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[EVENT] Le Grand Temple de Paphos

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MessageSujet: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 16 Mar 2015 - 23:53

~ Le grand temple de Paphos ~
Une curiosité.


Chypre était une île tranquille. Jetée au milieu de la Méditerranée par un Titan en colère, on racontait qu'Aphrodite y avait vu le jour ; et la grâce de la déesse devait effectivement se porter vers les paisibles habitants de Paphos, la petite cité juchée sur les falaises, puisque la paix y avait, de mémoire d'homme, toujours régné.
Les riverains avaient l'habitude de dormir en paix. La marée ne léchouillait jamais que gentiment la plage, et nulle galère, nulle sirène malveillante, n'avait jamais osé s'approcher trop près du berceau de la déesse d'écume.
Bien entendu, Paphos était une cité modeste. Les temples y étaient jolis, mais petits. Les habitants vivaient bien, mais sans ostentation. Cinyras, la tête couronnée locale, était aussi sage que pondéré ; d'aucun auraient même dit, que mou. Et par conséquent, il arrivait que certains ressentent une certaine tristesse. Un petit complexe, peut-être. N’aurait-on pas dû, depuis le temps, ériger quelque chose de valable à Chypre ?
Il y avait bien la résidence de Cinyras, ses colones, ses esclaves. Mais, soyons sérieux, personne ne se déplacerait jamais pour l’admirer. Elle était mignonne, sans plus. Qu'allaient finir par penser les dieux ? Qu’on se moquait d’eux ?
Le souverain était perplexe. Il n’aimait pas prendre de telles décision. Un chantier de l’envergure d’un temple ? Il réfléchirait.
En prenant son temps.

Un jour, un étranger venu de Delphes, un homme imposant du nom d’Abercius, débarqua sur l’île. Et contrairement à l’autre, cet homme là semblait plein de force, plein d’idées et de coeur.
Pire.
Les dieux lui avaient parlé !
Quelques jours plus tard seulement, le roi pliait. En plein centre de la cité, au milieu des marguerites et des petites maisons tranquilles, on allait construire de quoi faire honte au Parthénon. On amena des colonnes ; on fit venir des artistes, des scpulteurs, des peintres, des architectes. Et peut-être Aphrodite avait-elle réellement donné sa bénédiction à celui qui se prétendait son oracle, puisque très rapidement, incroyablement rapidement l’édifice fut sur pieds.



“Très chers amis, très chers frères !” Déclara Abercius, devant Paphos rassemblée. Sa taille haute, sa barbe blanche, sa voix grave et forte, son assurance, lui donnaient une prestance royale qu’il ne se privait pas de mettre en scène.
“Cinyras, mon prince, artisans, donateurs, artistes et volontaires,  depuis des semaines, nous œuvrons, tous ensemble ici, à la force de nos mains, à la gloire de Chypre, et à la gloire des dieux !”
Il avait prononcé ces deux derniers mots comme dans un rugissement, et la foule crut bon d’applaudir.
“Je vous ai dit, je le sais, je vous ai juré, que par ma bouche parlait la déesse de la beauté. J’ai, en son nom, commandé ce temple, et vous ai promis que votre ville méritait un temple à sa hauteur. Certains ont émis la suggestion qu’Aphrodite n’aurait pas voulu s’adresser à un homme, ce que je conçois.
Mais mon audace était légitime. Je me devais de m’assurer votre soutien, et il n’était pas urgent que vous sachiez la vérité. Les dieux m’envoient, certes. Ils m’ont commandé ce temple, et la rumeur se répand déjà dans toute la Grèce, de sa prochaine inauguration. Cependant, Aphrodite n’a fait, j’en suis persuadé, qu’accorder temporairement son nom, en signe d’amitié, à cette entreprise.”

“Euh, ouais d’accord. Cria quelqu’un dans la foule. Mais c’est un temple pour qui en fait, juste pour savoir ? Parce que moi je pensais qu’on aurait des prêtresses mignonnes et pas trop farou… mhp ! Mmh, grmph !”
“Je comprends votre surprise mais n’ayez crainte. La prochaine lune noire sera la cadre d’un événement unique, et vous aurez l’honneur d’en être les outils. Pour la première fois, une ville honorera enfin l’en-dessous comme il se doit. Car oui, c’est bien Hadès, le Zeus souterrain, qu’honorera ce temple !”
A partir de ce moment là, la foule perdit un peu le fil. Trop de monde s’était mis à crier une multitude de protestations effarées, et le prince, par une malchance inouïe, tomba justement dans les pommes à cet instant précis.

On découvrit ce qu’Abercius avait fait. Soi-disant inspiré par les divinités souterraines, il avait fait travailler les artistes sous le secret, et nulle représentation d’Aphrodite n’ornait aucun des murs du temple. On se prit la tête dans les mains. A quelle malédiction avait-on participé ? Hadès avait-il jamais demandé qu’on l’honore ? Cet homme devait être fou, et la colère des dieux ferait couler l’île par le fond.

Mais l’intéressé se défendit. Il était l’oracle des dieux souterrains ! La ville deviendrait je joyau de la Grèce, la terre produirait les plus beaux fruits qu’on eût jamais vus. Mieux. Le temple ouvrirait ses portes, et tandis que lui, présiderait au nom des dieux, les morts reviendraient à la vie. Oui ! Ici même ! On pourrait tenir les mains de ses proches perdus, leur parler. Si seulement on voulait bien entendre raison.

Ce soir, la lune d’Hécate ne brille pas. L’air est humide et tiède, et l’ambiance est curieusement chaleureuse. On a accroché, partout, des lanternes et des torches, et le temple de marbre se découpe comme l’astre féminin, gracieusement dans les ombres de la ville.
Abercius est d'une bonhomie contagieuse aujourd'hui, et se promène dans la foule en distribuant les bons conseils. Il rassure les passants. Il décrit le miracle imminent.
Il semblerait que ça ne fonctionne pas mal. Les gens sourient. Des musiciens se sont installés. Vous pensez qu’on fait cuire de la viande ?
On fait cuire de la viande.

Il parait que c'est perséphone qui a ordonné que ce soit festif.

*

Curieux, proche éploré, sceptique, riverain effrayé, croyant fervent, âme en peine, dieu, pour une quelconque raison, vous êtes venu montrer le bout de votre nez. Vous avez bien l'intention de provoquer ce que vous voudrez ici, peu importe les conséquences.

Alors, advienne que pourra.


~ Notes de fonctionnement~
Pour que ça fonctionne

- N'oubliez pas de vous inscrire, même tardivement, dans le sujet d'organisation (partie évents)
- Le scénario est ouvert ; tout ce qui sera dit sera définitif. Vous êtes libres d'improviser ce que vous voulez. Gardez en tête la logique scénaristique, mais n'hésitez pas à essayer de provoquer ce qui vous plaît ! Au besoin, je posterai ponctuellement en tant que PNJ.
- Prière d'écrire sous spoiler à la fin un petit résumé, très bref, de votre post, pour faciliter la compréhension de chacun.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Sam 21 Mar 2015 - 17:21

"Quelle idée mais quelle idée!!!!" Maugréai-je alors que j'essayais de me frayer un chemin dans la foule. Chiron m'avait amenée ici dans le but d'"entreprendre un voyage pédagogique qui me mènerait vers le chemin de la sagesse". La sagesse, la sagesse non mais qu'est ce que ça pouvait me faire. A cette heure j'étais censée dormir non de Zeus! Non que je ne détestais les fêtes, loin de là, juste que je ne comprenais pas comment on pouvait autant s'extasier devant un temple. Mais bon, l'inauguration aurait pu être pire. La bombe qu'avait lâché le vieux fou devant l'assemblée avait donné un peu de mordant à l'histoire et je comptais bien en profiter pour les heures qu'il me restaient.

Un centaure au milieu d'humains c'était assez voyant je devais dire et pourtant, personne ne s'écartait de mon chemin. En plus, ils ne se pousseraient pas ceux-là! Un coup de sabot bien placé et je suis sûre que plus personne ne m'ignorerait. Après tout, je suis un centaure et je suis magnifique. La fête étant assez fade dehors, je décidai enfin d'aller voir ce qu'il se passait à l’intérieur du temple. La lueur d'espoir que tout le monde nourrissait envers ce temple soit disant magnifique, splendide patati patata s'envola immédiatement. C'était un temple, tout ce qui a de plus banal. Certes l'architecture était assez...différent des autres mais l’intérieur n'avait rien d'exceptionnel. Chiron me disait toujours que j'étais trop pessimiste mais à mes yeux c'était laid.

Alors que j'essayais de comprendre la signification d'une gravure...particulière, c'est-à-dire avec un animal avec un corps de rat et une tête de cochon, j'entendis une vieille dame s'exaspérer. Je me retournai alors et elle était juste derrière moi, un balais à la main, en train de m'insulter. Qu'elle laideur! Un de ses yeux était fermé et gonflé, quant-à l'autre il cherchait désespérément à me tuer. Ses cheveux épars n'étaient que par touffes sur sa tête couverte de croûtes purulentes. Ses ongles crochus fouettaient l'air avec une vigueur étonnante pour une femme de son âge. Ses habits, ou plutôt ses torchons tombaient en cascades jusqu’à ses pieds, on ne pouvait même plus voir le vrai vêtement sous toute cette couches de lambeaux. Elle ressemblait à l'une des Moires... mais ça ne pouvait être l'unes d'elles.

"Je ne cautionne sous aucun prétexte qu'une créature telle que vous salisse ce magnifique temple avec ses sales pattes pleines de terre."

Mon sang ne fit qu'un tour. Pour qui se prenait-elle? On n'aurait pas été dans un temple elle aurait déjà eu mon sabot en travers de ses deux yeux ridés. Je vis Chiron entrer dans le templs au même moment et redoutant ses excès de fureurs parfois surprenant, je pris sur moi avant de répondre calmement à la vieille :

"Sachez que les centaures sont des créatures respectables et croyez-moi j'aurais bien envie de vous le prouver mais contrairement à vous je sais respecter des lieux divins. Si maintenant vous voulez bien m'excusez je vais aller rendre hommage à Hadès avant que je ne vous expédie vous même le voir dans les profondeurs du Tartare."

Je fouettai ma queue dans sa face avant de continuer mon chemin devant ses yeux furieux qui me lançaient des éclairs. Afin d'apaiser ma colère, je m'imaginais la femme dans la forêt, contre un arbre, mon épée lui transperçant le torse. Du sang gicla de partout et une vague d'apaisement parcourut mon corps. Je continuai donc mon chemin à-travers de temple mystérieux.
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Dernière édition par Elsa le Dim 29 Mar 2015 - 10:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 23 Mar 2015 - 0:11

Une extension des Enfers. Un sas, une soupape de sécurité.
Thanatos n'avait pas trouvé d'idée plus farfelue pour tromper son ennui.

Non que Perséphone ne pût pas comprendre avec toute l'empathie du monde ce sentiment qui elle-même la saisissait souvent. La torpeur langoureuse des Enfers s'empare insidieusement de ceux qui le peuplent, et comprendre puis combattre cet état était une gageure. Hadès vivait sa vie sans en référer à personne, fut-ce la femme qu'il aimait. Le moins qu'on puisse dire, malgré tous les sentiments qu'elle pouvait avoir à son égard, était tout de même qu'il n'était pas connu pour être particulièrement facile à vivre.

Et justement pour cette dernière raison, l'inspiration soudaine de Thanatos pour les devins, les temples et le monde des vivants était une aberration relativement inquiétante ; inquiétante parce qu'il était entendu que son divin époux n'avait absolument pas entendu parler du trait d'union qui s'apprêtait à relier deux mondes non miscibles.

Or, Hadès tenait à l'inaccessibilité de ses territoires. C'était compréhensible : c'était tout ce qu'il possédait. Et Perséphone avait appris à reconnaître la logique et le fil directeur toujours réfléchi qui avait tendance à guider chacun des partis prix de son cher et tendre. Il était capital que les souterrains infernaux demeurent l'apanage exclusif de ce ceux qui étaient morts, tandis que les vivants se débrouillaient comme ils l'entendaient à la surface. Aucune communication possible entre les deux, et c'était très bien comme ça. La déesse de la fertilité prenait très au sérieux la confiance que lui accordait Hadès et n'était pas prête à faire des concessions sur ce qu'il considérait comme des principes fondamentaux. On la qualifiait parfois, là-en-bas, de rigide et glaciale ; à dire la vérité, ce n'était pas vraiment pour lui déplaire.

Il fallut bien se rendre dans le temple, et ce pour plusieurs raisons, la première étant : canaliser Hadès et sa fureur lorsqu'ils se rendraient compte de l'initiative mystique de Thanatos. La curiosité y était cependant pour beaucoup aussi. On se trouvait à une période de l'année où elle n'était pas censée avoir le droit de sortir des Enfers -et elle s'en accommodait habituellement sans claustrophobie aucune, simplement voir un peu du paysage est toujours sympathique. Malgré ses robes désormais noires et son regard bien plus froid qu'auparavant, il n'en demeurait pas moins qu'elle avait été habituée dans son enfance à des cieux largement ouverts.
Enfin, un peu d'autorité était probablement ce qui manquait ici. Hécate -que Perséphone ne supportait qu'avec difficulté et une légère pointe de rivalité vénéneuse- ne songeait probablement qu'à s'exhiber aux yeux des mortels de qui elle pourrait soutirer un culte un peu plus régulier, et d'un instant à l'autre, les âmes en déroute les plus hardies viendraient chercher un peu de distraction, au beau milieu de cette nuit qui s'annonçait festive.

Trop de monde, il y a allait forcément finir par y avoir du grabuge.

Elle pouvait sentir d'ici les ondes négatives qu'allait dégager un Hadès en colère.

Pour passer incognito parmi le vulgus qui pullulait ici et mieux se rendre compte par elle-même de l'évolution de la situation, et également par souci de discrétion, elle déambulait dans le temple sous son apparence humaine ordinaire : pieds nus, vêtue d'une robe courte et légère bien que noire, les yeux cerclés de noir étiré en de grandes virgules, et quelques fleurs colorées piquées dans les cheveux. Les âmes allaient commencer à arriver. Il fallait les garder à l’œil.

En tout cas, il y avait beaucoup trop d'humains par ici. Et plus généralement, des vivants. Même un centaure. C'était angoissant.

Hadès, où es-tu ?

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 23 Mar 2015 - 1:26

La nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre dans le domaine des morts. En quête de la moindre distraction qu'elles pourraient trouver pour occuper ce qui leur restait de conscience, les âmes défuntes avaient fait circuler l'information plus vite qu'un souffle de vent sur la terre.

Un passage allait les relier au monde des vivants.

Bien sûr, pas directement ni probablement durablement. D'ailleurs, c'était un peu trop beau pour être vrai et si les morts avaient eu un esprit critique beaucoup d'entre eux n'y auraient pas cru. Malheureusement, reposer en paix signifie aussi ne plus avoir d'état d'âme ni de véritable débat intérieur, ou du moins beaucoup plus paisiblement. Du coup, tout le monde s'était retrouvé à chuchoter à propos de ce lieu qui serait bientôt accessible.

Les avis étaient partagés ; il y avait ceux qui étaient coincés dans le néant du non-être depuis beaucoup trop longtemps, même à l'échelle de l'éternité, et qui se trouvaient incapable de la moindre réaction ; il y avait ceux qui avaient attendu que quelque chose se passe avec tant d'intensité qu'ils étaient persuadés que c'était là une opportunité pour eux de revenir à la vie ; d'autres encore, fatalistes, préféraient rester dans les méandres de ce qui leur restait de pensée, d'autres étaient curieux ou ne se souvenaient plus même de ce à quoi ressemblait un temple, ou avaient tout oublié et ne comprenaient même pas ce que tout cela signifiait.

Même les habitants du Tartare, ceux qui étaient au supplice, savaient ce qui se tramait. Bien sûr, ils n'avaient pas le droit de se détacher de leur poste.
Seule parmi cette population là, Antigone avait le choix de se rendre aux festivités ou non.

Apparemment, même morte, elle avait été un casse-tête pour tout le monde : il avait fallu trouver un endroit où la ranger pour qu'elle arrête enfin de s'agiter et de faire du bruit. Elle devenait un peu trop fatigante. Or, ni les champs Élysées, ni le pré de l'Asphodèle, ni le Tartare ne semblaient être des solutions satisfaisantes. Il y eut un débat en haut lieu, dont elle-même bien sûr ne sut jamais rien, quelques intercessions officieuses, et la jeune morte se retrouva dans le lieu où tous ceux qui avaient offensé les dieux subissaient d'atroces punitions... Mais dans le palais d'Hadès même, d'où elle pouvait voir chaque jour Sisyphe recommencer à rouler sa pierre, Tantale obsédé par ces denrées qui se refusaient à lui, Prométhée se faire dévorer le foie, une poignée de Danaïde s'échiner à remplir un tonneau percé, une bande furieuse de titans soigneusement ligotés, et autres joyeusetés sympathiques.

