Partagez| .

La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Administratueur
Administratueur
avatar
Localisation : Partout où on meurt.
Occupation : Réfléchir à la nature des choses.
Humeur : Oscillante : à l'interface.
Date d'inscription : 17/07/2012
Messages : 705
Double compte : Didon, l'implacable

MessageSujet: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Dim 17 Fév 2013 - 18:21

Edit Orphée, Sparte, le palais

Le palais de Sparte, majestueux, immuable témoin de la grandeur de la ville. Le soleil brillait au-dessus de lui, ce jour-là. Il devait être aux alentours de 17 heures, en plein été, aussi l'astre était-il encore haut dans le ciel. Une douce et chaude bise circulait dans les rues de la cité, tournait autour du palais et l'enrobait d'une atmosphère tiède. Et si agréable, si appréciable. C'était décidément une magnifique journée de juillet. Pour les humains.
J'avais d'ailleurs soigneusement choisi mon jour pour rendre visite à la belle Hélène. Tout était prévu de longue date, j'avais simplement attendu le jour le plus beau, le plus chaud, le plus vivant. Le plus parfait. Le jour où elle se sentirait le mieux. Le plus à l'aise. Au fond, je devais être quelque peu romantique.

Je détachai mes yeux du miroir d'argent, que m'avait un jour offert Hadès, comme il en avait offert un à la plupart de ceux qui n'étaient pas ses prisonniers - un présent estimable, puisqu'en le regardant, il nous montrait le lieu terrestre de notre choix, au moment présent. La pénombre soudaine de ma demeure me surprit tout d'abord, avant que je ne comprenne qu'il ne s'agissait là que d'un effet de contraste avec la Sparte ensoleillée. Et dire que les humains aiment la lumière. Je me trouvais bien mieux une fois le miroir redevenu lisse et argenté. À présent, c'était ma propre image qu'il renvoyait.
Un haut de forme, une chemise surmontée d'une veste, un élégant pantalon, une cravate, des chaussures et, enfin, ma canne, le tout parfaitement accordé en un noir des plus profonds. Je soupirai. Nous, les dieux, possédions tous les types de vêtements que nous voulions, mais les humains de ce temps-là ne connaissaient pas encore cette élégante tenue, que je considérais comme l'habit qui me seyait le mieux. Je troquais le tout contre une toge noire munie d'une capuche. L'espace d'un instant, je transformai ma canne en terrifiante faux, puis m'imaginai devant la grande Hélène dans cette tenue, ce qui eut pour effet de me faire rire. J'aimais beaucoup cette tenue, mais je ne souhaitais pas lui faire peur. Ce serait maladroit de la part d'un gentleman.
Je changeai rapidement la faux en un bâton noueux surmonté d'une obsidienne finement taillée, je fis disparaître la capuche et rallongeai mes manches et la toge, de manière à ce que la seule partie visible de mon corps soit ma tête. Comme cela, c'était parfait. Élégant, mystérieux, c'était peut-être un peu trop, mais j'aimais.

Je me retournai, fis quelques pas et cueillis quelques roses et chrysanthèmes noires. Je les maintins ensemble avec un ruban jais et les pris dans ma main libre. Je souris. Je ne savais pas ce qui avait provoqué ce sourire - était-ce du sadisme, de la joie, de l'excitation, de la tendresse, de l'amour (Haha, non. Ça, c'était une blague.) ou encore de l'amusement ? Quoi qu'il en soit, j'étais prêt. Un dernier coup d’œil au miroir - qui se rallumait et s'éteignait pas simple commande mentale - me confirma que c'était le bon moment. Et je disparus dans un tourbillon sombre.

Je réapparus devant le palais. Rien n'avait changé depuis que j'avais observé la ville. Personne dans les alentours (ils étaient tous au théâtre, c'était fête aujourd'hui), aussi, personne n'avait remarqué mon apparition.
La ville s'étendait devant moi, immense, silencieuse, imposante. Elle était un tel symbole de puissance que cela me surprenait, m'impressionnait presque. Pour quelque chose d'humain. Les toits formaient un grand tapis bariolé, décoré de motifs aléatoires plus sombres dessinés par les rues. Très lumineux. Trop lumineux.
L'instant d'après, le nuage solitaire que j'attendais commença à voiler le soleil. Peu à peu, la cité plongeait dans l'ombre. Je voyais sur les toits se découper la limite entre clair et obscur. Elle atteint ensuite le palais, et bientôt, toute la ville fut plongée dans l'ombre. Je souris, satisfait.
Levant ma main droite, je fis se rafraîchir l'air ambiant, de manière significative, et augmentai un peu la force du vent. Je n'avais certes pas un grand contrôle sur ces choses-là, mais les autres me laissaient faire lorsque c'était pour faire mon travail que je théâtralisais un peu tout.

