Partagez| .

Rousse et blonde referont le monde.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Rousse et blonde referont le monde. Ven 22 Fév 2013 - 13:02

Edit Orphée, lieu : les prairies


Cette prairie est la leur. Bien-sûr ce n'est indiqué sur aucune carte, aucun document officiel, du fait que l'emplacement de leur campement est tenu secret, mais il en est ainsi depuis la nuit des temps. C'est là qu'elles lancent au galop leurs étalons à la robe blanche qui s'envolent dans la brise fraîche du matin, qui s'en vient ployer les herbes hautes et caresser langoureusement les feuilles des arbres. C'est là que cavalières et montures ne font qu'un, mêlant leur souffle rapide et leurs crinières ébouriffées. C'est là que leurs cris joyeux se conjuguent aux hennissements de satisfaction des chevaux, libres de batifoler tout leur saoul, et qu'ils montent ensemble vers l'infiniment bleu des cieux afin d'y saluer Artémis, leur mère à toutes, leur inaltérable protectrice.

Oui, c'est là qu'elles vivent, c'est là qu'elles chassent le goupil roux et le lapin trotte-menu, c'est là qu'elles ramassent les fruits sauvages qui donnent à leur vin un divin goût d'ambroisie qu'Arès lui-même apprécierait sans retenue.

C'est là aussi que les fillettes font leurs premiers pas et grandissent, se nourrissant de l'affection et de la tendresse de leur mère et de leurs nombreuses tantes. C'est là qu'elles se plient également aux exigences d'une vie rustique et à la discipline que Antiopé et les plus anciennes, celles qui ne combattent plus, leur inculquent patiemment. C'est là qu'elles apprennent dès leur plus jeune âge à atteindre de leurs flèches les cibles les plus minuscules, à perforer de leurs lances les mannequins de chiffon et d'osier représentant l'ennemi héréditaire : l'homme.

Ce matin, Antiopé et son étalon, Gemma, sa perle blanche, sont grimpés en haut de la colline, qui trône au centre de la prairie, telle une sentinelle vigilante et indéfectible. C'est un sentier rocailleux, serpentant longuement entre les buissons et les arbrisseaux rabougris, qui mène au sommet de ce coteau escarpé, dominant tout le paysage. Là, un promontoire étroit et d'accès malaisé, sorte de belvédère naturel entouré d'une couronne de cèdres centenaires, permet de discerner le moindre signe de vie, le moindre mouvement dans la plaine immense. Cet amphithéâtre est donc un poste d'observation remarquable, et souvent les Amazones s'y relaient pour surveiller leurs terres. Un œil avisé permet même de distinguer, entre de lointains rochers gris, leur campement, mélange hétéroclite de cabanes et de huttes, adossées l'une-à-l'autre, et situées à l'écart de toutes routes réellement carrossables. Les premières cités des mortels sont loin, très loin, bien au-delà du champ de vision d'Antiopé. Il en existe aux quatre coins cardinaux, elles commercent entre elles, et leurs charrois, tirés par de puissants bœufs, se risquent parfois à traverser la prairie, escortés comme il se doit par des hommes armés. D'autres voies relient ces cités, mais franchir le domaine des Amazones permet de raccourcir les distances et de gagner plusieurs jours de marche.

En général, ces convois ne renferment aucune richesse particulière, mais ils transportent parfois d'intéressantes denrées comestibles ainsi que des marchandises utiles, comme par exemple de vaporeux tissus provenant de régions lointaines, du vin, des armes, des médicaments, de quoi satisfaire tous les vœux et tous les caprices des guerrières, et parfois leur permettre de ripailler durant des nuits entières. Car il y a un moment pour tout. Les Amazones ont aussi besoin de se détendre, et de panser leurs plaies en oubliant piraterie et escarmouches. Ce sont des instants appréciables, qui resserrent les liens entre les guerrières, et de très tendres amitiés naissent parfois autour d'un feu de bois.

Soudain, les battements des sabots d'un cheval troublent le silence quasi monacal de la colline, et arrachent la Reine au tourbillon de ses pensées. Rêveuse, elle n'avait pas remarqué qu'une cavalière approchait. Un sourire s'affiche aussitôt sur son visage gracieux, auréolé de cascades rousses. L'Amazone qui s'approche est Lyséis, la dresseuse de chevaux, une amie qui lui devient de plus en plus chère au fil des semaines. Hop ! Antiopé saute avec élégance en bas de sa monture, l'attache rapidement à un buisson, et s'avance à la rencontre de sa blonde amie, tout en lissant d'une main distraite sa jupette couleur feu.



Dernière édition par Antiopé le Lun 18 Mar 2013 - 21:01, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Lun 25 Fév 2013 - 18:25

Voilà plusieurs lunes que Lyséis a capturé le jeune étalon à la robe d'ébène, sombre et brillante comme la nuit, et il a bien progressé, il répond désormais au nom de Évenos. Elle travaille avec lui depuis le début de la matinée, à la longe, patiemment en lui parlant doucement. Il obéit aux ordres à présent, et accepte la selle, demain elle tentera de le monter et ensuite il sera prêt. Elle a hâte de l'offrir à sa Reine dès la prochaine célébration, ou le prochain banquet …
Elle claque plusieurs fois de la langue, et le cheval vient docilement à elle, chercher une friandise. Lyséis flatte l'encolure douce et palpitante de l'animal. Mais son regard est attiré vers les écuries. La Reine Antiopé sort de l'écurie avec Gemma, son superbe étalon blanc, sellé.

*Que fait-elle donc ?* S'interroge la dresseuse, personne ne l'a prévenue qu'elle devait préparer le cheval de la Reine, ni ceux de son escorte habituelle. Caressant machinalement Evenos, elle observe discrètement l'élégante cavalière toute de carmin vêtue, qui enfourche avec grâce sa monture immaculée, et quitte les lieux au pas, avant d'accélérer à la lisière du Campement. La Reine Rouge galope dans les prairies, seule, à l'encontre de ses propres recommandations !

Délivrant Évenos de sa longe, elle l'envoie gambader dans le pré d'une claque affectueuse sur la croupe, et court seller Aeris, pour suivre de loin son inconsciente amie, pas pour la surveiller, non elle n'oserait pas, mais pour la protéger de son imprudence. Lyséis peut comprendre qu'Antiopé ait besoin de solitude pour réfléchir ou pour s'éloigner un peu des lourdes tâches que lui imposent son rang, mais elle s'en voudrait à mort s'il lui arrivait quelque chose, alors qu'elle l'a vue partir, aussi lance-t-elle sa jument à vive allure, gardant la chevelure flamboyante en point de mire, la suivant de loin, juste la distance nécessaire pour que la Reine ne décèle pas sa présence, et que la dresseuse puisse intervenir rapidement au cas où ...

Bien sûr ! Comment n'y a-t-elle pas pensé ? La souveraine des Amazones se rend vers la colline, son observatoire préféré, d'où elle peut contempler son royaume. Le raidillon qui mène au plateau est rocailleux et difficile d'accès pour un cheval rétif, mais Gemma tout comme Aeris sont agiles et sûrs. Lyséis décide de la laisser grimper, et de l'attendre au pied du promontoire, dans cet îlot de verdure, Antiopé ne risque rien d'autant que c'est l'unique voie vers le sommet, et que vigilante, elle y monte la garde.

Mais la curiosité et l'impatience ont raison de Lyséis, qui finit par escalader la colline, pour retrouver son amie, sa Reine, elle ne sait pas trop qui des deux l'attendra là-haut. La Reine sera-t-elle en colère qu'elle l'ait suivie, ou bien l'amie sera-t-elle heureuse de partager un moment avec elle ? La dresseuse voue une admiration sans bornes à sa souveraine, femme d'une force et d'un rayonnement exceptionnels. Cependant à plusieurs reprises, elle a découvert que son amie pouvait douter, se remettre en question, ou faire preuve d'une gentillesse désarmante. Et c'est cette facette que Lyséis espère rejoindre, car elle chérit secrètement ces instants de complicité, de franche camaraderie qu'elles partagent lorsqu'elles sont seules.

Entre les branchages, elle l'aperçoit enfin, magnifique flamme rougeoyante parmi la verdure, juchée sur son étalon blanc. Les derniers mètres franchis, elle saute d'Aeris, faisant voler sa jupe émeraude, et attache ses rênes aux branches d'un buisson fleuri. La Reine Rouge aussi a mis pied à terre et se dirige vers elle, Lyséis met un genou sur le sol rocailleux, et baisse la tête respectueusement, saluant ainsi Antiopé.

- Bonjour ma Reine ! Prononce-t-elle d'une voix pleine de déférence, craignant malgré tout le courroux de sa souveraine, mais espérant secrètement un de ses sourires resplendissants et surtout amicaux ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Mar 26 Fév 2013 - 12:07

S'il est un sujet qui n'obsède nullement Antiopé, c'est le protocole. La guerrière se moque allègrement des courbettes et des signes d'allégeance, presque autant que de la première tête qu'elle a joyeusement tranchée, il y a longtemps déjà. Bien entendu, il arrive que les circonstances exigent quelques marques de respect, un cérémonial rigide et complexe, mais pas ici, pas sur cette colline isolée de tout, pas sur ce toit du monde, et surtout pas entre deux amies qui s'apprécient vraiment.

C'est donc l'Antiopé chaleureuse et volubile qui accueille la jeune dresseuse, reléguant pour un moment la Reine guerrière au fond des oubliettes, et se refusant de poser à Lyséis la question qui la titille un peu : « Pourquoi l'a t-elle suivie sur cette colline où les amazones sont chez elles, en toute sécurité ? », ceci afin de ne pas ternir le charme et l'insouciance de cette rencontre.  

- Mais que fais tu donc ? Veux-tu bien te relever tout de suite ! ... s'exclame t-elle avec gaieté et bienveillance, tendant à sa blonde amie une main soignée, aux ongles joliment peints, pour l'aider à se redresser.
- T'ai-je déjà dit que cette tenue te va à ravir ? Et que cette couleur vert émeraude s'harmonise divinement à tes yeux gris perle ? Je suis vraiment heureuse de te voir ! ... poursuit-elle en gardant la main de Lyséis dans la sienne, et en entraînant lentement la jeune amazone vers Gemma, qui paît tranquillement à proximité des buissons et des rochers, en surplomb, qui dominent l'immense prairie s'étirant à perte de vue dans les quatre directions.