Elle ne croisait pour ainsi dire jamais le maître des lieux, qui avait mieux à faire que de passer du temps avec une gamine capricieuse qui n'avait plus grand chose d'intéressant, maintenant qu'on lui avait retiré cet avantage certain qu'ont les vivants sur les morts. Elle faisait marcher à toute allure ses neurones toute la journée durant, folle qu'elle devenait de rester inoccupée. Parfois elle se mettait même à envier les Danaïades et leur quête qui au moins, devait apporter un peu de sens à l'existence.

Sur un coup de tête, car tout fonctionne ainsi avec elle, elle prit la direction du temple. Elle se ferait discrète, aussi petite qu'une souris, se planquerait derrière de larges colonnes. Elle serait incognito, silencieuse et anonyme.

Elle part la peur au ventre, en quête de ce qui lui reste d'humanité.

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Cliquez et puis aussi .

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 23 Mar 2015 - 10:03

Hécate se balladait tranquillement, en maîtresse des lieux, dans le temple de Paphos. Maîtresse des lieux car effectivement toute cette aile du temple lui avait été consacré et parce qu'en plus aujourd'hui elle était la grande prêtresse de la déesse de la sorcellerie.

Une idée bien amusante que d'être là prêtresse de soi même, mais Hécate était pas là pour s'amuser, elle devait avant tout veiller à ce qu'aucun esprits n'agresse un vivant. Et si effectivement l'idée d'inspirer un oracle de la parole des dieux souterrains pouvait être une distraction, le fait de créer un événement de cette ampleur relevait tout simplement de la folie.
En plus de cela, quand la déesse avait fait le tour du bâtiment pour s'assurer qu'il n'y avait pas de problème, Mr le grand oracle avait décrété qu'elle ferait une parfaite prêtresse pour Hécate.
Sans blague.
Et si elle avait acceptée c'est pour avoir accès à l'ensemble du batiment sans avoir à se cacher.

Après avoir appelée à la rescousse quelques unes de ses initiées qui avaient acceptée de jouer le jeu, la grande prêtresse et ses suivantes avaient obtenu que l'aile d'Hécate soit totalement fermée aux non initié et au public un peu trop curieux.
Autant pour laisser une parcelle de mystère que pour avoir un lieu privé où se réfugier au cas où quelque chose de non prévu arriverait. Comme un roi des Enfers particulièrement furieux.
Une chance que la déesse soit si proche de ses suivantes, d'ailleurs elles connaisaient toutes son identité. Imaginez une horde de femme vous harcellant et très vite vous leur donnez ce qu'elles veulent. Surtout quand elles se mettent à palsomodier quelques malédictions.

Enfin bref, Hécate avait donc revêtus sa tenue "officielle", avec la tiare, la dague ect... au moins pour jouer le jeu et s'apprêtait à se montrer à la foule avant de retourner rapidement dans le temple. De par la fenêtre elle voyait tout un tas de personnes rassemblées aujourd'hui. Tiens, il y avait même un centaure et au vu de son expression faciale celle-ci n'avait pas l'air commode, elle était en train de se disputer avec une vieille femme mais de là impossible de voir qui avait commencé.

La musique commença à sonner et ses filles se mirent en routes Hécate apparaissant en dernière sur le haut des marches. Chacunes d'elles avaient une torche qu'elles allumèrent en même temps d'un même geste de la main.
C'est tout.
Hécate s'était montrée, il n'y aurait pas de discours, juste ça. D'un regard froid elle jaugea la foule... et tout d'un coup elle s'arrêta. Mais que faisait sa reine ici ? Une chance qu'elle soit là finalement, Perséphone n'auras qu'à s'isoler avec lui dans son temple pour l'apaiser. Car la déesse ne se risquerait pas à essayer de calmer un Hadès fou furieux, en général elle le laissait se calmer tout seul.
Hécate dévisagea Perséphone pendant les quelques secondes durant lesquelles elle réfléchit à l'utilité de sa présence ici  et baissa imperceptiblement la tête pour la saluer avant de retourner de laisser la place à l'oracle.
voilà voilà:
 


Dernière édition par Hécate le Jeu 26 Mar 2015 - 9:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mar 24 Mar 2015 - 17:50

Une partie des Enfers ? Là-haut ? Comment ne pas avoir entendu parler de ce fameux temple dont tout le monde dissertait depuis quelques temps désormais ? Il fallait dire que les morts  avaient rarement l'occasion de retourner en haut. Mais malgré cette opportunité inespérée d'y retrouver un proche ou simplement de revoir la lumière du jour, beaucoup hésitaient encore à se rendre à la soirée d'ouverture. La colère des dieux souterrains en effrayait plus d'un et la plupart des morts préféraient rater une soirée sur la Terre plutôt que de vivre une éternité de châtiment divin. Pour ma part, je n'avais que faire de la colère d'Hadès (d'ailleurs, je me demandais s'il approuvait ce projet de temple ...), et je ne comptais pas louper cette chance incroyable de retourner, l'espace d'un soir, dans le monde des mortels. Et après tout, personne ne nous l'interdisait ! De plus, les Enfers mangeaient jour après jour le peu de raison et d'espoir qu'il me restait. Peut-être que le contact avec des vivants me rendrait une partie de l'âme que j'avais perdue en-bas ?

Une musique douce parvint finalement à mes oreilles et je pus enfin distinguer l'intérieur du temple. Ses colonnes, statues, et bien entendu les centaines de personnes serrées entre ces divers éléments. Enfants, femmes, hommes, vieillards ou marchands, chacun avait répondu à l'appel pour une raison qui lui était propre (bien que je devinais mal une autre raison que la simple curiosité pour venir dans un tel endroit !). Je parvenais même à repérer une centaure à l'autre bout de la salle. Tout cela me manquait et j'aurais donné n'importe quoi pour retrouver ma vie d'avant. Les forêts, les animaux, même les personnes que je n'appréciais pas de mon vivant ... J'aurais tant voulu les revoir, tous, autant qu'ils étaient. Et si je l'avais pu, j'aurais quitté sur le champs ce temple dans lequel je n'aurais jamais mis les pieds si j'avais encore été de ce monde. Mais je doutais fort que sortir de cet endroit soit une bonne idée. Les dieux des Enfers devaient également s'être rendu à cette petite fête en leur honneur, et je ne souhaitais aucunement à avoir affaire à l'un d'eux.

Je restais cachée derrière les colonnes de marbre pour le moment, désormais craintive de me mêler à ce groupe de personnes qui, j'en était consciente, ne me ressemblaient pas et n'avaient aucune envie de voir un fantôme se balader à leurs côtés. De plus, créer un mouvement de panique ne faisait pas partie de mes intentions. Je mis fin à mes observations de cette foule enjouée pour me retourner. Bizarrement, je sentais que l'on m'observait et tardais de savoir qui me fixait ainsi avec insistance. Je finis par poser les yeux sur deux jeunes enfants, une gamine de huit ans et son petit frère, qui devait être de quatre ans son cadet. Tous deux me dévisageaient, mais contrairement à son frère, la jeune fille était d'une pâleur semblable à celle d'un cadavre. Ne sachant comment réagir, par peur de les effrayer, je souris maladroitement et les saluai de la main. "Bonjour" leur lançai-je sur un ton amical, bien que peu convaincant. Ce simple mot eu exactement l'effet que je souhaitais éviter et la soeur hurla de terreur avant de courir se réfugier derrière le mur presque infranchissable que formaient les visiteurs, attrapant le garçon par la main et l’entraînant à sa suite. Cependant, celui-ci ne comptait pas se laisser faire et parvint à échapper à la poigne pourtant ferme de son aînée. Je fus agréablement surprise qu'il n'éprouva aucune peur envers moi, et il semblait presque se réjouir de la présence d'un nouveau compagnon de jeu qu'il ne connaissait pas. Il s'approcha de moi mais je ne lui laissai pas le temps de me toucher, préférant quitter les lieux avant que la petite ne revienne avec ses parents.
Et moi qui comptais passer inaperçu ...

Spoiler:
 

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Merci Agénor:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mer 25 Mar 2015 - 15:33

Tout avait commencé par un fait totalement commun : une grasse matinée. Il faisait chaud et les rayons brûlants du soleil avait vaincu le peu de motivation du jeune Icare a créer quoi que ce soit. Alors, puisque les températures l'empêchaient de sortir, il préférait dormir et réfléchir plutôt que de se rendre utile dans n'importe quelle autre tâche "insignifiante et sans intérêt" selon ses dires. Le jeune homme était allongé sur sa paillasse, les yeux fermés et l'esprit loin de la Terre ferme. Des bruits de pas dans les escaliers qui précédèrent l'ouverture de la porte de la pièce le ramenèrent à lui. Son père se trouvait sur le perron de la porte, visiblement agacé. Ca lui arrivait souvent ces derniers temps de perdre ses moyens au moindre petit imprévu. Le garçon aurait presque pu savoir ce que son géniteur allait aboyer, mais il n'était pas d'humeur à le narguer, pas aujourd'hui.

"Icare ! Tu n'en as pas assez de dormir ? Fais quelque chose bon sang ! ..."

Un petit gémissement de la part du destinataire de ces paroles ce fit entendre, ce genre de bruit qui signifiait clairement "cause toujours, tu m'intéresse...". Et pour la énième fois depuis le début de la semaine, son père lui servit le même discours. Qu'il ne devait pas ainsi perdre son temps, qu'il y avait des tas de choses à faire et urgentes qui plus est, sans oublier qu'il était jeune et qu'il gaspillait ses plus belles années en restant cloîtré dans cette pièce sombre. Pour éviter d'aggraver son cas, le jeune homme finit pas ouvrir les yeux et se redresser, à bout de nerfs et rassemblant tout son sang froid pour ne pas transformer cette discussion déjà pénible en joute verbale.

"Et bien ! Donne-moi quelque chose à faire alors. Mais pas question de faire le ménage ..."

Son père se calma, certainement réjouit que son fils prenne enfin conscience de son état déplorable. C'est ainsi qu'il lui fit part de la construction d'un temple en l'honneur des dieux souterrains et de l'engouement qu'il suscitait. Et puisque Dédale était "bien trop occuper pour se rendre à l'autre bout de la Grèce", la tâche incomberait donc à Icare de visiter ce fameux temple à la place de son père. Inutile de décrire sa joie lorsqu'il apprit qu'il devrait se rendre à Chypre. Lui qui voulait simplement passer une semaine tranquille ...

Le voyage, bien que relativement long et éprouvant (le navire avait du essuyer une tempête et avait pris plus de temps pour parvenir jusqu'à la petite île), le jeune inventeur parvint finalement à destination et attendit l'inauguration officielle pour visiter l'objet de sa venue. Il n'avait prêté qu'une attention vague au discours du maître des lieux. Car la seule chose qui l'intéressait constituait la fête qui se déroulerait après, bien qu'il avait emmené avec lui quelques feuilles et de quoi écrire ou dessiner pour se donner bonne conscience. Il fallait ramener à son père un minimum de note s'il ne voulait mener une autre de ces expéditions. Mais pour l'instant, Icare se limitait à observer la foule en sirotant une coupe de vin que l'on servait aux invités. Habitants, prêtresses, marchands et ... n'était-ce pas un centaure là-bas ? Il essayait de faire abstraction de quelques fantômes qui passaient furtivement dans son champs de vision afin de garder son calme, et aurait presque souhaité la venue d'un des dieux que l'on devait honorer en ces lieux pour y mettre un petit peu plus d'ambiance. Car pour l'instant, rien de particulier ne semblait de passer. Il s'attendait à plus de catastrophes pour un temple unique en son genre ...

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mer 25 Mar 2015 - 21:00

Aha.

Hadès n'était... pas très content.
Ces mortels inventaient tous les jours des nouveaux sommets à la bêtise, c'était proprement incroyable. Il avait écouté ce timbré et sa barbe blanche déblatérer des insanités avec une conviction saisissante pendant au moins dix minutes, en essayant sincèrement de comprendre ce qu'il essayait de faire. Il avait même avancé une petite suggestion amicale, pour voir.
"Est-ce que je suis le seul à penser que vous êtes fou à lier, et que toute l'île finira bientôt au fin fond du tartare par votre faute ?"
Mais bizarrement, l'autre ne s'était pas plus ébranlé que ça. A vrai dire, il avait même eu le culot de s'énerver dignement. D'un ton furieux mais contenu, il avait expliqué qu'il était loin d'être fou, qu'il comprenait les réserves de chacun, mais que ce n'était pas une raison pour se montrer odieux, monsieur. "Et qui, avait-il glapi, outré, Mais qui croyez vous donc être pour oser contester la parole des dieux ?! Ne croyez vous pas la pythie de Delphes, lorsqu'elle envoie son messager ? Sans pourtant l'avoir jamais vue en personne, vous vous jetteriez au feu si elle vous en donnait l'ordre ! Alors je vous prierais de me témoigner, sinon du respect, au moins la politesse la plus élémentaire ! Et si la parole grondante de l'Hadès vous déplait (on sentait le venin dans ce dernier mot) vous pouvez encore partir. Reste que les mânes des disparus ne sont pas venues là par hasard, aussi, je conçois difficilement que vous soyez encore aussi sceptique."
Hadès - qui n'était même pas particulièrement déguisé à ce moment là, ce qui rendait la chose encore plus drôle, avait fait mine de s'énerver, et finalement, on avait du le retenir de frapper ce sinistre abruti. Et puis, il avait prix un air renfrogné avant de disparaître dans la foule.

A vrai dire, il était un peu perplexe. QUI avait préparé ce complot ridicule ? Hum, il n'y avait pas trente-six solutions. En fait il n'y en avait qu'une ; la seule et unique tête de bois en mesure de mettre un place une horreur pareille et assez timbrée pour le faire réellement se promenait avec une faux, et faisait de la mort d'autrui son idéal absolu dans l'existence.
Un temple. Et une fête nationale. Voilà le genre d'idée saugrenue qui devait traîner tous les jours sous un crâne pareil.
Vraisemblablement, il avait jugé pertinent de ne pas le prévenir. C'était plutôt une bonne idée. Parce qu'Hadès n'aurait JAMAIS toléré qu'on lui parle d'un truc pareil.

La vraie question n'était donc pas celle du coupable, mais plutôt celle de la raison pour laquelle Hécate - qui n'aurait jamais comploté contre qui que ce soit même pour la place de Zeus - et Perséphone se promenaient au milieu de tout ça sans lui avoir rien dit.
De la solidarité peut-être. Elles avaient l'air soucieux, comme s'il allait leur tomber dessus pour les incendier, avant de leur trouver une petite place spéciale quelque part dans un des trous les plus les plus putrides du tartare.
Hahaha. C'était tentant. Mais pas prévu.

Pour l'instant, il faisait juste le tour du propriétaire. Parce qu'après tout, il en avait bien le droit. Son seul regret était de ne pouvoir apercevoir Thanatos nulle part.
En attendant, il avait repris un déguisement pratique ; toujours le même, celui de ce gosse à l'air un peu mutin, mais très commun. Il se promenait  librement dans les jambes des curieux et constatait, avec un certain effarement, que l'inquiétude n'était pas la priorité de tout le monde. Sous les colonnes, les morts se promenaient, leurs yeux habituellement vides tout à coup légèrement illuminés. Bien sûr, il les connaissait tous par leur prénom, date de naissance, pointure et sorte de sauce tomate préférée.
Leur point commun était d'avoir été significativement plus vivants que les autres, et d'avoir mis un point final à l'existence un peu tôt, pour la plupart.

L'un dans l'autre, l'idée avait son charme. Mais objectivement, c'était parfaitement inacceptable. Ce cirque allait devoir se terminer rapidement et douloureusement. Hadès avait juste quelques détails à mettre en place ; et puis, il avait bien envie de voir Thanatos à l’œuvre, avant ça.
Ensuite, il allait faire regretter à pas mal de monde de ne pas être mort avant.

Un hurlement de terreur retentit pas très loin. Une gamine avait aperçu une morte. Tu penses, une morte rigoureusement inoffensive, et assez fraîche encore. Presque une vivante, tant c'était récent.
Il s'arrangea pour lui barrer le passage. Contrairement à un véritable gamin, ce n'étaient pas trois colonnes qui allaient le dissuader de passer. En dépit de sa taille, il la fixa d'un air supérieur.


"Tu es morte et tu te laisses effrayer par une gamine ? Il eut un gloussement mesquin. Tu ferais mieux de retourner sous terre dans ce cas là ! La terre ferme, c'est pas pour toi.
C'est pas comme si t'allais ressusciter tu sais. Tfaçons t'as rien à perdre. Tu devrais essayer de leur faire avaler leur langue de trouille, plutôt.

Au moins ce serait marrant. Pas comme se planquer et rester morte."
Sérieusement. Il faut se secouer un peu quand même, quand on a l'occasion.