Je me retournai et fis face aux lourdes portes du palais. Finement décorées, et assez résistantes, elles n'étaient pas de si mauvais goût. J'eus d'abord l'idée de les fracasser (j'aime l'aspect des fissures, que voulez-vous ?), puis je me ravisai et optai pour une solution un peu plus douce. Je m'avançais simplement, et traversai l'épaisse couche de pierre comme s'il s'était agi d'air. Je continuai encore un peu, puis finis par me positionner au centre la cour intérieure. Je tapai ensuite contre le sol à l'aide de mon bâton. Comme le tonnerre, le bruit que je produisis rebondit contre les murs et se fit entendre partout, partout dans le palais, car j'avais fait en sorte qu'aucun son n'en sorte, de manière à ne pas être dérangé. Puis, avec une voix d'une puissance égale, j'appelai la reine de Sparte :

-Hélène !

_________________



Dernière édition par Thanatos le Lun 25 Fév 2013 - 19:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://olympustales.pro-forum.fr/t502-thanatos-ou-l-impitoyable-
Fondatrice
avatar
Date d'inscription : 23/05/2012
Messages : 235
Double compte : Oui, c'est moi Daphné

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Dim 17 Fév 2013 - 22:41

    Hélène, accoudée à sa fenêtre, observait le jour baissant ; elle aimait la lumière et l'air chaud de cette fin de l'après midi d'été, berçants et apaisants, comme une chanson douce. Elle regardait la poussière se frayer un chemin dans un rayon de soleil entre ses rideaux pourpres, et elle ne put s’empêcher d'essayer de s'emparer de ces minuscules fragments d'or qui flottaient autour d'elle. Elle sourit en songeant à sa fille qu'elle surprenait parfois ainsi, s'acharnant à tenter vainement de capturer la poussière. Sa fille, son fils et son mari, étaient tous trois partis au théâtre, laissant la reine de Sparte seule. Elle prétendait avoir une terrible migraine, mais en réalité, elle avait surtout envie d'un moment de tranquillité. Elle était fatiguée et avait envie de solitude.

    Puis soudain, elle fut frappée par l'étrange obscurité qui s'abattit soudain sur la ville. Un énorme nuage se déplaça à une vitesse anormale, voilant la face du soleil.
    Cet étrange phénomène est l’œuvre d'un Dieu, songea t-elle en fronçant les sourcils, perplexe.
    Cet étrange atmosphère lui rappelait ses rêves les plus sombres. Souvent, elle se réveillait avec la souvenir d'une telle obscurité. Elle avait du mal à discerner le paysage désormais. Au loin, elle crut voir une étrange silhouette s'approcher du palais, évoluant à pas lents dans la pénombre. Le cœur d'Hélène se mit à battre très fort. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle plissa les yeux, mais bizarrement, elle avait l'impression que ce nuage gris l'aveuglait. Le vent se mit à souffler, la température baissa drôlement ; la fille de Zeus frissonna.
    Il va se passer quelque chose, pensait Hélène, et tout à coup (et pourtant cela n'était pas fréquent) elle se mit à regretter l'absence de Ménélas.

    Une voix inconnue cria son nom. Hélène. Elle l'entendit résonner partout, comme si le son de cette voix se déplaçait à travers les murs et rebondissait sur le sol, créant un effet d'écho insaisissable et foudroyant. La jeune femme posa un châle sur ses épaules ; elle tremblait.

    Elle sortit de sa chambre, comme hypnotisée par le simple son de son nom, et guidée par cette voix mystérieuse et inquiétante. Elle ne voulait pas aller à la rencontre de ce personnage mais c'était plus fort qu'elle. Il le fallait. En bas de l'escalier elle découvrit un homme qui lui inspira un sentiment étrange : un mélange de fascination (même si elle n'aurait pas su expliquer pourquoi) et de dégout. Autour de lui flottait une sorte d'aura mystérieuse.

    Qui êtes vous ? demanda Hélène.

    Elle se tenait debout, juste en face de lui, si près qu'elle aurait pu le toucher, mais elle restait sur la dernière marche de l'escalier, le toisant ainsi de quelques millimètres. En croisant son regard elle comprit aussitôt qu'elle avait affaire à un Dieu.