- En fait, ma toute belle, le plaisir que j'ai de te voir est un peu égoïste. Tu vas savoir pourquoi ! ... dit-elle en souriant, cherchant à chatouiller la curiosité de Lys.
- En réalité, je m'ennuie comme un rat mort ! Depuis ma confrontation avec cette grosse brute qui tenait absolument à me briser les reins, il ne s'est plus passé grand-chose ici. C'est le calme plat dans notre monde. Les guetteuses n'ont pas signalé de convoi depuis une éternité ! Et nous n'avons même pas un ogre ou une nymphe à nous mettre sous la dent ! C'est à croire que nous faisons peur à tout le monde ! ... ajoute t-elle en s'esclaffant, secouant joyeusement ses boucles rousses qui se mettent à danser sur ses épaules brunes.
- Ne sommes-nous pas pourtant charmantes et accueillantes ? Regarde, je me suis même peint les ongles ! Fallait vraiment que je m'embête pour en arriver là ! ... poursuit-elle en tendant élégamment un bras devant elle afin de faire admirer ses longs ongles vernis à l'éleveuse.

Tout en devisant gentiment, elles parviennent à hauteur de Gemma, qui secoue sa crinière claire et soyeuse à leur approche. Un arc et un carquois rempli de flèches sont accrochés à ses flancs immaculés. Caressant distraitement l'encolure de sa monture, la Reine reprend leur bavardage.
- Vois-tu, Lys, je n'étais pas venue uniquement pour admirer le paysage. En effet je comptais profiter de la tranquillité de ces coteaux boisés pour me dénicher une cible et tirer quelques flèches. De quoi entretenir mon coup d’œil ! Elle sourit et dévisage son interlocutrice.
- Tu connais mon esprit de compétition ! Que dirais-tu de gaspiller quelques flèches avec moi ? Juste pour vérifier que tu es performante et que je peux compter sur toi en cas de coup dur ! ... ajoute t-elle en adressant une mimique amusée à son amie, dont elle connaît parfaitement la dextérité.

Elle continue sur le même ton taquin.
- D'ailleurs tu ne peux pas me refuser ça, je suis ta Reine, non ? Déjà, ses prunelles de jade clair fouillant les arbres tout proches ont déniché la cible parfaite : un long rameau de cèdre qui s'élance vers le ciel, à une trentaine de pas des jeunes amazones. Du doigt, la Reine Rouge l'indique à sa voisine, et, en moins de temps qu'il n'en faut pour décapiter un gnome, les deux flèches d'Antiopé ont fusé l'une après l'autre et se sont fichées dans la branche, qui tremble un peu sous la violence des impacts. Le sourire qu'elle adresse à Lyséis est radieux et triomphant.
- A toi, ma belle, fais-en autant ! ... lui lance t-elle, en lui tendant son arc et deux autres flèches.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Jeu 28 Fév 2013 - 12:11

C'est avec un discret soupir de soulagement et de bonheur mêlés que Lyséis saisit la main d'Antiopé et se relève gracieusement, offrant à sa Reine un grand sourire reflétant clairement sa joie d'être à ses côtés. C'est l'amie qui l'accueille chaleureusement comme à chaque fois qu'elles sont isolées des autres Amazones. Aussi Lyséis décide de profiter de ces instants sans les entacher de reproches, elle aura bien une autre occasion de faire comprendre à sa souveraine qu'elle ne doit pas s 'éloigner seule du Campement.
La dresseuse accepte ses compliments, avec une certaine gêne, maudissant sa peau claire qui, elle le sent bien, rougit instantanément, elle n'apprécie pas spécialement d'être mise en avant, mais venant d'Antiopé, ils ont une saveur bien particulière, que Lyséis a encore un peu de mal à cerner, à admettre ...

- Merci ma Reine, mais ta beauté est de loin la plus resplendissante, et j'aime beaucoup tes ongles ainsi peints, c'est vrai que les prairies sont bien calmes en ce moment, mais tu sais ce qu'on dit, c'est le calme avant la tempête ... Répond elle, se laissant entraîner vers Gemma, quelque peu intriguée par le comportement énigmatique d'Antiopé.
- D'ailleurs, si tu t'ennuies à ce point, ton aide serait la bienvenue pour un jeune étalon que je travaille depuis quelque temps … Poursuit-elle sans trop en révéler, elle aimerait bien voir comment se comporte Evenos en présence de sa nouvelle cavalière.
- Il a du caractère et ne se laisse pas dompter facilement, je me demande comment il réagirait face à un nouveau visage …

Près de la monture immaculée, la réponse à ses interrogations surgit bientôt lorsque la Reine empoigne son arc et lui lance un défi, somme toute assez simple, et largement dans ses cordes, car c'est l'arme qu'elle maîtrise le mieux, ne serait-ce que pour chasser …
Et c'est sur le même ton taquin, qu'elle lui répond, non sans admirer sa dextérité et surtout la grâce féline de tous ses gestes.

- Tu sais très bien que j'adore tirer à l'arc et que je ne manquerais une occasion pour rien au monde ! Alors répondre à ton défi est plus qu'un plaisir, ma Reine. C'est une invitation que je ne peux refuser ! Jolis tirs en tout cas, tu es très douée, en plein dans le mille, voyons voir si je peux rivaliser avec toi …

Lyséis n'est pas une guerrière affirmée, du moins c'est ce qu'elle aime à laisser croire, car bien qu'elle passe beaucoup de temps avec les chevaux, elle s'entraîne régulièrement avec Vyseris, qui est loin d'être tendre avec elle, elle s'en tire rarement sans égratignures, et peu à peu elle a acquis une force, une résistance dont elle ne se savait pas capable, grâce à elle.
Mais l'arc c'est autre chose, c'est son arme de prédilection, et elle s'applique à y exceller, aussi lorsqu'elle saisit l'arme d'Antiopé, elle plonge son regard gris perle, dans les prunelles jade clair explorant longuement leurs profondeurs cristallines , se demandant où sa Reine veut en venir, car elle connaît sans doute sa réputation. Puis elle reporte toute son attention sur la cible, encoche sa flèche et bande l'arc. La première se fiche juste à côté de celles d'Antiopé, faisant vibrer la branche et les empennages écarlates. Sans un regard pour son amie, elle envoie vivement son second trait, sans faillir, encadrant malicieusement de ses flèches, celles de sa Reine.

- Voilà ma chère Antiopé, égalité ! Prononce Lyséis avec un sourire emprunt d'une satisfaction et d'une assurance qu'elle affiche rarement. Elle sait qu'elle bénéficie de l'avantage de la surprise, et que sa Reine, très fière, n'admet pas facilement la défaite. Alors elle poursuit, un brin facétieuse, afin de ne pas l'irriter davantage :
- Veux tu que nous reculions de quelques pas, si nous éloignons la cible nous pourrons sans aucun doute pour nous départager ? Et dis-moi, tu ne m'as pas précisé quel était l'enjeu de ce défi ? Quel est le prix pour la gagnante ?

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Jeu 28 Fév 2013 - 19:41

La proposition de Lyséis agrée la Reine Rouge, bien entendu. Nul ne l'ignore, Antiopé éprouve également un amour immodéré pour les chevaux, et ceux de l'élevage de Vyséris et de Lys sont toujours superbes. Elle passe souvent d'excellents moments à contempler l'entrain et le zèle dont elles font preuve à éduquer et discipliner juments et étalons, afin d'en faire de merveilleuses montures qui les mèneront toutes au combat et à la victoire. Les deux précieuses dresseuses sont un maillon indispensable à la survie et à l'expansion de la tribu. C'est avec un sourire étincelant qu'Antiopé accepte donc son offre, et la remercie aussi pour l'hommage visiblement sincère qu'elle rend à sa beauté. Qu'elle soit Reine et guerrière ne l'empêche nullement d'aimer afficher sa séduction, du moins en temps de paix.

A l'issue de ce charmant bavardage, et de ses deux tirs parfaitement réussis, Antiopé s'attache donc à observer la manière par laquelle Lyséis relève le défi. Elle n'a pas à tergiverser longuement : les flèches de sa jeune amie font mouche, percutant violemment la branche de cèdre, et encadrant exactement les siennes. Les quatre empennages sont figés en une ligne droite parfaite. Ce tir est d'une précision stupéfiante. La Reine n'ignorait pas que l'éleveuse soit une excellente archère, mais elle est médusée par tant d'adresse. Cette prouesse bannit d'office les commentaires gentiment moqueurs qu'elle préparait à l'intention de sa protégée. C'est joyeusement qu'elle s'exclame :

- Hé bien ma belle amie, c'est un joli tir groupé ! Oui, égalité ! Et même un léger avantage en ta faveur ! ... concède t-elle volontiers, devant l'immense sourire que lui dédie la blondinette.

- Tu me connais parfaitement ! Tu connais mon orgueil ! ... poursuit-elle alors, avec beaucoup de franchise, celle qu'on réserve aux amis véritables ...
- J'aime être la meilleure, et tu as raison, il nous faut absolument trouver de quoi nous départager ! Quant à l'enjeu, vu que ce savoureux face-à-face est totalement improvisé, je n'y avais nullement pensé. Je prends donc le risque de te promettre d'accéder à l'un de tes désirs, du moment que tu ne formules pas une requête tellement extraordinaire qu'il me serait impossible de la satisfaire ! Tu as ma parole ! ... ajoute t-elle solennellement.
- D'autant plus ! ...
La Reine Rouge se tait un instant. Non pas pour jouer avec les nerfs de Lyséis, ni même pour l'intriguer, mais elle soupèse brièvement l'idée qui vient de germer en elle. N'est-ce pas trop audacieux ? Sans le montrer, elle jauge son amie. Lyséis paraît plus frêle qu'elle, même si son mode de vie au grand air lui a sculpté une plastique parfaite et une musculature fine mais harmonieuse. Il y a donc effectivement un léger risque à lui proposer cette idée. Mais bon, n'est-elle pas la toute puissante Reine Rouge, celle dont le nom claque comme un étendard, celle que l'on craint comme la peste au point d'éviter sa rage, son courroux, et même son ombre.