Avant que je te renvoie ça en bas. Fonce ma petite. Fais en hurler deux ou trois.

hop !:
 


Dernière édition par Hadès le Jeu 3 Sep 2015 - 13:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Dim 29 Mar 2015 - 23:07

La journée avait éclaté comme une fleur dans le ciel d’été. Un spectacle tout à fait dégoûtant. Tous ces vivants qui se pressaient en tous sens, cette masse hétéroclite d’humains, de nymphes, de centaures, de chimères, de demi-dieux, et de nombreux autres êtres abjects, tous ceux-là m’écœuraient. Et voilà que, pépites brillantes salies par la boue sombre autour d’eux, des dieux venaient eux aussi assister à l’événement. Ils avaient intérêt à ne pas gâcher ma fête.
Papillonnant sous le soleil marin toute la journée, j’avais discrètement observé l’agitation ambiante. Invisible à tout œil trop absorbé par le tumulte terrestre, je virevoltais incognito. Plus le capharnaüm s’intensifiait, plus je jubilais. L’effet, indubitablement, n’était pas manqué ; et quoi qu’en dirait Hadès, quoi qu’il me fît ensuite, j’avais déjà gagné. Il pourrait bien tout détruire et rassurer ces pauvres mortels, ils savaient déjà, et ne l’oublieraient pas : une porte vers les Enfers était possible, et pas seulement pour ramener les morts à la vie (maudits soient Orphée et Héraclès), mais aussi pour déverser les effrayants fantômes sur le monde des vivants et les en arracher dans un cri sépulcral.

Le soleil s’était paré d’une chevelure sanglante, et sa lumière avait giclé dans tout le ciel. À l’approche du soir, les uns préparaient d’immenses feux de joie autour desquels danser gaiement, les autres pensaient à aller se cloîtrer dans leurs demeures, les portes et les volets clos et condamnés, espérant qu’ils réussiraient à trouver le sommeil sous une lune lugubre.
J’avais décidé de ne me montrer qu’une fois la nuit naissante ; la poix de mon papillon coula subitement sur le sol, et c’est sous forme d’ombre que je me glissai habilement dans mon propre temple, à l’insu de tous. Hadès. Je l’évitai pour le moment ; il fallait encore s’amuser un peu. Hécate. J’irais la trouver plus tard. Perséphone. Indifférence cordiale. Ah ! Antigone. La petite Antigone. J’aimais beaucoup son caractère. Et elle devait certainement m’aimer un peu. J’attendis qu’elle soit seule et que personne ne puisse nous voir pour lui apparaître, fugace, sous la forme d’une longue silhouette dissimulée par une bure noire.
-Bonsoir, petite Antigone, je suis Thanatos, annonçai-je avec une révérence faussement polie. Je viens te manifester mon respect. Aussi, je te propose un petit cadeau qui nous réjouira tous deux. Hadès va s’empresser de fermer les Enfers pour qu’aucune âme n’en sorte plus ; cette fermeture sera bientôt définitive, mais je peux t’accorder un sursis. Tu pourras prendre, selon tes désirs, une apparence humaine, la tienne ou celle d’une autre petite fille aux traits innocents. Si tu acceptes, je te protégerai d’un retour prématuré aux Enfers. Hadès sera trompé, mais pas indéfiniment, alors évite-le.
À ces mots, je disparus, laissant derrière moi une petite amulette en forme de scarabée. Elle lui permettrait d’être un peu vivante, et surtout, d’échapper à la vigilance du dieu des Enfers. Hadès pouvait bien mettre en pièces mon œuvre magistrale, il ne m’empêcherait pas de m’amuser encore une petite semaine. Il me restait plusieurs cartes dans la manche.

Je localisai bientôt Atalante, l’archère ; un autre des défunts que j’avais laissés passer de ce côté-ci. Contrairement aux apparences, les âmes présentes n’étaient pas les premières arrivées, le passage d’un monde à l’autre n’était pas libre – mais il fallait bien sûr qu’on le crût –, et j’avais préféré m’épargner aussi bien le gratin des Enfers que sa plèbe purulente. Non, j’avais choisi quelques épouvantails, inutiles dans mon jeu, mais déroutants pour l’ennemi, et quelques pièces maîtresses qui se fondaient dans leur masse, de sorte qu’on eût cru simplement à un vague lien entre les morts, et non pas à un choix méticuleux. Aucun d’entre eux, d’ailleurs, ne pouvait réellement sortir du temple, sans quoi la cohue aurait été générale, et le courroux d’Hadès immédiat. Aucun, sauf peut-être mes deux petites protégées.
Pour la seconde, j’eus envie de m’amuser. Je me métamorphosai en un squelette désarticulé à la voix macabre, et sautai joyeusement devant Atalante, avançant vers elle en une suite de mouvements erratiques et incohérents.
-Bonsoiiir, jeune Atalante, bonsoiiir. Je suis Thanatoooos.
Ma voix était riante mais grinçante, elle résonnait dans l’esprit de la jeune fille comme une cloche que l’on ferait crisser contre les murs de l’effroi. Je fis apparaître une faux dans mes mains.
-Tu as croisé Hadès tout à l’heure. Bientôt, il te renverra d’où tu viens ; mais je te protège temporairement. Il va falloir te faire discrète : voilà une bague d’invisibilité. Profite de cette parenthèse vitale, fais donc un peu regretter aux vivants leur médiocre condition, sois amusante ! Ça ne se reproduira jamais, aie donc le cran de leur montrer qui est la plus digne, la plus habile et la plus effrayante. Peut-être que si tu plais à Hadès, il daignera te laisser sortir des Enfers.
Je fris apparaître au creux de mes mains une petite bague en métal noir, sertie d’une gemme finement taillée en forme d’asphodèle. Je la lançai nonchalamment à Atalante, et éclatai d’un rire gras et machiavélique.

Mon méfait accompli, je me volatilisai à nouveau, avant de me matérialiser sous ma forme la plus somptueuse, juste en face d’Hadès. J’étais à présent revêtu d’une étoffe légère, aux reflets de jais. J’avais déployé de longues ailes de corbeau découpées dans la nuit d’hiver, et j’arborais ma plus belle faux, sertie de diamants et au manche d’onyx. Mon regard était aussi glacé que le tréfonds du Tartare, et avec un sourire satisfait, je défiai Hadès une fraction de seconde ; avant d’afficher un masque affable et jovial, tentant de mettre l’Olympien à l’aise :
-Bonsoir mon ami ! Comment vas-tu ? La décoration te plaît ? C’est chouette, non ? Les Enfers méritaient vraiment ça, voilà enfin qu’on nous honore dignement !
Je n’ignorais pas quelle serait la réaction du dieu des Enfers, mais c’était une situation si excitante, si intense, de défier à la fois tout l’univers dans un scénario que j’avais moi-même imaginé et peaufiné jusque dans ses plus subtils détails, que j’exultais. Si l’on avait pu voir mon esprit, c’eût été un éclatement brillant, un ardent flamboiement qui se perdait dans le dédale de mes multiples masques et facettes.

Vers l'insondable:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 6 Avr 2015 - 19:15

La dualité, qui est la contradiction de l'unité, en est aussi la conséquence.
Charles Baudelaire

Perséphone l'avait aperçu du coin de l’œil ; lui, son funeste époux et amant. Le ténébreux, le veuf, l'inconsolable et surtout inapprochable par quiconque excepté une poignée de privilégiés. L'oublié du partage entre les frères ennemis, qui n'avait reçu que le royaume souterrain des morts alors que Zeus et Poséidon se pavanaient dans leurs possessions terrestres et maritimes.
En vérité, on s’accommode finalement assez bien de la vie aux Enfers ; le seul problème d'Hadès était de voir son aimée dans un état permanent d'entre-deux, ni véritablement morte ni complètement vivante, dont la dualité était presque palpable. Il y avait assurément là de quoi entamer sérieusement l'équilibre psychologique d'êtres plus stables que la fille de Déméter, et les frasques de plus en plus visibles de celle qu'on surnommait Korê ne passaient pas toujours inaperçues...

Elle avait conscience d'être parmi les rares êtres à connaître aussi bien ses habitudes et ses mimiques. Pour l'instant, celle qu'il arborait signifiait « si l'on ne me donne pas très vite une explication acceptable à tout ce ramdam je vais très gentiment tout casser. »
Plutôt mauvais point pour la population immédiate de toute l'île, ainsi que pour une portion de mer d'environ deux cents kilomètres de circonférence aux alentours. La contrariété menaçait de monter en flèche dans la jauge infernale du maître des territoires du bas.

Perséphone n'aimait pas du tout le voir comme cela. Elle était dans le fond une fort gentille personne, certes. Mais cela était du à sa naïve capacité à aimer, et depuis que cette capacité s'était concentrée presque en son intégralité en la personne d'Hadès elle devenait bien plus intransigeante envers le reste du monde. Elle considérait que tout le monde devait plus ou moins quelque chose à l'Enfer et à la mort, et que mortels et immortels sans véritable distinction auraient un jour des comptes à rendre à son époux. Le voir contrarié ne la mettait forcément pas dans de bonnes dispositions envers à peu près quiconque possédant une conscience.

Elle voulut s'approcher pour le soutenir, ou du moins le seconder et l'appuyer, mais Thanatos l'avait devancée. Il y allait avoir quelque menus dégâts si qui que ce soit tentait de s'interposer ou d'intervenir, mieux valait même pour elle rester en-dehors de cette histoire. Elle irait s'expliquer personnellement avec le titan dès qu'elle en aurait l'occasion, histoire de lui faire comprendre qu'on ne se jouait pas impunément du règne d'Hadès et Perséphone.

Pour l'heure, c'était Hécate qui retenait son attention à elle. Il était évident qu'elle n'avait pas jugé bon d'avertir qui de droit de cette mascarade, dans laquelle elle se complaisait de toute façon avec une aisance irritante. Pourquoi diable allait-elle donc s'amuser à jouer la prêtresse ? N'avait-elle donc aucun moyen plus constructif d'occuper ses journées ?

La déesse de la sorcellerie la salua du bout du menton. Si elle avait été de mauvaise foi, Perséphone se serait dit « avec mépris ». La réponse de l'intéressée fut un regard glacial, un de ceux qui vous plongeait dans l'eau du Styx et duquel l'on ressortait transi jusqu'à la moelle des os, un de ceux qui aurait terrorisé la jeune fille innocente cloîtrée dans son jardin qu'Hadès avait tiré de sa léthargie. La proximité des morts déteint de manière parfois spectaculaire sur les comportements, aujourd'hui c'était la même qui le servait à une collègue accompagné d'un imperceptible mouvement de tête également.

Un autre bref coup d’œil lancé aux deux immortels responsables de la paperasse des morts lui apprit qu'ils en auraient sans doute pour un petit moment encore. Perséphone pouvait aller expliquer sa façon de penser à cette péronnelle.
Elle se glissa sans bruit derrière elle et, en espérant la faire sursauter -sans trop se faire d'espoirs cependant- lui souffla sa manière de penser à l'oreille.

« Bonjour Hécate. Tu me vois navrée d'avoir à préciser les choses, mais je t'assure que ta participation à tout ce remue-ménage n'était pas nécessaire. Tu ne fais que jouer le jeu de ces illuminés et alimenter l'euphorie extatique qui ne va pas tarder à gagner tous ces gens, et alors bon courage pour les canaliser sans trop de dommages collatéraux. On voit assez aisément que ce n'est pas toi qui est en charge des vraies responsabilités par ici. »

Spoiler:
 
NB : Le post d'Antigone est à venir, laissez-moi juste encore un peu de temps siouplé !
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Jeu 23 Avr 2015 - 22:30

Étourdissement. Un vertige abyssal saisissait Antigone.

La frontière entre la vie et la mort était donc si ténue... Aux Enfers, elle subissait continuellement l'extinction un peu plus avancée chaque jour de sa conscience, et rien ne l'y retenait si ce n'était quelques règles -encore!- arbitrairement instaurées par des dieux qu'elle avait cru respecter ?

Elle était perdue, et sa désorientation était celle d'un vivant.

Il y avait tout d'abord ces femmes, ces hommes et ces enfants qui marchaient, parlaient, respiraient sans but apparent. Sans doute n'y en avait-il non plus aucun caché. Antigone était parmi eux comme séparée, emprisonnée dans une bulle de savon infranchissable. A travers ce prisme elle les voyait, floutés, parés par endroits de couleurs irisées -des éclats comme un de ceux qu'elle avait été de son vivant. Mais elle était incapable d'en reconnaître un d'un autre ou d'interagir avec eux.

Il y avait aussi cette brume qui flottait vaguement, faite de bruits de pas, de cris, de mouvements gauches, de directions incertaines, de regards utilitaires. L'agitation humaine, le contraire de la gratuité qu'elle avait tant recherchée, de l'esthétique que ne comprenait, avait la même saveur que la léthargie oublieuse des arpenteurs de l'Asphodèle.

Rien n'avait donc changé depuis que son cœur s'était arrêté de battre.

Le trépas lui convenait-il ? Nul n'aurait pu le dire. L'éclat de colère au fond de son être était terni mais non point disparu. Elle était encore capable de ressentir quelque chose et d'orienter sa volonté en un sens qu'elle déterminait. Sans doute avait-elle bénéficié d'un régime de faveur parmi les grands administrateurs qui tenaient les ficelles que la Parque avait tranchées.

Elle les distinguait presque aujourd'hui, ces fils si fins mais si déterminants. Avec un peu d'imagination et de concentration, elle percevait tous leurs mouvements guidés qui faisaient des êtres humains des poupées ou des pantins dans les mains des dieux. Clic. Elle s'était crue libre. Le relais avait été pris par une autre entité sitôt ses liens coupés. Clic. Elle rêvait à présent de les voir tous, même flous, s'effondrer au sol. Aucun d'eux ne supporterait le poids de sa liberté.

Le trépas colorait amèrement Antigone.

Clic, celui-là tomberait avec son enfant dans les bras, et clac, celle-ci mourrait au milieu d'une étreinte inachevée. Probablement sa sœur. Aucune importance. Ils l'avaient tous condamnée à mort.

Clic, clic, elle les tuait mentalement. C'était donc là tout ce qu'il restait d'elle, de la rancune et du mépris. Clac. Tant pis, c'était aussi bien. Clic. Stop. Retour arrière.

L'enfant était net. Il était le seul dont elle distinguait véritablement les contours et les traits. Il était également le dernier visage qu'elle ait vu, enfermé dans sa cage de pierre humide et sombre.

Déduction immédiate : ce n'était pas un être vivant comme ceux qu'elle s'amusait à libérer fictivement de leur carcan déterministe depuis un moment. Au fond du regard du gamin dansait une flamme furieuse qu'elle ne connaissait pas. Il n'était pas un mort, impossible de le classer dans cette catégorie. Alors ? La réponse se profilait dangereusement dans son esprit.

Elle n'eut pas l'opportunité de laisser cette impression fugace faire son chemin plus avant. Un homme encapuchonné et vêtu de sombre se dressait soudain devant elle. Net, lui aussi. Du coin de l’œil elle en aperçut quelques autres avant qu'il ne se mette à parler.

« Bonsoir, petite Antigone, je suis Thanatos. Je viens te manifester mon respect. Aussi, je te propose un petit cadeau qui nous réjouira tous deux. Hadès va s’empresser de fermer les Enfers pour qu’aucune âme n’en sorte plus ; cette fermeture sera bientôt définitive, mais je peux t’accorder un sursis. Tu pourras prendre, selon tes désirs, une apparence humaine, la tienne ou celle d’une autre petite fille aux traits innocents. Si tu acceptes, je te protégerai d’un retour prématuré aux Enfers. Hadès sera trompé, mais pas indéfiniment, alors évite-le. »

Antigone ne dit mot, pas plus lorsqu'il se présenta que lorsqu'il lâcha l'amulette en forme de scarabée dans sa main. [HRP : c'est pas plutôt égyptien le scarabée ? XD ] Mais Thanatos, avec quelques paroles volées qui défiaient l'Hadès et les plus élémentaires de ses lois, venait de raviver un feu qu'elle avait cru éteint. Cela se vit jusqu'au fond de ses yeux qui brillaient, jusqu'à sa peau qui frémissait. Antigone était faite pour être morte, mais elle n'aimait rien tant que la brûlure de la vie, comme une drogue dont elle avait trop longtemps été privée et dont l'appel avait réveillé chacune des particules de son être.

Elle serra le scarabée le plus fort qu'elle le pouvait dans sa main.

________________________________________________________________________
Antigone est vivante. Antigone se consume au plus profond d'elle-même et le brasier va finir par prendre le dessus.

Elle regarde de loin le gamin qu'elle a reconnu un peu plus tôt.

« Un jour je t'ai demandé ce qui m'empêchait de mettre le feu et de tout cramer jusqu'à la dernière poutre. »

Elle a à peine murmuré, le dieu de la mort ne peut l'entendre. Sa décision est prise, ils devront tous périr par les flammes.

« Hadès, c'était toi. Ç’a toujours été toi. »

La tapisserie crépite à peine quand la torche tombe des doigts d'Antigone qui tourne les talons et s'éloigne à vive allure. L'incendie se propage.

Spoiler:
 

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Cliquez et puis aussi .

