallait voir comme il minaudait auprès de cette petite rousse.
En fait, lui sembla presque que cette mélodie lui indiquait quelque chose d’un peu plus définitif qu’une tarte.

Du calme. Ce quelque chose avait beau persister, il semblait fragile.
Sergeï s’approcha du petit groupe formé par le couple et cette ambassadrice en robe rouge.

“Oui, quelque chose de crucial. Quelque chose qui nous échapperait.”,
renchérit-il. Il tourna un regard franc vers celle qui avait parlé. “ J’aurais plutôt comme l’impression d’avoir oublié de fermer le gaz.” *

Il adressa à Elisa un baisemain de rigueur. **
“Sergeï ; je représente le Tsar pour cette réception.” Il se tourna vers les deux autres. “Jeunes gens…”

Il n’eut pas vraiment le temps de terminer. Cette petite jeune fille n’était visiblement pas au mieux de sa forme. Elle agit de la manière la plus étrange avant de se retirer de manière plus étrange encore.

Il l’observa s’en aller avec la plus grande perplexité, mais non sans avoir adressé l’expression la plus glaciale à son fiancé qui s’en allait à sa suite. Il n’était pas sûr qu’il le remarquât.

Et puisque sa consœur et lui se retrouvaient abandonnés à cette atmosphère étrange, il ajouta avec une certaine ironie :

“Quelque chose de crucial ; au moins nous sommes d’accord.”


_______________
*Ok bon c’est pour la blague, évidemment, Sergeï a des gens qui cuisinent pour lui, suspendez votre incrédulité svp
** Et Wikipedia dit que c’est pas de rigueur pour les jeunes femmes donc pas Macaria tout est logique les amis

PS: je n'ose pas trop aller vers vous et risquer de vous forcer la main, mais si vous trouvez qu'il se passe quelque chose de crucial, il y a de la place 8D
PPS: Je suis pas une orthodoxe des paragraphes, c'est espacé mais il n'y a que 622 mots ♫

Pou pou pidou !:
 


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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Jeu 27 Oct 2016 - 19:13

Eugenia


Mon dos me faisait horriblement souffrir, les routes sous les roues de la calèche étant inégales. Je ne disais rien à mon mari pour ne pas l'importuner ; je savais plus que bien que cet événement était important pour lui... Je ne pouvais bien évidemment lui dire que ça n'avait aucune espèce d'importance pour moi !

Je pris la main de mon cher et tendre mari, afin de descendre de cette voiture (ndlr : autre nom pour calèche ^^). De mon autre main, je réajustais une mèche de cheveux blonds afin que ma coiffure soit parfaite : je dois plaire à Oikodomos, il ne me regarde même plus depuis quelques temps. Je pensais qu'après notre mariage, il ferait éternellement attention à moi mais... Je me trompais ; après quelques mois, il ne faisait même plus attention à moi.

Finalement, il décidait de me laisser pour aller discuter architecture ou je ne sais quelle sciences mathématiques. Je soupirais et m'éloignais pour enfin aller m'asseoir près d'un mur, éloignée de cette société, aristocrates de pacotille et gentlemen en tous genres. L'agitation autour de moi me stressait mais je prenais sur moi pour rester digne de mon rang : une femme inaccessible et respectable.
Je me levais et me dirigeais d'un pas souple et féminin vers le buffet où je pris une coupe en cristal remplit d'un liquide mousseux que je supposais alcoolisé. Je le buvais d'une traite et reposais la coupe dignement, d'un geste assuré. Puis je m'éloignais et allais dans les toilettes pour me rafraîchir un peu du voyage.
Alors que je me repoudrais le nez, un jeune homme rentra dans la pièce. Il sembla surpris en rentrant.

« Je... Je suis désolé je... Je me suis trompé » bafouilla l'homme qui semblait être beaucoup plus jeune que moi.
« Ce n'est rien, j'allais partir, il n'y a personne d'autre » répondis-je en souriant.

Je pris mon sac à main et m'avançais vers la porte pour sortir quand mon regard croisa le sien. La lueur que j'y vis me fit peur : on aurait dit la lueur qui brillait dans les yeux de Oikodomos quand il me désirait autrefois.
J'entendis l'homme me demander mon nom, tandis qu'il m'attrapait mon bras, ce que personne ne put voir.

Je lui répondis alors, comme si j'étais dans un nuage, d'une voix lointaine, sans réellement m'en rendre compte « Eugenia... ».
Puis je repris mes esprits et dis, d'une voix plus affirmée « Je me nomme Eugenia ».