- Et si nous disputions une petite épreuve de force pour nous départager ? Un petit combat sans aucun mauvais coup, où la gagnante sera celle qui aura immobilisé sa rivale ! ... précise t-elle tout de suite, car il ne s'agit nullement de se blesser, ni même de se molester exagérément, c'est l'évidence la plus absolue. Après un sourire charmant mais un brin provocateur, elle se met aussitôt en position de lutteuse, la position classique, les jambes légèrement fléchies, bras tendus vers l'avant, à hauteur des épaules, et mains largement ouvertes pour empoigner celles de l'adversaire. Elle ne doute pas un seul instant que Lyséis relèvera le défi. Elle ne vont pas se massacrer, juste s'affronter loyalement, presque amicalement. C'est sans danger.

D'un geste machinal, mais gracieux, elle dégage son visage sculptural de quelques boucles rousses lui chatouillant les joues, remonte d'une main les bretelles de son corsage vermillon, et reprend la pose.
- N'aie pas peur d'y mettre toutes tes forces, oublie que je suis ta Reine, je suis ton adversaire pour quelques minutes ! Deux ou trois, pas plus, tu ne me résisteras pas plus longtemps ! ... ajoute t-elle afin de titiller la fierté de la jeune amazone qui lui fait face, lui adressant ensuite une moue angélique dont son amie appréciera certainement l'humour.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Ven 1 Mar 2013 - 13:45

Sur cette colline verdoyante, les deux jeunes femmes sont sur le toit de leur monde, il n'y a plus ni Reine, ni dresseuse, mais juste deux amies qui se chicanent, se défient gentiment, pour le jeu, la compétition, et aussi pour se défouler, car il est vrai qu'il y a bien longtemps qu'elles n'ont eu l'occasion de combattre ensemble, de dévaliser un convoi et de trancher quelques gorges. Si Lyséis hésite un instant à entrer dans le jeu d'Antiopé, c'est qu'elle craint de blesser son amie, pendant ce combat cordial. Les bleus douloureux et les égratignures cuisantes qu'elle récolte avec Vyseris, sont parfois lents à disparaître, et lui rappellent longuement ses erreurs de jugement. Elle s'en voudrait de lui imposer les mêmes désagréments. D'un autre côté face à la Reine Rouge, la combattante la plus féroce des Amazones, elle risque de ne pas tenir très longtemps, sa force et sa pugnacité sont légendaires.

Admirant la silhouette sculpturale de son adversaire, qui se met en position de combat, Lys observe attentivement le moindre de ses gestes, goûtant à l'avance cette passe d'armes, car nulle Amazone ne s'aviserait de défier la Reine, et elle la petite dresseuse effacée a l'occasion de lui prouver sa valeur dans une joute à mains nues, ce qui est à son humble avis, la meilleure façon de se battre. C'est déjà pour elle une immense victoire, car qu'elle perde ou qu'elle gagne, elle aura eu ce privilège unique. Les genoux fléchis, les mains en avant prête à saisir celles de Lyséis, Antiopé est prête, et provoque gentiment la jeune éleveuse de son regard émeraude. Celle-ci tient à mettre quelques détails au clair avant de commencer.

- Un combat ? Tu es sûre ? Tu ne crains pas que je ruine tes efforts pour vernir tes ongles, ou tresser joliment ces boucles rousses qui viennent manger tes joues ? La taquine-t-elle à son tour, mutine, un sourire de défi étirant ses lèvres. Puis elle tourne lentement autour de son amie, sans pour autant se mettre en position de lutte. Si Lys a appris une chose avec Vyseris, c'est qu'un combat n'est gagné que lorsqu'un des belligérants demande grâce dans le meilleur des cas. Et c'est souvent parce que sa sœur la sous-estimait qu'elle parvenait à prendre le dessus. La Reine ne commettrait pas la même erreur. Quoique ...

- Tu connais bien mes faiblesses, ma Reine, je ne peux refuser un tel honneur, et je vais essayer d'oublier qui tu es, pour donner le meilleur de moi-même … Qui sait ? Je parviendrais peut-être à te surprendre … Termine-t-elle avec un sourire carnassier étincelant, achevant son cercle autour d'Antiopé, elle frotte ses mains l'une contre l'autre, fait craquer ses mains, sans quitter son amie de ses yeux gris acier.

Avant de prendre place dans l'arène de verdure, Lyséis ôte le glaive qui pend à sa ceinture de cuir, et le lance derrière elle, elle repousse ses mèches blondes par dessus ses épaules, et se campe face à sa souveraine dans la même position d'attaque. Elle est prête à en découdre avec … sa Reine ! Une vague d'appréhension la submerge, c'est de la folie, mais d'un autre côté, l'excitation de la lutte la galvanise ! Qu'Artémis lui vienne en aide ! Bon sang il ne faut pas qu'elle y pense, Antiopé est aussi son amie, son amie la plus chère, elles s'amusent, ce n'est qu'un jeu sans conséquence ! Un entraînement comme elle en a déjà connu des centaines avec Vyseris ! Du nerf ! Elle peut résister assez longtemps pour peut-être la faire douter, elle doit trouver la faille, elle est capable de la vaincre …

- Allez ma Reine, à toi l'honneur d'engager le combat ! La défie-t-elle du regard, et de ses mains qui effleurent à peine les siennes, se dérobant à la prise, attendant l'assaut, bien plantée sur ses jambes, dont les muscles longs se gainent pour recevoir le choc de la première attaque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Sam 2 Mar 2013 - 8:19

Tout en attendant que la blondinette se mette enfin en position, la Reine Rouge sourit à ses taquineries. Il faut avouer qu'elle les a bien cherchées, ces railleries, en asticotant la jeune femme, plutôt deux fois qu'une, puis en lui annonçant tout de go qu'elle ne lui résisterait pas longtemps, pas plus de quelques minutes, d'un ton résolu masquant bien les légers doutes qui l'effleurent malgré tout quant à l'issue de leur épreuve de force.

- N'as-tu pas encore fini de tourner en ronds, petite chipie ! Si tu cherches à t'enfuir, cours plutôt en ligne droite ! Et c'est trop tard, de toute façon tu ne m'échapperas pas !

Plutôt satisfaite de ce dernier persiflage, elle secoue à nouveau cette longue crinière fauve et rebelle qui dégringole le long de ses joues, pour montrer à Lyséis que sa coiffure n'a, en cet instant précis, que peu d'importance. Puis elle se raidit, elle se concentre, car sa rivale et amie est enfin prête. Celle-ci lui laisse d'ailleurs l'opportunité de lancer les hostilités, tout en continuant à la défier de ses yeux gris, et en louvoyant avec les mains, en finassant un peu, en se dérobant, en les retenant, afin de les garder hors de portée de celles d'Antiopé. On va voir ce qu'on va voir, ma belle enfant ...

La Reine ne tergiverse pas davantage ! Il s'agit d'un combat où personne ne perdra la vie, où personne ne sera blessé, alors une seule tactique : foncer droit devant, charger comme un bélier, et gagner la partie au plus tôt ! Inutile de ruser. Antiopé s'élance donc la première, ce qui, d'après sa longue expérience du corps-à-corps, constitue un avantage substantiel, car Lys sera ainsi contrainte à la défensive. Les mains de la Reine happent vivement celles de la dresseuse, et leurs doigts s'enchevêtrent, se nouant inextricablement. La souveraine produit son effort, et l'impact est rude ! Lyséis recule légèrement sous l'effet de l'assaut d'Antiopé. Très légèrement. La Reine en est un peu décontenancée, car elle escomptait prendre directement l'ascendant, mais elle poursuit son offensive avec beaucoup de vigueur. Cette fois, cependant, Lys ne recule plus. L'élan de la souveraine est bloqué net, les deux adversaires paraissant de force sensiblement égale. Antiopé récupère un instant, puis renouvelle l'attaque, avec la même véhémence, mais sans plus de succès. La résistance que lui oppose la blonde la sidère. La faire plier va se révéler beaucoup plus ardu qu'elle ne l'imaginait !

Qu'importe, elle y arrivera ! Un échec est inconcevable ! La Reine Rouge ne peut être défaite par une jeune amazone qui n'est même pas une véritable guerrière. Et elle bande à nouveau ses muscles, jette toute son énergie dans la bagarre, s'arc-boute un maximum sur ses longues jambes nerveuses, mais rien n'y fait. Repousser une montagne ne lui paraîtrait pas plus inaccessible. Son ravissant visage se crispe. Ses yeux verts expriment toute sa volonté, toute son obstination, mais aussi son trouble et son désarroi. Terminé de fanfaronner. Son sourire un brin condescendant a disparu. L'effort est devenu douleur. L'effort est devenu rictus. Aucune des deux amazones ne veut plier, bien évidemment, mais Antiopé ressent confusément qu'elle n'aura pas le dessus. Ses bras faiblissent déjà, ses bras faiblissent bien trop vite. Ses forces l'abandonnent. Elle grimace, non pas de douleur, bien-sûr, mais d'impuissance. Les muscles de ses bras se tétanisent, ils renoncent lentement à poursuivre la lutte. Seuls l'opiniâtreté de la rousse et son fantastique orgueil lui permettent de ne pas abdiquer. Mais elle ne tiendra plus longtemps. Elle contient malaisément un gémissement d'impuissance. Par Artémis, comment est-il possible qu'une femme aussi jeune que Lyséis soit déjà aussi forte ? Et que ce visage si doux, encore enfantin, soit celui d'une rivale hors normes ? Jamais, non jamais Antiopé ne pourra triompher d'elle !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Dim 3 Mar 2013 - 21:31

Rude est l'attaque, mais Lyséis s'y attendait, la réputation de combattante de la Reine Rouge est loin d'être une fable. Si elle pressentait la violence du choc, elle doit quand-même reculer de deux pas pour l'absorber, mais cependant, à sa plus vive surprise, elle parvient à résister, à contenir l'assaut. Elle qui pensait être balayée, dès la première offensive de sa rousse amie, elle est toujours debout face à Antiopé, qui a entremêlé leurs doigts avec autorité, et la pousse avec la détermination de celle qui a le combat en main. Mais la jeune dresseuse, aiguillonnée par sa propre résistance, prend de l'assurance et déjoue peu à peu l'avantage de sa souveraine.

