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Dans la forêt [Icare]

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MessageSujet: Dans la forêt [Icare] Mer 20 Juil 2016 - 0:42

Le plus dur avait été de quitter la ville. Enfin… à vrai dire, il n’y avait pas eu beaucoup de challenge car la population dormait à cette heure tardive. De temps à autres, elle croisait une maison en fête – quelques patriciens recevaient de la visite et faisaient durer les festivités jusqu’à tard dans la nuit. Ces gens-là avaient de l’argent et ressentaient le besoin de le montrer, telle était la vie des riches personnes à Athènes. Il lui était arrivée d’intervenir parfois auprès de son père pour aider un soulard au bord du coma éthylique, elle avait même déjà vu un mort étouffé par son propre vomis – fort heureusement c’était chose rare. Enfin, le fait est que personne ne fit attention à elle et c’était tant mieux car elle aurait eu du mal à justifier sa présence à une heure aussi tardive. A deux reprises elle dut se cacher pour esquiver un soldat en patrouille mais elle finit par sortir sans être repérée. Pour le moment tout allait bien mais elle se doutait que les choses se corseraient à l’aube, lorsque son oncle remarquerait son absence. Si elle avait de la chance et que les esclaves qu’elle avait croisé ne la trahissaient pas, dans le cas contraire elle pouvait s’attendre à voir rappliquer la cavalerie dans quelques minutes. La lune était haute dans le ciel et éclairait parfaitement bien les environs. Andrea pesta, ce n’était pas bon pour elle mais au moins elle pourrait exiger plus de la part de son cheval sans craindre de lui casser une patte. Aussitôt sortie de la ville, elle talonna son destrier pour prendre de la vitesse et s’éloigner. Il fallut rapidement prendre une décision : continuer sur la plaine ou s’orienter vers la mer. Elle choisit cette deuxième alternative en songeant que l’eau effacerait ses traces sur le sable mouillé. Par ailleurs, quelques kilomètres plus loin s’étendait une belle et grande forêt qui aurait le mérite de la soustraire aux regards et de lui permettre de chasser si le besoin s’en faisait sentir. Ce n’était pas sa spécialité mais elle tirait plutôt bien à l’arc et son père lui avait appris à faire des nœuds pour attraper des lapins. Cela dit, elle avait emporté de la viande séchée, des gâteaux de miels et quelques fruits ; en se rationnant elle devrait pouvoir tenir deux ou trois jours. C’était peu mais elle espérait atteindre la zone où son père avait perdu la vie pendant ce laps de temps. Ce serait peut-être plus difficile si elle devait faire des détours pour tenter de semer les hommes de son oncle qui ne manqueraient pas de se lancer à sa poursuite lorsque ce dernier prendrait conscience de sa fugue.
Comme prévu, la jeune femme longea la mer sur plusieurs kilomètres sans relâcher bride et ne croisa pas âme qui vive sur le chemin – ouf ! Plusieurs kilomètres plus tard, la végétation commençait à reprendre ses droits et le sable laissait place à de la terre. Elle continua sur cette trajectoire sans hésiter, elle connaissait bien cet endroit elle y était souvent venu pour cueillir des plantes médicinales ; la forêt était une véritable mine d’or pour ça.  Si elle longea la route pendant un moment, elle finit par la quitter pour s’engager plus profondément dans les bois. Elle connaissait l’existence d’un ruisseau non loin, avec un peu de chance elle pourrait limiter ses traces en le longeant. Elle marcha ainsi pendant un moment, faisant de son mieux pour s’orienter de nuit, l’oreille aux aguets. Soudain, elle se figea en voyant une lueur rougeoyer au loin. Il y avait quelqu’un d’autres ici, à une heure pareille de la nuit ?! Que devait-elle faire ? Avec un peu de chance elle pouvait revenir sur ses pas et s’éloigner sans se faire repérer. Elle ignorait qui se trouvait à ce campement et elle ne comptait pas s’approcher pour le découvrir. C’est précisément le moment que choisi sa monture pour hennir.

«
Traitre ! », pensa très fort Andréa en foudroyant son cheval des yeux.

Si elle comptait rester discrète c’était raté. Cependant, personne ne vint à sa rencontre. Peut-être que le ou les voyageurs étaient endormis ? Alors qu’elle s’apprêtait à rebrousser chemin, un appel à l’aide retentit. La belle s’immobilisa, hésitante. Etais-ce un piège ? Elle était peut-être trop méfiante mais n’étais-ce pas normal pour une femme voyageant seule de craindre pour sa vie ? L’instinct du médecin prit le dessus. S’il y avait un blessé elle ne pouvait pas l’abandonner ainsi à son sort. Altruiste mais pas complètement dénué d’instinct de survie, Andrea tira le poignard qu’elle portait à la ceinture et s’avança à pieds sans lâcher la bride du cheval. Quelques instants plus tard elle pénétrait dans le campement de fortune. Rassurée de constater que la personne qui avait crié était seule, elle n’en resta pas moins méfiante et ne desserra pas la main sur son poignard. Après tout, rien ne lui disait que l’homme n’était pas un voleur ou pire.


-Qui es-tu ?

Question stupide, certes, mais il fallait bien dire quelque chose, hein ?

Ses yeux parcourent le campement et se posèrent sur l’étrange machine cassée qui trainait non loin du garçon. Qu’est-ce que c’était ? A bien étudier le personnage, il ne devait pas être beaucoup plus vieux qu’elle. C’était rassurant. Peut-être avait-il vraiment besoin d’elle ? Si c’était le cas il était tombé sur la mauvaise personne car elle était un tout petit peu pressée…
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mer 20 Juil 2016 - 13:27

Tout avait commencé très bien : une belle journée s'annonçait, une légère brise parcourait la ville et ses environs et aucun nuage ne viendrait entacher la bleu azur du ciel. Dédale ne semblait exceptionnellement rien destiner à son fils pour la journée, ce qui laisserait au jeune homme amplement le temps de tester sa nouvelle invention.

Il se leva de bonne heure afin d'amener l'imposante machine dans la forêt sans trop attirer l'attention des habitants déjà debout. Sortir d'Athènes lui prit une bonne heure car se déplacer entre les étales des marchands et faire attention que les passants, de plus en plus nombreux, n'endommagent pas sa création s'était avérer plus compliqué qu'il ne l'avait pensé. Pourtant, la forêt s'étendit bientôt devant lui et l'épaisseur des cimes permirent à Icare de se reposer quelques instants à l'ombre. En attendant de reprendre son souffle, il consulta son "carnet de notes":
il ne parviendrait pas à l'endroit qu'il avait aménagé avant le début d'après-midi, surtout s'il fallait encore mettre en place sa machine et s'assurer que tout se passerait pour le mieux. Ce fut donc en soupirant que le garçon reprit la route.

Quelques heures plus tard, son invention se trouvait en haut d'une colline dont la pente était dépourvue d'arbres. En un mot : une formidable piste de lancement. Grâce à un système qu'il avait mit en place quelques jours plus tôt, monter la machine au sommet du monticule s'avéra une tâche facile comparé au trajet qu'il venait d'accomplir. L'après-midi avait bien commencé lorsqu'Icare se décida enfin à tester l'appareil. Il devait avoir vérifié ses calculs plusieurs dizaines de fois, revu ses schémas et contrôlé la réalisation de l'engin plusieurs fois avant de se lancer. Il admira son oeuvre : deux ailes recouvertes de toiles étaient fixées à une monture en bois capable de transporter un homme positionné à plat ventre. Si tout se déroulait comme prévu, il devrait pouvoir s'envoler si Éole veillait un temps soit peu sur lui.

Il finit par s'élancer, dévalant la pente abrupte à toute allure, espérant qu'il décollerait du sol avant le petit tremplin qu'il avait confectionné quelques mètres en contrebas. Il sentait les ailes de bois frémir, tenter de prendre le vent et d’entraîner avec elles le jeune inventeur, la structure gémissait mais tenait bon, les pieds du garçon se soulevaient du sol quelques instants avant de le toucher à nouveau, il continuait à courir. Pourtant, vint le moment où ses pieds n'entrèrent finalement plus en contact avec la terre et la voilà qui planait au-dessus d'une plaine. "J'ai réussi" pensa-t-il, le sourire aux lèvres, encore sous le choc de cette révélation. Se rendait-il seulement compte de ce que cela impliquait ? Lui, Icare, fils de Dédale, possédait désormais le pouvoir de voler, une capacité normalement réservée aux dieux. Oui, en ce moment, il était leur égal.
Une brusque bourrasque réduisit pourtant ses espoirs en poussière, l'envoya lui et sa machine en direction des arbres sans espoir de contrôle.

Quand il reprit conscience de ce qu'il s'était passé, la machine ne ressemblait plus à ce qu'il avait passé des semaines à construire : la toile était déchirée et les ailes brisées en de nombreux points, sans parler de la structure générale qui ne ressemblait plus qu'à un tas de bois informe, à ce demander comment il s'en était sorti indemne.
Indemne ? Vraiment ? Une douleur fulgurante parcourut sa jambe à partir de sa cheville, ce qui lui arracha un petit cri de surprise et le fit retomber lourdement sur le sol. Il passa les heures suivantes à essayer de regagner Athènes avant qu'il ne retourne sur ses pas, incapable d'abandonner la machine dont les résultats s'étaient avérés les plus concluent, à son triste sort. Il passa le reste de l'après-midi à ramasser du bois en boitillant et quelques fruits qu'il avait trouvé ça et là et tenta désespérément de réparer la machine avec les moyens du bord.
Quand la nuit tomba, sa cheville avait doublé de volume et le moindre mouvement le faisait souffrir, si bien qu'il lui aurait fallut des heures pour revenir à Athènes à pied dans cet état.

Bientôt, la nuit tomba et Icare parvint sans problème à allumer un feu. Il avait déjà passer plusieurs nuits dans la forêt, là n'était pas le soucis. Mais généralement, il parvenait à se trouver un abri, une cavité dans la roche ou dans une clairières, au centre d'un cercle d'arbres, parfois même en hauteur. Mais dans le cas présent, grimper à un arbre se révélait impensable, et si une bête sauvage arrivait dans le coin, il aurait du mal à se défendre. En soi, sa survie ne tenait qu'à la peur des animaux envers le feu.

Il se réveilla quelques heures plus tard, il faisait désormais nuit noir, et le faible croissant de lune ne lui offrait pas une clarté suffisante sur les alentours pour voir approcher quoi que ce soit. Pourtant, ce qui l'avait réveillé n'était pas le bruit d'un ours ou d'un loup, comme il en avait déjà entendu. Non, c'était bien un cheval qui approchait. La peur le fit appeler à voix haute :

- Il y a quelqu'un ? S'il vous plait, j'ai besoin d'aide !

Sa conscience lui murmurait que s'il s'agissait de bandits, il était perdu. Instinctivement, il saisit un bâton provenant de sa machine; autant avoir un semblant d'arme pour se défendre. Pourtant, la silhouette qui entra dans le halo lumineux du feu de camp n'avait rien de menaçant (si l'on oublie le poignard qu'elle tenait dans la main) : une jeune femme ravissante, qui devait avoir son âge, venait vers lui. Elle ne savait pas que la forêt pouvait être dangereuse pour une femme seule ? Inutile de la sermonner, elle représentait peut-être la seule chance qui lui restait de regagner Athènes. Il allait la remercier lorsqu'elle lui demanda son identité. Était-ce vraiment important ? Ce n'est pas comme s'il était en plein milieu de la forêt en pleine nuit, sans arme, et incapable de marcher. La réponse avait du mal à se former sans esprit, embrumé par la fatigue et la douleur :

- Euh... Icare. Je crois m'être tordu la cheville et je suis incapable de rentrer à Athènes. Et j'aimerais ne pas finir au menu d'un ours affamé cette nuit, si vous voyez ce que je veux dire...

Il laissa sa phrase en suspend, se demandant la réaction de l'inconnue. Ce qu'il voulait, c'était son cheval, un moyen de rentrer chez lui sans trop souffrir. Ou bien être soigné, ou tout simplement ne pas le laisser seul en pâture aux prédateurs. Pour faire simple : qu'elle ne l'abandonne pas.


[HRP : Désolée pour le pavé ^^"]


Dernière édition par Icare le Ven 29 Juil 2016 - 1:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Jeu 21 Juil 2016 - 23:26

[owii j'aime ça ! ]


Il était seul, debout avec un bâton dans les mains non loin du feu. Andrea se dit qu’il était aussi menaçant avec son bout de bois qu’elle-même devait l’être avec son petit couteau qui lui servait habituellement à couper des plantes. Les bras fins du garçon n’avaient rien de ceux d’un guerrier, sans compter son arme de fortune… mais prudence était mère de sureté et un homme, même mal entrainé, était toujours plus fort qu’une femme. Ses yeux se posèrent un instant sur la machine de bois et de toile brisée et revinrent sur son voisin Peut-être était-ce un inventeur, l’un de ces drôles de personnes qui s’amusaient à défier les dieux en tentant de rivaliser avec leurs pouvoirs. Le brasier renvoyait assez de lumière pour qu’elle puisse le visualiser correctement.