Credits to Hadès pour le deuxième♥
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Ven 24 Avr 2015 - 13:34

Perché au sommet du temple, l’Amour observait, ne sachant pas vraiment quelle attitude adopter devant ce qui se déroulait devant lui. Les paroles d’un seul homme semblaient avoir transformé ce bout de terre paisible en un nouveau centre du monde, qui, en plus d’être sur les lèvres de tous les mortels, attirait les dieux plus manifestement que l’Olympe.
Même les mortes étaient au rendez-vous, bien qu’elles ne soient que d’un intérêt très relatif pour Éros. Non, lui s’intéressaient bien plus aux vivants, mortels ou divins, qui éprouvent, et savent ressentir cet unique emballement du cœur qui réchauffe par l’afflux sanguin toutes les parties de son corps.

Allongé sur le ventre, au bord du toit, le menton posé sur ses mains, il regardait, son corps enveloppé seulement de la caresse de la nuit.
Hadès et Thanatos, dans une grande discussion animée. Lui-même pouvait aller les rejoindre, histoire de faire valoir son avis sur ces curieux évènements. Après tout, ce que promettait ce temple était inquiétant, même pour lui, et il connaissait suffisamment Hadès pour se douter que tout cela n’était pas de son fait. Hors, se mêler des questions des morts sans en référer à leur maitre risquait d’annoncer des jours sombres. Mais, bien que désireux de soutenir son ami dans ses arguments, Éros le savait assez impérieux pour ne pas se faire marcher sur les pieds.

Continuant de balader son regard, il le posa en haut des marches du temple, sur Abercius. Voila quelqu’un à qui il avait à parler. Développant ses majestueuses ailes, l’Amour se releva, et du bord du toit se laissa tomber, planant majestueusement jusqu’à l’entrée de l’édifice, semblant toujours soutenu par les nuées alors que son pied prenait lentement appui sur le marbre, avec plus de grâce que ce que toutes les muses réunies auraient pu concevoir. Pourtant peu discret, nul mortel ne l’avait aperçu : ils sont toujours trop aveugles pour voir l’amour, sauf quand celui-ci décide de se révéler. Adoptant une forme moins divine, il apparut devant cet homme imposant, comme il le faisait souvent avec les mortels : gardant son visage, mais sans traces de son statut divin. Les hanches simplement recouverts d’un pagne de lin blanc proche de haillons.

- C’est un bien beau temple, que vous avez fait construire là. Vous avez été bel et bien inspiré par les Dieux. Mais peut-être était-ce maladroit de le promettre à la trinité de l’amour avant de vous en dédire. Certains pardonnent plus difficilement que d’autres.

Ce n’était pas une menace. Bien au contraire, c’était bien plus un avertissement. Éros n’avait que faire des temples, il en avait un dans la poitrine de tous les êtres vivants. Et bien que l’irrespect qui avait été montré aujourd’hui envers ses homologues Aphrodite et Himéros, et à lui-même, ne le laissait pas de marbre, il n’était pas du genre à tramer une quelconque revanche. Non, le pauvre homme ne lui inspirait pour l’instant que de la pitié, pour le funeste destin qui risquait d’être le sien, et qu’Aphrodite était surement déjà en train de préparer. Peut-être se dernier devrait il se repentir avant que celle née des eaux ait la main un peu lourde.

L’amour ne perdit pas plus de temps avec le mortel, et descendant les marches, alla retrouver, un sourire sur ses lèvres, deux parfaites incarnations de la féminité qui commençaient à se disputer. L’une, Hécate, n’avait jamais été proche de lui. L’autre, Perséphone, faisait partie de ses préférées, et de ses grandes réussites : l’un de ses amour immortel qu’il prenait soin de protéger.
S’inclinant devant elles, il ne s’interposa pas, mais acquiesça à ce que la beauté des enfers venait de dire.


Résumé:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mer 29 Avr 2015 - 20:42

Qu'avais-je donc fait pour ainsi attirer l'attention des dieux ? D'abord, il y avait eu ce jeune garçon, aux premiers abords innocent, mais qui cachait sous ses traits le roi des Enfers (du moins, je le présumais). Apparence bien étrange pour un personnage aussi redoutable, mais également le meilleur moyen de passer inaperçu dans cette foule Et le fait que je ne l'eus pas encastré dans le mur le plus proche tenait uniquement de sa position divine. Il m'avait fallu rassembler tout mon sang froid pour ne pas aggraver ma situation déjà complexe. Effectivement, un coup de pied bien placé aurait considérablement réduit mes chances de sortir un jour des Enfers, alors réfléchir avant de commettre un geste que je risquerais de regretter amèrement, surtout lorsque mon adversaire était d'origine divine. Je l'avais donc laissé partir malgré ma colère apparente, et avais marché dans la direction opposée à la sienne dans l'espoir de ne plus le revoir de la soirée. Avait suivi un squelette désarticulé et se mouvant grâce à je ne sais quel artifice, mais qui semblait vouloir me tenir compagnie. Si le but du plaisantin était de m'effrayer, son stratagème produisit l'effet inverse sur moi, contrairement aux quelques humains qui le regardaient comme s'ils avaient vu la mort elle même (et franchement, ils n'étaient pas loin de la vérité). Quand Thanatos s'était présenté, une frayeur étrange s'était soudain emparée de mon être. Quel reproche allait-on encore me faire ? Mais au lieu de recevoir des critiques, on me proposa une protection et même un intriguant présent, que le tas d'os me lança avec nonchalance. Je le saisis au vol et l'analysai quelques secondes, un petit sourire sournois aux lèvres. Je préférais de loin ce genre d'interventions divines à celles d'Hadès ! Peu m'importait d'être manipulé pour un quelconque dessein imaginé par Thanatos, les chamailleries entre dieux ne me concernaient aucunement, surtout si j'avais la protection de l'un d'eux. La bague, conçue dans un métal sombre, présentait une fleur fabriquée dans la même matière. Un objet bien étrange mais dont je ne doutais nullement des pouvoirs. Sans plus attendre, je l'enfilai à mon doigt et ma vision changea instantanément. Les formes devinrent soudain troubles, les personnes alentours moins nettes et les bruits plus lointains. Je décochai un sourire en réfléchissant à ce j'allais pouvoir jouer comme mauvais tours.

Quelques minutes plus tard, je me retrouvais dehors. Il me fallait de l'espace pour accomplir mon méfait, et absolument me rendre à l'extérieur sans que quiconque puisse me voir. La vue de la forêt aurait du me faire chaud au coeur, la sensation du vent me faire frisonner de plaisir. Mais rien, aucun sentiment, souvenir ou même nostalgie. L'anneau toujours au doigt, je me dirigeai vers les marchands qui arrivaient. Ceux-là ne perdaient jamais une occasion de rentrer de l'argent ou tout simplement d'épuiser leur stock, et de tels rassemblements constituaient pour eux une véritable aubaine. Un imposant chariot chargé de statues en tout genre, les unes représentant les dieux olympiens alors que d'autres possédaient la forme de muses ou autres femmes dévêtues, était tiré par deux chevaux puissants. Je souris et m'approchai, restant tout de même à proximité du temple par peur de me voir renvoyé aux Enfers pour m'être aventuré trop loin. Les marchands descendirent rapidement de leur carriole et saluèrent quelque collègue se trouvant à proximité, alors que j'approchais, toujours invisible, des montures encore vigoureux malgré la lourde charge qu'on leur forçait à tirer. Mais les bêtes, à mon approche, commencèrent à s'exciter, à sentir ma présence, à l'inverse des humains qui ne se doutaient de rien. Je n'eus qu'à leur murmurer quelques mots doux à l'oreille pour qu'ils s'emballent, pris de panique par la présence d'un être qui n'appartenait plus à ce monde. Ceux-ci foncèrent le long de la seule allée dépourvue de passants, soit une allée qui menait tout droit au temple. Trop tard pour changer de cap, le choc s'annonçait imminent et destructeur. Et la force des étalons additionnée à la pente faible qui menait au bâtiment ne cessait d'augmenter la vitesse de la charrette qui se transformait en véritable arme, impossible à arrêter et avec pour seul but de fuir toujours plus loin ses propriétaires qui la coursaient en vain. Les chevaux finirent par tourner afin d'éviter le pilier qui se dressait devant eux, trop tard, trop brusque, et le poids de la cargaison rendait impossible l'arrêt de la carriole qui se fracassa non pas dans le pilier, mais bel et bien dans la jambe d'une des deux statues qui gardait l'entrée du temple. Quelques malencontreux visiteurs furent fauchés par le char ou les débris qu'engendra le choc, alors que les canassons semblaient s'en être sortis non sans lésions.

Plutôt fière de la panique que j'avais causé, je ne m'attendais pourtant pas à tant de succès puisque le colosse de pierre, désormais dépourvu d'un de ses points d'appuie, flancha d'un côté, de l'autre, pour finalement s'étaler lourdement devant l'entrée d lieu de culte, écrasant une dizaine de personnes sous son poids. La terre trembla sous l'effet de l'impact tandis qu'un nuage de poussière s'élevait dans l'ai en même temps que les cris de panique. Je m'approchai et conclus rapidement qu'il serait désormais difficile de sortir du monument car les morceaux dispersés de l'ancien gardien de la porte obstruait presque totalement le passage. Seuls quelques petits interstices permettaient encore de rentrer ou sortir, trouée qui serait bientôt prise d'assaut par des dizaines d'hommes et de femmes paniqués à l'idée de passer un instant de plus dans cet endroit maudit. Cependant, je m'y engouffrai et rejoignis à nouveau l'intérieur où la poussière se dissipait doucement pour laisser place à une fumée plus épaisse. Un incendie.

Je me rendis à l'écart, d'abord prise de remord à l'idée que toutes ces personnes risquaient de périr par ma faute. Mais une toute autre idée traversa mon esprit. Si je tuais tous ces gens, peut-être Hadès me rendrait-il ma liberté ? Un marché équitable en soi : la vie de centaines d'humains contre la mienne. Cent vie contre une seule. Cent morts pour une vivante. Oui, ils fallait qu'ils périssent, tous, jusqu'au dernier.


Ce qui s'est passé:
 

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Merci Agénor:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Jeu 30 Avr 2015 - 17:59

Le jeune inventeur s'attendait à bien plus de péripéties en se rendant dans la temple, mais rien de vraiment hors du commun n'avait encore eu lieu. Il supposait que les dieux, s'ils s'étaient donnés la peine de venir, agissaient encore dans l'ombre, pour le moment du moins. Il aurait pu sortir prendre de l'air, s'éloigner de cette foule bruyante et sans intérêt. Quand il pensait qu'il aurait pu être à Athènes, tranquillement chez lui, au lieu de perdre son temps dans un édifice insignifiant... Il aurait pu parler à l'instigateur de tout ceci, cet Abercius. Il lui suffisait de se faufiler entre les visiteurs et commencer à lui parler, lui poser des questions techniques sur la construction du bâtiment, ou bien d'autres plus spirituelles, comme "vous n'avez pas peur que nous mourions tous ici par votre faute ? Après tout, peut-être avez vous mal interprété la volontiers du seigneur des Enfers...", à quoi l'autre aurait formulé une réflexion absurde sur l'origine de son soi-disant don ou sa certitude que rien de mal ne nous arriverait dans l'enceinte du lieu sacré. Oui, Icare aurait pu agir ainsi. Mais il n'avait nulle envie de débattre avec un fou pareil, cela pouvait se comprendre quand on était aussi terre à terre qu'Icare. Alors, las de détailler les statues qui se dressaient fièrement vers le ciel, il reporta son attention plutôt sur les personnes qui l'entouraient. Les discussions allaient bon train et personne ne sembla remarquer la jeune femme seule qui se dirigeait, la mort dans l'âme, à l'écart de la masse humaine. Le jeune homme la suivit des yeux quelques instants, se dirigea vers elle presque inconsciemment. Il arriva derrière les colonnes, vit l'inconnue s'éloigner, puis les flammes, grandissantes, menaçantes ainsi que la flambeau qui gisait par terre, celui que tenait auparavant celle qui s'obstinait à suivre.

- Hey ! Revenez ! Mad... , hurla-t-il.

Trop tard, elle s'éloignait déjà pour échapper à la chaleur qui s'amplifiait alors que des cris de panique commençaient à s'élever dans l'édifice en voyant la fumée noire de l'incendie. Icare s'approcha des flammes, écarta d'un coup de pied le flambeau pour le priver de tout combustible, voulu repartir dans l'autre sens afin de chercher n'importe quel liquide capable d'éteindre le feu. Puis il eu le choc, le tremblement qui ébranla l'assemblée, le nuage de poussière, à nouveau des cris. Les vibrations qu'engendrèrent la chute du colosse de pierre, déséquilibra le garçon qui ne put rester sur ses pieds,  puis tomba malgré lui. Dans sa chute, il repensa au brasier vers lequel il se dirigeait dangereusement, mais ne fut capable de l'éviter entièrement, s'écrasa lourdement contre la dalle et attendit se recroquevilla afin d'éviter toute brûlure. Mais les flammes mordirent son avant bras droit, lui arrachant un court cri de douleur avant qu'il ne s'éloigne hors de portée de l'embrasement, pourtant encore et toujours plus imposant. Un bref regard à la blessure le rassura, car elle aurait pu être bien pire. Certes, la douleur était cuisante (c'était le cas de le dire), mais rien de bien grave par rapport au sort qui l'attendait lui et les dizaines d'autres prisonniers s'il n'éteignait pas tout de suite le sinistre.

Icare se releva et regarda autour de lui quelques instants afin de localiser le tonneau ou toute autre boisson susceptible d'arrêter l'avancement du feu. Il se jeta sur les deux premiers verres qu'il rencontra et après s'être assuré du contenu de ceux-ci et malgré les protestations des propriétaires, renversa le liquide sur le bas de la tapisserie. Il y avait mieux que du vin pour mettre fin à un tel brasier, mais ce serait suffisant. La petite zone désormais libre de toute braise permit au garçon de saisir la tapisserie et de tirer dessus de toutes ses forces. Le tissu montait jusqu'au plafond où les décorateurs avaient liés les différents pans ensemble. S'il parvenait à décrocher le voile enflammé avant que le brasier n'atteigne les autres, peut-être leur restait-il une chance ? D'autres hommes l'aidèrent dans sa tâche, déversant du vin ou autre liquide sur la draperie, alors que certains l'aidaient à déchirer celle-ci. L'inventeur pria tous les dieux qu'il connaissait, implorant leur aide, leur pitié pour tous ces pauvres gens qui risquaient de périr si cette maudite tapisserie ne cédait pas. La chaleur devenait insoutenable lorsque le drap se décrocha enfin. Le petit groupe recula pour éviter de le recevoir sur soi et quelques applaudissements les félicitèrent. Icare se surpris même à sourire entre deux toux pour expulser la fumée de ses poumons. Une victoire inespérée pour le jeune homme qui contemplait les dernières flammes se consommer sur le sol de marbre. Il ne sentit la douleur que quelques secondes plus tard, les brûlures sur ses mains endolories qui peinaient à mettre en mouvement des doigts cloqués. Il s'écarta, toussa encore plusieurs secondes avant de reprendre son souffle au pied d'une colonne. Plus jamais il ne se plaindrait de s'ennuyer à une fête.



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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Jeu 7 Mai 2015 - 19:39

Comment fallait-il s’y prendre pour faire sortir Hadès de ses gonds ?
Suffisait-il de monter tout un temple rutilant et clinquant sur pied sans son consentement ? De libérer sans l'ombre d'un scrupule, des centaines de morts à la surface, en contrariant par là même la raison d'être des enfers ? Fallait-il pointer sa petite tête avec fierté, comme un gosse couvert de chocolat, et trop fier de son méfait pour s’en cacher ?

Difficile de dire s'il était vraiment furieux. Il avait trop de contrôle sur sa propre personne pour qu’on puisse décider avec certitude de ce qu’il pensait vraiment. En tous cas, il avait gardé, cette fois-ci un air égal.
La petite taille de son avatar ne le gênait aucunement, et c’est d’une voix fluette parfaitement naturelle que le petit répondit.

“ Moi, on m’a toujours dit que la mort, c’était pas très marrant.”
Il se déplaça légèrement sur le côté, détaillant le costume avec intérêt, comme pour mieux apprécier l’exubérance morbide que la mort personifiée affectionnait.
“Alors ? T’as pas peur qu’on te confonde avec un épouvantail ? Ou bien, tu veux coller avec le ridicule de la situation ?”

Thanatos avait un goût immodéré pour la mise en scène. De la faux taillée dans l’onyx jusqu’au parfum des encens d'embaumement qui suivait son enveloppe mortelle empruntée. La pique n’était pas vraiment exacte ; il était de fait, en mesure de terroriser bien plus qu’une poignée de corbeaux.

Hadès secoua la tête.

“J’aimerais vraiment savoir - et je crois que tu peux te féliciter, Thanatos - j’aimerais très sincèrement savoir quelle colonie de chats enragés peut bien courir à l’intérieur de ton crâne. Tu sais, j’ai l’orgueil de penser qu’assez peu de choses ici bas sont en mesure de dépasser mon entendement. Vraiment, peu.
La voix était toujours fluette, mais le ton d’Hadès était légèrement véhément.
“Qu’est-ce que tu comptes faire avec ça ?” Il désigna la faux d’un signe de tête, l’air exagérément effaré “Défiler sur un char de cadavres, et distribuer de grands gestes à tes admirateurs ?”