Oublié la royale ascendance de son adversaire ! Comme Antiopé lui a demandé, Lyséis met toute son âme, toute sa vigueur, dans cet affrontement sans risque, ni pour l'une ni pour l'autre, si ce n'est celui de perdre la partie et de voir son orgueil quelque peu ébréché. Elle veut prouver sa valeur, elle qui se cache souvent derrière son travail de dresseuse, qui va rarement sur le champ de bataille, elle tient à convaincre sa Reine qu'elle est une guerrière, et pas des moindres. Lys y emploie toute la fougue de sa jeunesse, et lorsqu'elle avance à son tour sur sa Reine, l'allégresse qui l'envahit est grisante, exaltante, et elle pousse sur ses jambes, sur ses bras, sans vergogne, faisant reculer son adversaire.

Dans les yeux émeraude de sa rivale-amie, elle voit se succéder la stupeur, la confusion, la rage, mais aussi la fatigue, qui s'inscrit douloureusement, bouleverse les traits de son joli minois et la fait grimacer impitoyablement. Les muscles de ses bras sont tétanisés par les efforts qu'elle fournit, et tressautent, cruel indice de ses difficultés à la repousser. Lyséis sait qu'elle souffre, elle a connu cette sensation face à Vyseris, l'impuissance à réagir, mêlée de colère, de douleur, de dépit. Mais pour rien au monde elle ne reculera, elle ne baissera pas sa garde, et elle poursuit sa contre-attaque, appuyant de toutes ses forces sur ces mains qu'elle sent faiblir sous sa poussée conquérante. Elle domine bientôt la Reine des Amazones, mais elle se garde bien de crier victoire, car la fierté, l'obstination d'Antiopé sont fameuses. Lentement elle progresse, et contraint ainsi sa belle adversaire à mettre un genou dans l'herbe qu'elles ont piétinée, puis l'autre.

Pendant quelques secondes qui paraissent des siècles à Lyséis, elles restent ainsi, les yeux dans les yeux, émeraude contre acier, se jaugeant, se mesurant, s'affrontant du regard. La jeune dresseuse refuse de se laisser impressionner par sa Reine qui lutte encore. Là, sur ce promontoire, elles ne sont plus que deux Amazones qui se combattent loyalement. D'une dernière charge, Lys renverse brusquement Antiopé sur le sol, et bloque ses poignets dans l'herbe de chaque côté de son visage congestionné par les efforts, par la colère, aussi probablement. Mais pas question de flancher ! Elle a l'avantage !
Elle se jette à genoux contre le flanc haletant de son amie, qu'elle immobilise en pesant de tout son poids, pour l'empêcher de se tortiller sous elle. Voilà ! Elle peut souffler quelques instants, Antiopé ne retournera pas la situation tout de suite, Lys a gagné le premier round. Penchée au-dessus d'elle, elle mesure leurs efforts à leurs souffles précipités, à leurs poitrines qui se soulèvent si rapidement, de façon désordonnée, à la sueur qui perle sur leurs fronts. Elles n'ont pas fait de quartiers, ni l'une ni l'autre. Mais le combat n'est pas encore terminé. La Reine n'a pas abandonné. Et elle non plus ! Mais elle se doit de lui proposer d'arrêter là.

- Premier round, ma Reine, halète-t-elle, en défiant de son regard gris fumée, les magnifiques prunelles de jade.
- On continue ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Lun 4 Mar 2013 - 15:25


La Reine l'a ressenti dès l'entame de leur corps-à-corps, la jeune Lyséis est la plus forte. Et, en dépit de son expérience et de son art de la lutte, Antiopé n'a pas fait illusion bien longtemps, ses coups de boutoir se révélant tous stériles, alors que ceux de sa rivale et amie l'épuisaient rapidement. Lorsque le corps capitule, lorsque les bras mollissent, lorsque la puissance s'effiloche, nulle hargne, nulle volonté ne peuvent y suppléer. La blonde prend donc irrémédiablement l'ascendant sur sa souveraine, sans ménagement, et sans obséquiosité, ainsi qu'elle le lui a réclamé. Sans tenir compte de son aura, de son prestige. Avec rudesse mais sans violence. Et Antiopé perd pied, de plus en plus, ce qui est d'autant plus douloureux que c'est totalement inattendu. Les poussées successives de l'éleveuse la contraignent à poser un genou dans l'herbe, puis le second, ce qui l'amène à une posture pour le moins inconfortable, le corps ployé vers l'arrière, le dos singulièrement incurvé, ses longues boucles rousses balayant sous sa nuque le sol du vaste promontoire.

La prestigieuse souveraine n'abdique pas, non, même si sa position devient déjà inextricable. Elle est roseau, elle plie mais ne rompt point, du moins pas encore. Sa résistance et sa fierté ne sont pas un mythe. Elle n'abandonnera qu'en toute dernière extrémité. Lorsqu'elle n'aura plus d'autre choix. Volontairement ou non, Lys lui offre d'ailleurs l'opportunité de souffler un brin. Elles se mesurent des yeux, et Antiopé ne baisse pas les siens. Cette trêve toute relative n'est d'ailleurs qu'éphémère. Sans doute la jeune éleveuse en avait elle besoin autant qu'elle. Mais c'est reparti pour un tour ! Lyséis produit un nouvel effort, ses bras robustes supplantent à nouveau ceux de la Reine, ce qui suffit largement pour la renverser totalement. Voilà Antiopé clouée au sol, les épaules plaquées au cœur des herbes folles, son opposante pesant de tout son poids sur elle pour l'immobiliser tout à fait. Frimousse de la blonde et faciès harassé de la rousse se font face. Œillades farouches. Gris acier, dominateur, et émeraudes fourbues mais encore furibondes. Les deux jeunes femmes récupèrent à nouveau, cherchant leur second souffle, même si les mains de la souveraine sont toujours captives de celles de Lys.

D'ailleurs, la dresseuse, du haut de sa position prédominante, s'estime déjà sur le point de remporter la première manche. Et c'est logique, compte tenu de la vulnérabilité criante de la rousse. Cependant, elle offre à la Reine l'opportunité d'en rester là, d'éviter qu'il y ait une gagnante et une perdante. Et ça, c'est mal connaître Antiopé. Pas question pour elle d'accepter un tel compromis. Elle fera de son mieux pour reprendre le dessus, aussi longtemps qu'il lui restera un soupçon d'énergie ! Et si ses bras fourbus sont solidement maintenus au sol par la poigne autoritaire de Lyséis, ses longues jambes parfaitement galbées et bottées de cuir écarlate sont libres de tout mouvement, sa blonde rivale n'ayant pas encore eu l'opportunité de la chevaucher entièrement pour affirmer sa supériorité manifeste. C'est la seule chance qu'il demeure à la souveraine de se dégager de l'emprise exercée par la jeune amazone.

- Oui, bien-sûr qu'on continue ! ... rétorque la souveraine, parvenant à sourire malgré tout. Tu es bougrement forte, Lys, mais je n'ai pas dit mon dernier mot ! ... ajoute t-elle tout de go, même si son corps tout entier appréciait ce court instant de répit.

Et soudain Antiopé se tord pour libérer complètement ses jambes, et elle réussit à les nouer autour de la taille de sa rivale et amie. D'un vigoureux coup de reins, elle l'entraîne au sol, à ses côtés, cherchant à la dominer à son tour. Hélas, ses mains sont toujours prisonnières de la poigne de Lyséis, et son sursaut en est sévèrement compromis. Les deux jeunes femmes roulent cependant dans l'herbe, geignant et ahanant péniblement, amarrées l'une à l'autre, et elles roulent, et roulent encore, jusqu'à ce que l'une d'entre elles réussisse à chevaucher sa rivale. Et cette fois, au prix d'un effort gigantesque, et bénéficiant sans doute de sa longue pratique de la lutte, c'est Antiopé qui se retrouve en position dominante. Elle couvre entièrement Lys de son corps joliment athlétique, cherchant à lui river les mains au sol. Mais sa tâche est bigrement complexe, et son visage se crispe à nouveau, tant ses épaules et ses biceps sont endoloris, et tant sa rivale paraît robuste et déterminée. Par Artémis, triompher de Lyséis lui semble à nouveau au-dessus de ses forces ...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Ven 8 Mar 2013 - 9:02

Même dans la lutte, dans l'adversité, la Reine Rouge reste magnifique, d'une beauté à couper le souffle, et le sourire qu'elle adresse à Lys, n'est pas loin de faire perdre tous ses moyens à la jeune dresseuse. Qu'Antiopé refuse de stopper le combat, la réjouit infiniment, d'abord parce qu'ainsi elle va pouvoir prouver sa valeur, mais surtout parce qu'elle a toujours admiré la force de caractère de son amie, et ses qualités de combattante hors pair, elle aurait été déçue que celle-ci abandonne si vite. D'ailleurs d'un coup de rein aussi soudain que puissant, Lyséis se voit déséquilibrée et entraînée dans l'herbe, pour plusieurs roulades, chacune luttant pour prendre l'avantage.

Forte de sa prise sur les mains de la Reine, Lys tente de la conserver, malgré les efforts farouches de celle-ci pour les libérer. Elles roulent encore, agrippées l'une à l'autre, comme deux naufragés à la main qui peut les sauver de l'abîme. Plaintes sourdes, souffles haletants se mêlent comme les corps souples des deux lutteuses qui cherchent la faille, l'erreur ultime de l'adversaire. À la dernière roulade, Antiopé prend l'ascendant, pesant de tout son poids sur la dresseuse, elle tente de repousser ses mains et de les bloquer au sol. Son beau minois se contracte violemment, tout comme ses épaules et ses bras dont les muscles poussés dans leurs derniers retranchements, saillent, sous les yeux de Lyséis, qui ne panique pas pour autant devant cette démonstration de force.