_________________

 Ln(3) :wingl:

Ln(3)
HER MAJESTY
"Her Majesty's a pretty nice girl,
but she doesn't have a lot to say,
Her Majesty's a pretty nice girl,
But she changes from day to day ..." - The Beatles  :guity:




Dernière édition par Hélène le Mar 19 Fév 2013 - 22:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Administratueur
Administratueur
avatar
Localisation : Partout où on meurt.
Occupation : Réfléchir à la nature des choses.
Humeur : Oscillante : à l'interface.
Date d'inscription : 17/07/2012
Messages : 705
Double compte : Didon, l'implacable

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Mar 19 Fév 2013 - 22:30

Rapidement, je sentis que mon appel avait été entendu. Quelqu'un marchait rapidement dans les couloirs. J'entendais sa robe frotter le sol et quelques murs par intermittence. Les pas se rapprochaient. Bien.
Puis, elle apparut. Comme une sorte d'éclat de lumière brisant la sombre monotonie des couloirs et de la pierre nue et lisse, elle contrastait avec son palais, infiniment plus colorée, infiniment plus vivante, infiniment plus belle. Sa robe était du meilleur goût - et pourtant, elle ne sortait pas, ce jour-là. Elle avait posé sur ses épaules un léger châle sur ses épaules. Ses cheveux tombaient sur celui-ci en une douce cascade ondulée et rousse - une couleur rare mais qui lui allait si bien. Ses fines lèvres voluptueuses étaient d'un rose éclatant, ses yeux, doucement appuyés par ses sourcils, brillaient d'un éclat bleu-vert cristallin, qui rappelait tantôt la turquoise, tantôt l'émeraude, tantôt le saphir. Quelques bijoux, discrets mais bien placés, égayaient encore sa surprenante beauté. Il n'y avait aucun doute, je l'admirais réellement. Pour sa beauté, certes, mais je savais surtout que son esprit était au moins aussi admirable. Je l'admirais, oui, et n'étais aucunement intimidé, bien que je reconnaisse qu'elle était dotée d'un indéniable charisme. Une sorte d'aura qui la rendait encore plus belle - si tant est que cela était possible -, puissante et mystérieuse. Elle tenait de son père pour toutes ces qualités. Mais de sa mère, elle tenait une indéniable tendresse, des traits fins et doux, la modestie et l'altruisme - choses que son père, entre nous, aurait été incapable de lui offrir. Une parfaite alchimie qui conduisait à la création d'un être complet, un être que je contemplais à présent.
Je vis cependant qu'elle tremblait. Oh, c'était imperceptible, certes. Pour un humain. Mais j'étais capable de le voir. Je me mordis la lèvre : j'y étais peut-être allé un peu fort avec mon nuage...

Elle n'avait pas descendu la dernière marche et, de fait, me surplombait légèrement. Subtile manière de rappeler qui en ces lieux est la reine de Sparte. Et de me rappeler - même si je ne l'avais jamais oublié - qu'elle était digne et fière.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, alors qu'elle me regardait dans les yeux.

Son regard - qui, instantanément après avoir croisé le mien, témoignait du fait qu'elle avait compris qui j'étais - et son ton - autoritaire, celui d'une grande reine - me firent sourire. Mais pas un sourire supérieur, non. Un... autre type.

-Je me présente : je suis Thanatos, dieu de la Mort, répondis-je.

Je m'inclinai légèrement, afin de la saluer.

-Mais vous ne me connaissez certainement pas, continuais-je, nous autres dieux d'en-bas sommes ombragés par l'Olympien, l'hôte des morts. Hadès nous ombrage tous - et au fond, ce n'est pas plus mal, nous aimons l'ombre. Enfin, cela n'a que peu d'importance, Hélène. Si je suis venu aujourd'hui - belle journée, n'est-ce pas ? -, c'est pour vous proposer un marché. Je vous propose de venir habiter en enfer, dans mon domaine - vous logeriez dans une confortable demeure, que vous pourrez modifier à votre guise, les jardins s'étendent à perte de vue, le soleil les illumine, et un lac alentour apporte une agréable fraîcheur. Ce que vous, grande, belle Hélène, y perdez, est indéniable. Un mari, avec lequel vous... vous entendez bien, deux enfants que vous devez chérir, et tout votre peuple. Mais, Hélène, je vous offre, en plus de l'entièreté de mon domaine, l'occasion de remonter de temps à autres, mais surtout l'immortalité, ainsi que la liberté et le temps nécessaire pour trouver le véritable amour. Qu'en dites-vous, Ô grande Reine ?

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://olympustales.pro-forum.fr/t502-thanatos-ou-l-impitoyable-
Fondatrice
avatar
Date d'inscription : 23/05/2012
Messages : 235
Double compte : Oui, c'est moi Daphné

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Mar 19 Fév 2013 - 23:39

    Quel étrange personnage, songea Hélène tandis que Thanatos, le Dieu de la mort débagoulait une tirade interminable. Elle avait déjà entendu le nom de cette divinité dans la bouche de son père, mais elle ne le se représentait pas du tout ainsi. Elle imaginait une sorte de vieil homme aigri de noir vêtu, sinistre et repoussant, et elle découvrait un dandy à l'air nonchalant. Au son de son nom, "Thanatos", le cœur d’Hélène bondit dans sa poitrine. Elle se figura que sa dernière heure était venue. Et pourtant, point du tout, il lui proposait un marché assez surprenant.