- Euh... Icare. Je crois m'être tordu la cheville et je suis incapable de rentrer à Athènes. Et j'aimerais ne pas finir au menu d'un ours affamé cette nuit, si vous voyez ce que je veux dire...


Effectivement, sa posture était inhabituelle et confirmait ce qu’il venait de lui dire. Icare appuyait son poids sur l’un de ses deux pieds, surement pour soulager l’autre et limiter la douleur. Bien sûr cela pouvait être une astuce pour la convaincre d’approcher mais il ne semblait pas bien vindicatif et l’état de sa machine – à quoi avait-elle bien pu servir autrefois ?- acheva de la convaincre. Il ne portait pas d’autres armes visibles et elle n’entendait pas âme qui vive, rien qui ne lui parut suspect. Rassurée, elle remit son poignard dans son fourreau.

-Tu as l’air de tenir debout, tu peux marcher ?

Ce contretemps ne l’arrangeait pas mais elle se savait incapable d’abandonner un homme blessé à son sort. Le problème c’est qu’elle n’avait pas grand-chose pour le soigner ici, qu’elle n’avait pas vraiment le temps de parcourir la forêt à la recherche d’herbes médicinales et qu’il était tout simplement hors de question de le ramener à Athènes. Cela dit, elle pouvait toujours l’ausculter pour définir la nature de son mal. Avec un peu de chance elle avait de quoi le soulager dans son sac. Elle s’avança pour attacher la bride de sa monture à une branche, ce à quoi le cheval répondit par un renâclement boudeur.
 
-Tu n’avais qu’à pas nous faire repérer, lui dit-elle blasé.


En réponse, elle reçut un superbe coup de langue sur la joue. Elle fit volte-face vers le destrier qui tourna la tête dans la direction opposé l’air de dire « tralala j’ai rien fais ! ».


-Hé ! S’écria-t-elle en s’essuyant la joue.


Songeant qu’elle s’était assez montrée en spectacle devant Icare, elle récupéra son sac et s’éloigna de la monture en se frottant vigoureusement la joue.

-Mon père est… était médecin. Il m’a enseigné son art. Veux-tu que j’examine ta cheville ?

Le tutoiement n’avait rien de familier, c’était la manière dont les grecs s’exprimaient habituellement, même devant leurs dieux. Bien sûr il était libre de refuser de se laisser ausculter sous couvert qu’elle était une femme, ça ne serait pas la première fois. Mais s’il faisait cela elle n’aurait aucuns scrupules à lui tourner le dos et à repartir, après tout cela signifierait qu’il n’avait pas vraiment besoin de son aide. D’un côté elle espérait qu’il soit l’un de ces hommes orgueilleux et sexiste, ainsi elle aurait un prétexte pour reprendre sa route rapidement.


-Je suis pressée et je crains de ne pouvoir te ramener à Athènes, au mieux je peux revenir sur mes pas et te déposer à la lisière de la forêt.

Cette idée ne l’enchantait pas mais bon…
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Sam 23 Juil 2016 - 10:16

Beaucoup d'éléments mettaient le jeune homme dans un état de malaise dans ce cas précis : sa blessure, cette jeune femme dont il ignorait l'identité, le jour encore loin... En un mot : ne pas maîtriser la situation, ce dont il avait horreur. Pourtant, avait-il vraiment le choix désormais ? Impossible cette fois d'élaborer seul un plan qui nécessiterait beaucoup trop de temps et d'énergie pour s'accomplir. Non, ce jour-la, il avait besoin d'aide.
Le première question de la jeune femme concernait sa capacité à marcher. Disons que marcher est un bien grand mot, mais il parvenait à sautiller sur de courtes distances, après quoi il devait reprendre son souffle quelques instants, comme le grand sportif qu'il était. Il avait passé une partie de l'après-midi à élaborer un moyen de se déplacer plus aisément et son choix s'était porté sur des béquilles improvisées. Mais trouver des branches assez solides et ayant la bonne configuration s'était avéré compliqué, et de ce fait, il n'avait trouvé qu'un bout de bois sur les deux nécessaires capable d'exercer cette fonction. Pour répondre à l'inconnue, il haussa les épaules :

- Disons que je sais approximativement tenir debout, mais c'est presque impossible de m'appuyer sur mon pied blessé.

Sa cheville avait beaucoup enflé ces dernières heures mais il ignorait s'il s'agissait d'un réaction normale ou si cela impliquait un traumatisme plus grave. Il regarda l'inconnue, qui eut pour réaction de retourner à son cheval. Le coeur d'Icare manqua un battement lorsqu'il déduisit qu'elle l'abandonnait ici, seul, sans défense et blessé. Mais non, ce n'était là que son imagination puisqu'elle semblait seulement vouloir attacher son destrier à une branche voisine. Il observa avec curiosité la discussion entre l'animal et la maîtresse, se surprit même à esquisser un sourire devant la scène qui se jouait. Mais son attention se reporta bientôt sur l'Athénienne, qu'il n'avait pas encore observée avec attention depuis leur rencontre. Mais à présent, la lueur des flammes éclairait parfaitement sa silhouette fine et son mince visage, entouré d'une chevelure dorée volumineuse. La lumière du feu de camp donnait un éclat charmant à ses yeux dont l'obscurité l'empêchait à discerner la couleur. Son regard glissa sur les courbes de son corps alors qu'il se demandait intérieurement si elle était bien humaine. On loue la beauté des muses et des nymphes et sa sauveuse semblait remplir tous les critères. Car oui, s'il devait la résumer en un mot, il la qualifierait sans nul doute de belle. En d'autres circonstances, peut-être lui aurait-il fait la cour, mais ses dernières tentatives en matière de gente féminine s'étaient révélés désastreux, et il ne serait pas conseillé de la faire fuir pour qu'il se retrouve à nouveau seul dans l'obscurité.
Il reporta son attention sur les yeux de l'inconnue lorsqu'elle s'approcha à nouveau de lui, mais il eut bien du mal à rassembler ses esprits.

-Mon père est… était médecin. Il m’a enseigné son art. Veux-tu que j’examine ta cheville ?

Il pensa bon de ne pas la questionner sur le "était" concernant son père, bien qu'on puisse arriver assez facilement à la conclusion qu'il devait être mort à cette heure. Quant à la deuxième partie du dialogue, il restait assez perplexe, et ce sentiment devait se lire son son visage. Non pas qu'il doute qu'une femme soit capable d'exercer l'art de la médecine mais... Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans et les connaissances nécessaire pour maîtriser les savoirs médicaux ne s’acquéraient pas si peu de temps. Il fallait généralement des années de pratiques pour connaître toutes les subtilités du métier mais à nouveau, avait-il vraiment le luxe de refuser son aide ? Il hocha précautionneusement la tête et s'assit plus confortablement alors qu'elle lui faisait sa proposition. Abandonner sa machine ici ? Il savait qu'il ne pouvait se permettre de la ramener à Athènes dans cet état. Il reviendrait le lendemain avec un chariot pour ramasser ce qu'il restait, mais il lui faudrait cacher les débris avec des feuillages pour éviter tout vol, même de la plus petite pièce.

- Ce serait très aimable, merci. Je me doute que ça ne te fait pas plaisir de revenir sur tes pas... Au fait, je n'ai pas pensé à te demander ton nom.

Il supposait qu'elle venait d'Athènes puisqu'elle était arrivée par le même sentier que lui quelques heures plus tôt, ou du moins la même direction. Et après coup, il se disait qu'il pouvait toujours tenter sa chance pour la séduire, de la manière la plus subtile, ou au moins rendre sa compagnie agréable aux yeux de la jeune fille.

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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Sam 23 Juil 2016 - 23:30

- Disons que je sais approximativement tenir debout, mais c'est presque impossible de marcher sur mon pied blessé.

Effectivement, vu de près la cheville du jeune homme présentait de jolies signes de traumatismes. S’il avait de la chance ce ne serait qu’une entorse, mais cela pouvait être plus grave… dans tous les cas il lui faudrait garder le repos pendant plusieurs semaines, ce qui allait surement le contrarier. Andrea espéra qu’il ne s’agissait pas d’une fracture car elle n’était ni équipée ni spécialisée dans ce genre d’intervention. Son champ d’action était plutôt axé sur la manipulation du corps, ce que son père maitrisait le mieux et lui avait offert la renommée dont il jouissait actuellem… jadis. Aussi douée et motivée soit-elle, Andrea était jeune et n’avait pas la pratique d’un médecin de quarante ans, ses compétences étaient donc limitées. Elle était bien consciente que son jeune âge et son sexe pouvait être un frein à la confiance qu’Icare pouvait lui portait, d’ailleurs il la regarda avec des yeux ronds lorsqu’elle lui proposa son aide. Encore un qui pensait qu’une femme n’était pas capable de maitriser les rudiments de la médecine… à moins qu’il soit simplement étonné de faire une rencontre aussi utile alors qu’il pensait être seul et perdu quelques instants plus tôt ?

- Ce serait très aimable, merci.


Tiens, elle l’avait peut-être mal jugé finalement.

-Je me doute que ça ne te fait pas plaisir de revenir sur tes pas... Au fait, je n'ai pas pensé à te demander ton nom.

La jeune femme se rapprocha et lui fit signe de s’assoir et de retirer sa sandale. Elle s’installa à côté de lui de sorte à laisser la lumière du

feu les éclairer tous les deux.

-Je m’appelle Andrea, fille de Pyros.

Ses yeux se posèrent sur la cheville qu’elle voyait enfin de très près, un superbe hématome était en train de se former. Ce n’était pas forcément grave mais cela dénotait du choc qui avait eu lieu. La belle posa délicatement ses mains sur sa peau et entreprit de découvrir la nature de son mal en tâtonnant. Ses gestes étaient doux et elle faisait le maximum pour ne pas lui faire mal mais elle doutait que la zone était sensible et qu’il devait souffrir malgré tout.


-J’aurai aimé pouvoir faire plus pour toi mais je ne peux pas retourner à Athènes.

Comment lui expliquer les choses ? Soit elle balançait tout au sujet de sa fugue et encourait le risque qu’il aille tout raconter dès son retour à Athènes soit elle se taisait et inventait un mensonge. Elle hésita quelques secondes puis comprit rapidement qu’elle ne saurait pas inventer d’excuse assez convaincante qui pourrait justifier la présence d’une femme seule la nuit au milieu de la forêt. Elle n’avait jamais su mentir de toute façon ; en plus elle lui avait déjà donné son nom.

-J’ai fui ma maison et je ne dispose que de peu de temps avant que ce qu’il ne reste de ma famille ne se rende compte de mon absence et ne me prenne en chasse. Si je m’attarde trop ils me rattraperont, tu comprends ?

Elle avait finalement joué la carte de la sincérité, elle priait maintenant pour qu’il ne se retourne pas contre elle. Ses doigts quittèrent la cheville, remontèrent peu à peu au niveau du mollet. Elle parut rassurée et le lâcha.

-Tu n’as pas d’os brisé, à priori je pense que qu’un peu de repos te remettra rapidement sur pied. Hm, sans mauvais jeu de mots…

La belle fouilla son sac et en sorti une poignée de feuilles qu’elle lui tendit. Elle ne disposait pas de beaucoup de ressources mais elle avait quand même emporté un minimum avec elle.

-C’est plus efficace en infusion mais si tu n’as rien pour faire bouillir de l’eau tu peux toujours le mâcher, ça soulagera un peu la douleur. Je peux bander ta cheville pour protéger ton pied, hélas je ne possède pas les bonnes plantes pour réduire l’inflammation et je n’ai pas vraiment le temps d’arpenter la forêt pour jouer à l’herboriste.


La belle sortie un bandage de sa besace et entreprit de panser la cheville blessée. Les quelques affaires médicales qu’elle avait emporté au cas où elle se blesserait sur le chemin lui servait plus tôt que prévu et pour quelqu’un d’autre. Elle regretta de ne pas avoir pris plus de chez elle, elle était partie léger et ça lui manquait à présent.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mer 27 Juil 2016 - 11:08


Un signe de la main fit comprendre au jeune homme qu'il fallait qu'il s’assaille, après quoi il enleva précautionneusement sa sandale, tâche qui s'avéra difficile étant donné la taille exceptionnelle de sa cheville. Il lui fallut serrer les dents quelques fois pour extraire son pied de la chaussure mais il y parvint finalement, la délivrance accueillie par un léger soupire. Il fit de la place à l'inconnue qui s'installa à ses côtés avant que celle-ci ne réponde à la question posée précédemment :

- Je m’appelle Andrea, fille de Pyros.