L'usure insidieuse des efforts âpres de sa rivale se lit sur ses traits altiers, son visage perlé de sueur est juste au dessus de celui de Lys, elles se mesurent à nouveau du regard, dureté de l'acier contre pureté de l'émeraude, chacune dissimulant au mieux ses émotions, ses sentiments, ses intentions. La dresseuse entreprend de contrer l'attaque royale, avec une lenteur calculée, progressivement, elle repousse les mains d'Antiopé, qu'elle tient toujours fermement entre les siennes. Opiniâtre, elle est fortement maintenue au sol, mais peut y puiser un appui solide, et elle amène peu à peu les bras de son adversaire dans son dos. La Reine a beau se débattre, Lyséis parvient à bloquer ses poignets, et les remonte un peu plus haut qu'elle ne le voudrait, tordant certainement les membres endoloris de son amie, tant celle-ci se tortille dans l'étau de ses bras.

Bientôt la valeureuse Antiopé sera à sa merci, elle doit tenir bon, elle l'a quasiment immobilisée, malgré tous ses efforts, tous ses réflexes de défense. Lys assure encore sa prise peu académique, mais efficace. Peu à peu elle resserre l'étreinte de ses bras, guettant sur son visage grimaçant, les réactions de son amie-rivale. Elle ne veut surtout pas lui faire de mal ou la blesser par mégarde, en allant trop loin. Elle désire juste gagner ce combat amical, que son opposante, son amie reconnaisse sa valeur et sa combativité, qu'elle la considère aussi comme une guerrière digne de combattre à ses côtés. Et elle est sur le point d'y arriver, aussi s'applique-t-elle à conserver sa position, utilisant ses forces avec mesure, bien qu'elle aussi ressente une certaine lassitude. La lutte a été intense, l'adversaire vaillante, belle sera la victoire …

Cette fois la Reine Rouge est bel et bien captive de la jeune dresseuse de chevaux, mais c'est à la souveraine de décider si c'est la fin de ce duel, si elle abandonne, si Lyséis a gagné la partie.

- Ma Reine, tu es en mon pouvoir, à présent, je ne te lâcherai plus. Je crois bien que j'ai gagné, non ? Je ne voudrais pas te faire mal, en serrant plus fort, mon amie. Accorde-moi la victoire, et je te libère sur le champ … déclare Lyséis plantant son regard déterminé dans les yeux de jade pur de sa souveraine prisonnière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Ven 8 Mar 2013 - 20:36

Antiopé le craignait, elle le subodorait, elle ne s'en sortira pas, ses forces ne suffiront pas à terrasser sa blonde amie. Elle a beau se faire violence, lutter à s'en démettre les épaules, à s'en déchirer les muscles des bras, elle a beau tenter d'ignorer cet endolorissement qui se propage en elle, comme un virus insidieux et destructeur, rien n'y fait. A l'avenir, elle réfléchira à deux fois avant de défier une autre amazone, même pour un corps-à-corps amical ! Et, progressivement, mais de manière inéluctable, Lys la repousse, lui refoule les mains et les poignets vers l'arrière, lui replie les bras jusqu'à les lui croiser dans le creux des reins. Et la blonde n'en reste pas là, elle assure calmement sa prise, au point d'assujettir totalement la Reine à son emprise, s'ingéniant toutefois à l'immobiliser sans la malmener outre mesure. La souveraine se rend à l'évidence, la voilà à la merci de son adversaire et amie. Seul son colossal orgueil lui ordonne de se débattre encore, mais chacun de ses efforts ne fait qu'accentuer la pression des bras de Lys sur ses hanches et sur sa taille. C'est sa propre résistance qui contraint l'éleveuse à consolider son étreinte afin de maîtriser ses ultimes contorsions.

C'est la fin, Antiopé est vaincue. Bien-sûr, s'il s'agissait d'un combat véritable, contre un adversaire réel qui la dominerait de la même manière et la priverait de tout mouvement, la Reine Rouge pourrait encore tenter de se débarrasser de lui en lui expédiant un violent coup de boule dans la face, mais c'est hors de question avec son amie, qui, en somme, n'a fait que relever son défi et suivre ses instructions en jouant honnêtement le jeu, sans tenir compte de son rang de puissante souveraine des amazones.

C'est la fin, Antiopé se résigne. Elle se soumet, elle n'a pas d'autre choix. Et Lys l'a bien compris. Sans se montrer ni moqueuse ni triomphante, mais tout simplement lucide et sûre d'elle, la jeune dresseuse réclame cette victoire qu'elle a méritée. Et alors, seulement alors, lorsque la Reine aura reconnu sa défaite, elle lui rendra la liberté. La blonde est à peine essoufflée, sa voix se veut déterminée, son regard aussi, ce qui laisse pressentir qu'elle n'a pas atteint ses limites, qu'elle a toujours des réserves, et qu'elle pourrait encore combattre un bon moment. Par Artémis, où, quand et comment s'est-elle forgée une telle force ?

Épuisée, défaite, Antiopé ne lutte plus. Elle a dépassé le seuil de sa résistance. Elle se décrispe, son corps se décontracte et s’affaisse lentement sur celui de Lys, même si ses mains sont toujours prisonnières de celles de son amie. Ses yeux mi-clos, aux émeraudes éteintes, reflètent l'abandon que son corps tout entier accepte enfin. Est-ce en raison de ce relâchement complet ? Sans doute. Le long râle de frustration et d'impuissance qu'elle maîtrisait vaille que vaille s'échappe enfin de ses lèvres, avant de mourir entre leurs visages, proches à se toucher. Les longs cheveux roux de la souveraine, enveloppant son visage magnifique, et accrochant la douce lumière du matin, à travers les cèdres de la colline, ruissellent comme de soyeuses cascades fauves sur les traits charmants de l'éleveuse, lui caressant le front, les joues, avec délicatesse. La Reine est vaincue, certes, mais à l'exception de ce gémissement qu'elle n'a pu contrôler, elle reste fière et digne dans la défaite. Elle qui s'était juré de ne jamais se rendre à quiconque, se soumet cependant, car c'est devant une amie qu'elle baisse pavillon. Déjà, elle imagine une revanche, où elle se montrera plus circonspecte, où elle évitera de se précipiter sottement dans l'étau des bras de Lys. Mais ceci viendra en son heure. Le temps s'écoule lentement dans la prairie. Rien ne presse.

- Je t'accorde volontiers cette victoire, bien entendu. Tu es une adversaire bien surprenante, et sous ta frimousse d'ange se cache un tempérament de feu. Il faudra que tu m'expliques comment tu entretiens une telle vigueur, une telle robustesse. Antiopé sourit, et ses dents brillent comme ces galets polis que roulent les océans. A présent je pense que tu peux envisager de me libérer, ma belle amie, afin que je puisse récupérer un brin, et rajuster ce corsage que tu as bien malmené et qui a bien failli renoncer à me couvrir la poitrine ...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Dim 17 Mar 2013 - 18:12

Est-ce l'euphorie de la victoire, le soulagement de constater que son amie ne lui en veut pas, qu'elle n'a pas de mal, ou simplement le relâchement légitime après cette lutte acharnée, toujours est-il que subtilement, l'atmosphère entre les deux valeureuses amazones se pique d'autre chose, d'une tension différente, plus sensuelle, après les confidences d'Antiopé. Et si Lyséis desserre quelque peu son étreinte, elle rechigne soudain à se séparer de ce corps superbe qui pèse délicieusement sur le sien, depuis que la Reine a cessé de lutter. En outre sa curiosité l'a poussée à risquer un regard discret vers cette peau nacrée, dévoilée sournoisement par leurs efforts tenaces pour obtenir la victoire. Et la voilà infiniment troublée par ces superbes globes laiteux, pressés divinement contre sa poitrine. Lentement, elle libère les bras de sa complice, mais elle laisse une main, légère, au creux de ses reins, pour la retenir encore un peu, là tout contre elle, pour prolonger ces minutes d'intimité qui ne se renouvelleront peut-être pas de sitôt.

- Merci ma Reine, tu me flattes, mais venant de toi, ces compliments me sont vraiment précieux. Je n'aurais jamais imaginé, en te suivant tout à l'heure, que nous en arriverions à ce combat et surtout à ce résultat. Je t'accorderai volontiers une revanche, mais pas maintenant, tu m'as donné du fil à retordre, tu es diablement forte, j'ai besoin de récupérer un peu. Attends, laisse-moi faire, je vais t'aider ! s'entend-elle dire d'une voix altérée par une émotion intense qu'elle ne contrôle plus, mais qui lui donne brusquement un aplomb qu'elle ne se connaissait pas.

De son autre main, elle saisit délicatement l'une des bretelles d'Antiopé pour la remettre en place. Soudain une fulgurante envie de renverser dans l'herbe, sa si séduisante amie, la saisit, une envie de l'embrasser à perdre haleine, d'achever de dénuder cette poitrine si désirable, de caresser tendrement ce corps parfait … Si forte que sa respiration s'accélère, et que sa main reste en suspens un instant … Mais la lanière de tissu, couleur coquelicot, reprend bientôt possession de l'épaule ronde de la Reine Rouge, et changeant de main, Lys remonte l'autre, mais cette fois, elle ne quitte pas des yeux, le visage d'Antiopé, guettant la moindre de ses réactions. Et son geste se fait plus langoureux, plus caressant, ses doigts s'égarent sans équivoque, sur la peau d'ivoire, tendre avant de replacer l'épaulette écarlate.

Puis resserrant doucement l'étreinte de son bras au creux des reins de sa Reine, Lyséis écarte délicatement, de sa main hésitante, les longs cheveux de feu qui balaient leurs visages, si proches que leurs souffles, encore haletants se mêlent. Envoûtée par les yeux d'émeraude voilés de lassitude, elle effleure timidement de ses doigts le minois détendu et souriant qui la surplombe, avant que son regard ne glisse sur les lèvres corail entrouvertes, tentantes, comme ces friandises interdites qu'on ne peut s'empêcher de chiper quand même.