Alors il rit et replaça une mèche derrière mon oreille. Je m'éloignais enfin de cet étranger qui, comme par magie, m'avait rendu ma confiance en moi et donné des idées pour que l'homme que j'aimait me désire à nouveau.
Si j'avais pu lire le désir dans les yeux de cet inconnu, peut-être que la jalousie le fera revenir... Non ?

Je sortis, lissais ma robe et me dirigeai de nouveau vers le buffet où je repris une coupe, histoire de calmer mon cœur qui battait un petit peu trop fort après l'instant fort rapproché avec le jeune homme des toilettes.
C'est ce moment précis que mon cher mari se décida à me rejoindre, me prenant doucement le bras et m'embrassant sur la joue.

Un baiser sur la joue (Edit Thana):
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Dim 30 Oct 2016 - 16:26

Oikodomos

Je ne vous raconte pas ma déception. J’ai essayé de parler à un groupe d’aristocrate de mon projet, mais ce fut un échec. A chaque fois que j’essayais de mettre le sujet sur le tapis, ils préféraient parler de leurs activités de chasse et de poker. Si encore ils parlaient de philosophie ou de science sociale, j’aurais aimé, mais là ce ne fut que des sujets ennuyeux, surtout ceux avec l’argent. Je ne serais pas trop vous dire les détails des échanges, mais à la longue, comprenant que cela ne me mènerait à rien, je préférais m’absenter et essayer de trouver quelqu’un d’autre. Mais il fallait l’avouer, j’étais un peu le vilain petit canard ici. Il faudrait que j’essaye d’adopter une nouvelle stratégie.

C‘est alors quand me dirigeant vers le buffet que j’aperçu ma femme. Elle venait de sortir des toilettes, sans doute pour se repoudrer. Je ne comprenais pas le pourquoi des femmes à se pouponner à longueur de journée. La mienne faisait cela constamment, robe, bijoux, parfums… Une réelle perte de temps et de moyens si vous voulez mon avis. Mais c’est alors qu’une idée me vint. Ma femme était resplendissante, magnifique, même sans maquillage. Elle pourrait dans ce cas m’aider à mettre en avant mon projet en usant de ses charmes. Il faudrait qu’elle se tienne juste à mes côtés et qu’elle jouait avec ses paupières. Cela pouvait marcher.

Allant la rejoindre, je lui déposais un baiser sur la joue tout en lui prenant le bras. Avec douceur et charme, je devais a convaincre de me suivre.

Oikodomos – Très chère, vous allez bien ?


Je m’en voulais un peu d’utiliser ma femme ainsi, mais si je ne décrochais pas ce contrat, notre avenir serait sombre et nous risquions de finir au plus bas de l’échelle social. J’avais tout miser, aussi bien notre fortune que notre réputation et si je ne trouvais pas de bons investisseurs, tout cela aura servi à rien. C’est pour cela que j’avais choisis le jour des jeux olympique en Grèce, un tel événement ne pouvait qu’aider à motivé les plus riches à me suivre.

Avec douceur et charme (Edit Thana):
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Lun 31 Oct 2016 - 23:32

Andrew


Le choc, je m'y étais préparé. J'avais lu la colère dans les yeux de l'inconnue, sa main tremblante de rage se lever avant qu'elle ne fende l'air. À cet instant devait se produire le choc. J'anticipais déjà la douleur qu'il engendrerait, le silence qu'il imposerait dans la salle et les excuses que je formuleraient alors qu'une sensation de brûlure mordrait ma joue. Mais non, rien de cela ne se produisit. Ce fut une main légère et chaude qui se posa sur mon visage alors que je regardais, hébété, ma victime. Les idées s'emmêlaient dans mon esprit confus. Me pardonner ? Pourquoi ? Non, elle ne pouvais pas me pardonner ! Je la toisais avec fascination, cherchais à comprendre cet esprit qui défiait toutes les lois du bon sens. Nombreux étaient ceux qui, autour de nous, suivaient cet échange irréel, et tous les regards étaient tournés vers cette créature qui bientôt s'éloignait. Les invités s'écartaient sur son passage, son aura pénétrant chaque personne se trouvant à proximité, attirant inexorablement l'attention sur elle, et elle le savait. Puis elle disparut dans la foule, mais sa présence, elle, persistait encore, en chacun.