Hadès durcit le ton.

" Je ne suis pas certain que tu te rendes compte du décalage qui sépare les méandres sordides de ton esprit et la réalité. Amusant, ça l'est, peut être. Seulement, les mortels ne sont pas ton bac à sable. (Ces derniers mots grincèrent un tantinet.) Ils ne sont pas tes jouets. Tu ne peux pas les balader d'un endroit à un autre en leur mentant, simplement parce que ça te fait rire.

Ils sont peut-être assez bêtes pour s'enivrer des idioties que tu leur raconte. Qu'est-ce que tu as prévu, ensuite ? Un massacre ? Une pièce montée à ton effigie ? Une leçon de tolérance envers les esprits errants ? Ou bien, tu t'attends seulement à ce que je te fasse passer le temps en sortant spectaculairement de mes gonds ?"



Les deux dieux se ressemblaient. Ils se ressemblaient en vérité, beaucoup plus que ce qu’il aurait fallu. Thanatos avait beau être plus vieux, et paradoxalement sensiblement plus puéril, il était évident, au delà d’un rayon d’activité commun, que leurs caractères se rapprochaient beaucoup.
Ils partageaient, de fait,  quelques prises de position philosophiques peu répandues, un sens de l’esthétique plutôt marginal, et des vues très personnelles quant à la morale et l’utilité d’autrui dans le cadre d’une activité amusante. Le seigneur des morts avait la réputation d’être plus humain ; pourtant, rien n’était moins sûr.

Leurs positions respectives avaient surtout rendu Hadès plus mesuré. Qui d’autre, aurait tenu les morts, s’il s’était permis de faire ce qui lui chantait ?
Du coup, Thanatos était celui qui se permettait, tandis qu’Hadès s’occupait de le tenir, lui, les morts et les enfers.
Oh, il n’y avait pas de quoi se plaindre. Écraser les fauteurs de trouble, cela avait son charme. Seulement, certains d’entre eux étaient plus attachants que d’autres. Certains avaient de bonnes idées.

Mais, ne nous emballons pas.

“ Je vais te dire une bonne chose,
reprit le gosse, du haut de son mètre trente deux.

Mais, il marqua une pause. Et ce qui vint ne correspondait pas vraiment à l’idée qu’on se faisait d’une “bonne chose”.

“...C’est moi ou bien ton temple prend feu ?”

Hadès profita du prétexte pour laisser tomber son sermon, et reporter son attention vers l’entrée. Il observa avec intérêt une - jeune incendiaire ? - [Je suis trompé, observez.] prendre la tangente, les gens paniquer, la fumée prendre. Pour ne rien arranger, une statue immense, désormais unijambiste, s’étala avec fracas devant l’entrée, obstruant la seule et unique sortie, et fauchant au passage une dizaine de pauvres innocents, morts sur le coup.
En l’absence de fenêtre, la fumée allait s’accumuler sous le plafond, tuer des asthmatiques, et peut-être même de moins asthmatiques, éventuellement, à moyen terme.
D’accord.
Peut-être. Peut-être que c’était amusant.

“Ne me fais pas ce sourire idiot, Thanatos. Je le répète, je n’adhère aucunement. Vraiment pas.”


Ces mortels étaient décidément beaucoup plus bêtes que prévu. Il étaient en train de se marcher dessus pour essayer de s’échapper, tout en toussant copieusement, entre deux hurlements de terreur.

“Il est absolument ridicule de penser que je puisse affectionner les incendies. Ou les gens qui suffoquent, dans la pénombre, dans un temple plein de morts. Qui meurent atrocement en invoquant les dieux.  C’est vraiment, très...déplaisant.”

Il reporta son attention sur le gamin qui s’affairait à éteindre la tapisserie en feu. Il s’y prenait bien ; le désastre allait peut-être connaître une fin prématurée.
Quelque part, une jeune femme était assez bête pour persister à invoquer l’Hadès. D’autres, se répandaient très inutilement, et assez tardivement, en excuses, sans se douter, ni que le comité infernal au complet se trouvait dans un rayon de moins de cent mètres, ni qu’aucun de ses membres n’était en réalité responsable de ce châtiment improvisé.

Ce ne fut pas son avatar pré-pubère, mais bien Hadès qui finit par reprendre, tout en cheveux blancs et en prestance, d’une voix diamétralement plus basse et plus posée que la précédente.

“Tu réalises tout de même que l'éthique m’oblige à récupérer tous tes petits fantômes ?”

De fait, une poignée de démons étaient en train de se rendre utiles.

Hadès haussa les épaules.
Le petit blond s’était bien débrouillé. Il avait même réussi à éviter de se brûler plus que superficiellement.

Le seigneur des enfers entraîna Thanatos vers la sortie, sans attirer véritablement l’attention de qui que ce soit. Au passage, il ébouriffa avec sympathie les cheveux du héros local.

“Bien joué, petit.”

Il lui accorda même un sourire, avant de disparaître dans la foule.

Il n’avait pas besoin de torche, pour incendier un temple. Il était même, plutôt efficace.
La preuve, ses flammes prenaient déjà avec enthousiasme.

Dommage que les interstices qui donnaient vers la sortie soient si exigus.

lalala:
 


Dernière édition par Hadès le Lun 6 Juil 2015 - 0:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Ven 29 Mai 2015 - 14:50

Il n'y a pas à dire la situation s'améliorait. Et si ce temple ridicule était toujours debout au moins maintenant Hécate avait quelque chose à faire.
Ce matin même elle faisait la police pour s'assurer que les esprits n'en fasse pas qu'à leurs têtes tout en espérant qu'ils désobéiraient.
Histoire de ne pas être venue pour rien.

Et voilà qu'un divertissement apparaissait devant ces yeux. Si Hécate n'avait pas déjà été une déesse peut-être aurait-elle envisager de les remercier. Mais comme elle savait qui étaient ces fameux dieux.... l'envie de vénérer qui que ce soit avait clairement disparue.

Enfin bref, Perséphone était en train de lui parler (chose étonnante car si Hécate lui avait fait signe elle n'avait même pas espéré que celle-ci vienne la rejoindre) et réfléchissant sur son statut de divinité elle n'avait saisis que quelques mots.
La conversation commençait bien, à peine après l'avoir saluer la petite reine avait commencé à lui faire des reproches.
Amusant.
Cette gamine osait lui faire la morale. Elle devait vraiment tenir à son titre


"Tu me vois navrée d'avoir à préciser les choses, mais je t'assure que ta participation à tout ce remue-ménage n'était pas nécessaire" mais encore "On voit assez aisément que ce n'est pas toi qui est en charge des vraies responsabilités par ici. "
Cette chère enfant n'avait définitivement pas compris que la seule raison de sa présence aux enfers était un caprice d'Hadès. C'est comme si elle avait un panneau sur sa tête avec écrit "Décoration réservée à Hadès, ne pas toucher, ne pas regarder de trop près pour les personnes de genre masculin. Merci"

Enfin bon, Hécate avait soudainement très envie de la remettre à sa place.
"Ma chère enfant, tu devrais peut-être te détendre un peu le mal est déjà fait je n'en suis nullement responsable. Tu vois, comme toi j'essais de maintenir les choses au calme. Enfin, façon de parler, disons que pour l'instant mon objectif est d'éviter que tout cela empire. Car comme tu peux le voir ton époux et Thanatos sont en train de discuter là-bas et si ils ont l'air tout gentil d'ici tu devrais assez bien connaitre les personnages pour savoir qu'ils s'envoient des piques au visages en gardant un air angélique."

Quant-à l'utilité de son déguisement, Hécate n'avait pas tellement envie de lui répondre mais bon tout le monde n'avait pas l'habitude de traiter avec les être changeants qu'étaient les humains.
"Dis-moi, quand un des deux va se mettre à vouloir tout détruire - et pour ce coup là je pense que se sera Hadès - crois-tu que les humains vont vouloir suivre les ordres d'une inconnue ? Et même si tu leur dis que tu es Perséphone, s'ils te croient, ils n'accepteront pas de bouger de leurs place, ils seront bien trop effrayé de se croire sur la scène d'un conflit divin. C'est à ce moment-là que mon déguisement sera utile. Sans ce prophète stupide j'ai assez d'autorité pour faire évacuer tout le monde sans causer plus de panique que nécessaire.
Maintenant que j'ai du expliquer le moindre de mes faits et geste es-tu satisfaite ?"


Elle aurait très bien pu s'épargner toutes ces explications mais à voir leur fondements logique Perséphone allait devoir se rabattre sur autre chose pour l’embêter. Et voir sa retraite était assez satisfaisant dans cette morne matinée.

Morne ? Vraiment ? Car pendant qu'elles discutaient, Éros s'était approché et avait même approuvé les paroles de Perséphone. Ne le connaissant pas tellement que ça, Hécate ne pouvait pas tellement lui reprocher quoique ce soit mais c'est sûr qu'il partait sur de mauvaises bases pour la titanide. Non pas qu'elle voulait vraiment avoir quelque chose à faire avec lui. Elle ne reconnaissait pas l'amour. Ou du moins, admettait son existence (sinon comment expliquer la présence de Perséphone aux Enfers la moitié de l'année) tant qu'il restait loin d'elle. Hécate l'avait vu transformer des gens du jour au lendemain et avait nullement l'intention de subir le même sort.
Et puis assez loin ... était-ce un feu qui débutait ? La voilà coincée avec Perséphone alors qu'un feu se propageait dans le temple, Heureusement qu'un jeune homme était intervenu. Le feu semblait s'être arrêté mais c'était sans compter sur l'intervention de Hadès qui mis un malin plaisir à le rallumer après avoir tapoter la tête de notre jeune héros.

Tu vois je te l'avais dis, ton mari veut tout faire flamber." Elle poussa un soupir las. "Et si tu allais le convaincre de ralentir un peu tout ça le temps que je fasse évacuer tout le monde se serait une bonne idée non ? J'ai demandé à quelques unes de mes sorcières de venir, au cas où, mais très franchement elles ne seront pas de tailles à éteindre un feu allumé par Hadès, le retenir je dis pas mais pas éternellement."

Enfin bon, au moins Hécate n'était vraiment pas venue pour rien. Et rien ne valait un peu d'action de temps à autre. Et si quelques uns mourraient se ne serait pas si grave que ça. On blâmerait la colère d'Aphrodite sans jamais se douter de ce qui s'était réellement passé.
*Maintenant que j'y pense, j'aurais mieux fait de me faire passer pour une prêtresse de Perséphone tiens. Je n'ai pas envie que les gens pense que je suis devenue gentille et dégoulinante d'amour et de bonheur alors que la seule chose qui m’intéresse c'est ne pas me faire engueuler quand je me rendrais sur l'Olympe dans pas longtemps*

Résumé:
 


Dernière édition par Hécate le Dim 5 Juil 2015 - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mar 30 Juin 2015 - 14:42

Grâce aux dieux ! Mon malheur passe mon espérance !
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance !

- Oreste, Andromaque, Acte V, Scène V, Racine

Un silence de mort et un sourire innocemment jubilatoire m'accompagnaient, alors que je marchais aux côtés d'Hadès. Était-ce son exubérance, sa colère mal feinte, son enthousiasme morbide à peine dissimulé, ou son revirement subit ? Sans doute tout cela contribuait-il à ma satisfaction. Quelle qu'eut été la réaction du Dieu des Enfers, j'aurais été content de mon petit manège. Mais là ! Là, il se faisait mon camarade de jeu. Il prenait même des initiatives au-delà de ce que lui commanderait la mesure. Voilà qui était parfait. La tournure qui prenait la situation allait bien au-delà de toutes mes planifications. Ce n'était pas pour me déplaire : mes petites manigances allaient pouvoir me servir. Ce serait comme une déflagration multicolore où le feu se mêle à la mort, où la célérité assassine égorge ses victimes, illuminées d'un éclat carmin. La fête allait commencer, et l'on avait déjà allumé le feu de camp autour duquel danser.

Ses feux que je croyais plus ardents que les miens
- Hermione, Andromaque, Acte II, Scène I, Racine

J'avais tout particulièrement apprécié le geste d'Hadès, son talent était sans égal. Et je reconnaissais sans gêne que son talent surpassait par moments le mien - ce qui constituait, il est important de le préciser, l'un des plus gratifiants compliments qu'il m'était possible de faire (aussi ne l'avais-je pas formulé à haute voix). Mais en sauvant le gamin et en rallumant un brasier sombre dans son dos, Hadès allait sans doute lui causer quelques lourds problèmes psychologiques. C'était tout à fait machiavélique, cela me plaisait beaucoup - je devais reconnaître (pas publiquement, ne soyons pas fous) que j'aurais apprécié avoir eu cette idée moi-même. Je décidai donc de laisser vivre le blondinet. Sa torture mentale serait déjà assez délicieuse : le pauvre, lui qui avait cru sauver tout le monde, lui qui se croyait héros, sa négligence, son incapacité à éteindre un foyer pourtant mineur allait être responsable de la mort de dizaines d'innocents. Quel dommage ! Pour lui.

Les cris que les rochers renvoyaient plus affreux,
Enfin toute l’horreur d’un combat ténébreux :
Que pouvait la valeur dans ce trouble funeste ?

- Mithridate, Mithridate, Acte II, Scène III, Racine

Je me délectais d'avance de ce qui allait arriver aux prisonniers du temple. Et, pour faire les choses bien, après que Hadès se fut habilement hissé parmi les rochers jusqu'à l'extérieur, je fis s'effondrer le fronton derrière nous, bouchant la dernière issue du temple. Je m'assurai également que la petite instabilité que j'avais causée allait ébranler le temple suffisamment pour qu'il s'effondre lentement et tue les éventuels survivants au brasier d'Hadès. Les humains étaient, malheureusement, incroyablement cramponnés à la vie, alors il était toujours primordial de s'assurer que tout se déroulât pour le mieux. Et puis les ruines d'un temple tel que celui-ci, c'était tout de même esthétiquement bien plus satisfaisant que cette structure toute lisse et toute belle. D'autant que la fumée noire qui provenait de l'intérieur, en suintant à travers les interstices des roches rompues, allait décorer la pierre de délicieuses volutes sombres. Bientôt, on entendit des cris d'agonie s'écorcher sur les décombres en tentant de s'échapper. Leur lutte, à l'intérieur, était perdue d'avance, et cela me faisait exulter.

Le désordre partout redoublant les alarmes,
[...]
Les uns sont morts, la fuite a sauvé tout le reste ;

- Mithridate, Mithridate, Acte II, Scène III, Racine

Après qu'Hadès eut laissé partir le blondinet, nous étions encore tous les deux en hauteur, au sommet des blocs effondrés, et les derniers à s'être extirpés du sanctuaire mortel. On voyait, de là, les gens s'affairer en tous sens. C'était un magnifique chaos, on se gênait, on se bousculait, on fuyait dans des directions contradictoires. Cette joyeuse cohue empirait leur situation, elle augmentait leur inertie et leur empêchait la fuite. C'était parfait. Je me tournai vers Hadès :
-Bien entendu, que tous les fantômes vont regagner les Enfers. Sans exception aucune. Sinon, ce n'est pas drôle du tout ! Pour l'instant, je te propose quelque chose. J'ai un plan pour la suite, mais je vais en garder un volet secret - ce sera une surprise, mais je t'assure que tu en seras content.
Je lui fis un clin d’œil malicieux, dans un mélange de complicité sincère et de défi puéril à l'encontre d'Hadès. Il me plaisait tant de jouer avec ses limites. Je savais qu'à tout moment, il pouvait gâcher ma fête et se mettre en colère, mais c'était un risque que j'étais prêt à prendre. Le titiller était probablement un plaisir plus grand encore que le capharnaüm qui régnait en contrebas. Encore que, bien entendu, je pouvais embêter Hadès uniquement parce que j'avais organisé cette petite... manifestation.
-Concernant le reste, continuai-je, voilà le plan : je vais lâcher quelques papillons d'ombre dans le ciel, et ils se chargeront d'entourer l'île pour l'isoler. Nous ne voudrions pas, n'est-ce pas, que trop de gens s'enfuient, ce serait un épouvantable gâchis... Une fois que l'île sera sécurisée, il ne nous restera plus qu'à massacrer joyeusement tout ce petit monde, mais avec subtilité. Pour ça, je nous fais confiance - nous somme si subtils !
Je ris. J'étais probablement le seul à trouver ça drôle, en fait. Mais il faut dire que j'avais l'habitude.
-Le seul véritable problème qu'il nous reste, en réalité, ce sont les trois zigotos qui nous regardent en chiens de faïence, là-bas. Leur présence est, comment dire, ennuyeuse. Ils vont nous mettre des bâtons dans les roues. Je préconise de s'en débarrasser au plus vite.
Je jetai un regard méprisant et nauséabond dans leur direction. À cette distance, ils ne pouvaient pas discerner l'expression exacte de mon visage. En revanche, ils pouvaient probablement sentir la puissante aura de dégoût que je dégageais lorsque je songeais à eux. Et puis, franchement, de quoi se mêlaient-ils, ceux-là ? On ne s'immisce pas dans les affaires des autres. Est-ce que, quand Éros s'amuse à faire tomber tout le monde amoureux les uns des autres, je viens en tuer la moitié ? Non ! (Ou peut-être un peu, mais seulement ceux qui m'ont cherché.) Alors qu'ils se mêlent de leurs affaires, et qu'ils ne dérangent pas le déroulement de nos petites manigances.
-D'ailleurs, remarquai-je, il y a ta femme avec eux. Je ne doute pas de ses qualités par ailleurs, bien entendu, mais elle manque décidément de goût, celle-là. Aucun sens du spectaculaire, et je suis certain qu'elle n'apprécie pas notre esthétique. Quoi qu'il en soit, j'espère que tu sauras la rendre inoffensive.
Je craignais un peu la réaction d'Hadès, mais après tout, c'était lui qui avait décidé de s'amuser avec moi. Donc il avait intérêt à l'enfermer à double tour dans le Palais souterrain, sans quoi notre petit jeu allait prendre une tournure insatisfaisante. Voire s'arrêter prématurément.
-Quant à moi, repris-je, je pense pouvoir m'occuper d'Hécate. À vrai dire, je suis déçu par son comportement. Vraiment très, très déçu. Mais ça ne devrait pas être très difficile de la convaincre. Je sais parler aux femmes.
Je posai à présent mes yeux sur l'angelot dégoulinant de lumière et d'amour. C'était proprement écœurant. Je le haïssais de tout mon être, en cet instant.
-Éros. Ça sera probablement lui, le problème. J'espère que tu as une idée.