Osera-t-elle ? Antiopé la repoussera-t-elle ? Lui en voudra-t-elle de sacrifier leur amitié dans ce geste déraisonnable ? Mais ne pas oser pour regretter ensuite sera encore pire ... Peu importe, Lys est tenaillée par le besoin viscéral de savoir. Doucement elle se soulève pour frôler de sa bouche, celle si douce, de la Reine Rouge, puis elle ose, elle l'embrasse franchement, savourant la texture veloutée de ses lèvres, leur goût légèrement salé, elle glisse sa main dans son cou, sous la masse folle des ses boucles rousses, attirant vers elle, plus près encore, le fier visage qu'elle admire en silence depuis si longtemps, laissant parler son cœur et ce désir fou qui la submerge, la libère, lui donne toutes les audaces face à la majestueuse Reine des Amazones … Quitte à essuyer la plus grosse défaite de sa courte vie ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Lun 18 Mar 2013 - 19:31

Un sourire de la Reine, l'aveu de son renoncement, de sa défaite, et aussitôt sa prison se fait douce. Infiniment douce. La poigne de fer de Lys devient velours, et la blonde guerrière libère sa rousse adversaire. Pas tout-à-fait, cependant ! Une main de la dresseuse s'attarde au creux des reins de la souveraine, une main douce et tendre comme le souffle du vent, une main qui dessine de fragiles et impalpables méandres sur sa peau nue, une main qui la retient sans la retenir, une main légère mais lourde d'un sens profond que la Reine interprète aisément. Cette sensation est exquise, tout comme celles que diffusent leurs corps encore emmêlés, leurs poitrines qui s'épousent, leurs souffles qui se confondent. Antiopé n'a nulle envie d'échapper à cette délectable caresse, à ce délicieux frisson qui l'assaille au plus profond d'elle-même. Elle s'abandonne, elle se donne déjà, sans savoir ce qui l'attend. La voilà à nouveau prisonnière de cette amie qui est déjà beaucoup plus qu'une amie. La voilà prisonnière de l'acier brûlant de ses yeux gris, prisonnière de ce regard qui l'enveloppe entièrement, qui plonge jusqu'à son cœur, et qui, le coquin, se pose même furtivement sur ses seins largement dénudés par les multiples contorsions de leur duel.

Ensuite, des mots. Des mots qu'elle entend mais n'écoute pas, remarquant uniquement l'émotion qu'ils transportent. Seule compte désormais la main de Lys qui joue avec les bretelles de son corsage écarlate. Va t-elle oser les ... ? Non, mais l'effet est identique, les seins d'Antiopé se tendent vers elle, orgueilleux, insolents, à l'image de la souveraine, d'autant plus que la guerrière prolonge délibérément la scène et fait frémir et languir encore davantage la Reine aux cheveux de feu.

Et l'alchimie agit, leurs gestes s'enchaînent de manière naturelle. Antiopé n'est plus une Reine en quête de légende, elle n'est plus une détrousseuse de grand chemin à l'affût de richesses, elle n'est plus qu'une femme superbe répondant aux tendres sollicitations d'une autre femme superbe qui l'émeut et la trouble profondément. Inconsciemment ou non, elle espérait sans doute un tel cheminement dans leur relation. Un vaste océan, dit-on, mène de l'amitié à l'amour, un océan plein de remous et de tempêtes, mais elle le franchira volontiers avec Lys. Leurs lèvres se joignent donc, d'abord hésitantes, d'abord léger butinement d'abeille, effleurement superficiel, mais le désir n'attend pas, le désir est roi, le désir impose sa loi. Le désir est un ouragan qui les emporte. Leur baiser devient farouche, les doigts d'Antiopé se perdent à leur tour sous les boucles blondes et inapprivoisées de l'éleveuse de pur-sang, puis se font plus possessifs, plus déterminés, et se faufilent sans retenue sous le corsage couleur d'émeraude de la jeune femme. C'est un nouveau corps-à-corps qui soude les deux superbes créatures, aussi sauvage que le précédent, aussi intense, car les amazones sont aussi féroces en amour qu'à la guerre. Cette longue étreinte les fait rouler dans l'herbe folle, étroitement serrées, les jambes nouées, pour les laisser ensuite haletantes, à bout de souffle, autant qu'à l'issue de leur épreuve de force.

Allongées côte à côte, les doigts toujours enchevêtrés, elles cherchent alors à récupérer un brin, pour permettre à leur cœur de retrouver un rythme moins démentiel. La Reine Rouge est la première à se tourner face à son amie. S'appuyant sur un coude, elle s'approche, se penche, et dépose un baiser sur le ventre dénudé de Lyséis, sans arrière-pensée, sans calcul, affectueusement. De la main, elle discipline un brin la chevelure ébouriffée de la blonde, qui lui couvre partiellement le visage, et elle sourit. Toujours amie, toujours complice, toujours sœur, mais avec, en plus, infiniment de tendresse.

- Hé bien, ma jolie fleur de Lys, voilà une double étreinte que je n'oublierai pas de sitôt. Une étreinte doublement surprenante. La première m'a époustouflée. Tu es diablement forte. J'ignore toujours comment tu t'y es prise pour l'être autant. Et pour me malmener et me terrasser ainsi. J'accepte volontiers la revanche que tu m'as proposée, et d'ailleurs j'allais te la demander. Par contre, pour l'unité de la tribu, j'aimerais que tu ne parles pas de mon impuissance à te résister, sinon certaines guerrières vont ironiser à mon propos et tailler ma réputation en pièces car elles ignorent à quel point tu es coriace. Quant à notre seconde étreinte, j'en suis ravie. Je suis heureuse que tu aies fait le premier pas. Nous sommes amies depuis tellement longtemps que jamais je n'aurais imaginé cela, même si, à la réflexion, cette délicieuse perspective m'a sans doute effleurée aussi. J'ai adoré, et j'en redemande. Sache que c'est beaucoup plus qu'une simple histoire sans importance, un simple feu de paille, et que je tiens énormément à toi. A ton amitié, à ta tendresse, et à ce qui en découlera. De plus ...

Mais soudain, à quelques pas des amazones, les chevaux manifestent leur inquiétude et leur nervosité en secouant vigoureusement leur crinière et en raclant leurs sabots contre le sol rocailleux. Et Antiopé s'interrompt, tendant vivement la main pour empoigner son arc et son glaive ! Et Lys fait de même ! Quelqu'un approche sans doute ...



Dernière édition par Antiopé le Dim 24 Mar 2013 - 19:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
FonDADAïste
FonDADAïste
avatar
Localisation : Islande. Dans les Rhododendrons.
Occupation : Piano et Piano. Dictatrice à ses heures perdues.
Humeur : Changeante...?
Date d'inscription : 21/04/2012
Messages : 553
Double compte : Hélène

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Dim 24 Mar 2013 - 17:19

    On eût dit un tableau printanier, un paysage impressionniste. Les papillons farandolaient joyeusement, se laissant aller avec la brise saisonnière et tournoyaient avec grâce. Un vent frais caressait les herbes folles et toute la nature semblait se mêler à cette danse calme et fluide, aussi légère que les clapotis d'une onde claire. Tout était si calme, et pourtant, non loin de là de l'autre côté de ce tableau, deux farouches amazones se bagarraient (rien de bien méchant, pas de quoi vous alarmer).

    Et pendant ce temps, là bas, dans le lointain, u ne silhouette furtive se dessinait. Qui était donc cette furie qui courait de droite à gauche, comme une folle (ou plutôt, comme une enfant), sans avoir la moindre idée de sa destination ? De temps à autres, elle se jetait dans l'herbe et enchaînait un maximum de roulades puis se relevait en titubant, car la tête lui tournait à force d'enchaîner ces culbutes. Et par moments, elle s’élevait dans les airs et valsait avec les papillons... Elle pouvait voler ! Un animal terrestre l'accompagnait, et essayait de la suivre dans ses envolées... Un renardeau. Les voilà qui approchent. La fille était jeune et belle, et ses longs cheveux couleur miel étaient couverts de fleurs multicolores, et à ses pieds, elle portait deux élégantes sandales ailées et agitées... Ces chaussures épatantes, elle les avait volées à un homme qui l'avait importunée. Elle n'était pas toujours commode, cette fille. Et ce jour là, elle essayait ses nouvelles chaussures, et subissait les caprices de ces spartiates remuantes. Quant au renard, il la suivait comme un chien, imitant toutes les pitreries de sa maitresse, un sourire aux lèvres (oui, c'est un renard, et alors ?). Ah ! Aviez-vous déjà vu tant d'innocence et de joie ?

    Cette fille, c'était la nymphe Daphné. Et elle allait bientôt tomber sur les deux fières amazones dont je vous parlais tout à l'heure. Tomber... au sens propre. Comme le renardeau peinait à la suivre, la nymphe le prit dans ses bras, et s'envola avec lui, frôlant les nuages... Mais voilà, elle ne maitrisait pas encore ses talarias. Alors soudain, les ailes cessèrent de battre... Et Daphné et son ami rouquin s'écrasèrent mollement sur les deux amazones qui étaient allongées côte à côte dans l'herbe. Presque instantanément, la nymphe se releva et fit un bond de côté, aux aguets, et l'animal en fit autant.

    Hors de mon chemin les filles, je n'ai pas de temps à perdre ! s'exclama t-elle avec nonchalance en dévisageant les deux femmes.

    Le renardeau leur tira la langue. Ils ne savaient pas du tout à qui ils avaient affaire. Innocentes créatures !

    Daphné essaya de décoller à nouveau, mais ses chaussures n'en faisaient qu'à leur tête (heu... ces chaussures ont de l'esprit !) et l'obligeaient à multiplier les saltos avants. La nymphe jura avant de s'étaler à nouveau par terre, percutant les amazones.

    Oh ! Qu'est ce que je vous disais !

_________________

 FonDADAïste  


DAPHNÉ
"Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE"
Tristan Tzara- Manifeste Dada.
Dada




Dernière édition par Daphné le Dim 14 Avr 2013 - 12:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Mer 27 Mar 2013 - 17:16

Sur cette colline verdoyante, l'arène devient le berceau d'une nouvelle alliance, d'un nouveau couple. Le baiser de Lys, timide tentative, se métamorphose en une étreinte fougueuse entre les deux superbes guerrières. Surprise, la dresseuse ne boude pas son plaisir, son amie, sa Reine ne l'a pas repoussée et répond à ses avances au-delà de ses espérances. Alors elle prend, donne, s'offre sans réserve à celle qui éveille en elle, cette pulsion, ce besoin irrépressible, ce tourbillon de sentiments qu'elle avait de plus en plus de mal à lui dissimuler. Comme dans tout ce qu'elle fait, elle est entière, Lys, et sans concession. Elle aime, passionnément.