    Au fil des paroles du Dieu, les yeux de la reine grandissaient. Venait-il de lui offrir l'intégralité de son domaine ? Non, ses oreilles avaient du lui jouer un tour.. Et pourtant si ! Non... si ! non... si ! Elle se sentait drôlement confuse et avait du mal à saisir les motivations de ce curieux gentleman. "la liberté et le temps nécessaire pour trouver le véritable amour", mais ou diable voulait-il en venir ?

    La jeune femme descendit la dernière marche de l'escalier sans quitter Thanatos des yeux. Lorsqu'il se tût, elle resta interdite quelques secondes puis elle comprit qu'il attendait une réponse. Elle se ressaisit aussitôt et s'éclaircit la gorge avant de répondre en lui tendant la main d'un geste assuré :

    - Enchanté monsieur... Thanatos. Et détrompez vous j'ai déjà entendu parler de vous - je suppose que vous n'êtes pas sans savoir que je suis la fille de Zeus.


    La reine de Sparte marqua une pause avant d'ajouter :

    - Je suis honorée par votre proposition mais... je ne saurai accepter. Imaginez vous que je pourrais quitter mon peuple et ma famille ainsi, sur un coup de tête ?

    Hélène cherchait à argumenter mais elle ne trouvait pas ses mots. Elle resta silencieuse un instant, à observer le Dieu sans ciller, comme si elle cherchait à sonder son esprit, à comprendre ce curieux sourire sur le visage de son interlocuteur. Puis elle lui demanda enfin :

    Et puis je ne comprend pas bien... quel est votre intérêt dans cette affaire ?

_________________

 Ln(3) :wingl:

Ln(3)
HER MAJESTY
"Her Majesty's a pretty nice girl,
but she doesn't have a lot to say,
Her Majesty's a pretty nice girl,
But she changes from day to day ..." - The Beatles  :guity:


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Administratueur
Administratueur
avatar
Localisation : Partout où on meurt.
Occupation : Réfléchir à la nature des choses.
Humeur : Oscillante : à l'interface.
Date d'inscription : 17/07/2012
Messages : 705
Double compte : Didon, l'implacable

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Sam 9 Mar 2013 - 16:24

Au son de mon nom, Hélène avait sursauté. Mince. Maudite réputation. Heureusement, elle se détendit au fur et à mesure que je lui exposais le marché. Enfin, dire qu'elle se détendait était peut-être abusif. En effet, elle était à présent aussi surprise et perdue qu'elle n'avait eu peur de mourir.
Elle descendit la dernière marche. Je restai figé une seconde. Tous les actes avaient une signification dans le monde complexe de la politique. Si je comprenais parfaitement ce qu'elle faisait en tentant de me surplomber, j'étais nettement plus désappointé par son changement soudain, par le fait qu'elle ne reste pas dans sa position de force. En plus, ce geste la faisait se rapprocher de moi. J'étais perdu ; j'extrapolais trop, j'imaginais des milliers de possibilités. Elle m'avait bien plus déstabilisé en faisant cela qu'en restant là où elle était.
Elle se racla la gorge, me tendit sa main, me dit qu'elle était enchantée, qu'elle me connaissait par son père - j'aurais dû m'en douter -, elle marqua un temps, reprit en déclinant mon offre - elle ne pouvait pas abandonner son peuple ni sa famille, il fallait absolument que je résolve ce problème -, mais en signifiant bien qu'elle était honorée - formule de politesse ou vérité, je ne le saurai certainement jamais -, marqua de nouveau un temps, me fixa avec intensité, et me demanda enfin :

- Et puis je ne comprend pas bien... quel est votre intérêt dans cette affaire ?

Tout était allé si vite... Sa main, toujours en suspens, m'attendait. Devais-je la serrer ? Bien sûr que je le devais. En avais-je envie ? Oh que oui. Le pouvais-je ? Pouvais-je serrer la main à... une humaine ? Pouvais-je seulement la toucher ? Toutes ces questions me firent l'effet d'un retour d'élastique. Je n'avais plus pensé depuis... Depuis... Depuis que j'avais décidé de venir voir Hélène. Mais de toute évidence, j'allais lui serrer la main. Commencer à comprendre enfin par ce geste qu'au fond, la seule différence qu'il y avait entre nous, c'était l'immortalité, que cela était affaire de parents, que cela n'était pas choisi par ces personnes. Plus qu'un retour d'élastique, cette main me fit prendre conscience de mon imbécilité. Je venais de comprendre que nous, dieux, n'étions pas supérieurs. Je restai plusieurs secondes immobile, le regard dans le vide. Puis je me repris, souris, et serrai la main de cette magnifique dame.
Magnifique. Seconde claque. Où était passé le Thanatos au cœur de fer ? Celui qui détestait les belles choses. Celui qui - certes à tort, je le réalisais maintenant -, avait toujours méprisé les humains. Celui qui, jamais, jamais n'aurait osé ne serait-ce qu'effleurer un mortel avec autre chose que sa faux. Je me rendais compte que je trouvais Hélène belle. Et que, contrairement à d'habitude, sa beauté ne me faisait pas vomir. J'étais complètement perdu, je ne comprenais plus. Je ne me comprenais plus moi-même. Était-ce cela que provoquait l'amour ?