Quel joli prénom. Mais plus important que cela, le nom de Pyros lui rappelait vaguement quelque chose, il pensait même lui avoir un jour rendu visite avec son père. Car Pyros devait sans doute être aussi réputé pour ses talents en médecine que Dédale pour son ingéniosité. Il passa sous silence ce détail afin de ne pas raviver de mauvais souvenirs à Andrea, car le jeune homme ignorait que le médecin était récemment décédé.
La douleur au niveau de sa cheville meurtrie l'extirpa à ses réflexions et il eut un léger geste de recul avant de prendre conscience que l'athénienne avait commencé à l’ausculter. Malgré cette idée, il restait sur ses gardes, de moins en moins rassuré à chaque mouvement de la jeune femme. À nouveau il dû serrer les dents pour ne pas trop dévoiler sa faiblesse, mes les réflexes trahissait parfois sa douleur en dégageant légèrement son pied de l'emprise de la soigneuse.

- J’aurai aimé pouvoir faire plus pour toi mais je ne peux pas retourner à Athènes.

Il ignorait si elle lui disait cela par sincérité ou juste pour trouver un sujet de conversation capable de détourner l'attention d'Icare. Quoi qu'il en soit, il ne répondit rien : il comprenait. Il n'était pas sûr qu'il se serait arrêté pour porter secours à un inconnu perdu dans les bois, sans doute par crainte d'une embuscade ou tout simplement d'une mauvaise rencontre. Et s'il avait offert son aide malgré tout, il ne serait certainement pas retourné sur ses pas pour lui rendre service. Alors, pour Icare, ce qu'elle faisait relevait de l'inespéré et du miracle. Mais il refusait de l'avouer à voix haute, pas à cet instant, et il céda la place au silence bientôt brisé par l'histoire surprenante d'Andrea. Elle lui avoua qu'elle avait fugué et tentait désormais d'échapper à sa famille, qui ne manquerait pas de se demander où elle pourrait être. Il la regarda dans les yeux pour déchiffrer son expression alors qu'il élaborait d'autres stratégies dans sa tête pour éviter qu'elle ne se retrouve seule dans la forêt de nuit. Il allait lui proposer une de ses solutions lorsqu'elle l'informa de la situation de son pied : rien d'inquiétant apparemment. C'était douloureux mais loin d'être grave.

Elle lui prescrit quelques feuilles qui endormiraient quelque peu la douleur et l'inventeur les analysa distraitement avant d'en fourrer une dans sa bouche. Le goût laissait vraiment à désirer mais au moins, ce serait efficace. Avec de la volonté, il aurait même pu trouver un récipient capable de contenir de l'eau et ainsi en faire une tisane, comme l'avait suggéré la jeune fille, mais il n'avait aucune envie de se lever et confectionner un tel objet, sans parler qu'il préférerait garder ses réserves d'eau pour le reste de la nuit. Il fit tout de même l'effort de marmonner quelque remerciement et se replongea dans ses pensées en machouillant une des feuilles alors qu'Andrea continuait de s'occuper de sa cheville. Il ne tarda pas à se lancer dans une proposition dont il n'était pas sûr de pouvoir assumer les conséquences:

- Tu es certaine de vouloir partir ? Je veux dire, les routes ne sont pas sûres, surtout pour une jeune fille seule. Je ne sais pas ce qui t'a poussé à partir mais ce n'est pas une décision à prendre à la légère.

Il la regardait droit dans les yeux afin qu'elle saisisse toute la gravité de la situation. Il n'était pas là pour lui faire la morale, il se préoccupait simplement de sa sécurité. Au cours des dernières années, il s'était fait agressé plusieurs fois par des brigands pour seul prétexte qu'il se trouvait seul sur les routes, et il supposait que ce serait bien pire pour une jeune fille comme Andrea. Il reprit :

- Ne voudrais-tu pas plutôt retourner à Athènes le temps de te trouver une escorte ? Une personne de confiance capable d'éloigner les dangers de la route, peu importe où tu te rendes. Tu pourrais même venir chez moi en attendant (sans mauvaise pensée) : mon père Dédale est quelqu'un de respecté et ta famille ne penserait pas à venir te chercher là-bas.

Lui-même savait que sa proposition était vouée à l'échec, que n'importe quel fugueur refuserait de reporter son évasion, surtout s'il s'agissait de revenir dans la ville de départ. Pourtant, Icare essaya de se persuader qu'il pourrait la résonner, faire comprendre à son interlocutrice que cette escapade nocturne était loin d'être une bonne idée malgré tout ce qu'elle pouvait penser.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Jeu 28 Juil 2016 - 6:27

Le jeune homme accepta les feuilles sans broncher, signe qu’il lui faisait un tant soit peu confiance. S’en suivi une courte tentative de moralisation de sa part, rien de surprenant à ça. C’était sa faute après tout, elle lui avait délibérément exposé sa situation et il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’il se permette de la commenter. Croyait-il qu’elle était partie sur un coup de tête ? C’était mal la connaitre. A vrai dire, c’était même un peu vexant. La blondinette pinça légèrement les lèvres en signe d’agacement, s’il la prenait pour une gamine impulsive…

- Ne voudrais-tu pas plutôt retourner à Athènes le temps de te trouver une escorte ?


« Mais bien sûr ! Et pourquoi ne pas demander à mon oncle de m’accompagner tant qu’on y est ? », pensa t-elle.

-Une personne de confiance capable d'éloigner les dangers de la route, peu importe où tu te rends. Tu pourrais même venir chez moi en attendant : mon père Dédale est quelqu'un de respecté et ta famille ne penserait pas à venir te chercher là-bas.

Le regard d’Andrea s’adoucit, même si ce qu’il lui proposait était impossible l’intention était là et elle savait que cela partait d’un bon sentiment.

-Penses-tu vraiment que ton père accepterait de courir un tel risque pour une étrangère ? Et toi, veux-tu faire de lui un hors la loi ? Si l’on me trouve chez toi il risque gros, et toi aussi. Allez viens, lève-toi nous allons nous mettre en route. La belle lui tandis les mains pour l’aider à se redresser. Tu me prends pour une fille capricieuse n’est-ce pas ? Mais je ne peux décemment pas accepter un mariage d’intérêt qui ne vise qu’à piller l’héritage que mon père m’a laissé. Surtout pas avec ce crétin d’Elio. Elle eut une grimace de dégout. Crois le ou non, j’ai bien réfléchis avant de partir ; je sais ce que je risque et ce que je perds en quittant Athènes.

Elle n’en revenait pas de lui raconter tout ça ! Il fallait croire qu’elle avait plus besoin de compagnie qu’elle ne l’aurait cru. Ces trois dernières semaines avaient été particulièrement éprouvantes et solitaires. Apprendre la mort de son père l’avait ravagé de chagrin mais son oncle ne lui avait pas laissé le temps de s’apitoyer, très vite il avait pris les choses en main et entreprit de réorganiser sa vie et ses habitudes, la privant de la liberté dont elle avait tant besoin. Douze jours plus tard elle était fiancée… les premiers temps, Andrea s’était rebellée mais elle avait vite compris qu’il n’y avait rien à faire et qu’il était préférable de jouer à la fille de bonne famille pour éviter les coups de son oncle. Demetrius pensait que sa nièce était enfin revenue à la raison tandis que cette dernière formentait en secret sa fugue. Bien sûr elle n’avait touché mot de sa décision à personne, pas même aux esclaves en qui elle avait confiance ou en ses amis, ils n’auraient pas compris sa décision et auraient pu s’interposer. Elle était seule depuis trois semaines, seule et dévorée par la douleur mais préparer son départ avait au moins eut le mérite de lui changer les idées. Cela dit, la jeune femme n’arrivait pas à accepter pleinement l’idée que Pyros était parti définitivement. C’était peut-être ça la vraie raison qui la poussait à commettre cette imprudence, le besoin impérieux qu’elle avait de se rendre sur les lieux de la bataille. Une part d’elle espérait y retrouver son père, blessé mais vivant ; c’était stupide et elle le savait mais le fait de ne pas avoir vu son cadavre l’empêchait de faire son deuil.

-As-tu besoin d’aide pour monter sur le cheval ?

Il fallait qu’elle change de sujet, elle n’avait pas envie de parler d’elle ni d’entendre les leçons de morale d’Icare, elle était déjà suffisamment conscience de commettre une folie.

-Je parle mais je ne sais rien de toi Icare, fils de Dédale. Comment t’es-tu retrouvé ici au milieu de la nuit avec une cheville foulée ?
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Ven 29 Juil 2016 - 1:46

Le jeune inventeur se rendait bien compte qu'il venait de commettre un faux pas, mais quelqu'un se devait de la mettre en garde, et cette annonce permettrait à Icare de se sentir moins coupable s'il devait lui arriver quelque chose. Il accueillit donc les remarques de son interlocutrice avec résignation, conscient que ce qu'elle disait était vrai, même s'il tentait de se persuader du contraire. Son père avait beau être un homme généreux, il avait également acquis au fil des années une sagesse digne des meilleurs conseillers, et il n'aurait certainement pas apprécié d'être complice de la fuite de la fiancée d'un citoyen respecté.
Il accepta l'aide de la jeune fille car la tâche n'était pas aisée à accomplir sur un seul pied, d'autant plus qu'il commençait à ressentir les effets de la fatigue. La chose était compréhensible : il ne devait pas avoir dormi plus de trois heures sur la nuit, mais il doutait qu'on puisse appeler "sommeil" ces quelques heures de somnolence, à l’affût du moindre bruit suspect.

Il écouta la suite du discours d'Andrea sans broncher, bien qu'il voulu tout de même rectifier le passage concernant la jeune fille capricieuse (car ce n'était absolument pas le cas) mais ne préféra pas relancer le débat. Il fouilla dans sa mémoire à la recherche d'un Elio dont il aurait déjà entendu parler mais ce nom lui était malheureusement inconnu. Il était cependant persuadé qu'il pourrait en connaître plus à son sujet en demandant des renseignements à quelques uns de ses amis athéniens, mais l'idée de lui rendre une petite visite lui semblait alors assez tentante.
Elle avait terminé son histoire et il fallut au jeune homme quelques instants de réflexion pour assimiler toutes ces nouvelles informations de sorte à les stocker dans un coin de sa mémoire. Il commença à mâchouiller une seconde feuille offerte plus tôt par Andrea et il sentait déjà les effets de la première. Quand elle lui proposa de l'aider à monter sur son destrier, il hésita un instant : il lui faudrait rassembler un minimum ses affaires, éteindre le feu de camp et surtout, cacher sa précieuse machine. Il listait mentalement les choses qu'il aurait à faire avant de quitter l'endroit quand vint la question suivante de la fugueuse :

- Je parle mais je ne sais rien de toi Icare, fils de Dédale. Comment t’es-tu retrouvé ici au milieu de la nuit avec une cheville foulée ?

Une alarme se déclencha dans sa tête lorsqu'il prit conscience de ce qu'il aurait dû répondre. Il esquissa un sourire nerveux avant de se retourner vers le feu et commencer à rassembler ses affaires tant bien que mal malgré son pied blessé, cherchant une réponse convenable à fournir à la jeune fille. Comment lui expliquer sans qu'il passe pour un fou qu'il mettait actuellement au point une machine capable de faire voler un être humain ? Par le passé, il partageait la plupart de ses inventions avec des amis, qui l'ont vite pris pour un insensé de courir après des rêves qui ne peuvent se réaliser. Alors, il se taisait, préférait essayer seul ses machines et s'écraser seul dans une plaine pour revenir le soir, seul, les genoux écorchés et son prototype en lambeaux derrière lui, s'il n'avait pas été abandonné sur place.
Après quelques instants, il finit par se retourner vers Andrea :

- Ce qu'il faut savoir, c'est que je suis apprenti architecte officiellement, mais je me considère davantage comme un inventeur. Je passe mon temps à créer des machines en tout genre, et celle-ci est... était la dernière en date. Le test ne s'est pas exactement déroulé comme prévu, d'où ma cheville foulée.

Il fit un signe de tête en direction des débris, cette masse informe de tissu, de bois et de cuivre qui gisait lamentablement dans les buissons, pour accentuer ses propos. Sur ce, il continua à ranger ses affaires dans sa sacoche puis sortit un petit couteau qu'il emportait généralement avec lui, et commença à couper quelques branches recouvertes d'un épais feuillage.

- Je viendrai la rechercher demain, pour la réparer. Et comme je préférerais qu'elle soit là à mon retour... Tu pourrais m'aider à la recouvre de branche ? Histoire de la cacher un minimum ?