Ce bouillant corps-à-corps les laisse à bout de souffle, à bout de leurs forces déjà bien entamées par leur combat. Dans l'herbe fraîche, allongées côte à côte, encore haletantes, elles reposent, cette fois les mains sont restées nouées, et jouent l'une avec l'autre, tendrement. Ses yeux d'argent, fenêtre ouverte sur son coeur chaviré, brillent d'un éclat inhabituel, et se tournent vers le ciel. Lys tente de reprendre le contrôle de sa respiration, et de ses émotions, exacerbées par la réaction d'Antiopé. Quelques mèches blondes lui cachent fortuitement le visage, bouleversé par l'intensité de leur farouche étreinte. Perdue dans ses pensées qui s'entrechoquent, elle sursaute lorsque son amie vient déposer un baiser léger sur son ventre dénudé dans la bagarre, tressaillant au plus profond de son être, sous la caresse délicate de cette bouche si ardente. Une main légère dévoile alors ses traits émus, arrangeant ses boucles indisciplinées, dans un sourire tendre.

Et les mots déchirent le silence complice, la voix de la Reine s'élève, douce et enjouée, troublante aussi, Lys écoute mais n'entend pas tout, hypnotisée par ces lèvres de miel qu'elle vient d'embrasser à perdre haleine, et l'envie de recommencer encore et encore, la tenaille à la fois douloureuse et exaltante. Puis elle se raisonne et se concentre sur les paroles d'Antiopé, elle se doit de la rassurer, bien sûr qu'elle taira cette rencontre, il n'est rien qu'à elle, ce moment d'intimité, d'amitié, de tendresse, de passion. Jamais elle ne nuira à son amie, elle l'aime bien trop pour ça ! Et puis cette bagarre est presque sacrée à ses yeux, trop belle pour être partagée avec d'autres. Sans ce corps-à-corps amical, elle n'aurait pas osé, elle aurait du encore patienter, guetter le bon moment pour faire le premier pas vers sa bien-aimée ... Qui d'ailleurs fait le second, pour son plus grand bonheur, en lui avouant qu'elle a adoré ses baisers.

Lys se hisse à la hauteur d'Antiopé, pour lui faire face, l'assurer qu'elle ne dira rien, qu'elle lui accordera sa revanche, qu'elle est comblée par son étreinte, qu'elle a hâte de renouveler cette merveilleuse expérience. À son tour elle repousse de longues boucles de feu, doux prétexte pour effleurer son épaule d'ivoire. Oublieuse du monde, elle se noie dans les étoiles de jade aux pupilles sombres encore légèrement dilatées, elle veut tout lui dire, tout partager et …
Elle n'en a pas le temps, les chevaux s'agitent, visiblement inquiets, quelque chose, quelqu'un approche. Immédiatement aux aguets, les deux fières Amazones n'ont que le temps de mettre la main sur la poignée de leur épée qu'une chose molle et … poilue tombe sur elles. C'est une jeune fille effrontée qui aussitôt se relève et les apostrophe plutôt sèchement. Lys n'étant pas d'une patience d'ange avec les humains, se dresse vivement entre l'inconnue et sa Reine, l'arme au poing. Elle découvre alors qu'un petit animal roux, un renard, accompagne la demoiselle insouciante. Mais n'importe quel renard, il sait tirer la langue celui-là, à la plus grande stupeur de la guerrière !

* Que sont-ils donc ? Des créatures divines, des dieux ? * s'interroge avec une certaine inquiétude, Lyséis. Elle observe l'étrange comportement de l'impertinente blondinette qui tourne en rond dans les airs, avant de s'étaler à leurs pieds, manquant de les envoyer au sol, en les percutant. Et elle peste, l'intruse, nullement intimidée par leur présence. Lys comprend enfin que ce sont ses drôles sandales ailées qui sont incontrôlables et l'empêchent de rester debout. Pas de doute, elle n'est pas comme tout le monde, cette péronnelle ! Mais pas question de se laisser envahir par tous les timbrés de la Terre ! ... Ou de l'Olympe !

- Qui es-tu donc ? demande-t-elle, toujours menaçante, prête à en découdre, divinité ou pas. - Nous sommes des Amazones, tu es sur notre domaine ! Que nous veux-tu ? Parle si tu veux conserver ta misérable vie !

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Jeu 28 Mar 2013 - 13:34


Les guerrières ne l'ignorent point. A force de brigandage et de rapines, elles ont exaspéré la fine fleur des villes voisines, les marchands, les voyageurs, et même les gouvernants. Ces-derniers rêvent tous de les anéantir, par vengeance, et pour sécuriser le commerce entre leurs régions respectives. Dès lors, le péril peut jaillir de n'importe où, une patrouille peut les avoir suivies, une volée de flèches peut soudain s'abattre sur elles. Antiopé s'en veut d'avoir négligé durant un moment la surveillance de la prairie, même si ces instants passés dans les bras de Lyséis étaient infiniment charmants et délicieux.

La tension est donc montée d'un cran depuis que les chevaux ont manifesté leur inquiétude. Le regard gris acier de Lys et les yeux de jade de la Reine explorent la végétation qui les entoure. C'est de cette nature sauvage que surgira le danger, et les deux superbes créatures restent tapies l'une contre l'autre, au creux des herbes folles, se fondant parfaitement au somptueux décor champêtre. Cependant, aucun buisson ne tressaille, aucune branche ne s'écarte pour livrer passage à un visage ennemi. C'est étrange.

Et soudain, dégringolant des nues, une forme flexible et souple vient subitement s'affaler sur les deux guerrières, avant de se redresser précipitamment. Les amazones en font autant, après un instant de surprise, et elles examinent l'impudente. Qui donc ose venir perturber ainsi la sérénité et les amours saphiques et dévorants d'une Reine et de sa tendre favorite ? Tandis qu'Antiopé s'indigne et prend la mouche, Lys a réagi instantanément, se campant fermement entre la Reine et la surprenante apparition. Par-dessus l'épaule de sa blonde amie, la souveraine note alors que l'étrange femelle a laissé s'échapper de ses bras un renardeau impertinent qui leur tire la langue. Le comportement de cet animal est bizarre, et même incongru, mais pas franchement inquiétant. L'Olympe a engendré une foule de bestioles hors du commun, mais il faut autre chose qu'un avorton court sur pattes pour déconcerter deux des plus puissantes guerrières de la tribu. Et s'il recommence, les amazones lui couperont la langue, ou le cou, et offriront sa dépouille aux corbeaux de la prairie. Ce couple est décidément bien assorti, les deux énergumènes paraissant aussi timbrés et inconscients l'un que l'autre, car la donzelle, chaussée de Talarias, cherche à nouveau à prendre son envol. Essai peu concluant, car l'ovni, c'est à dire l'Ondine, ou l'Originale, Volante et Non Identifiée, revient se vautrer au pied des deux amazones, avec la grâce d'un baleineau hémiplégique.

Fini de rigoler, à présent ! La patience de la Reine Rouge et de sa favorite est épuisée, et la remarque agressive de l'importune y a largement contribué. Les deux belles sont irritables lorsqu'on vient empiéter leur espace vital, piétiner leur herbe, leur colline, leur territoire, et les apostropher de façon aussi cavalière ! Antiopé soupire de mécontentement, puis elle avance d'un pas et se dresse vivement au côté de Lys, l’œil noir, la mine farouche. Ses doigts se contractent sur la poignée de son glaive. Les deux guerrières dominent cette fois la bien maladroite péronnelle de toute leur hauteur, et la majestueuse souveraine surenchérit aussitôt aux propos de sa compagne. J'ignore qui tu es, mais tu as été particulièrement imprudente de t'aventurer sur cette terre qui appartient aux amazones depuis des décennies ! Surtout que tu ne me parais guère dégourdie, ma pauvre fille ! Notre prairie n'est certes pas l'endroit idéal pour apprendre à maîtriser des Talarias !

La Reine Rouge coule un regard complice à la jolie dresseuse, debout à ses côtés. Une lueur espiègle illumine le regard de jade clair, une lueur signifiant : « Nous allons peut-être nous amuser un peu ! » Elle dévisage ensuite l'inconnue, toujours étalée à leurs pieds, en lui adressant un sourire moqueur.

- Voilà ce que je te propose ! Plutôt que de te faire découper en huit dans le sens de la hauteur, va donc agiter les ailes de tes chaussures au-dessus du précipice, par là ... précise t-elle en indiquant du doigt l'extrémité du promontoire surplombant les prés, qui s'étendent quelques centaines de mètres plus bas. Si tu t'en sors vivante, sans t'écrabouiller au fond de la vallée, tu pourras décamper avec ton ami le goupil ! Et tu pourras dire à tes proches que la Reine Antiopé n'est pas une bête sanguinaire et qu'elle a bien ri de tes maladresses ! Allez, exécution ! Et ne tente rien d'autre, sinon je t'embroche comme un poulet ! ... ajoute t-elle en piquant légèrement le ventre de l'enquiquineuse de la pointe de son glaive, en guise d'avertissement.


_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
FonDADAïste
FonDADAïste
avatar
Localisation : Islande. Dans les Rhododendrons.
Occupation : Piano et Piano. Dictatrice à ses heures perdues.
Humeur : Changeante...?
Date d'inscription : 21/04/2012
Messages : 553
Double compte : Hélène

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Dim 14 Avr 2013 - 12:39

      Daphné prit un air indigné en entendant les paroles des deux amazones : "parle si tu veux conserver ta misérable vie" - de quel droit ces deux enquiquineuses osaient-elles lui parler de la sorte ? A Elle, la Grande Daphné, l'illustre, la magnifique, fille du Dieu-Fleuve Pénée, protégée d'Artémis et courtisée par le frère de celle-ci ! La nymphe se releva et croisa ses bras en observant les deux étrangères, sur la défensive, et le renard se plaça derrière elle, sans lâcher ces drôles de dames du regard.

      Cette terre n'appartient à personne, lança Daphné à l'adresse de la reine rousse, tandis que celle-ci pointait une arme en sa direction tout en proférant des menaces ridicules.

      La naïade considéra le glaive un instant, les yeux rieurs.

      Je ne jouerai pas à ça si j'étais vous, trancha t-elle.