Puis je compris enfin ses paroles. Ce qu'elles impliquaient. L'importance qu'elles avaient pour mon avenir. Je sus que je devais argumenter. Sans quoi, j'allais la perdre.

-Vous avez raison. Mais votre peuple aura toujours Ménélas, vos enfants auront toujours Ménélas, et vous pourrez les voir de temps à autres. Sans compter que, de ce que je sais, votre amour avec Ménélas n'en est pas vraiment un. Mais vous êtes quelqu'un de très raisonnable, je le sais. Vous avez tout à fait raison, vous ne pouvez pas partir sur un coup de tête. Aussi, je vous laisserai le temps de réfléchir, l'opportunité d'emmener vos enfants, même, et une place de reine sur le peuple des morts de mon domaine.

En disant cela, j'avais peur également. Peur qu'elle refuse, certes, mais aussi peur que, plus tard, elle ne tombe pas amoureuse de moi. Qui, au fond, aimerait quelqu'un qui ne peut s'empêcher de tuer pour le plaisir ? Une petite larme me vint à l’œil, mais je la fis instantanément disparaître, de manière à ce qu'elle ne remarque rien.
Puis je compris enfin sa dernière question. La maudite dernière question. Je commençais, avec une fausse assurance :

-Quant à mon intérêt dans cette affaire, chère Hélène...

Je ne savais que dire pour continuer. J'avais eu peur qu'elle le demande, c'était chose faite ; je ne pouvais jouer carte sur table tout de suite sous peine de tout perdre. Ou peut-être pas. Qui sait ? Mais je n'allais pas le faire, non, pas à ce moment là. Plus tard. Laisser le temps. En attendant, il fallait trouver quelque chose à répondre, pas un mensonge, non, ce serait honteux. Il fallait dire la vérité. Mais pas toute la vérité. Elle ne pourrait pas m'en vouloir, ainsi. Mais il fallait également que je trouve un argument qui puisse la convaincre. Ou qui, du moins, l'encourage à aller dans mon sens.

-... Mon intérêt, c'est d'avoir une dirigeante aussi talentueuse pour régner sur mon domaine. En fait, je peux le gérer tout seul, mais je commence à être quelque peu débordé, et... Je me suis dit que vous pourriez m'aider. Comme je connais vos extraordinaires talents, lorsque s'est posé le problème, j'ai immédiatement pensé à vous. En fait, moi, Thanatos, Dieu de la Mort, je demande votre aide, Ô grande Hélène de T...

Je me retins juste attends. Ce n'était pas encore arrivé. Cela ne devait pas arriver. Ah, quelle complexité que la vie de Dieu...

-Et j'espère sincèrement que vous accepterez, belle Hélène.

Pour appuyer mes paroles, je fis une sorte de révérence, inclinant mon genou gauche vers le sol (sans le toucher, bien entendu) et pliant l'autre, mon bras droit lui offrant le bouquet de fleurs noires.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://olympustales.pro-forum.fr/t502-thanatos-ou-l-impitoyable-
Fondatrice
avatar
Date d'inscription : 23/05/2012
Messages : 235
Double compte : Oui, c'est moi Daphné

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Dim 10 Mar 2013 - 13:01

    Thanatos semblait troublé. Hélène de T... - bizarre. Très bizarre. "De Thanatos" ? Euh... Non, elle aurait juré qu'un R commençait à se dessiner sur les lèvres de ce personnage mystérieux, juste après ce T surprenant. La reine de Sparte fronçait les sourcils et essayait de réfléchir le plus vite possible.

    Après lui avoir expliqué quel était son intérêt dans cet affaire, et argumenté longuement (la jeune femme l'écoutait calmement sans l'interrompre, avec cette sérénité du regard propre aux Majestés), le Dieu de la Mort lui fit une courbette et lui proposa un bouquet de fleurs noires. De plus en plus bizarre songea Hélène en acceptant les fleurs, essayant de conserver un air impassible. Heureusement, elle avait l'habitude des situations embarrassantes, et de réfléchir plus vite que la musique pour se tirer d'affaire. Mais là, elle ne cessait de résumer les évènements de la soirée dans sa tête, et elle avait même du mal à y croire. Jamais, jamais elle n'aurait pu imaginer que ce Thanatos viendrait un jour chez lui pour lui donner des fleurs et lui proposer de devenir... sa reine. La reine des morts. Un titre bien sinistre, qui lui faisait froid dans le dos. Que fera t-il si je refuse ? se demandait-elle. La prendrait-il de force ? Non, ce n'était sans doute pas son genre. La tuerait-il ? S'en irait-il sans rien dire ? Elle avait du mal à le cerner. Et à faire le lien entre sa réputation, ce qu'elle entendait dire de lui par son père, et ce Dieu étrange qui la regardait fixement.