Quelques rires et chuchotement me firent reprendre contenance, je n'avais pas bougé depuis le croche-patte. Perdu et perplexe, je me dirigeai vers le buffet, non sans avoir quitté les lieux de l'affrontement dans un dernier sourire maladroit. Je marchais sans voir les aristocrates autour de moi me lancer des regards amusés ou accusateurs, je ne m'en étais jamais soucié après tout... Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, ils ne savaient qu'agir de la sorte, chercher la moindre nouvelle croustillante pour la chuchoter à l'oreille du voisin. Futilités de la haute société.

Je pris un verre de champagne sur la table face à moi, en bus quelques gorgées, je suivais toujours l'inconnue des yeux. Elle se trouvait désormais avec un groupe de personnes qui m'étaient inconnues, comme la plupart des invités d'ailleurs. J'oubliais le reste, ne comptait plus qu'elle. En me refusant ma victoire, elle m'avait totalement déboussolé. Or, je détestais cette sensation, un sentiment de trop peu, une frustration troublante qui me laissait un goût amer en bouche. Les gens me regardaient, ils attendaient une réaction qui ne viendrait pas. Mon esprit se trouvait bien loin, emporté par cette femme, l'alcool ou la musique. Mais pendant un instant, tout cela, tous ces charognards à la recherche d'une proie sur laquelle fondre, absolument tout ne me sembla être qu'une vaste comédie. Il me semblait que rien de ce que je ferais n'aurait de conséquence, que je me trouvais au-dessus de tout cela, au moins pour cette soirée. Une idée absurde, bien entendu, je ne valais pas mieux que tous ces êtres que je haïssais. Et pourtant...

Ce fut la présence de Katrina à mes côtés qui m'extirpa à ces pensées d'un autre temps. La jeune fille attendait certainement son défi, mais que lui donner ?... Il y avait bien ce couple qui venait d'arriver, une cible de choix si vous voulez mon avis. Je souris en m'approchant de la jeune française :

- Vois-tu ce couple, là-bas ? Imaginons que tu aies eu une relation avec ce Monsieur, tu n'apprécies pas vraiment de le voir amener ici sa nouvelle conjointe. Autant en découdre, ils mériteraient qu'on leur dise leurs quatre vérités, à lui et à cette nouvelle conquête.... Cap ou pas cap ?

Je continuais à siroter le champagne contenu dans mon verre alors que le couple disparaissait dans la foule. Ils ne tardèrent pas à réapparaître quelques minutes plus tard et, par le plus grand des hasard, il se trouvait qu'ils se dirigeaient vers le buffet. Quel coup du sort ! À Katrina de jouer...


La partie continue:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Mar 8 Nov 2016 - 13:53

Meghane

Un décors splendide pour une célébration que l'on espérait historique. Dans tous les coins du globes on parlait de cet événement et ainsi de multiples personnalité s'étaient réunies dans le but de voir leur nom être gravé dans l'histoire.

Personne stupides. Mais elle ne pouvait pas se plaindre car elle été censée faire parti de l'histoire elle aussi. Sur ordre du roi, elle devait servir de faire valoir à l'ambassadeur de sa majesté. De très haute naissance mais pas très intelligent, il était nécessaire de lui fournir un garde. De plus, le roi espérait franchement que sa bêtise passe pour une tentatives de plaire à la jeune veuve.
Il lui fallait donc se soumettre et jouer à la garde d'enfant pendant toute la durée du séjour.

Dieu que cette tâche lui déplaisait, d'autant qu'une enfant, elle en avait déjà une et sa part de soucis à gérer à cause de celle-ci. Mais quelle idée avait-elle eut de l'amener ? Cette enfant découvrant pour la premiere fois une salle de bal était partie vagabonder dans la masse de personne causant à sa mère une énième crise de panique.
Délaissant l'ambassadeur, elle avait parcouru mainte fois la salle dans le but de retrouver sa fille sans succès.

Meghane se sentait a bout de force et sur le point de pleurer. Qu'avait elle fait qui mérite que sa fille soit aussi énergique et indisciplinée ?
Réprimant des larmes, elle continua à avancer dans la salle espérant un miracle. Après tout elle pouvait apparaître comme ça devant elle mettant fin a ses recherches et permettant enfin à son coeur de se calmer. Tout comme Meghane pouvait arrêter de rêver.

C'était son plus gros défaut, depuis petite elle était de nature rêveuse. Cette nature la rendait vulnérable face aux problèmes de la vie qui déclenchait immanquablement chez elle une crise d'angoisse. Et même si la perte de son mari lui avait ouvert les yeux elle était tout de même vulnérable quand on parlait de son enfant.
Car dans son coeur sa fille resterait toujours "son enfant". Son trésor.