      La petite claqua des doigts et aussitôt, un nuage menaçant se matérialisa au dessus de leurs têtes. Le goupil fit quelques pas en arrière, redoutant sans doute ce qui allait suivre. Comme c'est plaisant, d'être une fille de l'eau, songeait Daphné. Lorsque la nymphette se trouvait près d'un plan d'eau, elle s'amusait plus encore, car elle pouvait lancer des serpents d'eau à l'attaque de ses adversaires, créer de petits tourbillons en tournoyant son doigt dans les airs, mais elle était aussi capable de changer l'état de l'eau et sa température, d'en faire de la glace, de la gelée, de la vapeur... C'était son arme la plus puissante, et ce qui faisait sans doute son insouciance et sa confiance en elle. Daphné leva son index, l'air mystérieux, et elle ajouta à l'adresse de ses interlocutrices :

      Plus un geste, maintenant, ou vous le regretterez. Abaisse donc ton arme, la rouquine et...


      Après une légère hésitation, Daphné ajouta, une expression satisfaite et inspirée sur le visage :

      Les mains en l'air !


      Puis elle éclata de rire et le renard en fit autant. Elle recula d'un pas et... ses sandales se mirent à vrombir. Elle faillit se casser de nouveau la figure mais le nuage la soutint gentiment d'un de ses bras. Un ange passa et elle déclara sur un ton presque sympathique en adressant un petit signe de tête aux amazones :

      Et mon nom est Daphné, fille du Dieu-Fleuve Pénée... Ravie de vous avoir rencontrées mesdames, et à la revoyure !


      Elle essaya de s'envoler mais... mais... rien ne se produisit.

_________________

 FonDADAïste  


DAPHNÉ
"Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE"
Tristan Tzara- Manifeste Dada.
Dada


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Dans les prairies
Date d'inscription : 21/02/2013
Messages : 297
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Mar 16 Avr 2013 - 12:29

Bon sang, par tous les Dieux de l'Olympe ! Ce qu'elle est contente d'avoir suivi son amie, lorsque celle-ci a quitté, en catimini, le Campement ! Plus qu'heureuse même ! Antiopé, sa Reine, sa bien-aimée partage ses sentiments, et voilà que Lyséis se tient à ses côtés, pour la défendre face à un ennemi potentiel qui ne paie pas de mine, mais elle sait parfaitement bien que l'apparence est trompeuse, puisqu'elle-même cache sa force derrière une figure d'ange et un calme serein.
L'attitude menaçante des deux Amazones, les sommations caustiques de la Reine semblent sans effet sur la blonde idiote. Elle les défie, l'inconsciente ! Ou alors elle possède des ressources insoupçonnées ! Les regards que lui lancent sa rousse compagne sont à la fois complices et espiègles. Serait-elle la seule à craindre le pire ? Ou est-ce ce nouveau lien qui se tisse entre elles qui lui fait redouter cette petite dinde blonde et son renard ?

- Artémis nous a donné ces terres, elles nous appartiennent ! Se rebelle-t-elle, perdant définitivement patience. - Qui es-tu pour t'y opposer ?

D'un claquement de doigts, la peste fait apparaître un sombre nuage au-dessus de leurs têtes. Une magicienne ! Il ne manquait plus que ça ! Les Amazones sont invincibles ou presque face à des humains, mais elles redoutent la magie contre laquelle elles ne peuvent rien, sinon garder leur sang froid et leur audace. L'épée toujours au poing, en position d'attaque, Lys n'a pas l'intention de baisser son arme, ni de lever les mains ! Elle reste sur ses gardes, guettant cet étrange amas floconneux qui plane menaçant, détonnant dans le ciel d'un azur limpide qui surplombe leur colline.

Les rires de la sylphide blonde et de son renard grincent aux oreilles de Lys, et lorsque les sandales volantes se mettent à battre des ailes, elle espère qu'ils vont vite débarrasser le promontoire de leur présence importune. Le départ est plutôt brouillon, heurté et manque de faire à nouveau choir la gamine. Mais le nuage la soutient ! Avec … Oui, des bras, ce qui stupéfie la dresseuse …

Daphné, puisqu'elle déclare s'appeler ainsi, fait des adieux pompeux, et tente de décoller à nouveau. Mais rien … Elle reste là, plantée dans l'herbe, la mine déconfite et Lys sent que le rire la gagne. Est-ce un sort jeté par la nymphe, le résultat des tensions de cette matinée, ou tout simplement l'incongru comique de la situation ? Toujours est-il que la blonde dresseuse se tourne vers sa souveraine, le regard argenté reflète le sourire qui étire ses lèvres, creusant ses joues de délicieuses fossettes. Elle abaisse son arme et éclate d'un rire cristallin qui résonne joyeusement dans l'air, comme un carillon de clarines.

- Ma Reine, que faisons nous de cet oiseau, sans ailes ? La fille de Pénée est ma foi, fort divertissante, pleine de surprises, mais bien maladroite … Si elle tente un nouveau décollage, je crains fort de mourir … de rire ! Et si nous embrochions ce nuage ? Je serais curieuse de voir comment elle va se débrouiller sans lui … Que risquons-nous ? Une pluie battante ?

Et Lyséis rit de plus belle, incapable de contrôler cette hilarité soudaine, contemplant tour à tour la sculpturale rousse et la minuscule blondinette ...

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Localisation : Prairie et campement des Amazones
Occupation : Reine des Amazones
Humeur : Belliqueuse
Date d'inscription : 20/02/2013
Messages : 477
Double compte : Non

MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde. Mer 17 Avr 2013 - 19:36


Risible. Il n'existe nul autre mot pour décrire la prétention de cet avorton maladroit qui s'en vient défier les Amazones dans leur prairie, sur leur colline-mirador. Certes, la demi-portion s'est habilement glissée hors de portée du glaive prêt à lui trancher la gorge, prouvant ainsi qu'elle est plus à l'aise sur la terre ferme que dans les airs, mais ce qu'elle raconte ensuite est ... heu ... comment dire ? ... risible ! Chacun sait pertinemment que les farouches guerrières d'Antiopé contrôlent chaque brin d'herbe de cette prairie, et qu'il est infiniment dangereux de venir y traîner ses basques sans leur accord. Elles sont volcaniques et irritables, les filles d'Artémis ! Elles sont promptes à réagir ! Prétendre que cette vaste étendue ne leur appartient pas, c'est courir au suicide !

Et voilà, ça n'a pas traîné, Lys grimpe sur ses grands chevaux, sous l’œil attendri de sa souveraine. Elle est bigrement belle lorsqu'elle est en colère, la blondinette ! Nul doute que la jeune péronnelle sera impressionnée, qu'elle va empoigner sa bestiole, se la coincer sous le bras, et s'envoler au plus vite, avant qu'il ne lui arrive des misères. Se prendre une flèche dans les fesses, ce n'est pas ce qu'il y a de plus réjouissant, et pour s'asseoir avec un tel attribut dans le derrière, c'est pas dans la poche !

Mais non ! Voilà que l'inconsciente se rebiffe ! Elle les menace, et zou, elle sort son arme secrète ! Un nuage ! Fichtre ! Cette gringalette possède donc des pouvoirs magiques ! Il s'agit encore d'une de ces nymphes protégées par tout un chapelet de divinités aussi inutiles les unes que les autres, et qui n'ont qu'à claquer des doigts, retrousser le nez ou agiter une oreille pour faire apparaître un tas d'artifices surprenants ! Mais bon, un nuage, ce n'est pas vraiment effrayant, c'est plutôt ... heu ... comment dire ? ... risible ! Et les Amazones ne s'en privent pas, les voilà qui éclatent de rire en se tapant sur les cuisses, d'autant plus que le modèle réduit tente un nouveau décollage qui se révèle aussi lamentable que le précédent. Et la mine penaude de la nymphe miniature vaut vraiment son pesant de cacahuètes ! C'est trop drôle ! Antiopé se met rapidement à chercher dans sa caboche la dernière fois qu'elle s'est amusée ainsi. Ça remonte à des années ! Elle avait déculotté un nain qui se penchait pour voir sous sa jupette, et elle avait botté l'arrière-train du loustic jusqu'à ce que son troufignon soit aussi rouge qu'un champ de coquelicots !

C'est Lys qui, entre deux éclats de rire, réussit la première à articuler quelques mots. Sa belle amante aux cheveux d'or n'a pas tort. Elles doivent faire quelque chose avant de s'éclater la rate et le duodénum à force de se poiler comme deux folles. Et la suggestion de sa fleur de Lys est gé-ni-ale ! Pourquoi ne transperceraient-elles pas de leur glaive ce mystérieux nuage qui stationne au-dessus de leurs têtes, qui semble les narguer et qui prend soin de la nymphette, allant jusqu'à l'empoigner par un bras pour ne pas qu'elle s'écrase à nouveau la tronche dans les cailloux ? Aussitôt dit, aussitôt fait ! Que risquent-elles en somme ? Rien, à part quelques gouttes qui les rafraîchiront un brin après cette étreinte torride qu'elles viennent de partager et que la rousse souveraine réitérerait volontiers.

- Allons-y gaiement, ma toute belle, transformons ce nuage en charpie ! Nous verrons bien si la fière fille de Pénée sera encore aussi arrogante lorsqu'il n'en restera que quelques lambeaux disgracieux et inutiles !

Hop ! Dédaignant ostensiblement l'avorton et son goupil, la Reine Rouge se positionne vivement sous le nuage, tend son bras armé vers lui, et bondit en agitant sa lame comme si elle désirait le couper en rondelles, comme elle le ferait avec un banal saucisson de campagne. Lys la rejoint illico, et fait de même. Bon, leur cible est un peu haute, ce qui contraint les deux somptueuses guerrières à sautiller sur place, comme le font souvent ces fillettes tenaillées par un besoin urgent, mais elles sont bien décidées à le hacher menu, ce vilain cumulus !

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Rousse et blonde referont le monde.

Revenir en haut Aller en bas

Rousse et blonde referont le monde.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Rousse et blonde referont le monde.
» Une rousse sociable... ça donne ça
» MI7 ► à la conquête du nouveau monde.
» Le monde du jeu 2010, 10-11-12 septembre
» Inauguration de la plus puissante turbine à gaz au monde

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Olympus Tales :: Archives :: Autour du RP :: Anciens RP :: Rp terminés-