    Une petite voix au fond de son foie dictait pourtant à Hélène "Accepte. Qu'as-tu à perdre ? On t'offre l'immortalité, et tout un royaume ! Même ton père n'en ferait jamais autant. Quoi ? Ton mari, tes enfants, ton peuple ? C'est bien peu de choses, comparé à ce qu'on te propose. Dis ouiiiiiiiiiiii... ". Elle observa le Dieu en silence. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais ce Thanatos commençait à lui inspirer confiance. La jeune femme était tiraillée. Elle faisait de son mieux pour rester calme et ne pas le montrer. Elle porta les fleurs à son nez : elles ne sentaient rien.

    Soudain, une idée lui vint. Bizarrement, une bougie du lustre suspendu au dessus de sa tête s'alluma. Il lui fallait un peu de temps pour réfléchir. Et elle aussi, allait proposer un marché. Comme Thanatos était encore légèrement incliné à cet instant, elle lui fit signe de se relever, l'air condescendant.

    Bien, dit-elle, et si je vous disais que, moi aussi, j'ai un marché à vous proposer ?

    Elle prit un air très mystérieux et scruta le visage de Thanatos espérant y trouver une once de surprise. Levant le nez en l'air, elle lui expliqua en quoi ce marché consistait :

    Voilà ce que je vous propose, Thanatos : je descendrai aux Enfers, et je resterai auprès de vous pendant trois jours. Si vous réussissez à me convaincre d'y rester, alors j'accepterai votre marché. Dans le cas contraire, autrement dit, si au terme de cette durée, je décidais de rejeter votre proposition, je rentrerai chez moi, et vous devrez me promettre de ne plus jamais chercher à me revoir. Ce compromis me semble honnête, pas vous ? Voilà ce que je vous demande : trois jours.


    Elle lui tendit de nouveau la main pour sceller ce pacte, un léger sourire de satisfaction aux lèvres.

    Marché conclu ?


    En prononçant ces mots elle prit conscience de l'étrangeté du marché qu'elle lui proposait. Que dirait son peuple s'il l'entendait marchander ainsi sa propre personne ? Rien. Son peuple n'en saurait rien. On croira à un rapt... comme la dernière fois, songea Hélène. Prenez Perséphone, personne ne lui reproche rien. Et puis trois jours, ça laissait tout juste à son peuple le temps de s'inquiéter. Ce n'était pas grand choses. Trois misérables jours.


_________________

 Ln(3) :wingl:

Ln(3)
HER MAJESTY
"Her Majesty's a pretty nice girl,
but she doesn't have a lot to say,
Her Majesty's a pretty nice girl,
But she changes from day to day ..." - The Beatles  :guity:


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Administratueur
Administratueur
avatar
Localisation : Partout où on meurt.
Occupation : Réfléchir à la nature des choses.
Humeur : Oscillante : à l'interface.
Date d'inscription : 17/07/2012
Messages : 705
Double compte : Didon, l'implacable