Le ciel s'est fait sans doute une joie inhumaine
Ériphile, Iphigénie en Aulide, Acte II, Scène I, Racine

À ces mots, je détournai mon regard et levai les bras au ciel. Des ombres, que le soleil créait entre les gravats, s'extirpaient des êtres effrayants. Légers, volatiles, aux mouvements fluides, ils sembleraient inoffensifs si ce n'étaient ce courant d'air glacé qu'ils déclenchaient à leur passage, l'onde de désespoir qu'ils répandaient autour d'eux ou encore l'odeur de cadavre qu'ils laissaient tranquillement flotter dans leur sillage. Lestes, ils se dirigèrent par dizaines vers les plages de l'île, comme les doux annonciateurs d'une fin prochaine, comme la promesse mensongère d'une vie dans l'au-delà calme et paisible.

Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
Phèdre, Phèdre, Acte II, Scène V, Racine

-Toutefois, quoi que fassent ces adorateurs de la vie, j'ai bien peur qu'ils ne soient pas en mesure de nous arrêter, déclarai-je en descendant lentement et majestueusement du monticule de pierres brisées.

J'éclatai d'un rire noir et triomphant, dont l'écho traversa l'air serein et les cœurs des humains qui s'accrochaient encore à un futile espoir.

L'écho de mon rire vous résume la situation:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Sam 4 Juil 2015 - 19:02

Ce temple était décidément le temps le plus bizarre que je n'avais jamais vu. Je dirais même que cette inauguration était bizarre. En me promenant dans les allées miteuses de cet imposant cimetière ambulant, j'avais croisé beaucoup de "personnes" en plein conflits. Je dis "personnes" mais ils n'avaient sans aucun doute rien de très mortels. Du haut de mon mètre 80 j'avais observé en silence les citoyens se déchaîner les uns contre les autres. J'avais bien sûr, essayer d'écouter mais il faut dire que niveau discrétion, mon apparence ne m'aidait pas du tout. J'étais dégoûtée, j'adorais tellement m’énerver contre les autres.

Pour m'occuper, j'avais donc mis en place un petit jeu assez amusant. Cachée, partiellement,  derrière une statue d'Erato, j'avais encoché une flèche sur mon arc et je m'étais amusée à tirer sur, ou plutôt dans, les morts qui remontaient des Enfers. Des petits nuages de fumées s'élevaient à chaque fois que mes flèches touchaient les esprits. J'avais ri aux larmes devant leur air choqué et contrit. Je m'étais même demandé quelle sensation pouvait-on ressentir? En tout cas, eux, ça ne les avaient pas amusés puisque quelques flèches plus tard, une nuée de morts s'avançait vers moi. Je n'avais pas réussi à comprendre s'ils étaient énervés à cause de moi ou parce qu'ils étaient morts.... J'avais donc préféré la fuite.... J'avais galopé dans les allées, herseuse d'avoir trouvé un passe temps lorsque je dû freiner des quatre fers à cause de l'autre vieille bique qui me bloquait le chemin. Elle tenait un ciseau entre ses mains rugueuses et d'une voix rauque elle m'avait lancée :

- Tu as profanée un site religieux, tu paieras pour ton crime.

Des bouffées de chaleur m'étaient montées à la tête et prise d'une angoisse profonde, j'avais tourné les sabots et j'avais filé vers la sortie. Sortir, c'était le seul mot que j'avais à l'esprit. Ce temps abritait trop de magie pour moi, une terrible sensation m'avait envahie.

J'avais tourné en rond pendant de nombreuses minutes dans ce stupide labyrinthe, jusqu'à ce que une odeur de cramée m'envahisse les narines. Galopant dans les allées, j'avais finis par percevoir des rayons de soleil et je m'étais précipitée dehors, respirant l'air frais.

J'étais désormais dehors, à chercher Chiron. Je ne l'avais pas revu et je n'arrivais pas à le trouver, la seule possibilité restante était qu'il se trouvait toujours dans le temple. Alors que je m'approchais, un terrible grondement retentit et la porte d'entrée se retrouva bloquée, mon mentor étant toujours à l’intérieur.

Le fronton tombé, plus personne ne pouvait sortir de ce temple, ils étaient tous condamnés. Chiron était mort. Je ne pensais pas que je ressentirais ce sentiment un jour et pourtant, un grand vide étouffait ma poitrine. Mon mentor, mon père n'était plus là, probablement en train de taper la causette à Charon près du Styx. Un mince sourire naquis sur mon visage pendant un bref instant. Je l'avais toujours repoussé, si j'avais su.

L'agitation autour de moi me fit reprendre mes esprits, il fallait que j'aide les gens. Étais-je vraiment obligée? Ils n'avaient qu'à crever cette bande de bouffons. De toute façon ils n'étaient bons qu'à servir de repas au cabot d'Hadès.

Tournant les sabots, je m'éloignai au plus vite de fête abominable qui ne m'avait créé que des ennuies. Pour changer.

Je vis à quelques mètres de moi un jeune homme courant dans tous les sens, essayant de se faire entendre. Personne ne voulait l'écouter c'était à mourir de rire. Je ne réussit qu'à faire une grimasse, l'envie n'y était plus.  Je m'approchai du jeune homme et le prit de force par le bras en le traînant derrière moi :

- Faut pas rester ici, lui dis-je

Je ne savais pas ce qui me prenait d'emmener un inconnu comme ça mais une ambiance de mort planait au-dessus du temple maudit et je ne tenais pas à rester là-bas. En trottinant vers la mer, je vis un drap brumeux s'étendre au-dessus de la mer. Les bateaux coulaient les uns à la suite des autres, comme si une entité sinistre s'amuser à les tirer dans les fonds maritimes.
Je regardai l'homme dont j'ignorais le nom à côté de moi, il n'avait pas bronché et regardait le spectacle en silence.

Les cris stridents des hommes et des femmes m'écorchaient les oreilles et je su à ce moment là que nous étions finalement tous condamnés.
Lisez lisez mes mignons:
 

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 6 Juil 2015 - 0:00

L’agitation s’intensifiait et Perséphone était coincée là, avec une titanide bornée dont le seul but immédiat était visiblement de lui prouver qu’elle avait tort. La puérilité de son attitude agaçait au plus au point la reine des Enfers qui aurait préféré pouvoir s’occuper de choses plus urgentes que les velléités de mauvaise foi d’Hécate. Même Eros fraichement arrivé, qui pourtant avait pris son parti, l’agaçait. Elle n’écoutait que d’une oreille ce que les deux autres dieux lui racontaient, une bonne moitié de sa capacité concentrative étant focalisée presque inconsciemment sur Hadès et sa mauvaise humeur visible.

Son époux s’énervait, une fumée âcre commençait à monter, de la suie se déposait même déjà sur les murs. Noir et rouge étaient les couleurs dominantes.

Perséphone vêtue de noir commençait à virer au rouge. Tout bourdonnait. Elle serrait les dents et les poings, les yeux rivés dans ceux d’Hécate qui l’insupportait un peu plus à chaque mot qu’elle prononçait. Elle se prenait pour l’adulte responsable de la situation, Perséphone ne voyait qu’une impertinente qui avait dans l’idée de défier son époux –ou tout du moins ne se gênait pas pour le remettre en question.

Il fallait jouer de diplomatie. Eros était un allié avec qui elle pourrait composer si elle avait besoin d’un quelconque coup de main. Lui au moins était fiable et pas encore complètement atteint du bulbe. Elle jeta un nouveau coup d’œil à Hadès. Tenter quoique ce soit était proscrit pour l’instant encore, mais Thanatos ne perdait rien pour attendre.

BRAOUM, firent les colonnes en s’effondrant. Et Hécate qui continuait à faire sa maline. Une poignée de sorcières empotées ne seraient pas d’une grande utilité, et avec les démons qui ratissaient le périmètre pour récupérer toutes les âmes en déroute et les ramener vers leurs pénates, l’ambiance devenait franchement folklorique.

Ce fut quand le premier cri retentit que Perséphone n’en put plus. Elle prit son élan et gifla Hécate avec une conviction très ferme. D’une voix glaciale elle entreprit de lui faire apercevoir que son autorité n’était pas qu’une fable.

« La prochaine fois que tu me parles sur un ton irrévérencieux, je ferai en sorte que tu aies ta place réservée pas loin de ton pote Sisyphe au tartare. »

Une fois cela réglé elle se détourna sans plus accorder d’importance à cette péronnelle et se dirigea avec détermination vers le lieu où se trouvait auparavant l’entrée du temple. Elle poussa une exclamation d’impatience quand elle prit conscience qu’elle ne pouvait pas sortir. Elle était confinée dans les Enfers en cette période de l’année, et voir son Hadès au dehors sans elle la rendait folle de rage.

Elle fit un volte face pour contempler le spectacle de désolation qui se répandait à ses pieds nus. Des enfants pleuraient ou criaient un peu partout. Elle aperçut une femme étendue sur le sol en train de convulser dans les bras d’une autre un peu plus jeune. Un garçon d’une douzaine d’année hurlait, les jambes broyées sous une colonne qui s’était effondrée. Un homme était mort sur le coup après avoir reçu une pierre dans la tête. Ca et là, des gens étaient en train de se transformer en torches humaines.

Le brasier gagna Perséphone. La fureur s’empara d’elle.

THANATOS. Tu es un sombre égoïste, imbu de toi-même et pas moitié aussi intelligent que ce que tu ne t’imagines. Tu rêves si tu imagines qu’il est possible d’attaquer le cosmos sans que le boomerang ne te revienne en pleine face.

Toute sa colère explosa, et avec elle ce qui restait du toit du temple. Des débris de pierres taillées retombèrent à des kilomètres aux alentours, la fumée pouvait commencer à s’évacuer un peu. L’on n’y voyait qu’à la lueur des flammes qui léchaient encore l’ensemble du temple, la lumière du jour avait disparu ; elle avait beau être familiarisée avec les Enfers, cette obscurité terrestre nullement naturelle commença à l’angoisser. Tant pis, elle n’avait pas le temps de s’arrêter à ces détails.

Être l’épouse du roi des Enfers donne certains avantages. Par exemple, elle ressentait presque les flammes d’Hadès comme une extension d’elle-même, une extension de sa colère. Une impulsion, et les flammes furent deux fois plus hautes, deux fois plus intenses, deux fois plus meurtrières. Aucun des humains encore présents entre les morceaux de murs qui tenaient encore debout ne mourraient. Ils étaient tous sous la protection d’une Perséphone déterminée et fichtrement en pétard.

Elle avait décidé d’investir les lieux et d’en prendre possession, comme elle savait si bien le faire. Elle était la déesse des espaces. Ce sanctuaire était désormais le sien, et l’accès en était interdit à Thanatos. Ces vies n'étaient plus les siennes, ces destins plus ses jouets.

Le message était clair. C’était un défi au titan.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Dim 12 Juil 2015 - 15:47

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.


Obscurité. Antigone est aveugle. Le noir est la substance qui a aspiré toutes les couleurs comme l’eau qui s’enfuit en tourbillonnant à travers une minuscule ouverture. Il parait que dans l’autre hémisphère, ça tourne dans le sens inverse. Qu’est-ce qu’un hémisphère ?

Léthargie apathique.

Un choc.

Silence, moteur… Action.

Soudain, elle était en train de s’étouffer ; elle prit une bouffée d’air juste avant de s’effondrer à terre pour haleter. L’explosion eut lieu dans sa tête, dans ses poumons ou bien peut-être au dehors. Dehors venait de se mettre à exister. Une vague de chaleur déferla dans le crâne d’Antigone, et soudain elle vit net. Tous, ils étaient tous nets. Ce fut comme si une bulle de savon avait explosé ; un bruit très léger, mais une rupture irrémédiable. Elle était si confuse, elle qui un instant auparavant était encore en train de couper mentalement tous les fils qui les reliaient à la vie. Impossible de les mépriser encore à présent. Être vivant vous rend faible, en déduisit-elle.

Petit chiffon sale affalée sur la terre, Antigone.

Elle se releva en chancelant, sonnée et incapable de savoir ce qu’elle ressentait. Elle constata qu’elle n’était plus aussi maigre qu’au moment de sa mort. Sa taille fine habituelle était revenue. Puis elle eut faim, et envie de manger en même temps. Elle ne songea pas qu’il ne fallait pas manger. Avoir faim n’était plus un objectif, ni un éveil, ni une fascination morbide ; plus trop. C’était un état un peu ennuyeux mais supportable et pas irrémédiable. Elle pouvait penser à autre chose.

Cela lui fit peur mais elle songea avec émerveillement, la mort guérit. La mort est le véritable remède à tous les maux. Elle l’avait toujours su, toujours prôné. Personne ne l’avait crue. C’était cela, le grand secret de l’Hadès.

Hadès, où était-il ? Il était là. Il fallait qu’elle sorte. Elle ne voulait pas mourir encore.

Elle se jeta hors du temple au moment précis ou une statue s’effondrait. Une seconde et demi de plus et elle finissait fracassée par quelques tonnes de pierre. Elle atterrit dans la poussière et les débris, roulée en boule, égratignée de partout et vêtue d’un morceau de tissu déchiré. Elle était vivante et les pulsations de son rythme cardiaque rythmaient à nouveau la marche de son immortalité éphémère.

Une fois de plus elle était à terre. C’est en levant les yeux vers le ciel qu’elle prit conscience de l’étendue du désastre. En sortant du temple, elle avait cru enfin s’émanciper des règles de la mort, mais il semblait évident qu’un dieu ou un titan était en train d’entreprendre de monter une succursale des Enfers dans toute l’île. A moins que ce ne fût l’apocalypse en train de se mettre en marche ? Auquel cas, elle était heureuse de pouvoir y assister vivante. Ca ne semblait pas très plausible, cela dit.

Les papillons sombres qui se déployaient comme un voile de plomb silencieux et infranchissable la fascinaient. Elle se releva lentement sans les quitter des yeux, hypnotisée par leur grâce et leur mystère. Ils constituaient ce qui restait encore entre elle et le monde des vivants qu’elle avait à peine aperçu à nouveau. Ils étaient une frontière, une barrière.

Ils étaient un rideau de perle dont le doux bruissement attirait irrésistiblement Antigone.

Alors elle se mit en marche dans un état second proche de l’envoûtement vers les limites du dôme sombre qui recouvrait l’île comme une cloche à fromage. Elle ensanglanta ses pieds nus, trébucha plusieurs fois, fut prise de quinte de toux et de vertiges. A un moment, un badaud probablement terrorisé l’agressa presque ; il lui sauta dessus et s’agrippa à elle avec comme projet de ne plus la lâcher. Elle eut terriblement peur. D’un mouvement, et de son bras libre que l’homme n’avait pas enserré, elle défit l’aiguille qui retenait plus ou moins la filasse qui lui tenait lieu de chevelure et l’en griffa au visage de toutes ses forces. Il parut plus étonné que blessé. Antigone s’acharnait comme un chaton enragé, lui laissant des marques horribles puis en un coup lancé à l’aveuglette, elle lui enfonça de toutes ses forces la pointe dans le flanc. Il hurla de douleur et la lâcha enfin, la face ensanglantée, défiguré. Antigone ramassa son aiguille et le considéra un instant, comme subjuguée. Il ne lui semblait pas avoir jamais auparavant causé une douleur physique véritable à quelqu’un. C’était une sensation nouvelle un peu grisante de pouvoir. Il ne lui était pas utile de décider immédiatement si c’était là quelque chose qu’elle aimait ou non et elle s’enfuit de nouveau en courant vers la mer et les papillons qui continuaient à l’aimanter.