Il n'aurait pas vraiment demandé d'aide s'il était en pleine possession de ses moyens, mais faire quoi que ce soit convenablement avec un pied en moins relevait du miracle. Tout en entassant les feuilles sur sa machines, il réfléchissait à la fois sur la manière dont il allait l'améliorer, mais également sur l'histoire d'Andrea. Elle l'avait aidé, il devrait bien lui rendre la pareille. Peut-être qu'en abordant cet Elio... ? Et pour lui dire quoi ? « Bonjour, on ne se connait pas mais j'ai croisé ta fiancée dans la forêt l'autre nuit et elle te serait très reconnaissante de l'oublier » Hors de question de la dénoncer : son but était de l'aider, pas d'aggraver sa situation déjà délicate. Peut-être en engageant une personne digne de confiance qui l'accompagnerait dans son périple ? Icare aurait le temps de traiter la question en chemin pour Athènes.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Sam 30 Juil 2016 - 1:50

Icare ne démentit pas. Au moins elle était fixée sur ce point, il la prenait pour une gamine écervelée. Et bien tant pis, qu’importait les jugements des autres, elle savait ce qu’elle faisait et personne n’avait à décider pour elle ! Et puis qui sait, lui aussi avait peut-être des choses à se reprocher, après tout personne n’était tout blanc !

- Ce qu'il faut savoir, c'est que je suis apprenti architecte officiellement, mais je me considère davantage comme un inventeur. Je passe mon temps à créer des machines en tout genre, et celle-ci est... était la dernière en date. Le test ne s'est pas exactement déroulé comme prévu, d'où ma cheville foulée.

Effectivement, le test ne s’était pas avéré concluant vu l’état de la chose… quelque fut son utilité, la machine n’avait pas accompli sa tâche et avait même blessé son créateur. Son discours prenait des airs de justification et elle déduit que son entourage devait désapprouver ses petites expériences, d’où le fait qu’il ait besoin de venir les tester ici en secret. Ses parents devaient être morts d’inquiétude s’il ne les avait pas prévenus. Elle n’était pas la seule à avoir des choses à se reprocher tout compte fait. Et dire qu’il osait lui faire des remarques sur son escapade !
Lorsqu’il sortit son couteau et se mit à couper des branches elle le regarda sans comprendre. Qu’est-ce qui lui prenait tout à coup ? Elle lui avait pourtant dit qu’elle était pressée ! Très rapidement, il lui expliqua qu’il tenait à cacher sa machine. Andrea se demanda qui pourrait bien lui voler son appareil dans un lieu pareil et l’usage qu’ils en feraient mais s’abstint de tout commentaire et entreprit de l’aider, consciente qu’il allait refuser de bouger tant que son engin ne serait pas en sécurité. Ah bon sang, mais pourquoi lui avait-elle proposé son aide ?! En soupirant, elle tira son poignard de sa ceinture et entreprit d’arracher quelques branches.

-A quoi était-elle censée servir ? Ca a dû être difficile de transporter cette chose ici, ça n’aurait pas été plus simple de la tester à Athènes ?

Quelques gouttes s’écrasèrent soudain sur sa tête et elle leva brusquement les yeux vers le ciel. Obsédée qu’elle avait été par sa chevauchée et par la peur des dangers que pouvaient receler chaque ombre et chaque bruit dans la nuit, elle n’avait absolument pas vu la progression des nuages dans le ciel.



-Il pleut… constata-t-elle à voix haute.

Bon ce n’était pas trop grave, tant qu’il n’y avait pas d’orage… elle détestait les orages ! Non, pire que ça, elle les exécrait !
Un éclair zébra soudain le ciel, s’en suivi un terrible coup de tonnerre. Andrea poussa un cri et se recroquevilla sur elle-même, toute tremblante. Oh bon sang, Zeus avait bien choisi son jour pour déchainer sa colère ! Pourquoi fallait-il que cela tombe la nuit où elle était de sortie ? Devait-elle y voir un signe ? Les dieux désapprouvaient-ils son comportement ? Du plus loin qu’elle s’en souvenait, elle avait toujours été terrifiée par les orages, c’était phobique. Elle aurait voulu se réfugier quelque part dans les entrailles de la Terre ou sous une tonne de couvertures pour se cacher… mais elle était au milieu de nulle part et la seule chose qu’elle pouvait faire était de se boucher les oreilles en priant pour que cela s’arrête. Elle devait offrir un bien piètre spectacle à Icare mais elle n’en avait même pas conscience. Très vite, il se mit à pleuvoir de plus en plus fort ; l’orage était sur eux.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mar 2 Aoû 2016 - 22:38

Lentement, les débris de la machine volante commençaient à se confondre avec la végétation qui la recouvrait. Le tas de branches ne passerait certainement pas inaperçu pour une personne y prêtant attention, mais il fallait avouer que peu de monde passerait par ici jusqu'au lendemain, et la probabilité qu'un voyageur prenne la peine de voler les restes de l'engin était pratiquement nulle. Cependant, Icare préférait rester prudent et, aidé à contre-cœur par Andrea, continua à couper les branches des arbres environnants. Au bout de plusieurs minutes à tenter de garder son équilibre et transporter à cloche pied les feuillages jusqu'à l'épave, il dû reprendre quelques instants son souffle. Les efforts physique ne l'avaient jamais tenté, mais il regrettait à présent de ne pas être en meilleure forme pour une tâche qu'il devait effectuer rapidement. Machinalement, son regard se posa sur son avant bras droit, où les séquelles d'une ancienne brûlure étaient encore visibles. Cette vision le plongea dans une tristesse sans nom alors que des souvenirs de la catastrophe de Paphos refaisaient surface: la panique, l'obscurité, les flammes, l'incendie... Ce jour-la, quelques-uns l'avaient qualifié de héros. Il n'en croyait rien, ses actes de soit disant bravoure étaient restés sans effet, et ceux qui l'avaient soutenu, morts.

-A quoi était-elle censée servir ? Ca a dû être difficile de transporter cette chose ici, ça n’aurait pas été plus simple de la tester à Athènes ?

Le voix de la jeune femme semblait venir de si loin qu'il pensa un instant qu'il l'avait rêvée. Mais non, l'Athénienne lui adressait effectivement la parole et il fallut un certain temps au garçon pour retrouver ses esprits, se remettre au travail et réfléchir à une réponse. En d'autres circonstances, il aurait sans doute maudit son interlocutrice pour cette question à laquelle il ne voulait aucunement répondre. Mais son esprit était ailleurs, replongé dans un passé pas si lointain duquel il avait du mal à s'extraire. Il ne prit conscience de la pluie que lorsque la fugueuse le fit remarquer, et cette averse imprévue éteignit rapidement les souvenirs de l'incendie du temple de Paphos. Bientôt, son esprit pratique se remit en marche et analysa la situation : la pluie, les éclairs et la panique de la jeune fille devant la colère des éléments et de Zeus.

Il pleuvait des cordes lorsque la nécessité de rapidement se trouver un abri s'imposa à lui, mais réfléchir dans de telles conditions de panique s'avéra plus compliqué qu'il ne l'aurait pensé. La bute de laquelle il avait décollé, un de ses flancs était composé de roche et il était persuadé qu'il pourrait trouver une cavité où se réfugier. L'endroit se trouvait une centaine de mètres plus loin, autant dire l'autre bout du monde pour un boiteux et une froussarde. Il comprenait que cela puisse l'inquiéter, car effectivement, la menace était bien réelle : tous deux se trouvaient en pleine forêt lors d'un orage, et Icare savait par expérience que la foudre frappait en premier lieu les points les plus élevés, ce qui s'avérait être, dans le cas présent, les arbres. Or, qui se trouvait sous les arbres à cet instant précis ?
Le feu s'était éteint et dégageait désormais un faible nuage de fumée. De ce fait, ils se trouvaient dans une obscurité presque totale, et le rideau de pluie limitait encore davantage leur vision. L'inventeur rejoignit Andrea et l'agrippa au niveau des épaules. Il la sentait tétanisée par la peur, tremblante comme feuille, semblant au bord de la crise de panique. Il la secoua sans ménagement et tenta de capter son regard : il avait besoin de toute son attention et ne répéterait pas pour elle.

- Andrea écoute-moi ! Il faut trouver un abri, il y en un plus loin, tu m'entends ? Libère ton cheval et suis-moi.

Le tonnerre et le vrombissement de la pluie l'avaient obligé à presque crier ces paroles, et il espérait que la jeune fille aurait compris ce qu'il attendait d'elle. Il hésita un instant à la lâcher, de peur qu'elle panique à nouveau, mais il n'avait pas le choix. Quelques braises rougeoyaient encore sous les bûches trempées et à moitié calcinées du feu de camp, mais impossible de les transporter. Bien évidemment, il aurait pu y parvenir mais trouver des branches assez sèches pour relancer le feu semblait impensable vu la quantité d'eau qui se déversait sur la forêt. Dans la pénombre, il parvint à ramasser quelques brindilles qu'il avait mises à l'abri sous un arbre et qui lui semblaient approximativement sèches, et les fourra dans sa sacoche, après quoi il tenta de retrouver le morceau de bois qui pourrait lui servir de béquille. Un miracle fit qu'il posa la main dessus par hasard et il la cala de suite sous son épaule, espérant que cela suffirait à le faire avancer plus vite.

Prêt à partir, il prit la main d'Andrea à la volée et commença à se diriger vers la bute rocailleuse, aidé par l'éphémère lumière des éclairs. Ils longèrent la clairière, restant tout de même à proximité des arbres pour éviter qu'ils soient les seuls points élevés de la zone. La cheville d'Icare le faisait souffrir, moins qu'auparavant mais l'obligeait tout de même à boitiller jusqu'au lieu convenu. Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, ils parvinrent au pied de la bute rocheuse, ne restait plus qu'à trouver un endroit où s'abriter. Ce fut à nouveau l'éclat de l'orage qui lui permit de découvrir une petite cavité, peu profonde, dans la colline, et il s'y engouffra avec la jeune fille dont il tenait toujours la main. Il y avait à peine assez de place pour que tout deux puisse s'y réfugier, mais ils y seraient au moins à l'abri du vent et de la pluie. Le cheval, quant à lui, devrait rester à moitié dehors.

Le jeune homme était trempé jusqu'aux os, frigorifié et grelottant. Au dehors, la situation ne s'arrangeait guère, à croire que le roi des dieux leur en voulait expressément. Il s'assit et lâcha enfin la main d'Andrea, lui jetant tout de même des regards inquiets de temps à autres pour évaluer son état, mais reporta rapidement son attention sur ce qui semblait le plus important à ses yeux : allumer un feu afin de pouvoir à la fois s'éclairer et se réchauffer. De sa sacoche, il sortit les quelques brindilles légèrement humides qu'il avait récupérées avant de quitter précipitamment son campement improvisé, mais prit également les feuilles que l'Athénienne lui avait donné plus tôt. Il en garda une et la fourra instantanément dans sa bouche, le reste lui servirait à démarrer le feu. Il jeta un dernier coup d'oeil à Andrea et commença timidement à parler alors qu'il mettait tout en place, à tâtons, pour produire une flamme.

- Ca va ? (Il attendit quelques instants avant de poursuivre) Par rapport à ta question de tout à l'heure... Ma machine. Elle sert normalement à voler, cette colline était ma rampe de lancement. Ça a presque fonctionné, en tout cas, mieux que mes autres tentatives.

Il sourit à son interlocutrice pour essayer de la calmer, peut-être parler l’apaiserait-elle ?
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Ven 5 Aoû 2016 - 19:13

La pluie battant à tout rompre, la foudre transperçant le ciel et se divisant en de nombreux filaments lumineux… le spectacle aurait pu être sublime si le tonnerre n’avait grondé si férocement et si la pluie ne tombait pas avec tant de violence. Presque aveuglée par l’obscurité et les trombes d’eau qui lui tombait dessus, Andrea était terrorisée. Sa peur était irrationnelle, inexplicable, elle avait toujours été là. A ce titre, Zeus était de loin le dieu qui lui inspirait le plus de crainte. Elle qui se targuait d’être une femme courageuse et audacieuse avait l’impression de replonger en enfance à chaque fois que le ciel s’obscurcirait et qu’un orage frappait. Une voix venue de loin accompagnée de soubresauts la ramenèrent peu à peu à la réalité ; Icare était en train de la secouer sans ménagement pour attirer son attention. Depuis quand faisait-il cela ?

- Andrea écoute-moi ! Il faut trouver un abri, il y en un plus loin, tu m'entends ? Libère ton cheval et suis-moi.

Il avait presque crié ses paroles pour se faire entendre. Il est vrai que la tempête faisait un sacré bruit… au moins était-il plus ou moins parvenu à lui faire reprendre pied. Il avait raison il fallait partir ; d’ailleurs elle n’était pas la seule à angoisser, son cheval aussi hennissait… mais savoir et agir était deux choses fort différentes et il lui fallut se battre contre elle-même pour réussir à esquisser ne serait-ce qu’un geste. Icare semblait plus confiant – ô, ce n’était pas difficile d’être moins angoissé qu’elle pour l’heure – et assuré, aussi décida-t-elle de poser son cerveau qui n’était de toute façon pas en état de marche et de se reposer sur lui en suivant ses ordres. Difficilement, elle se rapprocha de son cheval et serrant les dents pour ne pas hurler à chaque coup de tonnerre et le détacha. Icare la rejoint peu après et ils entamèrent une pseudo ascension pour rejoindre l’abri dont parlait le jeune homme. Ce fut laborieux et elle ne savait pas si elle aurait eu le courage de marcher sans l’aide d’Icare. Il n’avait probablement pas conscience du soutien que sa seule main représentait et elle eut d’ailleurs un pincement au cœur lorsqu’il la lâcha. Evidemment, elle n’allait pas se rabaisser au point d’aller lui quémander un autre contact physique, déjà qu’elle devait avoir l’air pitoyable à ses yeux…  la fille qui fuguait de chez elle pour trembler à la première tempête ! Le pire c’est qu’elle n’avait rien contre la pluie, elle l’aimait bien même, mais dès que le ciel se zébrait de lumière… elle observa vaguement le jeune homme s’agiter pour essayer d’allumer un feu, préférant le laisser gérer cela plutôt que d’intervenir et de l’embêter. Comment aurait-elle pu l’aider avec ses membres tremblotants de toute façon ?