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Dim 10 Mar 2013 - 16:11

Alors que j'étais encore courbé devant elle, Hélène me demanda de me relever. Hum. La reine qui était en elle ne l'avait pas quittée, même en un tel moment. Non, surtout en un tel moment. Elle savait jouer de sa position, qu'elle soit de supériorité ou pas. Cette fois-ci, elle était bien en position de force, puisque c'était moi qui proposais le marché, moi qui "demandais son aide", moi qui m'inclinais devant elle. Elle qui choisissait, elle qui décidait. Sa situation l'avantageait incontestablement, et elle le savait pertinemment.
Ce que confirmèrent ses phrases suivantes : elle me proposait un marché. En entendant ceci, mon visage faillit se déformer par la surprise, je faillis soulever très haut l'un de mes sourcils - le droit, celui qui va le plus haut -, mais je n'en fis rien. Il ne fallait pas paraître décontenancé.
Son marché était simple, c'était un test. Trois jours en Enfer qui devait pour elle être aussi doux qu'un séjour à l'Olympe. En fait, cela aurait pu être pire. J'imaginais une contrepartie énorme ; quelque chose qui puisse totalement contrecarrer mes plans. Mais non, elle demandait simplement à voir. C'était parfait.
Quelques secondes de réflexion après, je pris conscience de la dangerosité de ce marché. Peut-être n'était-ce qu'un moyen de me piéger, de me faire croire qu'elle accepterait éventuellement, alors qu'en fait, son choix est déjà fait. Qu'elle ne disparaîtra que trois jours, et que c'est un prix peu élevé à payer pour être débarrassé de moi. L'espace d'un instant, je serrai mes poings. J'espérais, aussi fort que je le pouvais, qu'elle ne le ferait pas, que tel n'était pas son dessein, mais cette idée restait en moi, parasitant mon esprit, comme une éclaboussure de boue, qui ne change rien... Qui change tout...
De toutes façons, je n'avais pas le choix. Je devais accepter. "Celui qui n'essaie pas ne se trompe qu'une seule fois", disait... dira une grande dame, dans le futur. Elle a parfaitement raison, je dois tenter, je ne peux pas laisser passer cette chance. Et si c'est un piège... Eh bien... Eh bien, on verra.
Une nouvelle fois, elle me tendit sa main. Quelle étrange dame, mais quelle grande dame ! Elle était tout à fait fascinante : intelligente, rusée, elle ne se laissait pas faire. Elle était charismatique. Elle devait être ma reine. Je souris. À la fois tendre, satisfait, complice et heureux, ce sourire était une perle rare. À mon tour d'avancer la main. Je pris celle d'Hélène et la serrai - mais pas trop fort, c'était certes une reine, mais elle était sensible - avant de dire, assuré :

-Marché conclu, ma Reine. Vous devrez venir en enfer pendant trois journées, et je promets qu'à la fin de ces trois jours, vous pourrez vous sentir libre de rester avec moi ou de repartir sur Terre, auquel cas, je jure de ne plus jamais tenter de vous revoir. Que telle soit notre promesse, que les autres dieux l'entendent et qu'elle soit respectée par nos deux parties !

Je n'avais pas eu le choix, elle le savait très bien. Mais j'avais gardé un atout dans ma manche, en prononçant ces paroles. Je n'avais pas totalement perdu...
À la fin de la promesse, et alors que nos mains étaient toujours l'une dans l'autre, de nos manches respectives sortirent des filaments de magie, rouges et éclatants pour elle, noirs et sombres pour moi. Ils s'entremêlèrent, s'enlacèrent. S'enlacèrent... Peut-être qu'un jour... Ah, doux espoir !
Les filaments disparurent dans un éclair fugace de lumière blanche. La promesse était scellée. À présent, il fallait l'honorer. Nos mains se séparèrent.
Je fis volte-face, et, lui tournant le dos, je levais bien haut mes mains. Et déclenchai ma magie. Deux grands pilier d'obsidienne jaillirent du sol, puis quatre serpents de jais s'enroulèrent autour de ceux-ci, deux par pilier, et formant une double hélice. Arrivés en haut, ils formèrent ensuite une arcade magnifique, et au centre de celle-ci, au sommet de l'édifice, les quatre serpents se rejoignirent, ouvrant grand leur gueule. Et il apparut au milieu un diamant blanc, d'une pureté incomparable. Ils resserrèrent chacun leurs mâchoires sur le joyau, le tentant parfaitement vertical, la pointe en bas. Puis, tout se figea. Le nuage s'écarta enfin du soleil, la lumière revint, et elle frappa la pierre. Les rayons passèrent à travers, et ressortirent ensuite par la pointe, noirs, et formant un rideau obscur, ondulant au gré d'un vent imaginaire. Je m'avançai lentement vers le portail, touchai la surface magique du bout de mon index. Elle réagit exactement comme le ferait un liquide, une onde circulaire se propageant à la verticale.
Je me retournai à nouveau, et plongeai mon regard dans celui d'Hélène. Je revins vers elle, et fis apparaître entre mes mains un petit sablier, en ébène, mais dont les grains étaient rouges. Une chaîne d'or était relié à son centre.

-Ce sablier, lui expliquai-je, se retournera dès que vous traverserez le portail. À partir de ce moment, il mettra soixante-douze heures à se vider totalement. Passé ce délai, il vous téléportera automatiquement auprès de moi, et vous devrez me dire ce que vous avez choisi.

Je lui souris.

-À partir de maintenant, vous avez deux choix. Vous pouvez passer devant moi, auquel cas vous ravirez le gentleman que je suis, qui sera comblé de pouvoir passer "après vous". Ou bien, vous pouvez prendre le temps de réfléchir encore. Auquel cas je passerai d'abord dans le portail, et vous attendrai de l'autre côté. Le portail restera ici tant que vous ne l'aurez pas traversé, et disparaîtra ensuite. Vous êtes libre de votre choix.

À nouveau, je lui souris. C'était un faux choix, et je le savais bien : j'avais fait exprès de mettre le portail au milieu de la cour, là où, dès que quiconque se présenterait, tout le monde pourrait le voir. Elle avait tout au plus deux heures avant que Ménélas ne rentre, alors cela lui laissait du temps, certes, mais peu. Elle avait voulu jouer avec moi, c'était à présent mon tour.