En remuant ces boucles blondes elle tenta de ne pas penser a ce qui aurait pu arriver a ... de ne pas penser.

Soudain, la musique changea entraînant un air qui attira immédiatement son attention, brisant le cercles de ses pensées. Elle sentit un froid intérieur emprisonner son âme, encadrant ses émotions avec plus de zèle que des chiens de garde.
Elle eut l'impression de changer de point de vue et là elle remarqua de nombreuses personnes qu'elle eut l'impression de connaître.  Et bien qu'ayant beaucoup de ressenti déconcertant a propos de personnes qu'elle ne pensait pas connaître. Mais une en particulier lui inspira un mépris profond.  Passant sans plus d'intérêt elle remarqua sa fille et tout aussi simplement elle émergea de son état bizarre.

Rapidement Meghane alla la rejoindre en tentant d'éviter de penser à ce qui venait de se passer.
Pourtant, jamais de sa vie elle n'avait ressentis les choses de cette manière. Cette froideur dont elle avait fait preuve pendant ces quelques instants l'avait  choquée plus que ne l'avait fait la mort de son mari.

Dans sa hâte de ne pas réfléchir elle ne vit pas l'homme qu'elle bouscula ensuite.

Mais elle se repris alors en main et repartit d'un pas presque assuré à la recherche de sa chère enfant.

Tentant d'ignorer ces visages qui désormais lui semblait familier.

Le cercle des pensées s'est brisé... (Edit Thana):
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Songe d'une nuit d'été Sam 12 Nov 2016 - 15:34

Kaitlyn


Nous étions enfin arrivées à Athènes ! Enfin ! Je ne tenais plus en place. Nous avions quitter notre Angleterre, ma mère et moi pour nous rendre à cette réception que le roi de Grèce tenait. Je n'avais absolument pas suivit les Jeux mais la simple idée de me retrouver dans ce pays étranger, au milieu de toute cette aristocratie européenne que je découvrais tout juste. Du haut de mes dix-sept années, je ne connaissais rien du monde et j'avais la ferme intention d'en apprendre plus ce soir.
Dans la voiture qui nous amenait, je répétais les quelques mots de grecs que mon professeur m'avait enseigné à Londres.

« Καλι... Μερα. Καλιμερα, ευ... Ευ... ευχα... ευχαριστο ! Il est vraiment dur à prononcer celui là... Με λενε Καιτλυν, χαιρω πολυ ! »

Je répétais ces quelques mots en boucle et en boucle, ce qui – je pense – devait passablement énervée ma gentille maman, qui roulait des yeux en soufflant de mécontentement. Lorsque le cocher la fit descendre, un portier annonça « Lady Meghane de Londres et sa fille. ». Ma noble mère se laissa guider vers la splendide salle de réception et j'en profitais pour m'enfuir. Elle avait un devoir diplomatique à remplir mais moi, j'étais libre de mes mouvements ! Je m'avançais dans le monde, émerveillée par les somptueuses robes qui volaient au rythme de la musique, les douces odeurs du buffet, les conversations qui fusaient autour de moi. Du coin de l’œil, j'observais ma mère qui avait l'air de me chercher.

« Vous pouvez toujours courir Maman... »
soufflais-je discrètement avant de m'enfoncer plus encore dans la foule.

Mes yeux se baladaient sur les danseurs, ils tournoyaient tous dans de folles chorégraphies que je n'arriverais jamais à exécuter. Cependant, l'un d'eux brisa mon mythe en faisant trébucher sa partenaire. Quel idiot ! Je me désintéressais vite de l'affaire, cherchant à attraper un petit four sur un plateau. Les serveurs marchaient à une telle vitesse qu'il semblaient léviter. Lorsque enfin je réussis à en dérober un, la musique changea et je fus prise d'un vertige. Les invités autour de moi paraissaient étrangement... Inquiétants. D'un coup, je ne me sentais plus à ma place. La soirée s'annonçait magnifique et là... Tout ce monde m'intimidait. Il me fallait une présence rassurante, je décidai donc de retrouver ma maman. Elle me rejoignit vite et je me collai instinctivement à elle.

« Maman ! Je vous avais perdu... »

Bon, « perdu » n'était pas vraiment le mot approprié mais était-ce grave ? Un petit mensonge ne pouvait pas faire de mal... Si ?



Traduction du grec : Bon... Jour. Bonjour, m... Mer... Merci ! Je m'appelle Kaitlyn, enchantée !

Perdus... (Edit Thana):
 
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