Elle arriva sur une plage hagarde et défaite, mais avec au fond du regard une lueur que le monde ne lui connaissait pas encore. Au loin, un centaure et un humain tentaient de survivre encore un peu au désastre ambiant. La limite de la mer ne pouvait écrire pas la fin de sa course éperdue vers sa liberté et la vie, la houle au contraire était une aubade qui l’ensorcelait encore un peu plus ; elle s’enfonça petit à petit dans l’eau noire, avança encore jusqu’aux papillons vers lesquels elle tendit une main sereine. Elle n’avait pas peur d’eux. Ils étaient de la même étoffe, de celle qui tisse les songes et les mythes.

« Vous ne m’aurez pas cette fois, Zeus, Hadès et les autres, même toi Poséidon. Je suis toute petite et je ne prends pas beaucoup de place mais vous avez quand même peur de moi. Je me cacherai et vous ne me trouverez plus. »

Son murmure avait déchiré l’air silencieusement, dans une douce violence que personne n’écoutant pas n’aurait pu entendre.

Antigone disparait, avalée par l’obscurité.

Ne cliquez pas, ça va exploser:
 

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Cliquez et puis aussi .

Credits to Hadès pour le deuxième♥
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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 13 Juil 2015 - 23:56

Il était hallucinant de voir comme la situation  avait dégénéré en si peu de temps. En quelques toutes petites minutes, le temps que sa petite personne soit ignorée par deux déesses furibondes qui en venaient aux mains, le temple avait pris feux de toutes part, le fronton s’était écroulé, la panique avait gagné tous les mortels (et même certains qui ne l’étaient pas), les morts revenaient hanter ces lieux, et l’ile elle-même s’était retrouvée coupée du monde  pour un épais banc de papillons, masse noire et opaque qui formait un dôme, répandant les ténèbres en ces lieux.

Éros, lui, au milieu de tout ça, ne voyait guère quoi faire. Issus des premiers jours de ce monde, le chaos lui était familier, il l’entretenait, même. Ce n’était pas un peu de bazar qui allait le pousser à intervenir. D’autant que son tempérament l’avait toujours éloigné des chamailleries de ses confrères, ne se souciant ni des guerre ni des querelles : il laissait ça à Aphrodite, elle faisait en la matière un job parfait.
Les ténèbres mortuaires qui s’abattaient sur la région ne l’inquiétaient pas. Au contraire, elles étaient familières : Erèbe, les ténèbres souterraines, devenu lui-même une région entière des enfers (et par là même la demeure de Thanatos et des Moires), n’était autre que son propre frère, avec Nyx et Chaos. Sa première famille bien aimée, une fratrie que peu évoquaient en énonçant le nom du si « simple » et si « anodin » petit dieu de l’amour. Il avait connu un monde de silence mortuaire bien avant la naissance même du dieu qui dirigeait maintenant l’infra-monde, alors que la mort elle-même était un concept inconnu.

Délaissé par les deux déesses, soustrait au regard des mortels dont le surnaturel grandissant qui s’instaurait faisait perdre l’esprit, Éros déposait son regard autour de lui, immobile, dans le fatras des hommes courants et hurlants. Un chaos artificiel et malsain : un chaos qui n’était pas suffisamment aveugle pour être bon, un chaos orchestré par des fous qui tiraient les ficelles. Le dieu jugea : c’était mauvais.

Un instant il était là, l’autre, il n’était plus. L’espace qu’il remplissait s’était affaissé, Éros avait disparu des marches où il se tenait quelques secondes avant.
Pas pour aller bien loin, toutefois. S’il ne lui vint même pas à l’esprit de secourir certains des malheureux inconnus sur qui le temple s’écroulait, il y avait toutefois des âmes qui pour lui détenaient de la valeur. Se penchant devant Chiron, l’immortel centaure, dont une patte postérieure gisait sous des décombres, il l’emmena. Se dernier avait encore bien à faire, bien qu’on ne le révérait pas avant quelques temps sur le plancher des mortels. L’élevant dans son domaine, le dieu le confia à sa femme, le temps de son rétablissement. Le dieu aurait, dans les semaines qui vinreent, l’occasion de se délecter de ses paroles et de sa compagnie : il ne le rendrait à ses apprentis que plus tard.

Il ne s’attarda toutefois pas en sa maisonnée, revenant bien assez tôt sur les lieux du désastre divin qu’il avait quitté quelques secondes plus tôt. La reine des enfers y mettait de l’ordre, déchainant une puissance que peu lui connaissaient. Simple déesse, fille de Déméter, sa colère qui faisait là valser pierres et flammes obscurciraient son visage, à la façon de grandes divinités primordiales d’antan.
Éros la regarda, ne pouvant que l’admirer : il était amoureux.

Restant sous le couvert des éléments, partageant l’apparence et la légèreté de l’air, on ne pouvait voir le dieu de l’amour, qui élargissait sa conscience sur les lieux alentour, s’immisçant dans ce qu’il considérait comme sien : dieux, hommes, bêtes, plantes, et minéraux. Et dans l’esprit et la matière de chacun, un message s’imprimait, profondément, comme un germe qui pousse et grandit.

PRENEZ GARDE, JE VEILLE

Un réconfort et une menace à la fois. Afin que tous sachent que si quelque chose lui déplaisait profondément, il serait impitoyable. L’avertissement était pour tous : sa neutralité, bien que rudement malmenée par certains, était encore existante.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Lun 27 Juil 2015 - 10:38

« Première question… »

Sisyphe observait le passage vers Paphos d’un air dubitatif. Un passage vers le monde des vivants, vraiment? Si c’était si facile, il lui suffirait de passer ce portail et hop, reconquérir Corinthe comme si ne rien était. Reprendre ce qui lui était du. Enfin, actuellement, ce n’est pas ça qui le tracasse. Beaucoup de choses le tracassent, de toute manière, il faut bien le dire.

« Pourquoi une cité si mineure et que j’ai écrasé maintes et mènes fois voudrait tout d’un coup le beurre et l’argent du beurre? C’est que je ne suis plus là? Ah, je leur dirais ma façon de penser, à ces péquenauds de Chypre! »

Alors que les morts se précipitaient vers le portail, Sisyphe restait au milieu de la foule à parler à voix haute, seul, attirant des regards intrigués. Le criminel fronça les sourcils et se gratta le menton brièvement, avec tout le plus grand sérieux du monde. Non, ce n’est pas ça le pire. Certes, dans son esprit, Chypre et Paphos sont au fin fond de la chaine alimentaire, mais ce n’est pas le plus interpellant dans cette histoire.

« Deuxième question… Pourquoi un temple pour Hadès?! Pourquoi? Il ne sort jamais faire à fête à la surface, ce vieux… ce vieux. Qu’est-ce qu’il peut bien avoir à faire d’un stupide temple. Quoique, un passage vers le monde des vivants, ça peut toujours être… Oh, et puis, pourquoi pas! »


Fit-il en commençant à bousculer les gens pour courir emprunter finalement le portail et se retrouver de l’autre côté. Apparemment, la fête avait déjà bien commencé car ça flambait de partout et le Temple, eh bien… ressemblait à un espèce de… Il ne ressemblait plus à rien en fait. Un truc écrabouillé sur lui-même avec quelques colonnes encore debout et… Sisyphe trouva ça foutrement drôle et explosa de rire comme un gosse à la vue de tout ce joyeux souk, comme si on venait de lui faire une bonne blague sur des prouts.

« Chyyyypre, tu es trop nuuuuulle! J’le savaiiiiiis! Bouh, Paphos, bouh, tu pues! »

Si vous pensez que Sisyphe avait encore un gramme de fierté en lui ou de dignité, eh bien vous vous êtes trompés. L’ancien souverain de Corinthe était encore plus achevé de rire désormais. Le soucis, c’est que personne de pouvait l’entendre, comme il restait pour le commun des vivants qu’une ombre invisible, immatérielle. Un fantôme, pour ainsi dire. Donc, il peut toujours rire aux éclats et se moquer, personne ne pourra l’entendre… Sauf… ah, peut-être bien que certains pourraient. Il n’y a pas un dieu généreux dans le coin, capable d’éventuellement l’aider? Le feu, la barrière, le message dans le ciel… Oui, on ira pas lui faire croire que des mortels ont fait tout ça.

« Ahlala, c’est bien les dieux, ça, on tente de leur faire plaisir, et il te bouffent tout entier… Ah… J’aimerais tant pouvoir faire ce genre de méchancetés colossales, moi aussi. Je suis tellement jaloux. »


Fit-il en se rapprochant d’un homme dont il connaissait le physique, à son grand dam, car il s’agit de son geôlier, dans un certain sens : du roi du Royaume des Enfers. Des rires le secouait toujours, et il lui fallait se tenir le ventre pour mieux respirer. Il avait bien du mal à se calmer, mais il était de toute façon hors de question de montrer le moindre respect au Dieu qui l’avait remis plus bas que terre. Littéralement.

« Superbe, cette fête en ton honneur, Hadès, alors là, je dis « bravo »! Ça flambe, ça s’effondre, tout le monde pense plus à sa survie qu’à toi, désormais! J’espère que tu t’amuses bien, car tu viens de me faire rallonger ma vie de plusieurs siècles, tant j’ai ri devant ce spectacle de feu, de sang, et de désolation! »

Sisyphe repartit dans un nouveau rire sincère, et observa encore autour de lui. La barrière autour de l’île semblait vouloir lui interdire de sortir de là, mort ou vivant, il s’y brûlerait les fesses a cause de ces papillons sombres.

« Plus sérieusement… Tu as besoin d’un coup de main, pour semer plus encore de destruction sur ces terres? Tu vois… une petite résurrection temporaire, par exemple… de toute façon, avec les barrières-papillons de Thanatos, comment pourrais-je m’enfuir? Je suis sur que nous pouvons trouver un arrangement… S'il te plaît? »

Fit-il en se frottant les mains et avec un sourire des mielleux et agaçants, tout en papillonnant un peu des yeux, rendant le tout encore plus lourdingue. Peut-être qui ne fuirait pas des Enfers aujourd’hui, mais au moins, il voulait sauter sur l’occasion pour s’amuser un peu, lui aussi. Après tout, Chypre peut bien disparaitre et servir de terrain de jeu à quelques mégalos, il s’en fiche bien, et autant qu’il y participe.

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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mar 28 Juil 2015 - 1:30

Un corps perçait le ciel .
Arthémon, au sol, ne distinguait pas bien ce que c'était, à cause du manque de lumière notamment, mais de loin cela ressemblait à un genre de bovin avec un cou un peu long.
A vrai dire, distinguer quoi que ce soit à moins de trois mètre était impossible. L'obscurité était tombée d'un coup, changeant brusquement la douce pénombre du crépuscule en une nuit sans lune. C'était très inhabituel pour Paphos en cette période de l'année.
Paphos… Le voyageur faisait étape en son port pour rejoindre la capitale chypriote, sans même être au courant de la construction d'un quelconque temple. L’événement l’indifférait au possible. Il ne comprenait pas l'attrait de ses semblables pour ce genres de battisses laides et inutiles, dont le seul intérêt était de faire honneur aux dieux, c'est à dire nul. Il avait vu assez de temples à Delphes pour toute une vie. Durant les quelques jours qu'il passerait à Paphos, il résolut de l'éviter.

Apercevant un homme accroupi à côté de lui, le voyageur l'interpella, lui demandant s'il avait lui aussi aperçu l'étrange apparition céleste,
L'homme ne répondait pas. Il s'approcha à quelques centimètres d'Arthémon, qui, à la vue du visage de l'inconnu, ne put réprimer un mouvement de recul.
En lieux et place de ses yeux, l'homme arborait deux orbites sanguinolents. Son visage était généreusement marbré de coupures fraîches, à tel point qu'on avait du mal à distinguer quoi que ce soit de ce masque dantesque, excepté la bouche qui formait une longue fente. C’était même surprenant de voir celle-ci se mouvoir, et articuler d'une voix torturée un étrange récit.

L'homme raconta s'être trouvé quelques minutes plus tôt aux abords du temple. Le bâtiment était en flammes. Dans le chaos, il cherchait sa femme, petite menue et avec les cheveux bruns ramenés en chignon. Il la vit s'extirper du temple , mais lorsque, soulagé, il tenta de l'enlacer, celle-ci s'en prit à lui. L'homme ne comprenait pas la situation , et l’hystérique ne cessait pas ses assauts. Il se trouva défiguré avant de se rendre compte de sa méprise : cette femme n'était définitivement pas la sienne. L'expression de délectation qu'arborait son agresseur avait été, aux dires de l'homme, tout droit venue du plus profonds des enfers.
Soudain, une voix stridente issue de la pénombre interrompit le récit, s'exclamant:

-Vous vous trompez. La créature ayant porté atteinte à votre intégrité physique n'est autre qu'un centaure de la pire espèce. Elle profanait notre temple. Par deux fois je l'ai croisée, et par deux fois j'ai tenté de la chasser. Prise d'une rage propre à sa race, elle se sera mise en colère et vous aura défiguré, c'est évident.

Ces mots venaient d'être prononcés par une vieille femme qui se tenait à présent aux côté de l'homme défiguré. Elle faisait bien la paire avec lui, n'étant pas d'une très grande beauté, elle avait un balai dans la main droite, une paire de ciseaux rouillé dans la gauche. Vêtue de lambeaux, elle ne disposait que d'un œil valide. En vérité, cette pauvre femme faisait bien de la peine à voir.

Arthémon réfléchissait. Le temple s'était donc enflammé… Un incident probablement. Mais fait plus intéressant, et en supposant de la véracité d'un témoignage plus que suspect, un centaure profanateur de temples défigurait les gens sans raison. Le voyageur brûlait de savoir si une telle créature existait. Il n'avait jamais vu de centaure, cela devait être une vision incroyable, deux cages thoraciques, deux cœurs, et en plus la créature était apparemment assoiffée de sang humain. Cela s'ajoutant au précédant mystère du bovin volant, tout cela valait le voyage jusqu'à Chypre décidément. Il allait trouver la créature et… et on verrait bien. C'était trop intriguant pour qu'il tourne simplement les talons.
Feignant de vouloir venger l'homme, le voyageur s'enquit du centaure auprès de la vieille femme qui lui dit avoir aperçue la créature près de la plage.

Avant de quitter ce couple insolite, Arthémon les contempla une dernière fois, se demanda à quoi pourrait ressembler leur progéniture, frissonna, et se dirigea prestement vers la mer.

Ce qu'il vit là-bas lui fit oublier toute histoire de centaure, vache volante ou vieille femme.
Un dôme de papillons noirs se dressait à l'horizon, rendant la sortie de l'île impossible. Cette vision laissait le jeune homme quelque peu perplexe… La faune se rebellait-elle ? Mais tandis qu'il y songeait, un bruit infernal se fit entendre: C'était le temple qui s’effondrait de tout son poids. Et pour magnifier d'autant plus la situation, une phrase résonnait maintenant dans le cœur du jeune homme « PRENEZ GARDE, JE VEILLE ».

D'accord, pensa-t-il tout haut, de plus en plus perplexe, tout ceci est lié d'une façon ou d'une autre, et la réponse à tous ces événements improbables se trouve assurément au temple, je m'y rends immédiate...
Avant qu'il n'ait put finir sa phrase, un colossal morceau du toit soufflé par Perséphone l’assommait.

Suis-je maudit, soupira-t-il, tout en succombant à la torpeur, étendu sur le sable. Il ne pensait pas un instant que ses tourments étaient en fait de fait divin.




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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Mar 28 Juil 2015 - 14:54

En tout lieu, ce n’était que chaos.

Les humains couraient pour sauver leur peau, des cris d’agonies perçaient l’air empli de fumée alors que la plupart des valides, ceux ayant eu la chance d’échapper à la chute du temple, se ruaient vers la plage dans l’espoir d’y trouver une issue. La question étant : comment sortir d’un dôme créé par l’un des dieux infernaux ? La réponse était plutôt simple, il n’y avait aucun moyen. L’espoir des vivants ne résidaient plus dans leur fuite mais bien dans le désir de survivre assez longtemps en espérant que les dieux se lasseraient de tant de victimes. Leur combat faisait presque peine à voir. Ils étaient bien parvenus à éteindre le premier incendie, mais le second ne serait pas aussi aisé à étouffer, et la destruction totale du temple ne faisait que réduire toujours plus l’optimisme des victimes.

