Partagez| .

Fenêtre sur cour [PV ~ Eros]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Localisation : Se ballade d'une ville à l'autre
Occupation : Regarde le ciel
Date d'inscription : 25/07/2015
Messages : 22

MessageSujet: Fenêtre sur cour [PV ~ Eros] Ven 14 Aoû 2015 - 14:38

Uranie était une Muse. Celle de l'Astronomie et de l'Astrologie pour être exact. Elle était là pour guider les artistes, faire naître leur inspiration dans les étoiles et dessiner des voies lactées sur leurs toiles. Lorsqu'elle vivait sur l'Olympe, c'était facile à faire. C'était automatique et elle ne réfléchissait même pas à ce qu'elle faisait. Elle le faisait, ni plus, ni moins.
Mais depuis qu'elle arpentait la terre des Hommes, c'était différent. Son rôle, elle le ressentait plus intensément. Les Humains, elle les connaissait maintenant. À force de les côtoyer, elle savait qui ils étaient, ce qui n'était pas le cas avant. Chacun était différent et elle aimait en connaître encore et toujours plus. Ce n'était plus d'en haut, qu'elle les inspirait ; c'était à leurs côtés. Il lui suffisait de s'installer près d'eux lorsqu'ils s'affairaient à leurs peintures, musiques, vers etc. Et le tour était joué. Ils créaient des choses magnifiques qui fascinaient encore et toujours plus la Muse. Elle en venait souvent à se dire que parfois, les Hommes dépassaient les dieux. Ils étaient capables de plus de grâce et de magnificence qu'elle n'en avait jamais vu là-haut. Des humains, elle en était amoureuse et ne voudrait jamais les quitter.

Cependant, ces Hommes, elle les jalousait autant qu'elle les aimait. Uranie ne rêvait que de simplicité, regrettant tous les jours d'être née Muse. Elle aurait aimé n'être qu'une enfant de citoyens athéniens ou d'artisans chypriotes. Mais ce n'était pas le cas et elle devait faire avec. Elle avait tenté de conjurer le sort en intégrant leur communauté, en quittant son premier foyer pour se faire passer pour une Humaine. Mais ça avait un prix bien sûr : l'éloignement de ses sœurs, l'adieu à ses parents, le déracinement...Un lourd prix qu'elle avait payé depuis longtemps.
Aujourd'hui, elle connaissait toutes les pratiques des Grecs et était bien intégrée ici-bas. Elle résidait en ce moment sur Chypre, jolie petite île bien agréable à vivre. Les gens y étaient gentils et sereins. Uranie n'avait pas tellement envie d'en partir mais si elle ne voulait pas que l'on s'aperçoive de son sang olympien et du fait qu'elle ne vieillissait pas, alors elle serait obligée de s'en aller. C'était là un autre prix de cette existence d'apparence humaine : pas d'attachement possible. Ce qui n'avait été un problème jusque là. Peut-être en serait-il un par la suite, en ce cas, il serait temps de s’inquiéter plus tard.

Uranie s'était levée tôt ce matin-là. Elle avait laissé ses cheveux détachées et s'était vêtue d'une simple robe blanche et drapée. Après avoir avalé un peu de pain d'orge, elle s'était rendue chez quelques commerçants de Paphos pour y acheter de l'argile, de quoi écrire et de quoi peindre. Sans trop savoir encore ce qu'elle en ferait. C'était en cela qu'elle jalousait tant les Hommes. Ils étaient capables de faire de l'Art, témoin et preuve de leur passion et de leur humanité, avec n'importe quoi et n'importe quand. Mais qui allait l'inspirer elle-même ?
Avant de se prendre la tête avec ces questions, elle partit s'isoler sur les falaises de l'île. Ainsi, elle avait une vue magnifique sur la mer et l'horizon. Un paysage qui aurait fait naître instantanément poésies ou peintures chez n'importe qui, mais pas chez elle. C'était tellement ironique qu'elle en venait à se demander si ce n'était pas là une farce divine. Une Muse qui ne trouvait pas l'inspiration. Quoi de plus drôle ?

Uranie était assise sur les pierres. Une brise salée venait caresser ses longs cheveux bruns et l'air frais lui donner envie de s'endormir ici-même. Mais elle ne le devait pas. Elle se fit la promesse de rester à cet endroit précis jusqu'à ce qu'elle ne soit parvenue à produire quelque chose d'au moins un peu joli avec ses achats récents.
Elle les avait déposé à côté d'elle. Son argile, sa flûte, ses tablettes de cire noire, parchemins et peintures...Tout son bazar gisait au sol, attendant d'être utilisé, en vain. Les minutes passèrent, durant lesquelles elle ne faisait rien d'autre que de regarder devant elle, sans toucher à son matériel. Elle n'essayait pas, sans qu'elle-même ne sache pourquoi. Elle se contentait de regardait devant elle. Elle se croyait seule au monde ici. C'était tellement reposant et en même temps, angoissant tant tout était grand. Bien que du sang olympien coulait dans ses veines, elle se sentait toute petite. Minuscule même. Minuscule et incapable. En cet endroit, elle eut une réponse qu'elle attendait depuis longtemps. Son inactivité voulait dire une chose très simple. Alors elle comprit : Uranie était une Muse, pas une artiste.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://olympustales.pro-forum.fr/t548-uranie-la-muse-aux-yeux-qu

Fenêtre sur cour [PV ~ Eros]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Evasion (par la fenêtre ouverte)
» VOTE DE CENSURE POUR JEA !HAUTE COUR DE JUSTICE POUR RENE PREVAL !
» SOS pour le fleurissement de mes fenêtres !
» invitation du roi au peuple et chevalier de la cour.
» cour des rois déchus

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Olympus Tales :: La Terre :: Chypre :: Les falaises-