- Ca va ?


Un coup de tonnerre particulièrement puissant la fit violemment sursauter. Oh oui, elle pétait la forme ! Ses longs cheveux étaient dans un état lamentable et dégoulinaient d’eau, ses vêtements et le reste de ses affaires étaient trempés et elle avait froid. Mais elle aurait pu supporter tout cela sans problèmes s’il n’y avait pas eu CE FOUTU ORAGE ! (sans vouloir vexer Zeus…).

-Je suis désolée, murmura-t-elle sans le regarder, honteuse de l’état dans lequel elle s’affichait.

A défaut d’avoir pu attacher son cheval, elle tenait fermement sa bride dans la main pour éviter qu’il ne soit tenté de s’enfuir.


- Par rapport à ta question de tout à l'heure... Ma machine. Elle sert normalement à voler, cette colline était ma rampe de lancement. Ça a presque fonctionné, en tout cas, mieux que mes autres tentatives.

Elle regarda un moment droit devant elle la pluie battante en méditant ce qu’il venait de lui dire.


-Les dieux n’ont peut-être pas apprécié ce que tu as fait…

Cela pouvait expliquer l’orage qui leur était tombé dessus ainsi que l’échec de la tentative et le cheville foulée… Elle décrocha son regard de l’horizon et tourna la tête vers Icare. Comme elle, il vivait sa passion en faisant face aux préjugés de son entourage…


-Mais ce sont les gens comme toi qui font progresser l’humanité.

Qui sait ? A l’instar de Prométhée, Icare apporterait peut-être quelque chose aux mortels qui changerait la donne. Elle espérait simplement qu’il n’aurait pas besoin d’affronter une punition divine pour en arriver là.
A nouveau le tonnerre frappa et une fois de plus Andrea sursauta. La belle leva des yeux anxieux vers ce qu’elle voyait du ciel et se recroquevilla sur elle-même. Jadis, son père la prenait dans ses bras et lui racontait des histoires pour la distraire pendant les temps d’orage. Aujourd’hui, affronter la tempête en pleine nuit, au milieu de nulle part et sans Pyros lui faisait réaliser à quel point elle était seule. Comment avait-elle pu croire que sa quête pouvait la mener vers une issue heureuse ? Elle s’était voilée la face pendant tout ce temps, préférant s’inventer des fables quant à la situation de son père. Depuis des semaines elle nageait en plein dénie… Pyros était mort, il ne reviendrait pas. Elle était seule.

Seule.

Pourquoi avait-elle décidé de fuir ? Pensait-elle vraiment pouvoir refaire sa vie ailleurs ? Mais où ? Comment ? L’errance était-elle préférable à un mariage forcé ? Son père lui manquait tellement… une larme glissa le long de sa joue, ses yeux se troublèrent ; pas de sanglots, seulement une profonde tristesse qu’elle avait refoulé et qui tentait de ressortir tant bien que mal. Pour la première fois, elle envisagea la cigüe comme une solution possible. Elle pouvait aussi rejoindre la cousine de son père à Corinthe dans l’espoir que cette dernière l’accueille et la protège mais c’était un long voyage et elle n’était pas sure du résultat.
Décidément, Icare devait bien regretter d’avoir croisé sa route. Non contente de lui avoir montré à quel point l’orage la terrifiait, il fallait en plus qu’elle se mette à pleurer devant lui ! Déjà qu’il devait avoir une piètre opinion d’elle depuis qu’il savait qu’elle avait fugué… dommage qu’elle offre un portrait aussi pitoyable d’elle à la première personne qu’elle croisait. Elle avait tant besoin de soutien moral ! Enfin… de toute façon leurs routes se sépareraient dès que la tempête serait finit alors autant ne pas s’attacher.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Lun 8 Aoû 2016 - 15:41

En règle générale, allumer un feu nécessitait patience et détermination, même en possession d'outils appropriés. Il fallait d'abord choisir le combustible avec soin, puis tenter de faire jaillir quelques étincelles de la friction de deux bouts de métal en espérant que l'une d'elles se dépose sur le foyer prévu à cet effet. La prochaine étape consistait à faire apparaître une flamme sur base de cette étincelle, étape la plus longue et délicate. Suivez ce schéma et vous devriez pouvoir survivre en pleine forêt, tenant les prédateurs à l'écart.
Mais il se trouvait qu'allumer un feu en plein orage, avec du bois humide et un vent obstiné à éteindre le moindre départ de flamme, était chose beaucoup moins aisée, et les nerfs d'Icare ne tiendraient pas longtemps le coup entre ce contre-temps de taille et l'état d'Andrea face à l'orage. Il avait appris à ne pas se moquer des peurs des autres, sachant que peu de personnes étaient capables de les contrôler et de se contrôler en présence de l'élément redouté. De cette manière, il ne jugea pas l'attitude de la jeune fille face à la tempête, du moins pas à haut voix; Car dans son esprit, il se savait en sécurité et n'y avait plus aucun risque que la foudre s'abatte sur eux (sauf si Zeus leur en voulait personnellement, mais il en doutait fortement).

Il continuait à s'acharner sur l'élaboration d'une flamme, écoutant les dires de l'Athénienne en même temps et méditant ses paroles. Les dieux lui en voudraient-ils ? Pourquoi ? Pour avoir survécu à Paphos ou pour s'obstiner à vouloir voler ? Si c'était bel et bien le cas, il fallait voir en cette colère divine une amélioration : il touchait au but. Et si les dieux voulaient sa perte, qu'il en soit ainsi. Car jamais il ne laisserait tomber ses idées au profit de la peur des dieux, mieux valait mourir en touchant son rêve du bout des doigts qu'en regrettant sa couardise le restant de ses jours. De manière inattendue, les dires de son interlocutrice n'avaient qu'insufflé une détermination nouvelle au jeune inventeur. Cependant, la suite du discours désamorça cet effet, et force lui fut de regarder Andrea dans les yeux pour saisir l'ampleur de ses paroles :

-Mais ce sont les gens comme toi qui font progresser l’humanité.

Des encouragements ? Il ne rêvait pas ? Andrea n'avait pas exactement formuler sa confiance en ce jeune inventeur mais... elle ne s'était pas moqué de lui, ni traité comme un fou ou un inconscient. Elle n'avait pas non plus énoncé ces mots sur un ton sarcastique, comme en avait pris l'habitude son père lorsqu'il évoquait ses inventions. Non, cette fois-ci, quelqu'un l'encourageait implicitement à continuer ses projets, à croire en lui et en ses idées farfelues. Un sourire qu'il ne su réprimer apparut sur son visage, qu'il tenta de cacher en reportant son attention sur le feu. Celui-ci finit par s'allumer quelques tentatives plus tard et sa chaude lumière commença à éclairer les parois de la cavité. Le sourire du jeune homme s'élargit quand il fut certain que les flammes ne s'éteindraient plus, et il voulut partager sa fierté avec Andrea, mais la faible lueur lui permettait désormais de remarquer le sillon humide laissé par une larme sur la joue de la jeune fille. Se taire lui sembla préférable, son sourire s'effaça pour prendre un air désolé et impuissant. Il ne savait pas comment réagir, il n'avait jamais eu à faire à ce genre de situation, surtout pas avec une fille qu'il venait juste de rencontrer et qu'il connaissait si peu... Il lui fallait pourtant parler, c'était certain, briser ce silence uniquement troublé par le son de la pluie et du tonnerre.

- Tu sais, je ne crois pas que tu sois... une fille capricieuse. Tu es même plus courageuse que moi (il tenta un sourire). Je ne crois pas que je pourrais quitter Athènes... définitivement en tout cas. J'ai déjà effectué plusieurs voyages mais je suis toujours revenu auprès de mon père. Pitoyable, hein ? En tout cas, je pense que... tu fais bien de ne pas te laisser faire, de te rebeller et de fuir. Personne ne devrait pouvoir choisir ton destin à ta place.

Ce discours avait été plus qu'hésitant, et s'il aurait pu passer pour sentimental, la manière dont Icare l'avait proclamé sonnait totalement faux: son rythme de parole était irrégulier, sa voix tremblait à certains moments et son regard fuyait celui de son interlocutrice, sans parler de l'incertitude qui accompagnait le tout. Lui qui voulait lui remonter le moral, lui témoigner la gratitude qu'il éprouvait pour le compliment qu'elle lui avait fait plus tôt, se sentait désormais pitoyable ! Il se tut un long moment avant d'emprunter un chemin moins risqué :

- Je ne sais pas où tu comptes te rendre, mais je te conseille Delphes. Je ne m'y suis rendu qu'une fois mais cette ville m'a laissé de bons souvenirs. Chypre est magnifique également, mais je te déconseille Sparte, c'est une cité où j'aurais préféré ne jamais mettre les pieds, et les routes n'y sont pas sûres...

Les souvenirs refirent surface dans sa tête alors que se mélangeaient les images des diverses villes citées, les paysages sublimes de Chypre, la magnificence de Delphes et l'atmosphère oppressant de Sparte. Sans qu'il s'en rende compte, un léger sourire illuminait son visage, contrastant avec l'orage au dehors. Il n'entendait plus le tonnerre, son esprit était ailleurs, à un endroit et à une époque moins troublées, où il était encore insouciant et ne connaissait rien du monde.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mar 23 Aoû 2016 - 22:31

- Tu sais, je ne crois pas que tu sois... une fille capricieuse. Tu es même plus courageuse que moi. Je ne crois pas que je pourrais quitter Athènes... définitivement en tout cas. J'ai déjà effectué plusieurs voyages mais je suis toujours revenu auprès de mon père. Pitoyable, hein ? En tout cas, je pense que... tu fais bien de ne pas te laisser faire, de te rebeller et de fuir. Personne ne devrait pouvoir choisir ton destin à ta place.

Andrea accorda un petit sourire à Icare, sans grande conviction. Elle appréciait sa sollicitude, bien qu’il ne semblait pas très à l’aise. Il lui disait surement cela par gentillesse, parce qu’elle lui faisait pitié. C’était sympathique de sa part de bien vouloir l’encourager dans ses décisions, elle avait bien conscience que beaucoup d’hommes se seraient contentés de lui rire au nez et de l’envoyer paitre.
Elle aussi aurait aimé voyager en compagnie de son père et pouvoir revenir à la maison après plusieurs semaines de voyages. Ce n’était plus possible à présent, sa maison n’avait plus la même chaleur et n’était plus le refuge qu’elle avait été autrefois.
L’orage s’éloignait, emportant avec lui son tonnerre grondant et ses éclats de lumières éblouissants. Petit à petit, Andrea se sentait plus calme, arrêtant enfin de sursauter à chaque bruit.


- Je ne sais pas où tu comptes te rendre, mais je te conseille Delphes. Je ne m'y suis rendu qu'une fois mais cette ville m'a laissé de bons souvenirs. Chypre est magnifique également, mais je te déconseille Sparte, c'est une cité où j'aurais préféré ne jamais mettre les pieds, et les routes n'y sont pas sûres...

-Tu as l’air d’avoir beaucoup voyagé…  est-ce ton travail qui ta conduit dans toutes ces cités ?

Elle parlait d’une voix douce, presque monocorde. Après le coup de stress provoqué par l’orage et sa subite déprime et bien… elle se sentait fatiguée. Très fatiguée. Il fallait dire que ces derniers jours avaient été riches en émotions et qu’elle n’avait pas dormi de la nuit. Le temps passait et le jour ne tarderait pas à pointer le bout de son nez. Si son plan visait à se tenir le plus loin possible d’Athènes au matin et bien c’était raté.

-Mon père avait été envoyé en reconnaissance avec un escadron… ce n’était pas un guerrier, il n’aurait pas dû périr au combat. Quelques-uns des nôtres sont parvenus à rentrer à Athènes et il ne faisait pas partie du lot. Mon oncle a sauté sur l’occasion pour le déclarer mort mais je me tenais entre lui et l’héritage alors il m’a fiancé à son fils. Tu devines pourquoi…

La jeune femme se rapprocha du feu dans l’espoir de sécher ses cheveux trempés. Se faisant, elle tira légèrement sur la bribe de son cheval qui obtempéra sans râler. Il avait son caractère mais Andrea avait toujours eu une affinité très particulière avec sa monture, depuis toujours.