Je regardais à présent les décombres, imperméable à des supplications qui ne m’étaient nullement destinées, tournant la bague de Thanatos autour de mon index. La plupart des fantômes avaient disparus, certainement reconduits gentiment aux Enfers qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Ce sort m’attendait-il également ? Si ça trouvait, je n’avais participé à la mort de toutes ces personnes pour absolument rien, pour retourner en bas avec mes remords et ma frustration. Cependant, je ne ressentais ni l’un ni l’autre en cet instant, non, je ne ressentais rien. Aucune pitié ou compassion, encore moins de la tristesse, pas même l’excitation de peut-être bientôt vivre à nouveau. Ce spectacle sanglant me laissait de marbre, signe que je mourais à petit feu. Pas physiquement, bien entendu, mais plutôt moralement, comme si tout sentiment m’abandonnait lentement au profit d’humains qui, contrairement à moi, en auraient encore l’utilité.

Je parvins à détacher mes yeux du temple enflammé et en miette pour me diriger vers la plage où tant de gens se précipitaient dans l’espoir d’y trouver un bateau pour quitter ce lieu maudit. Or, la plupart avaient été détruits sous la barrière de papillons noirs et les survivants se retrouvaient, comme leur propriétaire, piégé à l’intérieur. D’ailleurs, je me demandais bien où pouvait être passé ce fou d’Abercius, car si tous ce trouvaient dans cette situation, il s’agissait entièrement de sa faute. Il n’avait qu’à survivre, souffrir moralement le restant de ses jours en se disant que tous ces pauvres gens auraient pu survivre s’il n’avait pas entreprit une si folle construction. Cependant, un esprit aussi tordu que le sien serait capable d’incomber la faute aux dieux (ce qui n’était pas totalement erroné) et se sortirait indemne de cette macabre aventure. Non, il fallait qu’il meure, hors de question qu’il échappe à un tel fléau pendant que des innocents payent pour ses erreurs. Je scrutais désormais le visage des humains paniqués, en espérant reconnaître celui du maître de cérémonie malgré ma vue troublée, celui des cadavres aussi. Une chasse à l'homme me redonnerait peut-être un semblant de vie, ferait reculer l'échéance de ma transformation en âme dénuée d'espoir. Je me surpris même à jurer à voix haute :

- Planque-toi autant que tu voudras, Abercius, tu ne quitteras jamais cette île vivant, je t'en fais la promesse.


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MessageSujet: Re: [EVENT] Le Grand Temple de Paphos Dim 2 Aoû 2015 - 0:28

Tout a commencé lorsqu'une étrange rumeur s'est propagée au sein des quartiers populaires de Sparte. Ici et là, on parlait de la construction d'un temple fabuleux à côté duquel le Parthénon faisait pâle figure. C'était la grande du nouvelle du jour, le potin par excellence, surtout qu'il avait été construit sur l'île de Chypre, un caillou perdu quelque part au milieu des eaux et dont ses habitants faisaient rarement parler d'eux. Quelle idée saugrenue que d'aller faire construire un tel temple là-bas, en l'honneur d'Aphrodite, certes mais, quelle idée quand même ! Quelle mouche avait donc piqué le gouverneur ? Ce jour-là, les deux hommes partageaient leur pas autour d'une amphore de vin de bien piètre qualité.

- Non parce que, entre nous, Aphrodite, je sais pas qui c'est, et de toutes les façons ça ne justifie pas la construction d'un pareil temple. Regarde ton père, c'était bien l'icône d'Istros et on ne lui a pas fait de temple !
- Déjà, mon père, c'était pas la divinité locale et des temples pour Arès, il y en avait. Et ensuite, d'où tu ramènes mon père dans le sujet, toi ?
- Baaaah … Je sais pas, je parle bien au fils là, pourquoi on parlerait du père ?
- Parce que ça n'a aucun rapport avec notre conversation ? Et que je n'ai pas envie d'en parler, aussi ? Enfin surtout ça, ouais !
- Bah dit que t'as pas envie de parler tout court, ça ira plus vite !
- J'ai pas envie de parler tout court ! Tu me lâches la grappe maintenant ?
- Pffff …
- Et puis déjà qu'est-ce que j'en ai à foutre de cette histoire de temple ? Tu me barbes depuis le début de la journée avec ça !
- Baaaah parce que … je m’interroge, voilà. Je ne comprends pas pourquoi on fait construire un temple pour Aphrodite, alors qu'on pourrait faire quelque chose de beaucoup plus utile.
- Comme quoi ?
- Une statue à mon effigie.

Nikolas le regarda l'air à la fois exaspéré et ahuris par sa réponse. Il resta silencieux, clignant plusieurs fois des yeux l'air de lui demander s'il n'exagérait un peu. Mais Homer était très sûr de lui et aussi en rajouta-t-il une couche par l'intermédiaire d'explications non demandées et de gestes profondément théâtraux. Il gonfla la poitrine.

- Non parce que, je suis quand même une des meilleures œuvres de la vie, si ce n'est l'unique véritable œuvre d'art de l'existence ! Regarde, j'ai toutes les qualités qu'un homme pourrait désirer. Je suis grand, je suis fort, je suis beau, je suis raffiné, je suis intelligent, je suis riche et j'ai toutes les femmes à mes pieds.

L'hoplite s'arrêta de manger son pain. Il n'en revenait pas ! Si Homer avait sauté du haut de son ego le jour de sa naissance, trente ans plus tard, il n'aurait toujours pas touché le sol.

- Tu … tu peux me la refaire à l'endroit celle-là ?
- Bah euh … C'est-à-dire que je suis déjà à l'endroit. T'es con ou quoi ?
- Non mais pas toi, abrutis ! Ton discours là ! Enfin ton tissu de vantardises !
- Hein ? Qu'est-ce qu'il a mon discours ?
- … Laisse tomber.
- Non mais je …
- « Laisse tomber » ça veut dire « ta gueule ».
- Hum.
- Chut. Tais-toi.

Finit-il en chuchotant, préférant encore savourer le silence que de l'écouter se la raconter sans vergogne. Nikolas avait cependant un défaut, c'est qu'il revenait toujours à la charge. Qu'est-ce que c'était que cette histoire de richesse, surtout venant de la part d'un plébéien comme Homer ? Perplexe, bien que sentant l'ânerie monumentale arriver, il lui formula ainsi la question fatidique.

- Et ta richesse, tu l'as sort d'où ? De ton cul ?
- Non monsieur ! J'ai une fortune cachée quelque part !
- Ah oui et où ?
- Ça je ne sais pas encore.

Un nouveau silence s'installa alors, les deux hommes se regardant avec un air de défi. Était-il en train de se moquer de lui ou de croire vraiment à son propre mensonge ?

- Maaaais quand j'aurai décidé de où elle est cachée, j'irais la chercher ! Et je ne partagerai pas avec toi ! Parce que t'es qu'un vieux pet serré, puant et …

Nikolas ne le laissa pas terminer sa phrase. Il se leva brusquement, lâchant son pain, et se jeta sur lui pour le tabasser. Enfin … tabasser était un grand mot. Disons plutôt qu'il avait prit l'habitude de le frapper « gentiment » lorsqu'il l'agaçait vraiment. Cela impliquait surtout des claques sur les parties charnues, comme ses épaules ou ses bras, bien que données avec force. Homer ne se défendait quasiment jamais, se contentant d'encaisser en râlant contre son acolyte.

Voilà qui sonna le glas de la discussion une bonne fois pour toute ! Il fallut ainsi attendre quelques heures supplémentaires que le calme reviennent pour que Homer revienne à la charge mais avec un sujet beaucoup plus sérieux cette fois-ci. Alors que le soleil commençait à décliner, il s'en était allé retrouver Nikolas qui vaquait à ses occupations quotidiennes.

- Mais euh … Homer ! Je suis en train de me laver là ! Ça peut pas attendre ?!
- Non ça peut pas attendre !
- T'as intérêt à ce que ça ne puisse pas sinon je te promets que tu vas passer un très mauvais quart d'heure !
- Écoute, je suis partis voir le marchand de brochettes et il m'a tenu ce discours : « Ma viande, elle vient d'Anatolie ! Si t'as pas les moyens d'acheter mes brochettes, t'as qu'à aller chercher tes moutons toi-même là-bas ! Et maintenant dégage, tu me pompes l'air ! »

Une futilité en somme. Nikolas souffla un long moment, il était très nerveux ces derniers temps et Homer ne l'aidait vraiment pas. Voyant son camarade exaspéré, il s'empressa de rappliquer.

- Donc s'il y a des moutons en Anatolie, on a qu'a aller en chercher et faire nos propres brochettes !
- Mais tu t'écoutes quand tu parles, gros con ? Tu vas aller en Anatolie comment et avec quel argent ? Argent qui serait de toutes les façons largement suffisant pour acheter des brochettes !
- Haha ! Homer a pensé à tout ! J'ai emprunté une barque et des rames à un pêcheur du coin, en échange d'un mouton. On aura qu'à y aller à la rame, prendre quatre ou cinq moutons et revenir ici, payer le pêcheur et le tour est joué !
- … Va préparer les provisions, moi je finis de me laver et on y va.

Ce n'était pas l'idée la plus stupide du monde après tout. Homer ne se fit pas prier, pour une fois que Nikolas marchait dans une de ses combines … Et puis quoi ? L'Anatolie, ce n'était pas aussi loin que ça ! Beaucoup de commerçants faisaient le voyage ! Alors pourquoi pas eux ? Le tout était de garder le cap, le sang froid et de ne pas être trop encombré. Aussi, les deux hoplites emmenèrent-ils pas leurs attirails de guerriers. La barque était heureusement assez grande, d'après le pêcheur, elle devait pouvoir contenir une grande quantité de poisson, un espace qui devrait leur servir à entreposer leurs vivres.

Il faisant alors nuit noire quand ils arrivèrent près des côtes et le moins que l'on pouvait dire, c'est que si la barque était grande, elle n'était pas assez large pour accueillir Homer. D'autant plus que son poids de cheval la déséquilibrait complètement ! Ils durent un peu ruser. Le mastodonte se mit travers et à l'avant, alors que Nikolas s'assit à l'arrière avec les vivres, pour contrebalancer son poids.

- Je le sens pas … Je le sens pas ! On va faire naufrage avant même d'avoir prit le large !
- Mais nooooooon.

Dit alors Homer en prenant une rame, tout en se voulant rassurant. Les deux hommes se mirent alors à brasser l'eau, la barque prenant doucement de la vitesse et s'éloignant ainsi des côtes. Une question restait en suspend cela dit.

- Euh … Tu sais comment aller en Anatolie, toi ?
- Ah bah oui ! Tu m'as prit pour qui ? Quand j'étais petit, je faisais de longs voyages en bateau !
- Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé alors ?
- Parce que tu n'as pas à être au courant de tout !
- C'est pas un nouveau mensonge de ta part, Homer, hein ?
- Non ! C'est vrai ! C'est la vérité vraie même ! Je sais comment y aller, moi !
- Bon … Eh bien allons-y ! Tu nous dirigeras.


Même si Nikolas ne le croyait pas du tout. Un long voyage les attendait alors et les mauvais pressentiments d'Istros ne tardèrent à s'avérer. Au bout du premier jour, ils avaient déjà perdu leurs rames suite à une dispute qui avait éclaté au sujet du partage du pain, Homer exigeant ration double compte-tenu de sa carrure. Ils avaient donc réglé ça en se battant à coup de rame. La première avait cassé sur la tête d'Homer et la seconde avait été cassé par ce dernier, car d'après lui, « elle ne pourra pas vivre une vie de rame heureuse sans sa sœur », sœur que Nikolas avait « lâchement assassiné ». Oui oui, c'était bien du matériel du pêcheur dont on parlait !

Ils avaient bien essayé de se servir de leurs mains ou de pousser la barque à la nage mais, c'était peine perdue. Au début du deuxième jour, ils étaient donc en train de dériver et de cuire sous le soleil, en proie à l'ennuie et aux inquiétudes. Il n'y avait qu'à espérer qu'un navire marchand passerait par ici et les aiderait à se sortir de leur infortune. En attendant, ils ne s’adressèrent pas la parole. Deux jours supplémentaires s'écoulèrent ainsi avant que leur embarcation ne fasse naufrage sur les côtes accidentées d'une petite île perdue. Au début, ils crurent avoir découvert une nouvelle terre. En effet, ils avaient atterris de l'autre côté de l'ile, quelques heures avant l'incident. Il n'y avait donc personne ici, du moins aux premiers abords. Mais, quand le temps passa et qu'ils s'y enfoncèrent davantage, ils se rendirent bien vite compte qu'ils avaient atterris sur l'île de Chypre, quelle coïncidence !

Ce n'était pas plus mal en fait, ils trouveraient facilement du secours ici. Quoi que … sans argent, cela allait un peu plus difficile que prévu. Ils ne tardèrent d'ailleurs pas à se rendre en ville. Seulement voilà, ici, les choses n'étaient pas comme ailleurs. Dans une ville ordinaire, on parle, on commerce, on va et vient dans une relative quiétude. Ici, c'était très différent. À leur grande stupeur, il y avait un temple en proie aux flammes, à la toiture détruite et éparpillée en imposants fragments sur le sol, tout autour, des gens qui hurlaient, criaient et courraient dans tous les sens, cherchant à prendre la fuite, alors que d'autres étaient retenus par les flammes, pris au piège. Dans cet hécatombe, comble de la joie, des êtres plus ou moins humains semblaient se disputer les ficelles de ce désastre, entre ceux qui cherchaient à aider les piégés et ceux qui cherchaient plutôt à les enfoncer.

- Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ?!
- Bah … C'est un temple en flammes et en ruines. Avec des gens qui crèvent joyeusement. Ça sent la grillade en plus. Rah ça me donne faim !

Il ne prit pas la peine de lui répondre. Que faire ? Ces pauvres gens en train de brûler, combien de frères, de sœurs, d'enfants, de femmes et de maris ici ? Cela n'était pas sans lui rappeler la destruction de sa propre cité, un souvenir traumatisant. Nikolas fronça les sourcils, son visage se durcissant.

- Il faut les aider !
- Hein quoi ? Non commence pas à prendre tes grands airs !
- On ne peut pas laisser ces pauvres gens ici, ils faut les secourir, bouge toi le cul, on va avoir besoin de tes bras !
- Non, je ne bouge pas d'ici ! Vas-y tout seul, je te regarde.
- Homer ! Bouge ou je t'arrache le visage !

- Pffffff ... Et mes brochettes ?

Dit-il en donnant un coup de pied dans le premier caillou qui passa à portée de sa semelle. Les deux hommes ne perdirent ainsi pas leur temps, se jetant dans cet espèce de brasier alimenté par la roche et l'Homme à la recherche de quelques survivants à extirper de là. Bien sûr, l'objectif n'était pas de se mettre dans le même pétrin pour le plaisir de ne pas les laisser mourir seuls mais, plutôt d'être efficace. Aussi furent-ils très prudents une fois à l'intérieur. Quelque chose attira très vite leur attention, d'ailleurs, il y avait là moult personnages tordus aux allures certes humaines mais aux comportements qui l'étaient bien moins.

- Mais qui sont ces plébéiens ?

S'étonna alors Homer qui se considérait de base comme meilleurs que tout le monde. La question n'était pas bête, que faisaient-ils ici et pourquoi ne prêtaient-ils pas tous main forte ? Certains discutaient même alors que d'autres riaient ! Et où était Aphrodite ?! Après tout c'était son temple, son refuge qui était en train de devenir un véritable cimetière ! Cela aurait dû être une atteinte suffisante pour la faire venir ! Nikolas le savait, on ne pouvait guère compter sur ceux qui se prétendaient divins.

- Pas le temps de discuter, Homer, vient m'aider plutôt !

Dit-il alors sans prêter davantage d'attention aux autres « invités ». Première cible, un homme coincé sous deux blocs. Il ne sentait plus ses jambes, chose qu'il n'avait rien d'étonnant, et les flammes aux alentours menaçaient de le brûler sérieusement si elles s'approchaient davantage. Homer entreprit alors de soulever un peu le premier bloc, afin que Nikolas puisse pousser le second. Une tâche difficile pour deux êtres humains, aussi forts soient-ils. Mais une tâche qu'ils entreprirent quand même … enfin presque. Homer, alors qu'il tenait le rocher, détourna subitement son attention vers une sorte de petite statuette en Or échouée sur le sol du temple. Ses yeux se mirent à briller et il lâcha alors ce qu'il avait en main pour aller s'en emparer … laissant ainsi retomber le bloc.

- Mais c'est pas vrai !!!

Hurla Nikolas en essayant de le rattraper pour qu'il n'écrase pas davantage l'homme coincé en dessous. Il n'y parvint que tout juste trois secondes, ce qui fut suffit pour, à l'aide de quelques coups de pieds, décaler la pauvre victime. Oui, la fin justifiait les moyens. Alors que l'hoplite rappelait son compagnon furieusement, ce dernier ne répondit pas, se contentant d'un vulgaire geste de bras pour lui faire comprendre qu'il avait d'autres priorités ici, comme l'Or et l'Argent par exemple. Nikolas prit l'homme blessé par le bras pour le soulever, il fallait maintenant le sortir du temple, chose qu'il entreprit alors dans la précipitation.

Résumé:
 
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[EVENT] Le Grand Temple de Paphos

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