_________________



Dernière édition par Thanatos le Lun 15 Aoû 2016 - 4:06, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://olympustales.pro-forum.fr/t502-thanatos-ou-l-impitoyable-
Fondatrice
avatar
Date d'inscription : 23/05/2012
Messages : 235
Double compte : Oui, c'est moi Daphné

MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène] Dim 10 Mar 2013 - 22:12

    Le marché étant conclu, des filaments lumineux s'entortillèrent magiquement autour des mains des deux protagonistes. Les filaments ressemblaient à des vieux vers de terre maigrichons et surexcités, en proie à des spasmes incessants. Hélène tressaillit. Mais ce n'était rien comparé à ce qui allait suivre : tout d'abord, un éclair de lumière blanche, puis enfin, un portail surgissant des entrailles de la terre. Thanatos, les bras vers le ciel, était à l'origine de toute cette magie. Il semblait concentré. Un spectacle étonnant et grandiose, presque un peu trop pompeux au goût d'Hélène qui souriait, l'air mutin.

    Eh bien... Quelle classe ! lança t-elle avec un soupçon d'ironie. Ou est le tapis rouge ?

    Thanatos lui confia ensuite un petit sablier en ébène puis lui demanda à nouveau de faire un choix. En l'entendant dire "à présent vous avez deux choix", Hélène sourit à nouveau. C'était plus fort que lui, Thanatos avait besoin de contrôler et de rappeler qu'il était le maître de la situation, qu'il avait le dessus. Exactement comme Hélène, qui d'ailleurs, décida de ne choisir aucune des deux possibilités qu'il lui proposait. Il voulait jouer à ça, il allait être servi.

    Est-ce trop vous demander que de passer cette porte non pas derrière ou devant vous, mais plutôt en même temps, côte à côte, à votre bras ?


    La reine de Sparte commençait à sentir un vif amusement - elle qui avait envie de vacances, elle allait être servie et dépaysée par ce séjour aux enfers au côté de ce dandy. Elle lui tendit le bras et avança vers cet étrange portail. Elle frissonna en observant le rideau obscur et ondulant. Et si c'était un piège ? Et si... si il était venu pour la tuer ? Si ces paroles n'avaient été qu'un jeu, dont s'amusait ce Dieu sans foie ! Elle avait entendu dire que Thanatos aimait jouer avec ses victimes avant de les tuer... Comme les chats avec les souris. Pourquoi faisait-elle confiance à cet être connu pour son machiavélisme incommensurable ? L'espace d'un instant, elle douta ainsi (non, il ne s'agit pas de l'étape n°6 même si j'aurais pu intituler ce paragraphe "la naissance du doute").

    Elle s'arrêta et scruta à nouveau le visage du Dieu de la Mort. Non, vraiment, il ne lui faisait pas peur. En entendant son nom, quelques minutes plus tôt, elle avait tremblé. Mais après avoir discuté avec lui, et avoir observé ses manières et ses façons d'être, elle avait jugé qu'il ne lui voulait pas de mal. Hélène avait une sorte d'intuition, depuis toujours, une sensibilité qui lui permettait de comprendre assez rapidement comment fonctionnait une personne. A ses tics, à sa façon de s'exprimer... Et cet étrange personnage, elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance, et que les petits filaments ondulants qui avaient scellé leur pacte, n'étaient pas là simplement pour faire joli et épater la galerie. Il tiendrait parole. Et il était sincère.

    Elle fit un nouveau pas en avant, décidée. Elle serra le sablier dans le creux de sa main, puis elle passa la chaine en or autour de son cou. Trois jours. Hélène ferma les yeux et sentit un souffle glacé sur son visage... Elle serra plus fort le bras de son ravissant ravisseur (j'avais trop besoin de caser ces deux mots) et ils disparurent, en même temps que le portail qui sembla se fondre dans le décor progressivement, comme un rayon du soleil baissant s'éteint, filtré par une vitre sale et poussiéreuse dans une fermette de campagne, en automne.

_________________

 Ln(3) :wingl:

Ln(3)
HER MAJESTY
"Her Majesty's a pretty nice girl,
but she doesn't have a lot to say,
Her Majesty's a pretty nice girl,
But she changes from day to day ..." - The Beatles  :guity:


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène]

Revenir en haut Aller en bas

La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» La Guerre de Troie n'aura pas lieu [PV Hélène]
» La guerre de Troie n'aura pas lieu. [PV Maf' & Chad & Mickaël]
» Georges Wilson...
» La fête qui n'aura jamais lieu (Lily)
» Mini Miss

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Olympus Tales :: Archives :: Autour du RP :: Anciens RP :: Rp terminés-