-Je voulais me rendre sur les lieux de la bataille… je crois qu’au fond de moi j’espérais qu’il s’y trouverait encore, blessé mais vivant… mais c’est stupide d’espérer, il a dû périr avec les soldats. A moins qu’il n’ait été asservi… mais les sentinelles de mon oncle ont assuré avoir retrouvé et enterré son corps. De là à savoir si c’est vrai… A ma connaissance, aucune demande de rançon n’a été faite.

Elle soupira. Son oncle pouvait parfaitement avoir tût l’information si ça avait été le cas et elle n’avait aucun moyen de le savoir. Serait-il à ce point capable de fourberie ? Elle ne l’avait jamais aimé mais c’était tout de même une grave accusation portée contre lui.

-J’ai une cousine à Corinthe… peut-être acceptera-t-elle de m’accueillir. Sinon… et bien ce sera la grande aventure.

La blondinette étouffa un bâillement. Ses yeux se fermaient tous seuls. Ah non, elle ne pouvait pas dormir maintenant ! Ce n’était vraiment pas le moment ! Il fallait qu’elle continue à parler à Icare pour rester éveillée.

-La pluie se calme… nous devrions peut-être reprendre la route…

Son corps allait à l’encontre total de ce qu’elle disait, refusant de bouger d’un pouce. Trop engourdie pour se redresser, elle regarda la pluie tomber, comme hypnotisée. Sans s’en rendre compte, elle s’affaissa doucement sur le côté et s’endormit avant d’avoir touché le sol.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Lun 29 Aoû 2016 - 21:51


La tempête, le feu, Andrea, plus rien de tout cela n'existait désormais. Icare se sentait bien loin, sur des terres inconnues ou plus familières, que sa mémoire lui renvoyait comme étant des lieux que les maux du monde n'avaient pas encore infectées, où mauvais souvenirs et malheurs n'existaient pas, et cette vision améliorée des choses le faisaient regretter de rester encore et toujours à Athènes, cette cité qu'il ne connaissait que trop, remplie de personnes qui souhaitaient de tout leur cœur que le jeune homme et ses inventions d'hérétique parte le plus loin possible. Qu'il aille défier les dieux ailleurs, cet inconscient ! Qu'il ne soit pas la cause de la fureur d'un Olympien, farouche gardien du royaume des cieux. Les Hommes ne savent pas voler, il doit y avoir une raison. Les Humains sont des créatures terrestres, des êtres de poussière et de sable, misérables et se complaisant dans leur servitude éternelle. Les rois, les empereurs, les pêcheurs ou les prisonniers de guerre, aucun ne représente quoi que ce soit au regard des dieux, Paphos en avait été la preuve, tous n'étaient que des parasite que l'on écrase sans remord aucun.

La voix d'Andrea apparut à son esprit en véritable lumière au milieu d'un océan de désespoir et de haine, et le naufragé qu'était Icare s'empressait de la saisir, ne plus perdre ce mince son qui le raccrochait encore au moment présent, à la tempête, au feu, à Andrea...

La question de la jeune fille lui fit reprendre pied et força ses idées à reprendre une place vaguement ordonnée dans son esprit, de sorte qu'il puisse formuler un réponse convenable. Après quelques secondes de silence, il se lança, hésitant, avec un timbre de voix semblable à celui emprunté quelques instants plus tôt par son interlocutrice :

- Oui, généralement. Pour rencontrer certains érudits... ou pour trouver un matériau spécial, ou assister à un événement exceptionnel comme les jeux olympiques... Mais j'en profite toujours pour visiter les grandes cités.

Inutile d'en dire davantage, chacun semblait désormais parler par simple politesse plutôt que par réel intérêt. L'esprit de l'Athénien peinait à regagner le rivage et cette mer déchaînée qui faisait rage dans son crâne se calmait lentement, beaucoup trop lentement. Mais il saisit tout de même le sens de l'histoire de son interlocutrice, en comprenait essentiellement les enjeux et les conséquences. Il aurait tellement voulu la mettre en garde, lui avouer qu'elle ne trouverait probablement rien d'autre que tristesse et problèmes, pour constater que ce qu' l'on ne voulait croire était pourtant bien réel. Son père devait être mort, mais comment lui annoncer ? Il n'en avait pas le courage, elle finirait bien par se rendre compte par elle-même. Après tout, il la connaissait à peine, ce n'était pas à lui à donner des leçons, elle apprendrait.

-J’ai une cousine à Corinthe… peut-être acceptera-t-elle de m’accueillir. Sinon… et bien ce sera la grande aventure.

Il sourit à ses paroles : elle n'avait aucune idée des risques qu'elle prenait en entreprenant un tel voyage. Quelques mois auparavant, lui aussi se serait volontiers jeté corps et âme dans une aventure qui lui ferait parcourir toute la Grèce, certes avec plus de préparation que la fugueuse car il ne supportait pas improviser. Mais depuis ses dernières aventures, il faisait plus attention et doutait de plus en plus de jamais atteindre l'âge actuel de son père.

Inconsciemment, ses paupières se fermaient, son esprit s'embrumait et glissait lentement dans les limbes du sommeil. C'était comme s'il n'avait fermé l'œil depuis des jours, une fatigue sans nom s'abattait sur ses épaules sans qu'il puisse lutter contre. Il rassembla ce qu'il lui restait de lucidité pour se ressaisir, rester éveiller, encore un peu, au moins jusqu'à l'aube. Mais les paroles d'Andrea lui semblaient désormais venir d'une autre dimension, d'une terre lointaine et merveilleuse. Il fixa cependant son regard sur les flammes, se raccrochait désespérément à la réalité. Il ne pouvait pas dormir, c'était inconcevable ! Il avait beau être fatigué, la situation ne lui permettait pas de dormir. Mais le sommeil avait quelque chose de si tentant, on ne pouvait jamais lui résister bien longtemps...
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mer 7 Sep 2016 - 23:13


Apollon, tu me le payeras ! Comme si on pouvait me traiter de la sorte, moi, le dieu des rêves, le plus puissant qu'il existe. A-t-il simplement conscience du travail que cela représente, insuffler cette confiance et ce soulagement aux humains, de sortent qu'ils oublient, l'espace d'une nuit, cette épée de Damoclès d'origine divine suspendue au dessus de leur tête ? Sait-il seulement la signification des mots "travail" et "responsabilité" ? Parce qu'à part jouer de la lyre et engrosser une jeune fille de temps à autres, il n'a pas l'air de prendre son rôle bien au sérieux. Alors que moi, ô moi qui doit parcourir le monde chaque nuit, sans espoir de pouvoir passer mon tour, prend mon rôle bien plus au sérieux que lui ne le prendra jamais. Mais non, Apollon fait parti des douze, Apollon est le fils de Zeus, voyons, pourquoi n'aurait-il pas le droit de me traiter comme un moins que rien ? Après tout, mes frères pourraient me remplacer, ou même mon père. Haha, laisse-moi t'informer qu'il ne faut pas sous estimer les pouvoirs du grands Morphée, et ma vengeance pour ce comportement irrespectueux à mon égard ne saurait tarder. Il se croit puissant, il se croit aimé. Nous verrons cela quand je me serais occupée de sa très chère prêtresse de Delphes, cette Pythie qui lui est dévouée corps et âme, la représentation de son pouvoir parmi les mortels.

Bien sûr, je ne vais pas m'en charger moi-même, il ne me le pardonnerait jamais, et son père encore moins. Lui qui faisait déjà de mon existence un enfer, ne comptait pas me laisser gâcher ainsi la renommée de son fils, à moins qu'il n'en ait rien à faire ? Non, bien sûr que non, ce serait considéré comme un signe de rébellion, un affront que de le mettre au défi. Tant mieux, j'adorais le mettre en colère. Et en colère, il l'était en cette nuit d'été. Les éclairs striaient le ciel et la pluie tombait en continu sur la région d'Athènes, ou nouvelle fois victime de la fureur du roi des dieux à mon égard. Peut-être n'aurais-je pas dû ainsi lui tenir tête ? Trop tard, et je n'aurais pas agi autrement pour éviter que cette tempête ne plonge la cité et ses environs dans la panique. Et puis, il ne s'agissait que d'un orage, les dieux devaient presque envier les mortels dans ce genre de situation.

Armé de toute ma colère et avide de vengeance, je me retrouvais à survoler silencieusement les alentours d'Athènes. Les instrument de mes représailles devraient être choisis avec soin, ne devraient pas remettre mon autorité en question ou même douter de moi. Il ne me fallait pas des mercenaires, pas des soldats, non, bien au contraire. Cette mission requérait des personnes innocentes de tout crime antérieur, ayant peu ou rien à perdre, à moins que je ne leur offre l'objet de leurs convoitises ? Tout dépendrait du résultat, et s'ils s'en sortaient vivants. Car je doute fort que mon cher confrère à la lyre ne les laisse ainsi bafouer l'image de sa pythie sans réagir, mais qu'importe, ma revanche serait accomplie.

Il se trouva que deux âmes en peine se trouvaient coincées par l'orage, au beau milieu de la forêt : Icare et Andrea. Un sourire inquiétant se dessina sur mon visage : parfait ! Je me retrouvai à leur hauteur en quelques battements d'ailes, silencieux et invisible, une fleur de pavot entre les doigts. Bientôt, ses pétales blancs vinrent frôler la peau des jeunes gens, et le sommeil les gagna rapidement. Les pauvres, ils essayaient bien de lutter mais c'était inutile, la tentation se révélerait plus forte que leur volonté. Tous deux sombrèrent dans une profonde léthargie alors que mon esprit se scindait, chaque moitié de ma conscience abordant les songes des rêveurs.

Je pris l'apparence du père de ces jeunes gens, respectivement Dédale et Pyros, des membres de leur famille en qui ils avaient chacun confiance, en qui ils croyaient, pour qui ils seraient prêts à tout. Un sourire apaisant se dessina d'abord sur mon visage, invita les rêveurs à une confiance totale, alors que cet aura si spéciale qui m'accompagnait accaparait toute leur attention.

- Tu es là, Icare/Andrea ! Je te cherchais. Écoute attentivement, j'ai une mission à te confier, une mission que tu dois impérativement accomplir. Tu feras route vers Delphes, rendras visite à la pythie et lui fera ingérer cette potion de ma confection. C'est très important, tu comprends ? Tu ne peux pas échouer, les dieux en seraient forts mécontents...

Mon regard s'était fait lourd de sous-entendus, ne laissait place à aucune plaisanterie d'aucun type. Toute sympathie avait déserté mon visage, illustrant la gravité de la situation.

- Je compte sur toi, ne me déçois pas.

L'illusion se dissipa et je me retrouvai à nouveau au milieu de la forêt, ces êtres endormis à mes côtés. Quelques étincelles jaillirent de la paume de ma main, pour finalement laisser apparaître une fiole en verre, retenant un liquide rougeâtre. Le sourire malicieux qui m'était si familier fendit à nouveau mes lèvres alors que je déposais l'objet dans la main de la jeune fille endormie. Je leur laisserait profiter encore de cette nuit, cette dernière nuit de calme avant l'épreuve qui les attendait. Peut-être n'en n'auraient-ils pas d'autres, alors autant les laisser assoupis. Mais quand le soleil se lèverait, ils s'éveilleraient dans un environnement bien différent de celui qu'ils avaient quittés en s'endormant.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mar 20 Sep 2016 - 15:05

Andrea se sentait paisible et sereine, allongée dans une prairie verdoyante et fleurie, les pieds trempant dans l’eau fraiche d’un ruisseau. Comment aurait-elle pu être malheureuse en pareille compagnie ? Elle tourna la tête pour regarder son père qui venait d’arriver, et ils échangèrent un sourire chaleureux et remplit d’amour.


- Tu es là, Andrea ! Je te cherchais.

-Je suis là, père, répondit-elle sans se douter un instant qu’elle se trompait d’interlocuteur.

-Écoute attentivement, j'ai une mission à te confier, une mission que tu dois impérativement accomplir. Tu feras route vers Delphes, rendras visite à la pythie et lui fera ingérer cette potion de ma confection. C'est très important, tu comprends ? Tu ne peux pas échouer, les dieux en seraient forts mécontents...

Andréa posa ses yeux sur le flacon et regarda son père avec une curiosité non feinte, peut-être un peu d’incrédulité aussi. Mais elle se trouvait dans un rêve et sa méfiance en était endormie grâce au pouvoir de Morphée, elle finit donc par ranger ses questions au fond de sa tête et son esprit s’apaisa. Le visage grave de son père exprimait l’importance de cette requête en Andrea s’en serait voulu de lui briser le cœur en rejetant sa demande.

- Je compte sur toi, ne me déçois pas.

-Je ferai de mon mieux, répondit-elle en se levant et en lui prenant les mains dans un geste d’affection, sourire aux lèvres. Tout ira bien, n’ais crainte.

Si elle s’était doutée un seul instant de ce que la requête impliquait à ce moment-là elle se serait bien gardée de rassurer son père, allias Morphée. Non, tout n’irait pas bien du tout et elle allait très vite le comprendre.
Ce fut la lumière du jour qui la tira doucement de son sommeil. La lumière et le bruissement d’ailes d’un oiseau. Andrea ouvrit les yeux, désorientée. Où était-elle ? Elle regarda autour d’elle sans reconnaitre le paysage. A quelques mètres son cheval était en train de paitre bien sagement. Il n’y avait plus aucune trace de tempête, le ciel était d’un bleu éclatant. A côté d’elle, un homme qu’elle reconnut bien assez vite était allongé et semblait dormir. C’est alors seulement qu’elle réalisa qu’elle tenait fermement dans sa main un flacon remplit d’un liquide rougeâtre, le même que dans son rêve. Soudain, les paroles de son père lui revinrent en mémoire avec une clarté étonnante ; elle aurait pu réciter chaque mot de l’échange qui avait eu lieu : elle le connaissait par cœur. Il ne lui fallut guère longtemps pour comprendre que ce rêve n’en était pas un et qu’un dieu s’était exprimé par le biais de l’image de son père.
« Tu ne peux pas échouer, les dieux en seraient forts mécontents... »
Elle frissonna. Que contenait cette fiole ? Du poison ? Pourquoi l’avoir choisi elle pour mener cette quête ? Elle… et lui. A l’évidence le dieu ou la déesse les avait tous les deux conduit ici, Icare était donc mêlé à cette histoire d’une manière ou d’une autre. Inquiète, la jeune femme se pencha sur son voisin et fut rassurée en constatant que sa poitrine se soulevait à intervalle régulier.


-Icare, lança Andrea en le secouant doucement. Icare réveille-toi je t’en prie !

Il le fallait, elle avait besoin d’échanger et réfléchir avec lui sur ce qui venait de se passer. Elle qui pensait sa situation désespérée en fuyant Athènes, voilà qu’un dieu venait de la rendre encore difficile. Mais c’était peut-être pour ça qu’elle avait été choisi, parce qu’’elle était seule au monde et qu’en cas d’échec, elle n’avait rien à perdre sinon la vie. Sa vie… elle ne voulait pas mourir bon sang ! La jeune femme tenta de se calmer. Après tout rien ne lui indiquait que ce flacon contenait du poison… après tout qui voudrait assassiner la Pythie ? Un dieu ennemi d’Apollon ? Absurde, pourquoi une divinité l’aurait choisi pour tuer quelqu’un, elle, dont le métier la poussait à sauver des vies ? Ce liquide rouge n’était peut-être pas quelque chose de mauvais après tout, il pouvait s’agir d’un stimulant… Ah bon sang, mais dans quelle galère elle s’était fourrée cette fois ?
Elle attendit patiemment qu’Icare reprenne ses esprits et lui montra la fiole.


-Est-ce que tu as fait ce rêve toi aussi ?
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Sam 1 Oct 2016 - 15:44


Le jeune homme se sentait bien, une agréable sensation avait envahi son corps sans qu’il en connaisse l’origine. Mais qu’importe, il aurait souhaité se sentir ainsi toute sa vie, se complaire indéfiniment dans ce sentiment de calme et de bonheur surnaturel. Il se trouvait dans son atelier, à Athènes. S’il y avait prêté attention, il aurait pu remarquer accrochés aux murs des plans qui lui étaient inconnus mais dont la présence ne le choqua pas outre mesure. Tout semblait si logique dans les rêves…

Dédale se trouvait dans la pièce, il semblait vouloir l’aider, son visage n’affichait que sérénité et fierté. Icare lui rendit son sourire et lui fit face afin d’entendre ce qu’il avait à lui dire. Il écouta la instruction de son père avec patience, mais ne se soucia pas la moins du monde de la mission qu’il s’apprêtait à accepter. Après tout, son géniteur l’envoyait souvent parcourir la Grèce à la recherche de l’un ou l’autre matériau, alors que ce soit pour une potion ou pour autre chose, qu’importe.

- Ne t’inquiète pas, j’irai porter cela à la pythie et reviendrai à Athènes cette tâche accomplie

Il observa la fiole quelques instants. Il ignorait tout du liquide qu’elle contenait mais à cet instant, tout lui semblait clair, comme s’il avait toujours su ce que cela représentait. L’inventeur sourit à nouveau à son père sans soupçonner une seconde qu’un dieu se cachait sous les traits de son interlocuteur. Mais bientôt, tout devait flou, sa mémoire lui fit défaut et il ne sut dire combien de temps il passa dans les abîmes oniriques, à mi chemin entre le rêve et la réalité. Il entendit pourtant son nom, faiblement, comme si le vent chuchotait des mots à son oreille. Puis tout se rapprocha, brusquement, sans qu’il puisse retenir le sentiment de paix qui l’habitait jusqu’alors. Le retour à la réalité fut brusque et angoissant, certainement dû au fait qu’une inconnue le secouait pour se forcer à se réveiller, l’extirpant définitivement à ses rêveries. Icare regarda étrangement la jeune fille avant de reprendre contenance : Andrea, il l’avait rencontré la veille, mais il la voyait pour la première fois à la lumière du jour.

Le jour ?

C’était déjà le matin ? Mais alors, tout ça, Dédale, la potion, la mission… Un simple rêve ? Impossible, tout semblait si réel, et ces paroles qui résonnaient toujours dans sa tête... Il se redressa et essaya tant bien que mal de rassembler ses idées. La douleur à sa cheville le lui permis rapidement et il porta un regard désespéré à son pied : toujours foulé, et son état avait presque empiré. Des vagues de souffrance irradiaient de son entorse et il eut tous le mal du monde à comprendre les dires d’Andrea. La fiole qu’elle lui mit sous le nez l’aida à se réveiller définitivement et à organiser ses idées. Le jeune homme la regarda d’abord avec de grands yeux écarquillés avant de se ressaisir. Il prit délicatement la fiole entre ses doigts et l’observa minutieusement : aucun doute possible, il s’agissait bien de celle que son père lui avait montré en rêve.

Un dieu leur avait parlé, c’était certain. Mais pourquoi eux ? Pourquoi les Olympiens leur en voulait-il à eux ou à la pythie, servante d’Apollon ? Paphos ne leur avait pas suffit pour punir Icare de n’être qu’un simple humain impuissant ? La rage monta en lui plus rapidement qu’il ne l’aurait cru possible, lui donna envie de jeter la fiole le plus loin possible en espérant qu’elle emporterait dans la mort les soucis du jeune homme et les conflits divins. Sa poigne se renforça sur le récipient en verre, mais le semblant de bon sens qui parvint à percer la tempête qui faisait rage dans son crâne, jugea bon de la tendre à nouveau à Andrea. L’inventeur se leva avec peine, la mâchoire serrée, en répondant à son interlocutrice sans cacher sa colère :

- Oui, j’ai fait aussi ce maudit rêve. Ce rêve qui nous envoie tous les deux au suicide ! Je refuse d’accomplir la vengeance d’un dieu, je ne suis pas un pantin !

Il s’éloigna en boitillant, mais ne sut aller bien loin. Où se trouvaient-ils ? Ce n’était pas la clairière qu’ils avaient délaissé la veille, la grotte dans laquelle ils s’étaient réfugiés durant la nuit, la forêt d’Athènes. Par tout les dieux, mais où avaient-ils atterris ? Les arbres les entouraient toujours mais une route semblait traverser les bois à quelques mètres d’eux. Le jeune homme s’arrêta, observa les environs avec perplexité, cherchant ses repères, mais impossible de connaître leur position actuelle. Il se retourna vers Andrea, sa colère s’était quelque peu calmée. Il la questionna du regard, espérant qu’elle pourrait lui fournir des réponses quant au lieu où ils se trouvaient, mais un bruit attira son attention : un chariot tiré par un mulet arrivait dans leur direction, et le convoi fut bientôt à leur hauteur. Le conducteur, un marchand à en juger par le contenu de sa charrette, s’arrêta en regardant les inconnus avec curiosité. Il les toisa quelques instants, puis une lumière étrange éclaira soudain son regard. Il venait peut-être de trouver le moyen de gagner de l’argent facilement en emmenant ces deux vagabonds à destination. L’homme leur lança :

- Vous allez à Delphes ?

Icare resta immobile quelque instant, incapable de comprendre la situation. Il reprit ses esprits et dit avec détermination, sans oser concerter Andrea :

- Non, nous rentrons à Athènes.


[HRP: Désolée pour le temps de réponse >,<]
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mar 4 Oct 2016 - 16:08

Andrea fut soulagée en voyant Icare se réveiller. La réaction de ce dernier en apercevant la fiole lui donna une petite idée de la réponse à la question qu’elle venait de poser un peu plus tôt. Elle le laissa s’emparer de l’objet mystique et cru un instant qu’il allait le jeter mais il s’abstint et elle en fut soulagée. Elle récupéra donc le liquide rougeâtre et le serra dans sa main par peur qu’il lui échappe.


- Oui, j’ai fait aussi ce maudit rêve. Ce rêve qui nous envoie tous les deux au suicide ! Je refuse d’accomplir la vengeance d’un dieu, je ne suis pas un pantin !

Il aurait fallu être sourd et aveugle pour ignorer la colère bouillonnante d’Icare. Il s’était relevé et boitait vers… elle ne savait où. Un instant, elle eut peur qu’il décide de la planter là et de partir de son côté en la laissant avec son terrible fardeau mais son inquiétude fut de courte durée. Vu l’état de sa cheville, Icare ne risquait pas d’aller bien loin et elle avait un cheval. Elle avait du mal à saisir l’emportement de son nouveau compagnon alors qu’ils ne savaient même pas encore ce que contenait le flacon. Avait-il des griefs contre les Olympiens ? Ce n’était peut-être pas la première fois qu’il était confronté à une telle situation, après tout elle ne savait rien de lui et de son passé.


Andrea reporta son attention un court instant sur ses vêtements. Ces derniers étaient secs et étonnamment propres, comme s’ils ne s’étaient jamais frottés à la tempête. En revanche ses cheveux étaient emmêlés et il faudrait un bon coup de peigne pour les remettre en état. C’était loin d’être le plus gros problème à l’heure actuelle. Où étaient-ils ? Quel dieu les avait missionné et pourquoi ?  Andrea contempla la fiole comme si cette dernière pouvait tout lui révéler. Quelles étaient leurs options ? Ignorer le message divin et prendre le risque d’être punis, accomplir la quête et droguer la Pythie au risque de provoquer un désastre et d’être punis voire carrément tués… avant toute chose il s’agissait de découvrir si le liquide était un poison ou un médicament. Peut-être qu’elle s’inquiétait trop. Après tout, le dieu qui avait parlé à travers son père ne leur avait pas demandé d’utiliser la ruse pour faire boire ceci à l’oracle. La mission d’Andrea et Icare s’arrêtait peut-être au fait de porter la boisson au temple et de la confier aux prêtresses. La blondinette songea qu’elle était peut-être un peu trop optimiste…

Une route serpentait de part et d’autre de la clairière et s’enfonçait dans les bois. Ils finiraient bien par tomber sur quelque chose en allant d’un côté ou de l’autre, mais comment choisir la direction ? Andrea était bien incapable de suivre une direction en se repérant à l’aide du soleil. Et puis, de toute façon, il aurait d’abord fallut connaitre leur position. Ses yeux rencontrèrent ceux d’Icare : ils semblaient aussi perdu l’un que l’autre.

« Si c’est un dieu qui nous a déplacé alors il est probable qu’il nous ait rapproché de Delphes puisque c’est là où nous devons mener notre mission à bien. Donc nous nous trouvons probablement au nord-ouest d’Athènes », pensa-t-elle.

Ce n’était qu’une hypothèse et elle ne pourrait être vérifiée que lorsqu’ils croiseraient un voyageur. Comme si les dieux avaient décidé de précipiter les choses, un marchand déboula tout à coup dans la clairière. Andrea le regarda, les yeux légèrement écarquillés. Devait-elle y voir un signe ? Elle se rapprocha de son cheval et en saisit la bride, puis se rapprocha des garçons.


- Vous allez à Delphes ?
- Non, nous rentrons à Athènes.

La belle regarda Icare, un sourcil légèrement arqué. S’il tournait la tête vers elle à cet instant là il pourrait lire sur son visage une expression qui disait « toi et moi va falloir qu’on cause ! ».

-Vraiment ?

Elle reporta son attention sur l’homme à la charrette.


-Sommes-nous loin de Delphes ?

Icare avait peut-être pris sa décision mais pas elle. Manque de bol, c’était elle qui avait le cheval et lui la cheville blessée. En ce qui la concernait, elle n’avait, de toute façon, pas l’intention de retourner à Athènes. Cet évènement inattendu, bien que peu rassurant sur l’aspect mission divine et dangers qui allaient avec, avait au moins eut le mérite de l’éloigner de la ville et des gens qu’elle cherchait désespérément à fuir. Dans tous les cas, cet inconnu allait au moins pouvoir les renseigner sur leur position. Quant au reste… la belle glissa le flacon dans son sac. Peut-être pouvait-elle tester quelques gouttes du liquide sur un animal. Si c’était du poison ou quelque chose de mauvais, elle le saurait et pourrait envisager la suite des évènements. De son côté, il était clair qu’elle n’avait pas l’intention de tuer qui que ce soit et certainement pas l’Oracle. Andrea était un médecin, pas un assassin.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Lun 10 Oct 2016 - 14:28


Le regard du jeune homme ne fixait plus que le vide, signe d'une réflexion intense et du débat qui faisait rage dans son esprit. S'il retournait à Athènes, les dieux le tueraient avant qu'il n'arrive à destination, où trouveraient un moyen de lui faire payer son insolence afin qu'il se rappelle toujours cette leçon : on ne désobéit pas aux dieux. Mais s'il partait pour Delphes , ce serait la colère d'Apollon qu'il faudrait affronter. Se plier à la volonté des dieux et en subir les conséquences, ou ignorer la mission divine et risquer sa vie par fierté ? Il restait une troisième option, bien entendu, celle de contourner le problème, jouer sur les mots et la patience des immortels, mais les dieux n'aiment guère être bernés...
Quand Andrea posa sa question, le marchand jeta un coup d'œil à la route qui s'étendait face à lui, l'air songeur.

- Une dizaine de lieues je dirais...

À dix lieues de Delphes ? Mais bon sang, où avaient-ils atterri ? Athènes se trouvait hors de portée, il leur faudrait plusieurs jours pour l'atteindre, une semaine à pied, encore davantage avec une cheville foulée. Alors que s'ils se rendaient à Delphes... Icare finit par se retourner vers la jeune fugueuse, observa sa réaction et annonça, autant à son intention qu'à celle du voyageur :

- Ça ne coûte rien de se rendre, nous aviserons à ce moment-la

Il ne connaissait la jeune fille que depuis quelques heures, mais aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte qu'elle n'avait absolument aucune envie de retourner auprès de son oncle tyrannique. Icare, lui, aurait tout donner pour retrouver sa cité, son atelier, la paix... Il n'aimait pas particulièrement cette ville, du moins le croyait-il jusqu'à ce qu'il se retrouve à des centaines de lieues de celle-ci.

Se rendre à Delphes, c'était accepter la mission vengeresse, se plier à la volonté des dieux, donner la potion à la pythie... La potion ? Mais quels étaient ses effets au juste ?
Le marchand s'impatientait, semblait en avoir assez de ces deux jeunes gens qui ne parvenaient à se mettre d'accord, mais il ne se résignait pas à laisser passer l'occasion de se faire un peu d'argent, à moins qu'il ne soit un de ces adorateurs du dieu Hermès et que sa dévotion l'empêcha de laisser des inconnus sur le bord de la route, livrés à eux même, sans leur proposer son aide.

- Montez à l'arrière si vous voulez que je vous emmène. J'aimerais arriver avant midi.

Le jeune homme le regarda brièvement avant de reporter son attention sur Andrea. Il se mordit un instant les lèvres avant d'hocher légèrement la tête en guise d'approbation : ils profiteraient du trajet pour réfléchir à un plan d'action.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Jeu 20 Oct 2016 - 16:12

Dix lieues de Delphes… à l’évidence, la divinité qui les avait missionné leur avait également mâché le travail en les rapprochant de leur destination. Andrea se sentait étrangement calme. Il lui était encore difficile de bien prendre conscience des implications de sa quête et, plutôt que de se torturer l’esprit, elle préférait prendre les problèmes un par un. Elle n’était plus pressée à la minute après tout, maintenant qu’elle était loin d’Athènes elle ne risquait plus de tomber sur les hommes de son oncle. Dans un premier temps, il convenait de déterminer ce que contenait la fiole, ensuite elle aviserait. Il fallait trouver un animal et pas question de faire la moindre expérience sur son cheval ! Ses yeux se posèrent sur la charrette du commerçant impatient et sur la cage qui s’y trouvait.

-Ce sont des lapins ? Demanda-t-elle en s’approchant. Les vendez-vous ?

L’idée d’empoisonner un animal lui faisait mal au cœur mais elle préférait cela plutôt que de prendre le risque de tuer quelqu’un. Andrea négocia donc avec le marchand et lui acheta une bête, un adorable petit lapin domestique qui se laissa sortir de la cage sans se débattre. Andrea venait de perdre un peu d’argent et avait fait l’acquisition d’une mignonne petite créature dont elle n’avait aucun autre usage que de tester la fameuse potion. Joie…
Andrea débouche le flacon de la potion et fit couler quelque gouttes sur son doigt qu’elle s’efforça de faire lécher à l’animal. L’odeur devait l’attirer car il ne mit guère de temps à réagir. La jeune femme attendit, le lapin semblait se porter bien. Elle leva des yeux surpris vers Icare et haussa les épaules l’air de dire qu’elle ne savait vraiment pas de quoi était faite la potion.

-Peut-être que les effets vont se manifester ces prochaines heures. Il convient de mettre le lapin en observation. En attendant, nous allons vous suivre jusqu’à Delphes monsieur.

Elle confia le lapin à Icare qui préférait monter en charrette et grimpa sur son cheval. Etonnamment, le lapin montra quelques signes d’agitation quand Andrea s’en éloigna.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Mer 21 Déc 2016 - 17:18

Il s'apprêtait sans aucun doute à faire la pire bêtise de toute sa vie, si l'on considèrait que son existence risquait fortement de prendre subitement fin d'ici quelques heures s'ils ne prenaient pas la bonne décision. Mais existait-il seulement un échappatoire possible à cette situation de fou ? Ce fut donc à contre-cœur qu'Icare prit place dans le chariot et observa Andrea marchander pour l'acquisition d'un des lapins contenus dans une cage. Malgré la gravité de la situation, le jeune homme ne put s'empêcher de sourire, son esprit d'analyse et ses envies d'expériences scientifiques reprenant le dessus. Enfin ils sauraient ce que contenait la mystérieuse fiole...

Pour dire vrai, le résultat le déçu plus qu'il ne l'informa : le mammifère ne semblait présenter aucun signe particulier d'agitation, d'agonie ou de quelque autre sentiment nécessitant l'intervention d'une solution divine. Il répondit à Andrea par un haussement d'épaules mais continua à observer la créature. Combien de temps cela prendrait-il ? La potion avait-elle seulement un effet, ou s'agissait-il d'un abjecte tour destiné à les mettre à l'épreuve ? "Idiot, bien sûr qu'elle sert à quelque chose ! Tu penses vraiment que les dieux vous auraient mis en danger pour le simple plaisir de vous voir vous faire tuer ?". Étrangement, cette explication ne lui semblait pas si absurde que cela après la violence gratuite qu'il avait pu observer à Paphos, quelques semaines plus tôt.

Quand Icare se saisit de l'animal, celui-ci se débattit quelques peu. Avait-il conscience qu'il faisait actuellement l'objet d'une étude scientifique dont les résultats décideraient de leur destin à tous ? Quoi qu'il en soit, l'inventeur observa longuement le cobaye alors que la charrette se mettait en route : rythme cardiaque, dilatation des pupilles, réactions étranges, rien ne lui échappait. Cependant, ces observations ne lui apprirent rien de particulier, excepté que cette adorable peluche semblait de loin préférer la compagnie de la jeune fille à la sienne. Au bout de plusieurs minutes, son agacement était clairement palpable et il finit par annoncer avec dépit :

- Toujours rien... Peut-être qu'il faut lui en donner plus pour observer les effets ?(Il se tut quelques instants, songeur) Mais je suppose que ce ne serait pas recommandé de vider entièrement la fiole avant d'arriver à Delphes...

Évidemment que ce n'était pas convenable, mais ils ne pourraient pas rester là à attendre que la potion agisse sur l'organisme du lapin ! À l'avant, le marchand les tenait tous les deux à l’œil, certainement curieux de savoir ce que ces deux inconnus faisaient subir à sa marchandise, bien qu'elle ne lui appartenait désormais plus.

- Vous allez à Delphes pour quoi déjà ... ?

"Se faire massacrer. Pourquoi ?". Comme Icare aurait voulu répondre cela... Mais la frustration due à cette absence d'activité lui dit répondre quelque peu précipitamment :

- Vous n'aviez pas posé la question. On nous a envoyé là-bas pour un travail, en espérant que nos efforts en vaudront la peine !

L'agacement du jeune homme, perceptible dans sa voix, fit comprendre au marchand qu'il n'obtiendrait guère plus de précisions au sujet de ce "travail" et il préféra éviter les questions pour le reste du trajet. Mais comme le silence semblait l'incommoder au plus haut point, ce fut lui qui conta sa vie à ces deux vagabonds ramassés sur le route. Il leur raconta ses débuts dans le commerce et ses nombreux voyages, les mésaventures qu'il avait connues sur les routes et les personnes qui avaient essayé d'intenter à sa vie. Dans la charrette, l'Athénien riait sous cape. Même si l'on admettait que toutes ces histoires furent vraies, Icare en avait vécues des bien plus passionnantes, si bien qu'on puisse le traiter de menteur s'il venait un jour à les raconter à quiconque. Néanmoins, toutes ces fables, avérées ou non, eurent le mérite de détendre quelque peu le garçon jusqu'à leur arrivée dans la majestueuse cité de Delphes.



[Hors RP : Je suis vraiment désolée pour ce retard, je mets jamais autant de temps d'habitude >,< J'espère que la réponse te convient quand même]
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MessageSujet: Re: Dans la forêt [Icare] Ven 30 Déc 2016 - 14:00

Ils s’étaient finalement séparés, une boule au ventre mais en ayant mené la mission divine qui leur avait été donné. Icare avait voulu repartir vers Athènes, naturellement, quant à Andrea, l’occasion était trop belle d’échapper enfin au joug de son oncle tyrannique pour qu’elle accepte de le suivre là-bas. Si elle avait d’abord songé à rejoindre sa cousine à Corinthe, elle hésitait à présent, sachant qu’il y avait une mer entre elles. Que convenait-il de faire ? De toute façon, il était fort possible qu’Apollon, en apprenant que sa protégée avait été droguée ou assassinée, décide de les punir voire carrément de mettre un terme à leur vie. En soi, si elle devait mourir elle serait malheureuse de quitter cette terre pleine de promesse et de vie pour les ténèbres, mais elle pourrait enfin retrouver son père. Elle ne serait plus seule contre tous…


Cela lui faisait mal de quitter Icare, le seul ami qu’elle s’était fait depuis son départ d’Athènes, mais elle savait que leurs routes devaient se séparer.

Lorsqu’ils étaient arrivés à Delphes, ils avaient pris le temps de longuement réfléchir à un plan d’action. La divinité, quel qu’elle soit, leur avait demandé de faire boire la potion à l’oracle. S’ils voulaient avoir une chance de ne pas être arrêtés et tués dans la minute, ils allaient devoir rester discrets. Au moins, ils savaient que la substance contenu dans la fiole, bien qu’ils n’aient pu en déterminer les effets, n’agissaient pas de suite. S’il arrivait à faire boire le liquide à l’oracle sans être vus, ils pourraient donc fuir avant que l’alerte ne soit donnée. Le lapin ferait une offrande acceptable pour approcher leur cible. Au fond d’elle, Andrea savait que c’était pure folie… elle était médecin et elle s’apprêtait à commettre un acte odieux. Pourrait-elle continuer à se regarder en face après ça ? Elle en avait la nausée…
Alors qu’elle était convaincue farouchement qu’ils n’arriveraient pas à mener leur mission à bien, elle eut l’étonnante surprise de constater du contraire. Pendant qu’Icare faisait diversion, elle parvint à remplir le verre de l’oracle. Il lui sembla que personne ne l’avait vu faire, mais après tout elle n’était pas à l’abri d’une mauvaise surprise. S’insultant intérieurement de sa lâcheté, elle déguerpit aussi vite que la prudence le lui permettait avec Icare une fois la tâche accomplie. Il lui était difficile de retenir ses larmes en songeant qu’elle était potentiellement responsable du meurtre d’une innocente, et pire encore : de la protégée d’un dieu. Non seulement elle venait de donner un grand coup de pied dans tous ses principes, mais en plus elle s’était attirée la fureur d’un divin. Quel dieu pouvait donc en vouloir assez à Apollon pour vouloir nuire à son oracle ? Pourquoi fallait-il que les mortels soient les éternels pions des êtres supérieurs ? La réponse était plus qu’évidente : ils n’étaient que des jouets à leurs yeux.

L’avenir s’annonçait bien sombre.
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Dans la forêt [Icare]

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